Intervention de notre amie et adhérente Marion Sigaut lors de l'hommage à la sainte de la Patrie le 12 mai, organisé par Civitas.

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L'Action Française 21 mai 2019 13:52 Jeanne d'Arc Marion Sigaut

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Il y a décidément deux France!

Celle qu’on dit périphérique et qui a gardé de ses aïeux des habitudes encore paysannes. Et celle qui habite dans les villes, et à qui on peut faire croire que l’on peut allumer du chêne avec un mégot, un court-circuit, une étincelle ; et qu’une fois enflammé, le chêne, en dégageant une épaisse fumée jaune, peut embraser une voûte pluri centenaire comme une torche quasi inextinguible ! 
La France des terroirs et de la province, la France du pays réel, sait encore ce qu’il faut de petit bois et d’efforts pour allumer une simple bûche, et nous sommes quelques millions à avoir, spontanément, immédiatement, compris que la version de l’accident, serinée dès le départ par les autorités, ne tenait pas debout. 
Qui a pu mettre le feu à Notre-Dame ?
Cherchez à qui le crime profite.
Qui a sorti de sa manche un abominable projet, tout prêt, de site touristique qui transformerait l’île de la cité en Luna Park et le toit de Notre-Dame en aire de promenade branchée ?
Qui avait dessiné une nouvelle flèche contemporaine alors que l’ancienne était encore en place ?  Les projets les plus atroces fleurissent comme des pâquerettes, alors que le président, remis de son fou-rire au pied de la cathédrale encore brûlante, annonce qu’il la refera plus belle encore. Plus belle ? Il a dit « plus belle » ! 
Ce que monsieur Macron trouve beau, on l’a vu sur le perron de l’Elysée le soir de la fête de la musique. On est en droit imaginer le pire ! Mais le meilleur également.
Tandis que les oligarques du monde entier rivalisent de prétendus dons en faveur de la cathédrale, dans le but de se l’approprier et de la profaner à coups de millions, la France du pays réel se mobilise.
Des charpentiers sont prêts à venir refaire la voûte : ils sont les héritiers du savoir-faire de ceux d’hier. Ils donneront leur temps et leur amour du travail bien fait pour la refaire à l’identique.
Les 110 000 propriétaires forestiers privés français ont fait savoir, à peine douze heures après la fin de l’l’incendie, qu’ils donnaient chacun un chêne pour la reconstruction.
C’est 100 fois plus qu’il n’en faut pour refaire la voûte de Notre-Dame.
 Gardez votre argent et ne touchez pas à Notre-Dame. Elle est à nous !

Au royaume de France les femmes ne pouvaient régner.
D’aucuns diront que c’est regrettable. Pourtant les circonstances ont fait que certaines femmes ont pu exercer  le pouvoir et qu’elles  l’ont bien fait. Citons notamment Blanche de Castille  qui, devenue veuve de Louis VIII,  assura le pouvoir avec fermeté et courage jusqu’à la majorité de son fils, le futur Saint-Louis qu’elle prépara à l’exercice du pouvoir de 1226 à 1235 : neuf ans. Anne d’Autriche, veuve de Louis XIII en 1643, se consacra 8 ans à former le futur Louis XIV et à déjouer tous les pièges tendus par ses ennemis.
L’exercice du pouvoir consista pour elle, comme pour Blanche de Castille, à préparer la place  pour le détenteur légitime, son fils.

Jeanne n’était ni veuve ni mère de roi et elle n’eut pas à exercer le pouvoir.
Et pourtant son intervention a sauvé la France. Occupée par les troupes anglaises se livrant à toutes les exactions dans le but de la livrer au monde de l’usure et du profit au détriment du bien commun, la France était en train de mourir. Pour la sauver Jeanne ne prit pas le pouvoir et n’essaya pas de le prendre. Elle le releva et le rendit à son détenteur légitime.
 Le miracle de Jeanne, c’est ce qu’accomplit  la femme d’influence. Non pas la femme de pouvoir qui singe l’homme en voulant se comparer à lui et prendre  sa place, mais la femme fidèle à sa nature et à son rôle consistant à donner et préserver la vie. 
Jeanne ne prit pas les armes pour prendre le pouvoir mais pour le rétablir. Femme elle était et le resta jusqu’au martyre, poussant jusqu’au sublime ce que la nature a donné à cette moitié de l’humanité : la force d’influencer les hommes et de leur montrer le chemin quand ils l’ont perdu.

Marion Sigaut