En sortir

En sortir

Bruno Gollnisch évoquait les évolutions désastreuses de l’Union Européenne ( https://lactionfrancaise.fr/leur-europe-nos-identites), les résistances croissantes traitées par le mépris ( https://lactionfrancaise.fr/leur-europe-nos-identites-ii), et la possible renégociation pour une toute autre vision (https://lactionfrancaise.fr/leur-europe-nos-identites-iii). 

IV- EN SORTIR…

On ne peut exclure que cette renégociation échoue, du fait de l’obstruction des institutions communautaires, ou de gouvernements d’États-membres acquis à l’Eurocratie. Malgré cette mauvaise volonté, qui serait alors dûment exposée aux citoyens, rien ne serait perdu. Le Royaume-Uni a démontré que l’Union n’était en rien l’inéluctable sentier radieux qu’empruntait l’Histoire et que le Destin aurait fixé. Elle n’est ni absolue, ni intangible, pas plus que ses principes faussés et ses orientations malsaines.

Le célèbre article 50 du Traité sur l’Union européenne (TUE) prévoit expressément une clause de retrait. Des conditions sont à remplir : conformité de la décision avec la Constitution du pays demandeur (il faudra donc supprimer l’article 88 de la Constitution française, ce qui ne sera pas juridiquement plus difficile que ne l’a été son insertion) ; notification de cette intention au Conseil européen, et négociation limitée à deux ans des modalités de retrait et des relations futures. En l’absence d’accord, les traités cesseraient tout bonnement de s’appliquer à la France.

Nouvelles coopérations

En un tel cas, il faudra résolument se tourner vers  d’autres coopérations internationales.

Une nouvelle organisation internationale pourrait naître, incluant par exemple des pays et des peuples européens qui ne font pas encore partie de l’Europe. Je pense notamment à la Russie qui est en butte aujourd’hui à l’hostilité  des cénacles euro-atlantistes, à des mesures de rétorsions de la part de l’Union Européenne que je juge contre-productives. Le malheureux contentieux avec l’Ukraine requerrait plutôt de notre part une médiation d’une autre teneur.

Vers l’Est ?

J’ai précédemment écrit que nous pourrions renouer avec une tradition nationale naturelle en termes de  géopolitique, illustrée par l’alliance Franco-Russe scellée à la fin du XIXe siècle. Il ne s’agirait pas ici comme par le passé d’une alliance défensive, mais de faire que l’Europe ainsi réconciliée surmonte sa grande division, qui remonte au partage de Théodose au IVe siècle entre Empires latin et grec, et à la séparation sous Photius du catholicisme et de l’orthodoxie. Cette ligne de partage est très exactement le méridien de Sarajevo, ligne d’affrontement de 1914 à nos jours. Refaire l’Unité de l’Occident, abroger les conséquences politiques de la division de l’Europe chrétienne, participer -à profits partagés- à la mise en valeur des considérables richesses naturelles, notamment énergétiques, de ces immenses espaces ; voilà un champ d’action nouveau.

Union latine ?

Et si, en quelque sorte, cette voie de coopération vers l’Est restait fermée,  une autre piste possible supposerait une volonté politique nouvelle de la part des Etats latins : France, Espagne, Portugal, Italie, avec la mise en oeuvre de leurs réseaux d’influence pour les trois premiers de ces pays, influence tenant à leurs liens historiques, culturels, économiques, politiques avec de nombreux pays dans le monde. Les Etats francophones, hispanophones, lusophones sont au nombre de 52 ! Ils représentent une masse d’un milliard d’êtres humains. Une force culturelle capable de faire contrepoids à la domination culturelle jusqu’ici incontestée du monde anglo-saxon. Une force politique décisive dans le concert des Nations-Unies. Un terreau pour un vrai développement du tiers monde, fondé sur l’intérêt réciproque de tous les acteurs concernés.

Nos atouts

En dehors de ces perspectives, la France peut-elle se relever ? Une victoire des nationaux n’y sonnerait pas seulement la fin d’une illusion, mais aussi celle d’un alibi. «C’est à cause de Bruxelles»ne pourrait plus être l’excuse de l’inaction, de l’irresponsabilité de nos dirigeants politiques, de leurs promesses non tenues, des réformes en souffrance.

Or, un sursaut national est possible. Car la France a de réels atouts :

Le jardin français

Nous avons les ressources d’un territoire le plus vaste, le plus diversifié, et le plus hospitalier de l’Europe occidentale. Et qui pourrait sans difficulté héberger 100 millions de Français, si l’aménagement du territoire était plus harmonieux, et si nos villages étaient aussi peuplés qu’au Moyen Age, quand les rendements agricoles étaient cependant vingt fois inférieurs à ce qu’ils sont aujourd’hui.

Empire maritime

Nous possédons les prolongements de ce territoire légués par nos marins, pionniers, découvreurs : confettis d’un ancien empire répartis encore sur tous les océans : Atlantique, Indien, Pacifique, Mers Australes. Ce qui nous vaut le second domaine maritime du monde, en vertu de la Convention de l’ONU de Montego Bay sur le droit de la mer. Et ce à l’heure où l’avenir de l’humanité se joue davantage dans les mers que dans l’espace.

Notre culture

Notre influence culturelle, naguère dominante en Europe,  peut retrouver son éclat pour peu que les élus et politiciens Français se décident à l’affirmer avec fierté à la face du monde, au lieu de  se targuer d’appartenir aux « élites mondialisées ». Entre autres éléments notre langue, qui fut celle de la diplomatie mondiale et des Cours d’Europe, peut retrouver sa place,si les mêmes la défendent partout, et spécialement dans les assemblées internationales plutôt que d’affecter de s’y exprimer directement en anglais même en Europe depuis le Brexit… ! Et le monde entier nous envie un art de vivre qui ne s’altère que par la progression de l’égoïsme social et de l’insécurité conquérante.

Nos capacités

Nous sommes encore riches du savoir-faire exceptionnel de nos concepteurs, ingénieurs, techniciens, capables de construire les meilleurs avions, les trains les plus rapides du monde, les viaducs et ponts les plus audacieux, des fusées intercontinentales, d’excellentes voitures, et beaucoup d’autres réalisations encore.

