MAURRAS, BRASILLACH ET NOTRE BEL AUJOURD'HUI


Action Française 31 janvier 2019 23:47 Anne Brassié

Par Anne Brassié

 

Pourquoi Maurras a-t-il invité Brasillach à écrire dans l'Action Française ? Et pourquoi les deux écrivains sont-ils voués aux gémonies ?

Parce que tous deux ont eu le mauvais goût de comprendre certaines choses sur la République. Brasillach écrit en 1942 : « En finira-t-on avec les relents de pourriture parfumée qu’exhale encore la vieille putain agonisante, la garce vérolée, fleurant le patchouli et la perte blanche, la République toujours debout sur son trottoir ? Elle est toujours là, la mal blanchie, elle est toujours là la craquelée, la lézardée, sur le pas de sa porte, entourée de ses michés et de ses petits jeunots, aussi acharnés que les vieux. Elle les a tant servis, elle leur a tant rapporté de billets dans ses jarretelles: comment auraient ils le cœur de l'abandonner, malgré les blennorragies et les chancres ? Ils en sont pourris jusqu'à l'os. »

Ce texte fait écho aux émeutes du 6 février 34. C'est vrai, la révolte des gilets jaunes rappelle les émeutes des années 30. Mais rassurez-vous, bonnes gens, pas d'Hitler ni de Staline à l'horizon, malgré les comparaisons stupides avec les gouvernements populistes actuels de l'Est de l'Europe. Ces gens-là ont subi 70 ans de totalitarisme étatique communiste et national-socialiste, ils n'ont pas l'intention de se faire opprimer et massacrer une seconde fois. Nos pauvres dirigeants français élevés dans la soie sans avoir connu d'autre épreuve que celle de s'inquiéter pour leur compte en banque ne prennent pas la mesure de la détermination des hommes qui ont souffert dans leur chair et dans leur âme.

Ce texte est très violent, « quelle horreur » diront nos censeurs habituels mais la ponction systématique des élus républicains de nos poches ou des fonds publics n'est-elle pas plus grande encore et surtout plus réelle ?

Deux petits exemples, nos présidents retraités nous coûtent des sommes astronomiques, le dernier, Hollande en serait à 324 000 € par an. Madame Jouanno, haut fonctionnaire, présidente de la Commission Nationale du Débat Public toucherait elle, 14 000 € mensuels pour ne pas organiser ce débat public...

Quand à Madame Pécresse, présidente de la Région Ile-de-France elle va donner « environ 800 000 € » pour rénover la Casbah d'Alger. Qu'elle parcourt à pieds l'Ile-de-France et elle trouvera bien de charmantes petites églises qui attendent elles aussi d'être rénovées.

« La République, écrivit encore Brasillach en 1941, ne sait pas construire, mais elle sait se défendre, abandonner des positions quand il convient, revenir plus forte en nombre et en argent au moment opportun, comme l'Angleterre fait avec les peuples qu’elle domine. » Remplacez dans le texte l'Angleterre par la finance mondialisée et vous aurez la situation actuelle. Quand vous refusez l'Europe de Maastricht en votant contre, ils vous font revoter illico pour changer les résultats.

Quand Luc Ferry appelle à tirer à balles réelles sur les gilets jaunes on se dit que Maurras et son couteau de cuisine est un enfant de chœur ! L'un travaillait dans le symbole, l'autre dans le réel ! Dernier exemple marrant : qui sont les propriétaires des instituts de sondage en France ? CSA, Groupe Bolloré ; BVA, Groupe Bolloré, Drahi, Rotschild ; IFOP, Laurence Parisot (ex présidente du Medef), actionnaire majoritaire. Ipsos, François Pinault et Fidelity (fonds d'investissement américain) ; Sofres, Fidelity. Et ne nous dites pas : quelle horreur ! Ces textes ont été écrits pendant l'occupation. Pendant la guerre les petites comme les grosses affaires ont continué et aucun procès à la libération n'a entravé leur irrésistible progression ! La liberté de pensée doit, selon nos maîtres, connaître des freins, la liberté des transactions financières, aucun.