Le drapeau européen venait à peine d’être arraché des frontons de nos mairies que Marion Maréchal, déjà, volait au secours du symbole bleu aux douze étoiles.
Dans une tribune publiée sur X le 30 mars 2026, la députée européenne a affirmé :
« Ceux qui retirent le drapeau européen de leur bâtiment public le font en signe d’une protestation symbolique (et légitime) contre l’étouffement bureaucratique, progressiste et, bien souvent, anti-national de Bruxelles.
Mais il ne faut pas se tromper de levier de contestation : le drapeau européen est l’une des rares références à notre civilisation au sein de l’institution européenne. Créé par le Français Arsène Heitz – fervent catholique -, ce drapeau s’inspire de la médaille miraculeuse et des 12 étoiles de la couronne de la Vierge Marie. Il renvoie à ce que devrait être, avant tout, l’Union européenne : le cadre politique d’une civilisation.
Mélenchon lui-même ne s’y était pas trompé, lorsqu’en 2017, apercevant un drapeau européen à l’Assemblée nationale, il s’était esclaffé : « On est obligé de supporter ça ? (…) C’est la République française ici, c’est pas… la Vierge Marie. »
Notre tâche doit être de redonner une dimension identitaire au projet européen : le drapeau européen n’est donc pas un symbole à supprimer, mais à revendiquer face à l’absence d’âme de l’UE technocratique. »
Ce syncrétisme théologico-politique est symptomatique de la dérive profonde d’une certaine droite nationale qui, à force de vouloir christianiser les barreaux de sa prison, finit par accepter la cage mondialiste elle-même. Cette posture trahit une incapacité absolue à transmettre l’essence de la tradition française, réduite à un bricolage symbolique où la Nation s’efface devant une Europe fantasmée.
L’argument de Marion Maréchal est affligeant de naïveté. Qu’Arsène Heitz, créateur du drapeau, ait eu des dévotions mariales personnelles est une anecdote sans portée. La vérité institutionnelle est inscrite noir sur blanc sur le site du Conseil de l’Europe :
« Sur le fond bleu du ciel, les étoiles forment un cercle en signe d’union. Elles sont au nombre invariable de douze, symbole de la perfection et de la plénitude, qui évoque aussi bien les apôtres que les fils de Jacob, les travaux d’Hercule, les mois de l’année. »
Le drapeau de l’Union européenne est le symbole d’un universalisme appliqué en politique. Il met sur le même plan les apôtres du Christ, les fils de Jacob, les mythes païens et le calendrier laïc. Cette énumération hétéroclite n’honore pas le Christ. C’est au contraire le symbole parfait d’une Europe qui ne veut ni âme, ni racines, ni frontières, mais un marché ouvert à tous les vents, à tous les flux, à tous les métissages.
Prétendre que ce drapeau incarne « notre civilisation » est une faute politique majeure qui confine à une posture d’impuissance : une tentative sans cesse châtrée de réformer le système de l’intérieur.
Cette faute n’est pas vénielle : elle sert de levain pour gonfler la pâte du camp national avec l’air européiste du temps.
L’européisme est un agent contaminateur qui tente de rapprocher les positions du camp national vers celles des identitaires pro-UE, tels que Julien Rochedy, qui appelle de ses vœux un « déplacement du cadre de la nation vers la civilisation ».
Ce déplacement constitue pourtant le premier glissement qu’induit la tentation cosmopolite, idéologie responsable du déclin de l’Europe. Car l’Europe n’est civilisationnelle que parce qu’Europe des nations.
Pour lui, la question nationale ne se pense qu’à l’aune d’une solidarité civilisationnelle européenne, quitte à composer avec les institutions de l’UE.
Cette stratégie urgentiste du « continent d’abord » est une impasse. Elle dilue les volontés nationales dans des alliances de circonstance et finit par produire des gouvernements qui, une fois au pouvoir, s’alignent sur les diktats bruxellois. Le « modèle Meloni » en est la preuve.
Élue en 2022 sur un programme souverainiste, Giorgia Meloni devait être l’appartement-témoin du nationalisme européen. Trois ans plus tard, le bilan est sans appel : le point focal des identitaires, qui justifie sous couvert d’urgence toutes les agitations, est resté intact : les arrivées de migrants en Italie ont augmenté sous son mandat, le Pacte asile et migrations de l’UE a été assimilé, et la confrontation avec Bruxelles n’a pas eu lieu.