Notre statut

Membres fondateurs de l’Organisation des Nations unies, nous disposons, comme les Etats-unis, la Chine, la Russie, et la Grande-Bretagne, d’un siège de membre permanent du Conseil de sécurité, seul organe dont les décisions aient un caractère obligatoire. Ceci nous donne le fameux « droit de veto », dont contrairement à d’autres nous ne faisons pratiquement jamais usage. Dans cette organisation, il est certain qu’une position indépendante des super-puissances dominantes, et en défense de l’indépendance et de la liberté des nations, nous vaudrait la sympathie du plus grand nombre. Nous sommes et resterons membres de quantité d’organisations subsidiaires spécialisées (Union postale universelle, OMS, FAO, UNESCO, Organisation Maritime, aérienne, etc.), et de quantité d’autres organisations internationales. Partie prenante à des milliers d’accords et traités internationaux, nous n’avons à craindre aucun isolement sur la scène internationale…

Conclusion

A chacune de ces consultations populaires concernant l’Europe, qui se font de plus en plus rares –et pour cause !- on veut faire peur aux Français en leur disant que la claque fantastique que constituerait un rejet de l’Eurocratie contre l’établissement politique qui la soutient ouvrirait une crise de régime. Mais quand le régime a failli, la crise de régime est salutaire ! Nous ne sommes pas chargés d’organiser la survie d’une classe politique solidaire dans la corruption morale politique ou financière. Les uns et les autres sont solidaires dans le reniement des promesses, solidaires dans le mensonge institutionnel et la duperie des Français, solidaires dans l’effroyable décadence morale, solidaires dans le trucage des modes de scrutin, solidaires dans l’instauration de la police de la pensée dans le pays autrefois le plus libre du monde.

Nous ne sommes pas chargés de la survie du système, nous sommes chargés de la survie de la France. A nous de lui offrir l’occasion de sa renaissance !

 

 

 

Hommage à Damien Tarel

Hommage à Damien Tarel

« L’héritage des camelots du roi se survit encore dans les âmes d’élite »

Lors d’un déplacement à Valence le 8 juin dernier, le vulgaire et inculte président Macron, que les médias du système et ses figures de proue toutes aussi ignorantes, viles et répugnantes réputent « cultivé » et « brillant », était souffleté par un gentilhomme de 28 ans, enraciné dans sa terre, son histoire et sa culture, au cri capiteux et exaltant de « Monjoie ! Saint Denis ! », devise de nos chevaliers français du nord de la Loire du Xe au XIIIe siècle (on la rencontre dans des œuvres en ancien français écrites au XIIe siècle comme Le Couronnement de Louis). Le cri de guerre « Monjoie » étant un mot d’ordre typiquement mérovingien et carolingien d’origine francique, produit de l’évolution phonétique du germanique mund-gau* (littéralement « protection, chef du pays », est un très vieux terme non seulement germanique, mais aussi indo-européen qui remonte très haut dans notre histoire, à l’âge du bronze vraisemblablement et Homère appelle par exemple souvent dans l’Iliade Agamemnon ἂναξ ἀνδρῶν, que Paul Mazon traduit par « protecteur de son peuple ») en langue d’oïl (forme que le latin a prise au nord de la Loire dans la bouche de Celtes et de Francs romanisés et qui deviendra ensuite l’ancien français et plus tard le français) doit délecter et transporter Damien, qui est passionné d’histoire médiévale. 

Connaissant à l’inverse des incultes qui nous gouvernent la valeur et la beauté infinie des nombreux héritages dont nous sommes dépositaires, il suffit déjà de déambuler dans nos villes et nos villages (Paris, Lyon, Arras, Bordeaux, Metz, Charleville-Mézières, Sarlat par exemple), voyant l’abîme entre l’éclat sublime de nos belles cités et la population qui les habite de plus en plus hydroponique et inconsciente de ce patrimoine inestimable, produit des siècle, il doit s’affliger quotidiennement. « Être libre, c’est être chez soi dans l’autre », disait Hegel. Damien ne doit pas souvent se sentir chez soi dans l’autre, comme tous les hommes encore un peu virils, traditionnels, enracinés et accomplis en Europe de l’Ouest. C’est pourquoi sous l’empire d’une force incoercible qui devait sourdre en lui quand il a aperçu ledit Macron, il a trouvé expédient de souffleter ce dernier afin d’exhaler son aversion pour cet « homme » ou prétendu tel et ce qu’il représente, ainsi que son écœurement de voir sa patrie perpétuellement dirigée, bafouée et souillée par des menteurs, des cosmopolites, des ploucs ignorants qu’on nous présente comme des gens brillants, des quidams indifférents à l’histoire, au passé de ce pays, disons-le, des histrions qui n’ont strictement rien à faire là où notre époque malfaisante les a préposés.

Mais que Damien sache que son geste n’est pas méprisable mais fort honorable, il n’est pas sans tradition, il s’inscrit dans une histoire glorieuse, une longue série d’algarades et d’esclandres, dont les camelots du roi depuis leur création en 1908 jusqu’à l’entre-deux-guerres se sont fait une spécialité insigne. Ce sont les camelots qui ont inventé peu ou prou l’agit-prop de droite, une manière joviale, hardie et provocatrice de faire de la politique. On oublie qu’il y a un agit-prop de droite, comme il y a une bohème et une marginalité de droite. On ne recensera pas ici tous les exploits et les hauts faits d’armes des camelots. Je conseille de lire le beau livre de Xavier Cheneseau, Camelots du roi : Les troupes de choc royalistes. Il y a eu deux éditions, une en 1997 chez Défi et une autre en 1999 chez Fol’Fer. L’aventure des phalanges royalistes participe un peu de nos récits épiques et il faut bien avouer que la jeunesse monarchiste de France ne manquait pas de panache, cette pudeur et cette frivolité de l’héroïsme comme disait Edmond Rostand. Les camelots se riaient du danger, leur bonne humeur était constante et rien ne les effrayait : les poursuites pénales, les incarcérations et même la vie. Il y a un martyrologe à l’Action Française, on l’oublie souvent. Beaucoup de camelots ont expié leur engagement nationaliste par le trépas tout uniment. Il y eut bien entendu les 6 héros tombés sous les balles de la police le 6 février 1934, mais il y eut aussi les camelots assassinés comme Marius Plateau en 1923 par la militante anarchiste et dépressive Germaine Berton (brochant sur le tout, cette pouffe fut acquittée en cour d’assises ; pour « ceux qui croient en la justice de leur pays » comme on dit, être de droite radicale à l’époque ne nous rendait pas plus la justice très favorable) ; Ernest Berger le 25 mai 1925 à la sortie des locaux de l’AF rue de Rome par une illuminée Maria Bonnefoy, qui l’avait confondu avec Maurras ; Jean Guiraud abattu froidement en 1928 par un garde républicain, alors que lui et deux de ses amis avaient simplement effleuré le buste du maçon abject Emile Combes, qu’un autre maçon, l’obèse Herriot devait inaugurer le lendemain ; Marcel Langlois, chef d’un groupe de camelots abattu par des voyous communistes le 3 février 1935. Autre temps, autre mœurs : l’activisme et l’engagement franc, viril et périlleux des camelots contrastaient avec la veulerie, la vulgarité, la fatuité des « Youtubeurs » actuels sacrifiant à l’illusion démiurgique habituelle dans cette situation. Le « youtubeur » omniscient et divin savoure sa célébrité fugace derrière son ordinateur avec ses « followers », bavarde parfois comme une femme sans rémission pendant des heures. Les analyses de Debord ont connu une fortune nouvelle avec l’essor des réseaux sociaux et n’ont jamais été aussi justes : le spectacle est devenu accessible à tout le monde, il est maintenant constatable partout, même chez notre voisin. Chacun se construit une image sur internet, dont il est esclave ensuite toute sa vie, les réseaux sociaux sont un mirage, un chancre immonde où le faux triomphe trop souvent.

