LA NAISSANCE DU CHRISTIANISME SUR LES TERRES DE L'ANTIQUE PHENICIE

Le soin de la France vis-à-vis des chrétiens d'Orient n'est pas une révérence au passé mais un acte de foi dans l'avenir (1)

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L'Action Française 22 juillet 2019 17:45 Chrétiens d'Orient Sophie d'Herbais

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par Sophie d'Herbais

Notre amie et correspondante au Liban, Sophie d'Herbais, inaugure ici une série d'articles revenant sur l'histoire riche et complexe des communautés chrétiennes en Orient pour nous permettre de mieux comprendre les enjeux actuels qui se posent. 

 

La naissance du Christianisme sur les terres de l’Antique Phénicie


La Bible réserve une large place à la civilisation cananéenne et phénicienne et mentionne à plusieurs reprises les Cèdres du Liban, Tyr, Sidon ainsi que les colonies phéniciennes de la Méditerranée, délimitant ainsi le pays de Canaan, ou la Terre Promise. Habitée depuis la préhistoire, la région est décrite dans l’Ancien Testament comme « la terre du lait et du miel ». Ses ressources naturelles, ses ports abrités qui jalonnent la côte et les défenses qu'offrent ses sommets ont fait de l’histoire de cet Eden une véritable Odyssée. Des Cités Etats indépendantes à la domination Assyrienne, Babylonienne puis Perse, la région s’est forgée au fil des millénaires une identité propre. Arrachée aux perses en 332 av J-C, la ville de Tyr, tombe entre les mains d’Alexandre Le Grand. C’est le début de l’hellénisation de la côte phénicienne.


A la mort d’Alexandre Le Grand (323 av. J-C), son empire est divisé entre ses généraux dont Seleucos 1er, satrape de Babylonie qui a constitué un empire formé de la majeure partie des territoires orientaux conquis par Alexandre. 240 ans plus tard, Tigrane II l’Arménien met fin à la dynastie Séleucide, ou dynastie des Rois de Syrie, en occupant le Mont-Liban. Les Romains interviennent et prennent le contrôle de la Phénicie en 64 av. J-C. Beyrouth devient un phare pour toute la Méditerranée avec notamment son école de droit célèbre dans tout l’Empire. Le christianisme se propage sur la côte dès la première moitié du 1er siècle et la Phénicie, autrefois siège des terribles dieux antiques, donne de très nombreux martyres à l’Eglise naissante. La révolution christique transforme la nature des relations entre les hommes. La rencontre de Jésus de Nazareth avec la cananéenne est le premier signe de l'universalisme du message chrétien propagé par les Apôtres et leurs disciples à partir de l’an 37.


La côte libanaise sera le point de passage obligatoire de l’évangélisation apostolique jusqu’à ce que la chrétienté naissante n’établisse son siège à Antioche. Toutefois, l'évangélisation de la montagne libanaise devra attendre les IVème et Vème siècles et l’arrivée des disciples de Saint Maron, communément reconnu comme le fondateur d'une voie monastique à l’ascèse sévère, basée sur la vie en plein air ou l’anachorétisme et surtout le père de la Nation Maronite. Ermite ayant vécu sur les bords du fleuve Oronte, aux alentours de Homs dans la Syrie actuelle, et mort vers 410, le prêtre Maron a attiré de nombreux disciples. Sa renommée et sa sainteté étaient si grandes que Saint Jean Chrysostome lui dépêcha une lettre vers l’an 405, témoignant du respect qu’il lui vouait et lui demandant d’intercéder pour lui dans sa prière.


Profondément mystiques, ses disciples resteront à l’écart des schismes qui opposeront les différentes familles chrétiennes lors des premiers conciles, notamment celui de Chalcédoine en 451. Se ralliant finalement aux thèses de «l’Église occidentale» (deux natures, divine et humaine, dans la personne du Christ)  dès 591, les fidèles de saint Maron deviennent la cible des chrétiens monophysites, qui ne reconnaissent que la nature divine du Christ. Persécutés, massacrés par ces derniers, puis à partir de 636, par les vagues d’invasion arabo-musulmanes, les maronites trouvent refuge dans les grottes des montagnes nord de l’actuel Liban.


Contrairement aux autres Églises d’Orient (Arménienne, Copte, Assyro-Chaldéenne, Ethiopienne, Grecque), l’Eglise maronite n’a jamais connu de schisme au cours de son histoire et a  toujours été  en pleine communion avec Rome. C’est une église autocéphale, de rite syriaque, avec à sa tête un Patriarche, le Patriarche des Maronites, d’Antioche et de tout l’Orient (Patriarcha Maronitarum Antiochiae et totius Orientis)

 

(A suivre, La Nation Maronite)