Le modèle Meloni est la preuve qu’on ne réforme pas l’UE de l’intérieur. Il démontre surtout que l’on perd un temps précieux, puisque l’urgence démographique et migratoire, sans cesse dénoncée par les identitaires, est bien réelle à se refuser à la construction d’un Front nationaliste capable de reprendre notre nation.
Au-delà de son erreur politique, Marion Maréchal s’illustre par sa médiocrité de transmettrice. Dans l’ordre naturel et traditionnel, la femme est celle qui incarne et perpétue la mémoire du peuple, celle qui transmet aux générations futures la substance de la tradition. Or, une femme qui prétend incarner la droite nationale devrait savoir que la tradition française ne se réduit pas à un syncrétisme de symboles détournés.
En défendant le drapeau européen au nom de la Vierge Marie, Marion Maréchal montre qu’elle a perdu le sens de la hiérarchie des fidélités. Elle sacrifie la défense de l’État-nation sur l’autel de la chimère de l’Europe politiquement universaliste, c’est-à-dire cosmopolite.
Elle ne transmet pas une vision claire, mais un compromis fumeux où la nation devient un détail dans une « civilisation européenne » abstraite, et, en fait, toute soumise au mondialisme et au cosmopolitisme.
La tradition ne se transmet pas par des accommodements symboliques, mais par la clarté du combat. On ne transmet pas une civilisation en la diluant dans l’universel. On ne reconquiert pas un peuple en lui proposant des drapeaux étrangers déguisés en icônes.
Il y a un siècle, une action mémorable de Charles Maurras a contribué à éviter la guerre.
Nous nous souvenons cette année du 90e anniversaire de la « loi Maurras ». Contrairement à l’usage d’appeler une loi du nom de celui qui l’a proposée, cette dernière a été désignée du nom de celui qu’elle visait : le directeur de L’Action française, Charles Maurras. Publiée le 10 janvier 1936, la nouvelle loi, qui réprimait la menace de mort, valut à l’écrivain une condamnation à plusieurs mois de prison le 21 mars suivant. Pourtant, selon les partisans de Maurras, les faits auraient plutôt justifié l’attribution du prix Nobel de la paix.
Que l’on en juge ! En 1935, l’Italie fasciste a engagé une guerre contre l’Éthiopie, nation africaine avec laquelle elle avait eu maille à partir depuis le XIXe siècle. L’Italie, tardivement unifiée, rêvait de se tailler un empire colonial, ce qui correspondait aux idées « civilisatrices » de l’époque, et la France et l’Angleterre, qui dominaient des empires considérables en étendue, étaient assez mal venues à s’en offusquer. Or, cent quarante parlementaires français, maçons et/ou de gauche, publièrent un manifeste appelant la Société des Nations à prendre des sanctions contre l’Italie et, partant, à déclencher une guerre avec cette puissance. Circonstance aggravante, cette initiative avait lieu à l’époque de la montée en puissance de l’Allemagne de Hitler, dont la dangerosité aurait dû accaparer en priorité l’attention des responsables politiques français. En conséquence, dans le quotidien L’Action française, Maurras publia les noms de ces parlementaires en les traitant d’« assassins de la paix » et d’« assassins de la France », et conclut en s’adressant à eux : « En l’absence d’un pouvoir national capable d’arrêter le cours de vos entreprises de trahison, il importe que les suprêmes mesures soient ordonnées, il faut que votre sang soit versé le premier. » (AF du 22 septembre 1935).
Le journal poursuivit sa campagne au cours des semaines suivantes, et Maurras la renforça même par une expression qui fit fortune (AF du 13 octobre 1935) : « Ceux qui poussent à la guerre doivent avoir le cou coupé. Comme la guillotine n’est pas à disposition des bons citoyens… vous avez quelque part un pistolet automatique, un revolver ou même un couteau de cuisine. Cette arme, quelle qu’elle soit, devra servir contre les assassins de la paix… » C’est à la suite de cet appel qu’a été promulguée la « loi Maurras » et que le polémiste, qui avait persisté, fut condamné à la prison ferme et vit même sa peine allongée du fait d’autres menaces visant Léon Blum. Toujours est-il que la guerre projetée par certains contre l’Italie n’eut pas lieu, et Maurras put se sentir satisfait, en proférant une menace sous condition, d’avoir contribué à éviter une guerre que les Français n’avaient aucun intérêt à faire. L’on observera néanmoins que, si la paix européenne fut sauvegardée dans l’immédiat, les politiciens n’en profitèrent guère pour préparer la France à parer à la menace allemande. L’on peut d’ailleurs penser que l’initiative des cent quarante nuisibles a contribué à jeter le Duce dans les bras du Führer, c’est-à-dire à accroître le péril national.