On peut dire aussi que les troupes de choc de l’Action Française ont fait trembler la Gueuse à plusieurs reprises, le 6 février 34 en a formé l’acmé, mais on a oublié un peu vite certaines affaires. Il y en eut des célèbres, nous en rappellerons quelques unes afin que les lecteurs profanes puissent s’aviser des méthodes anciennes de militantisme inventées et cultivées avec zèle par l’AF, méthodes infiniment plus allègres, formatrices et génératrices de bonnes passions pour le corps et l’esprit (goût de l’aventure, apprentissage de la vie communautaire réelle bien plus belle que les forums sur internet, apprentissage également de la nature agonistique et joyeuse de la vie, de l’amitié mâle qui s’éprouve dans le péril, le malheur, mais aussi la joie des conversations, des bibliothèques, des salles de sport, des banquets, des cafés, des restaurants et des sorties la nuit) que le réseautage internet actuel complètement dématérialisé et virtuel, foyer au contraire de toutes les mauvaises passions : narcissisme exacerbé, jactance détestable, féminisation, tropisme logorrhéique, solitude et individualisme méprisable. On peut dire que l’AF était alors non seulement une école de pensée, mais aussi d’énergie, d’amitié vraie et de virilité.

Une des premières affaires célèbres fut l’affaire Thalamas, l’insulteur de Jeanne d’Arc en 1909. Les nationalistes intégraux vont inaugurer et éprouver ici leur méthode : l’esclandre. Pendant trois mois, la jeunesse d’Action Française a tenté de faire cesser le cours de ce gauchiste arrogant et cosmopolite (préfiguration de tous nos « profs d’université » actuels tout aussi cosmopolites, mais en sus incultes), malgré la présence massive des forces de l’ordre et les nombreuses arrestations qui ont ponctué les manifestations dirigées contre le chargé de cours. Les camelots toujours hardis et intrépides se sont aussi fait une spécialité du canular téléphonique. En 1912, ils réussiront à faire libérer le militant Gabriel de Baleine, purgeant une peine de 15 mois de prison, en contrefaisant au téléphone la voix du président Poincaré et de son secrétaire. Ces derniers réincarnés dans les facétieux d’AF enjoignirent à l’administration pénitentiaire d’élargir incontinent le vaillant camelot du roi. Les camelots réitèreront l’exploit, mais il sera encore plus grandiose cette fois-ci, en 1927 avec Léon Daudet. En novembre 1925, le professeur de droit à l’université de Dijon, Georges Scelle, nommé à la faculté de droit de Paris par népotisme, donna sa démission, harcelé et chahuté sans cesse par les royalistes qui avaient su rallier à eux d’autres facultés de Paris (médecine et pharmacie notamment), ainsi que les universités de province. Ce ne fut pas un simple chahut d’étudiants, le 28 mars 1925, une centaine de manifestants et onze policiers furent blessés et trente arrestations opérées au cours d’une journée où les étudiants nationalistes sous la conduite des monarchistes exhalèrent violemment leur dégoût des institutions et du favoritisme régnant. Un autre universitaire, le célèbre professeur de droit public Gaston Jèze, connut les mêmes infortunes en 1935. Il dut suspendre ses cours sous la pression des camelots. Jèze fut le conseiller du Négus et s’opposa à l’agression italienne en Ethiopie.

Qui pourrait imaginer aujourd’hui un tel activisme étudiant et de tels succès surtout ? L’AF jouissait grâce à Maurras, mais aussi de tous les écrivains, les savants et tout le milieu cultivé et éditorial qui gravitaient autour d’elle, d’un tel magistère dans l’intelligence de cette époque que ses troupes de choc jouissait de la faveur d’une partie de l’Université et d’une partie des milieux politiques. Considérons par exemple l’affaire Hennessy, les camelots arrivèrent même à pénétrer dans le ministère de l’agriculture et à le mettre à sac. Je n’ai mentionné ici que les affaires les plus célèbres, mais ce furent des dizaines de réunions des partis de gauche et de rassemblements démocrates-chrétiens perturbés par les militants royalistes ; d’innombrables esclandres lors de procès, de pièces de théâtres, de réunions publiques, dont même une séance de l’académie française. Les camelots toujours très irrévérencieux n’hésitaient pas à conspuer un mandarin bien en vue ou des fonctionnaires de justice comme des juges. Nous ne comptons pas non plus les manifestations très importantes, parfois violentes, organisées à Paris et en Province pour honorer sainte Jeanne d’Arc (au prix de 10000 jours de prison) ou s’opposer à une décision délétère du gouvernement.

 

Par combien de peines pénales, d’amendes, de jours de prison, de pertes d’emploi les militants royalistes intrépides d’AF ont dû expier leur engagement, alors que la grosse Berton a été acquittée pour avoir assassiné le très digne Marius Plateau ?

Les juges ne valaient pas mieux à l’époque qu’aujourd’hui. Vacher de Lapouge, qui a été lui-même magistrat, procureur même au début des années 1880, ne disait-il pas que la magistrature et les professions assimilées (notariat, barreau) ne brillaient pas par leur valeur intellectuelle ? « C’est un axiome très reçu que si un bachelier n’est ni intelligent ni travailleur, sa place est à l’école de droit, et quand il est licencié, ce qui n’use ni ne meuble beaucoup son cerveau, s’il n’est pas assez disert pour faire un avocat, pas assez madré pour faire un avoué, pas assez flexible pour faire un sous-préfet, mais trop honnête pour faire un politicien, la magistrature est ce qui lui convient ».   

Il faut donc replacer le et la geste de Damien sub specie aeternitatis, sous l’angle de l’éternité. Ces quatre mois fermes sont son honneur et sa gloire. Et comme nous parlons de son audace, un soufflet administré à un homme d’Etat, considérons maintenant sa tradition plus directe. Et ici encore, qui trouvons-nous ? Nos camelots du roi, qui ont inauguré cette noble pratique. Les nationalistes intégraux ont été impertinents et insolents, mais ils n’ont jamais assassiné personne à l’opposé des anarchistes, ils voulaient tout uniment édifier l’esprit public par leurs actions. Il n’y eut jamais d’attentat sanglant enlevant la vie d’innocents perpétré au nom de l’Action Française et tous les royalistes ont encore sur la conscience l’attentat de la rue Saint-Nicaise commis par le grand et très estimable chouan breton Georges Cadoudal sur Napoléon le 24 décembre 1800. Vingt-deux innocents ont trépassé et l’usurpateur fut sain et sauf comme toujours.

Les camelots venaient également de toutes les classes sociales et ne croyons pas qu’il n’y eut que des bourgeois parmi les royalistes. Lorsque les camelots du roi sont nés en 1908 dans le groupe royaliste du XVIIe arrondissement organisé par Henry des Lyons, il comprenait certes des hommes des classes supérieures comme les frères Réal del Sarte, Théodore de Fallois et Armand du Tertre, mais aussi des hommes de condition plus humble comme Marius Plateau, futur secrétaire général des camelots du roi en 1920, garçon de course à la bourse, Lucien Lacour, le patron de notre article, menuisier, Louis Fageau, commis-boucher, etc.

Je crois que c’est Lucien Lacour qui a inauguré le premier la geste du gifleur d’homme d’Etat. En novembre 1910, alors qu’Aristide Brillant inaugure un monument à la mémoire de Jules Ferry, il est souffleté en public par le futur vice-président des camelots. Eugène Weber dans la monographie la plus complète sur l’histoire de l’AF tient ce langage : « La gifle de Lacour prenait donc une signification qui dépassait la simple voie de fait ; mais c’était la voie de fait, et commise sur la personne du président du Conseil, qui choquait les personnes respectueuses de tous les partis », nous pourrions rajouter : « à la bonne heure ! », c’est l’effet attendu afin de provoquer un sursaut et c’était sans doute ce que s’était proposé Damien. En 1909, Maurice Pujo est condamné également à 5 mois de prison pour avoir fessé le susmentionné Thalamas.

Le 26 décembre 1908, un garçon de café de 34 ans, Jean Mattis reconnaît le « président de la République », le monument maçon de nullité Armand Fallière qui se promène autour de L’Elysée et part à sa rencontre afin de lui tirer la barbe. Cette attaque à la barbichette lui vaut quatre ans de prison ! Mais contrairement à ce que disent d’aucuns, Mattis n’était pas camelot du roi, c’est simplement Maurras qui exaltera son geste ensuite dans l’Action Française. Lors de la célébration du millénaire normand qui commémore le fameux traité de Sainte-Claire-sur-Epte, le même Fallières se rend à Rouen le 24 juin 1911. Le camelot du roi beaucoup plus connu Henri Lagrange, proche de Georges Valois et un des membres fondateurs du cercle Proudhon le conspue aux cris de « Vive la Normandie ! Vive la France ! Vive le Roi ! À bas la République ! À bas Fallières ! ». Il fut condamné à six mois de prison ferme et mourut ensuite au champ d’honneur en 1915.

Damien a donc une longue histoire derrière lui, c’est l’ornement de l’esprit français dans notre bien morne année 2021, c’est le panache ressuscité. Il faut lui rendre hommage pour magnifier son noble geste. Avant d’agir, il faut toujours savoir ce qui est admis, universel, bon, noble et vrai. Nous avons à droite depuis 1908 une tradition de chahut, d’irrévérence et d’insolence de bon aloi à l’endroit des fausses élites et des bons à rien qui nous gouvernent.

Cette tradition n’est aucunement méprisable. Les être malfaisants et funestes comme Aristide Briand et Armand Fallières valaient en outre 100 fois mieux que Macron, ils avaient au moins un peu de culture, de tenue et évitaient de se commettre dans les raouts organisés par leur ministère ou la présidence de la République avec des travestis noirs arborant des maillots avec l’inscription étonnante « fils d’immigrés, noir et pédé » (comme dit Jérôme Bourbon, « il ne manquait plus que le mot juif ! » ), je vous renvoie à la fête de la musique de 2018 à l’Elysée. Jamais la fonction présidentielle n’a été aussi avilie. Damiens n’a aucunement forfait à l’honneur, il a des devanciers fameux, au premier chef : Lacour, Lagrange et Pujo. Son soufflet donné à ce qui nous tient lieu de président de la Gueuse s’inscrit dans une tradition légitime, estimée et prisée par une grande partie de la population française de 1908 à 1939.

Il convenait donc d’honorer le courage et la valeur de Damien, il nous rappelle les grandes années du militantisme d’AF, d’autant plus le cri de guerre « Monjoie ! Saint Denis ! » n’a pas nui à son geste, mais l’a transfiguré ! 

David Veysseyre 

Livre événement : Précis d’histoire de l’Action  Française

Livre événement : Précis d’histoire de l’Action Française

Que recouvre l’appellation fameuse d’ « Action Française » ? Un mouvement politique, un journal, une pensée, une méthode, des combats, des polémiques, des hommes – d’abord Charles Maurras – qui ont profondément marqué la vie intellectuelle, politique et même religieuse de la première moitié du XXe siècle français… De nombreux écrivains, philosophes et hommes politiques ont fréquenté « l’école d’Action Française » ou ont, du moins, été influencés par « le Maître de Martigues ».
Voici enfin un livre qui offre une présentation – résumée mais complète – de l’Action Française et de son célèbre penseur, qu’on évoque encore souvent, à droite et à gauche, sans toujours savoir de quoi il retourne exactement. Par la même occasion, l’auteur propose une défense pied à pied de la doctrine et des combats de l’Action française face aux accusations diverses dont ils ont pu faire l’objet.
Gérard Bedel, membre du Comité Directeur de l’Action Française propose ici un ouvrage précieux pour quiconque désire posséder une culture politique élémentaire et connaître un point de vue « d’AF ».

 Vous pouvez commander l’ouvrage au prix de 22 euros en écrivant à notre secrétariat : contact@lactionfrancaise.fr

Introduction

Il n’y a aucune possibilité de restauration de la chose publique sans une doctrine

Barrès, Journal, 30 octobre 1899

Mon royalisme vient de mon patriotisme

Berryer

Pour le cent cinquantième anniversaire de sa naissance, Charles Maurras figurait dans le Livre des commémorations nationales publié à la fin de 2017 avec un avant-propos du ministre de la Culture. Cette publication provoqua les hurlements des chiens de garde de la Pensée unique, la presse aux ordres emboîta le pas, le ministère se coucha et l’ouvrage fut retiré de la vente. Le nom de Maurras doit disparaître du monde contemporain comme celui du poète Heine sous le IIIe Reich[1]. Tant il est vrai que l’idéologie salit tout dans les régimes totalitaires et obscurcit les esprits.

Et pourtant des ouvrages consacrés à Maurras ou à Bainville paraissent, les éditions Robert Laffont, par exemple, ont publié L’Avenir de l’intelligence et autres textes[2].

Mais on est étonné de voir comment l’Action française est souvent traitée par ceux qui se réclament d’elle. Il semble qu’on a honte de l’attitude du mouvement dans l’Affaire Dreyfus, honte du soutien qu’il apporta au maréchal Pétain dans la plus grande épreuve que subit la France à cause de l’incurie de la République. Une « Action française » dreyfusarde et gaulliste ? Ce paradoxe est devenu réalité après mai 68.

Dans l’Action française « revisitée », pour utiliser un terme à la mode, Pierre Boutang, qui quitta le mouvement, semble au moins aussi important que Charles Maurras, Jacques Bainville est présenté comme un professeur de Sciences-Po et Léon Daudet poussé vers la porte de service. Boutang, prestigieux professeur de philosophie, plus métaphysicien que politique, adopta une attitude ambigüe face au gaullisme, entre sympathie et rejet. On constatera aussi que dans les études postérieures à 1968, la Nouvelle Action française et tout ce qui en est sorti semble plus important que la Restauration nationale et Aspects de la France. On sent aussi une résignation à une monarchie constitutionnelle, une Ve République couronnée, rêve de certains bourgeois gaullistes dits « de droite ».

Pourquoi une nouvelle histoire de l’Action française ? On peut lire dans l’histoire du mouvement de François Huguenin les propos suivants qui laissent perplexe : « Incohérente politiquement, la position de Maurras est explicable psychologiquement. »[3] Et le livre, plein de faits et de références intéressants, est truffé de ces petites piques qui amènent à se demander si on ne perd pas son temps quand on s’occupe de l’Action française ! Alors, comme les histoires classiques du mouvement ne sont pas rééditées et semblent le plus souvent passées sous silence parce qu’elles n’entrent pas dans le moule universitaire, j’ai pensé que le moment était venu pour une nouvelle histoire libre du mouvement royaliste, libre des condamnations a priori, des réticences et des silences qui ouvrent les portes officielles de l’empyrée démocratique.

Je suis d’Action française, politiquement et intellectuellement. Je suis d’autant plus attaché à ce mouvement qu’il est dénigré par beaucoup de ceux qui s’en réclament et voudraient tout changer en gardant le nom. Il existe cependant des tendances, encore modestes mais sûres, qui permettent d’espérer un renouveau.

Certains voudraient sauver Maurras écrivain, poète et philosophe, le faire accepter en sacrifiant l’homme politique, mais, je l’ai montré dans plusieurs études, s’il a pu montrer l’opposition entre le politique et le poète chez Anatole France, un tel distinguo est impossible chez lui : « Notre nationalisme commença par être esthétique ».

Je propose un Précis d’Action française.

Il est possible, en prenant son temps, d’accumuler des fiches pour rédiger un ouvrage de mille pages ou plus dans lequel les détails étouffent les vues générales comme c’est le cas dans la biographie à l’américaine. J’ai voulu, au contraire, en écartant toute érudition, montrer l’essentiel, les grandes idées, les grands thèmes, la méthode et l’esprit de la méthode, exposer les grandes campagnes d’un mouvement politique qui n’eut qu’un but, l’intérêt de la France, guidé par des chefs qui furent des hommes comme on n’en rencontre pas dans chaque siècle de l’Histoire. Il s’agit cependant d’éviter l’hagiographie. J’aurais pu consacrer un chapitre aux faiblesses du mouvement ; d’autres se sont chargés de le faire, et avec un tel zèle qu’il est superflu que je vienne porter ma pierre à l’édifice du dénigrement.

Ceci est un livre d’espoir, le livre d’une histoire qui espère ouvrir sur un avenir, celui de la France.

Gérard Bedel, membre du Comité Directeur de l’Action Française

 

 

[1] Heine était juif. Ses poèmes les plus célèbres furent attribués à un poète inconnu.

[2] Charles Maurras, L’Avenir de l’intelligence et autres textes, Préface de Jean-Christophe Buisson, Edition établie et présentée par Martin Motte, Bouquins, Robert Laffont, 2018.

[3] Il s’agit de l’attitude de Maurras et de l’AF pendant la seconde guerre mondiale. Edition Perrin, collection Tempus, 2011.

Nous sommes Cassandre

Nous sommes Cassandre

L’affaire a éclaté à propos d’une pancarte maniée par une manifestante, Cassandre F… lors de la manifestation anti-passe sanitaire du samedi 7 août à Metz. Cette pancarte qui a été photographiée et souvent présentée dans les médias comporte un certain nombre de noms et, au milieu, le pronom interrogatif « Qui ? » L’on a accusé le texte de cette pancarte et cet innocent pronom interrogatif d’être des manifestations d’antisémitisme ! Crime suprême à notre époque qui admet notamment l’avortement et envisage d’un bon œil l’euthanasie.

Ce petit fait, anecdotique en soi, a fait l’objet d’un énorme battage. Il a servi à escamoter la manifestation elle-même et son succès. Pensez-y ! En plein mois d’août des milliers de personnes se mobilisent contre la politique sanitaire gouvernementale. Cela ne peut-être que des comploteurs sortis de sombres officines et plus ou moins nostalgiques du nazisme (au passage, si j’étais le gouvernement, je m’inquiéterais d’apprendre qu’il y ait tant de néonazis en France !).

En réalité, ce sont les médias, ou certains d’entre eux, qui ont construit de toutes pièces une accusation à laquelle ils ont voulu donner un relent scandaleux. Dans cette affaire, l’accusation d’antisémitisme est une forgerie et une machine à tuer médiatique. L’on n’oubliera pas que les médias actuels, et en particulier la télévision, agissent fréquemment comme une sorte de tribunal populaire qui condamne avant tout jugement… Mais reprenons les faits qui ne sont pas indifférents : Cassandre F., opposante à la politique sanitaire du gouvernement, a exercé le droit qu’elle croyait être celui de tout citoyen en République – puisque nous subissons ce régime-, le droit de manifester et d’exprimer sa pensée (ce qui fait partie des « Droits de l’Homme »). Malheureusement son expression n’a pas plu aux maîtres de l’heure : la parole n’est libre que si elle plaît au gouvernement. Cassandre a donc été rapidement identifiée : aide de quelques délateurs–qui rappellerait les « heures les plus sombres de notre histoire » –ou peut-être reconnaissance faciale que notre bonne République emprunterait à l’exemplaire démocratie chinoise… Retrouvée, la malheureuse a été mise en garde à vue et, enseignante, naturellement suspendue. Un ministre a même souhaité qu’elle soit fermement sanctionnée. Comme elle n’avait tué personne, il n’y a pas eu de bonnes âmes pour rappeler la présomption d’innocence : la suspecte a tout de suite été déclarée coupable.

Si l’on en vient au message lui-même : ce sont les médias, et non Cassandre, qui ont cristallisé l’attention sur les Juifs afin de nourrir le grief d’antisémitisme. Cassandre n’a nulle part écrit le mot «Juif » ou « Israélite » ni dessiné quelque symbole s’y rapportant. Les commentateurs et eux seuls ont fait cette assimilation. Et ils ont pris leur désir pour une réalité. En effet si, parmi les noms cités, certaines personnalités sont connues comme d’origine israélite, d’autres, sauf révélation inattendue, ne sont pas juives, telles Messieurs Macron, Véran et Ferguson… Ainsi, travestissant la pensée et l’action de l’auteur de la pancarte, ces commentateurs ont englobé dans une catégorie (les Juifs) diverses personnalités juives et non juives. Et le parquet a embrayé : les voleurs et les assassins peuvent courir, ce menu fretin qui n’ennuie que les honnêtes citoyens est bien moins intéressant qu’une antisémite de fabrication.

En réalité, quelles était les personnes visées par Cassandre ? « Qui ? » si l’on ose ainsi encore parler ? Ce n’est certes pas le peuple juif ou les personnes de religion juive qui sont diverses et de conditions différentes. Il est évident que Cassandre ne se souciait aucunement des personnes qui se rendent à la synagogue ou de celles qui habitent le quartier parisien du Sentier… La présence sur sa liste de personnages comme Messieurs Macron et Véran nous donne une indication bien plus précieuse : ceux que visait la pancarte sont d’abord les organisateurs, politiques ou médicaux, de la politique sanitaire suivie en France, ainsi que la chaîne BFM, propriété de Monsieur Drahi, qui relaye fidèlement cette politique. L’on trouve ensuite l’agitateur d’idées Bernard Henri Lévy, qui exaspère les nationalistes par son interventionnisme débridé et intempestif. Il fait la liaison entre les précédents et deux meneurs mondialistes, Messieurs Soros et Schwab. Ces gens sont totalement détachés des barrières nationales. Monsieur Soros est partisan des « sociétés liquide » et adversaire historique du franc ; c’est donc un ennemi de notre nationalité et de notre pays. Qu’il soit juif, musulman, sikh ou bouddhiste, la réalité n’en est pas moins là. Monsieur Schwab, promoteur du « grand reset » ne nous paraît pas non plus un admirateur des quarante rois qui en mille ans firent la France. Lui-même et son forum de Davos cherchent à façonner un monde dont les Français attachés à leurs sols et leurs civilisations ne veulent pas. Or, iI n’est pas douteux que les mondialistes profitent de la crise pour bousculer ce qui reste des souverainetés nationales et préconiser l’imposition de normes applicables au monde entier, à commencer par la vaccination universelle. Les personnages cités par la pancarte sont donc des gens qui ont pris position pour la vaccination, ou qui se sont mis en évidence lors de la crise en approuvant des contraintes, ou qui se sont posés en défenseurs de l’imposition d’un ordre mondialiste. Ce qui est visé, ce n’est pas un groupe humain ou religieux, c’est un certain nombre de décideurs politiques financiers et sanitaires. Les uns sont désireux de ravir à chacun la maîtrise de son destin vaccinal ou politique, les autres veulent contrôler les populations au nom d’un ordre mondial et anti-national. L’on peut contester le lien fait par la pancarte entre le lobby vaccinal et le lobby mondialiste, mais il s’agit d’une opinion politique, non d’une infraction à soumettre à un tribunal.

Certains ont cependant voulu trouver une preuve supplémentaire d’antisémitisme dans le pronom « Qui ? » en le reliant à un incident qui s’est produit il y a quelque temps, le 18 juin dernier, à la télévision, lorsque le général Delawarde, un des signataires de la tribune des généraux, interrogé sur la partialité de l’information, a mis en cause certain groupe qui tient les médias en Amérique et en Europe. Ici encore il ne s’agissait pas d’une ethnie particulière, mais simplement de gens qui chassent en meute et qui mettent en coupe réglée les médias au service de leur idéologie progressiste et internationaliste, en quelque sorte la partie médiatique de l’État profond. Comme l’auteur du propos ne pouvait pas, en raison de la censure médiatique, préciser autant qu’il le voulait, l’interrogateur s’est mis de manière fébrile à l’assaillir d’insolents « qui ? », avant de lui couper grossièrement la parole !

Suivant un procédé qui tend à devenir habituel, l’accusation d’antisémitisme est déployée et détournée pour permettre aux États profonds, qui constituent une pieuvre internationale -qu’elle soit incarnée par des Juifs ou des non-Juifs- d’échapper à toute dénonciation. La mésaventure de Cassandre prouve seulement que la terminologie manque pour bien caractériser ceux qui se cachent, mais dont l’action n’est que trop visible. Les valets de presse et les larbins de l’oligarchie mondialiste veulent détourner la colère populaire de la vraie cible : ce sont les oligarques, quelle que soit leur origine, que dénonçait la pancarte litigieuse.

Cassandre est déjà jugée. Le calendrier des tribunaux nous surprendra toujours. Le crime de Cassandre est-il si grave, pour justifier une telle précipitation ? Par comparaison, l’étranger en situation irrégulière qui avait incendié la cathédrale de Nantes en juillet 2020 ; se trouve encore en France, au motif qu’il a été retenu sur notre territoire pour être jugé, et ce délai lui a permis d’assassiner un prêtre. L’on pourrait aussi ajouter le cas du sieur Benalla, ex favori du président Macron, dont le procès n’a toujours pas eu lieu. Pour finir l’on peut ajouter au palmarès du gouvernement l’instrumentalisation de la justice et méditer –c’est de circonstance- la fable des animaux malades de la peste : selon que vous serez puissants ou misérables…

Nous voudrions terminer ces quelques réflexions par une considération qui touche la communauté juive. Il nous semble qu’elle se fait instrumentaliser. Elle aurait tout intérêt, au lieu de crier avec les loups, à se désolidariser de la mafia internationaliste et oligarchique susdite.

L’ennemi du peuple français, ce n’est pas le peuple juif, ou tout autre, c’est l’internationalisme, c’est le mondialisme ! Cette idéologie délétère veut écraser toute réaction dirigée contre la politique gouvernementale d’abandon de la souveraineté et de contrôle mondial de la population. Paraphrasant saint Paul (« il n’y a ni Juif, ni Grec… »), nous remarquerons que, au-delà des distinctions entre Juifs et Chrétiens, démocrates et  monarchistes, il y a une unité profonde (et perceptible par la bonne entente que l’on voit entre porteurs de bannières disparates dans les manifestations) entre des personnes qui veulent sauvegarder leur liberté en face d’une des tentatives de dictature les plus hardies et les plus dangereuses (en raison des techniques modernes d’informatique et de reconnaissance) que le monde ait connu…

Alors « Qui ? » Nous sommes tous Cassandre. La condamner, c’est nous condamner.  Rappelons pour terminer que l’héroïne troyenne de ce nom avait la particularité de ne pas être crue lorsqu’elle prophétisait des malheurs qui arrivaient inéluctablement… Puisse la tyrannie mondiale annoncée par la pancarte de notre Cassandre ne pas se réaliser !

François Marceron

L’heure de vérité

L’heure de vérité

            « Le covid. Le covid. Le covid ».

            Et devinez quoi ? « Encore le covid ».

            Ça c’était 2020

            « Le vaccin. Le vaccin. Le vaccin ».

            Et devinez quoi ? « Encore le vaccin ! »

            Ça c’est 2021

            Vaccin : on ne parle plus que ça, on n’entend plus que ça. On ne vit plus que de ça (puisqu’on ne meurt plus que du covid selon la doxa covidiste.

            Nous aimerions bien pouvoir vous dire : « Allez, qu’importe, ça passera, faisons comme si ça n’existait pas ». Nous aimerions bien pouvoir vous dire : « Bon, ça va aller, il faut laisser couler un peu d’eau sous les ponts, faire quelques recours administratifs, attendre la décision du Conseil constitutionnel ».

            Mais non. Ça ne passera pas. Ça n’ira pas.

            C’est là. C’est maintenant. C’est l’heure. L’heure de vérité. Oui : l’heure a sonné.

            Cela fait bien longtemps que nous sommes en lutte. Bien longtemps… et du temps, nous en avons perdu beaucoup. Dans « nos milieux » certains se sont bien souvent embourgeoisé, ils ont cherché à survivre dans la République, ils n’ont pas voulu faire la contre-Révolution. Ils ont végété, ont accepté de se faire engraisser comme des oies par Marianne. Ils ont trouvé sans cesse mille prétextes pour ne pas lever ne serait-ce que le petit doigt, mille raisons pour ne pas se battre, mille excuses pour être lâches.

            Certains ont essayé de se battre mais beaucoup ont manqué de virilité. Nous ne voulons par leur jeter la pierre et les accabler d’injures. Mais nous constatons que s’ils avaient été plus déterminés, plus forts, plus combatifs, s’ils avaient posé des lignes rouges bien en amont, nous n’en serions peut-être pas là. Soit nous serions tous morts, soit nous aurions vaincu. Mais nous en sommes là à stagner encore, et certains tout tremblants tentent de faire reculer notre dernière ligne rouge : le vaccin. Ils se demandent s’ils ne pourraient pas éventuellement accepter ou alors s’ils ne pourraient pas tricher en usant de faux QR code, de tests violeurs de cavités nasales.

            Ils ont été lâches et mous bien trop longtemps. Maintenant, vraiment non : NON NON NON ! Cette fois : nous n’irons pas plus loin. Nous ne franchirons pas la ligne rouge. Il est temps d’être fort : l’heure de vérité a sonné. Nous allons reconnaître les nôtres de ceux qui ne le sont pas. Ceux qui se battront de ceux qui capituleront. Les fidèles des traîtres. Les héros des vendus. Les princes des esclaves.

L’heure a sonné : il faut choisir un camp. Il est impossible désormais de faire semblant, impossible désormais de ne pas choisir. Il faut prendre parti. Ceux qui feront mine de ne pas choisir, ceux qui voudront rester dans le système, dans leur petit confort, ceux qui feront semblant, qui useront de QR code, de tests, de faux « pass » : ceux-là sont les mêmes que ceux qui prendront le vaccin : des faibles. Des couards. Des serfs de la tyrannie sanitaire.

            Que ceux qui ont la force soutiennent ceux qui n’en ont que peu afin qu’ils ne succombent pas. Que ceux qui ont la force épaulent et retiennent ceux qui n’en ont que peu s’ils le peuvent. Que ceux qui ont la force soient des rocs où ceux qui n’en ont que peu puissent s’accrocher

            Que ceux qui ont la force, que ceux qui veulent l’avoir sans savoir s’ils l’auront ne craignent rien : il est une certitude, c’est qu’on est plus heureux en héros qu’en parjure, qu’importe de tout perdre – la vie même. Qu’ils s’affermissent. Qu’ils ne craignent rien, ne redoutent pas la solitude qui résultera pour eux de l’abandon des lâches. Mieux vaut être seul que mal accompagné : il ne restera que les forts. Ils seront peu sans doute. Mais ils se connaîtront. La lâcheté des faibles ne les empêchera plus d’agir. Le combat sera leur, et leur donnera des forces nouvelles pour se battre encore.

 Hilda Lefort

Simone Veil, un leurre

Simone Veil, un leurre

En matière militaire, l’on appelle un leurre un objet secondaire que l’on lance pour attirer les coups de l’adversaire et pour protéger ainsi un objet principal. Un fait divers récent–la dégradation par « tags » d’une stèle consacrée à la politicienne Simone Veil le 14 août dernier à Perros-Guirec nous paraît se situer au cœur même de l’application de cette méthode.

L’on passera rapidement sur les aspects secondaires : l’on est surpris de trouver à Perros-Guirec, dans les lointaines Cotes d’Armor, une telle stèle… Par ailleurs la dégradation, qui a pris notamment la forme de croix gammées, est évidemment incongrue, et au surplus équivoque. Incongrue tout simplement parce que la croix gammée, symbole du national-socialisme allemand, n’est pas « de chez nous. » Et équivoque car on ne sait si, dans l’esprit des auteurs, cette symbolique visait la bénéficiaire de la stèle en raison de son origine juive, ou bien les innombrables victimes que sa loi sur l’avortement a occasionnées… L’on suppose cependant que le choix de ce symbole répond au rejet quelque peu pavlovien qui entoure le national-socialisme chez nos contemporains : les actions d’Hitler suscitent un dégoût et une horreur particuliers (à la différence de celles des regrettés des médias Staline et Mao, qui le valaient bien), et invoquer le nazisme à propos d’un adversaire revient à le disqualifier et à se dispenser de tout débat…

Mais le centre de la question  nous paraît être l’escamotage politique opéré à partir de la personnalité de Simone Veil. C’est le président Giscard, politicien snob et progressiste, qui a voulu imposer la loi sur l’ « interruption volontaire de grossesse » (IVG) –en bon français hors langue de velours, l’avortement. C’était une révolution non seulement législative mais éthique : un Etat facilitait la destruction de sa propre population en autorisant des femmes à détruire leur fruit dès lors que cet acte était  pratiqué dans certaines conditions. À vrai dire, la loi était habilement rédigée : sans l’approuver ouvertement, elle dépénalisait l’avortement, dès lors qu’il était avait lieu conformément à ses dispositions. Ce n’est que plus tard que les socialistes–toujours avide de surenchère anti nationale et anti familiale–ont voulu faire de l’avortement non plus une exception à la répression mais un droit, en prenant des dispositions sévères contre les «  sauveteurs » et ceux qui tentent de faire obstacle à l’avortement. Inversion des valeurs : l’acte naguère puni est désormais protégé et ceux qui veulent l’empêcher encourent  les foudres de la loi ! Il ne lui manque plus que de devenir un de leurs « droits de l’homme » internationalement reconnu…

Quoi qu’il en soit, pour en revenir à la loi de 1975 que l’on appellerait mieux « loi Giscard Chirac Veil» du nom du trio malfaisant qui l’ a mise en place, elle a constitué un changement considérable par rapport non seulement à la morale religieuse catholique mais aussi au droit naturel: il suffit pour s’en convaincre de voir que l’État français, officiellement laïque depuis 1905, a continué de tenir l’avortement pour une infraction très grave et de le réprimer pendant soixante-dix ans. Il ne s’agissait donc pas seulement, ni même principalement, d’un interdit religieux.

C’est dans le cadre de la préparation de cette loi scélérate de 1975 que le président Giscard a fait un calcul que nous qualifions de leurre. Il était évident qu’un projet de loi dépénalisant l’avortement serait attaqué violemment par les partisans de la vie, catholiques, mais aussi patriotes soucieux du maintien de notre natalité, ou encore personnes au fait de l’horreur de l’opération (empoisonnement ou charcutage des embryons). Pour faire diversion, il a choisi de se référer à la répulsion qu’inspirait le souvenir du national-socialisme. Et, pour mener à bien l’opération, il a choisi Simone Veil, une personne d’origine juive et ancienne déportée. Et la manœuvre a fonctionné et fonctionne encore comme un leurre en matière militaire : toute attaque un peu violente–comme il n’est pas anormal qu’il y en ait dans un débat qui mêle politique religion et morale–était et est  déviée vers le reproche d’antisémitisme comme un bateau que l’on rejette sur des brisants (faut il y voir un rapport avec la localisation d’une stèle à Perros-Guirec, sur la côte de granit rose ?). Attaquer la loi sur l’IVG était assimilé à attaquer Madame Veil et attaquer Madame Veil était assimilé à attaquer la communauté juive et les déportés … Les médias menteurs se sont rués dans cette voie. L’exercice de manipulation a été réussi : le tour de passe-passe permettant de disqualifier tous les opposants à l’avortement, en les transformant faussement en opposants aux Juifs, manifeste encore maintenant sa redoutable efficacité. Il va même jusqu’aux crétins qui, en inscrivant des croix gammées sur la stèle de Perros-Guirec ne se sont pas rendus compte du fait qu’ils se trompaient d’objectif et entretenaient le mensonge. Malheur à ceux qui veulent se conformer à l’image que leurs ennemis ont d’eux !

 Peu de monde, d’ailleurs, pense à souligner que la Synagogue n’est pas, a priori, favorable à l’avortement et que Madame Veil, juive « éclairée », en défendant la loi qui déshonore son nom, agissait contrairement aux principes de sa communauté d’origine.

C’est pourquoi nous voulons le redire, n’en déplaise aux féministes de tous poils : que Madame Veil ait été juive, esquimau, papoue ou bretonne, son action en faveur de l’avortement ne nous paraîtrait pas moins en soi abominable et odieuse. Pour faire simple, et sans nous rallier à la philosophie droit de l’hommiste, nous dirons comme le pape Jean-Paul II que « le premier Droit de l’Homme c’est de naître. » L’avortement constitue-t-il d’un génocide ? Ou simplement d’un crime de masse ? Peu nous importe : l’avortement est un crime qui crie contre le ciel. Ceux qui l’ont voulu le tolérer, l’autoriser ou le banaliser sont des criminels, quelle que soit leur origine…

C’est pourquoi nous estimons que la stèle de Simone Veil, à Perros-Guirec ou ailleurs, est une offense à Dieu, à la nature humaine et à la France, une incongruité et une absurdité. Si le conseil municipal de Perros-Guirec, dans cette Bretagne qui fut jadis royaliste et catholique, voit dans cette stèle un symbole des valeurs de la République, nous ne pouvons que lui laisser ces pseudos valeurs…

Sans approuver les profanateurs à croix gammée, que nous enverrions volontiers étudier les vraies sources de notre civilisation et à qui ne pourrions que recommander la croix du Christ, nous estimons à leur décharge que leur action illégale était dirigée contre un monument d’imposture.

Pour terminer, un conseil à Monsieur le maire de Perros-Guirec : il est dommage de voir une belle pierre comme celle de cette stèle abîmée par des dégradations. Pour l’éviter à l’avenir, il vaudrait mieux la consacrer à un personnage qui mérite véritablement la considération publique. Nous pourrions suggérer d’en modifier la dédicace au profit de la grande philosophe Simone Weil, connue pour ses recherches  sur la condition ouvrière, sur les partis politiques (qu’elle souhaitait voir dissoudre), sur la pensée grecque et l’attrait de la spiritualité chrétienne. A la différence de l’autre-est-ce la distance entre V et W ?- cette Simone Weil-là illustre l’apport positif d’une israélite bien née à la communauté nationale et au véritable humanisme.

François Marceron