C’est un fait historique que les républicains ont la fâcheuse habitude de jeter le pays dans des aventures guerrières « quoi qu’il en coûte », sans même se demander si ces guerres sont utiles à l’intérêt national ni si elles peuvent être gagnées. Ce fut le cas en 1792, avec le déclenchement d’un quart de siècle de conflit européen par les révolutionnaires, et une défaite à la clé. Ce fut encore le cas avec l’inutile prolongation de la guerre de 70, et encore avec le déclenchement de la guerre de 1940, puis le refus de l’armistice sauveur.
Fidèle à sa ligne de maintien de la paix et de défense exclusive de l’intérêt national, lors de la crise de Munich, en 1938, l’AF paraphrasa un couplet de L’Internationale, initialement dirigé contre les généraux :
« S’ils s’obstinent, ces cannibales,
à faire de nous des héros,
il faut que nos premières balles
soient pour Mandel, Blum et Reynaud. »
Ces combats politiques sont-ils l’écho d’un temps révolu ? L’on peut en douter, du fait de l’analogie avec notre époque troublée, où des dirigeants annoncent froidement aux Français, qui, pour la plupart, ignorent jusqu’à l’existence du Donbass (et ne s’en portent pas plus mal), qu’il faut qu’ils se préparent à voir leur jeunesse mourir pour Kiev. Et, compte tenu du précédent historique, il y aurait peut-être lieu de redouter que le président Macron et son chef d’état-major, en raison de leurs déclarations bellicistes et matamoresques en faveur de la guerre qu’ils souhaitent, ne finissent par trouver quelque jour leur Maurras et ne s’entendent sommer d’assumer personnellement les conséquences de leurs actes, au nom du principe suivant lequel « la vie des tyrans appartient à ceux qui n’ont pas peur de mourir ».
Les éléments de langage et postures successifs des médias et des hommes politiques depuis le meurtre de Quentin mentent et empêchent de comprendre ce meurtre.
Écartons d’abord les tentatives piteuses de Mélenchon d’inverser la réalité : « on nous agresse, c’est l’extrême droite qui tue, patati ». On aimerait qu’il fournisse ses statistiques. Le Pen, en son temps, avait publié un livre noir des attaques des sicaires d’extrême gauche, c’était assez croquignolet.
Passons aux choses sérieuses.
Le Canard enchaîné croit découvrir qu’aux « bas-du-front » de l’extrême droite répondent des bas-du-front de l’extrême gauche, suggérant que le meurtre est le fait des bas-du-front. C’est faux. Tuer en politique n’est pas leur fait. Ni Brutus ni Marat ni Robespierre n’étaient bas-du-front, et le plus grand criminel politique de l’histoire, peut-être, Trotski, était tout sauf bas-du-front. Ravachol, Pol Pot ni Mao n’étaient bas-du-front.
Plus commune encore a été la phrase : « nul ne doit mourir pour ses idées », ou « aucune idéologie ne vaut qu’on tue, bla bla ». Or c’est précisément une idéologie qui a tué. Laquelle ?
Un confrère subventionné, journaliste à l’Humanité, nous a renseignés en traitant Quentin de « nazillon ». Il ne faisait qu’exprimer avec ses moufles communistes ce que Le Monde, La Croix, et d’autres disent avec leurs mots doucereux et obliques : passé par l’Action française puis Academia Christiana, il était forcément d’extrême droite. Autrement dit, le diable. Marqué du signe de la bête et, comme tel, abattable sans sommation. No limit contre les fachos. Céléméchants, comme dirait le politologue ricanant Viktorovitch. Comme ils sont une menace permanente, on a droit à « l’autodéfense » contre eux, légitime.
Un membre de la famille Villiers a dit, je crois, que le mot antifa est un mensonge, les antifas sont des fascistes. Non. Grave erreur, qu’on traîne depuis 80 ans. Il y a eu des fascistes, qui ont commis certaines violences en réponse aux crimes communistes. Les fascistes ont disparu en 1945. Les communistes et leurs neveux commettent toujours leurs crimes. Mais depuis 1945, parce que l’Union soviétique était dans le camp des vainqueurs, l’Europe pratique ce que j’appelle la préférence communiste, la préférence pour l’extrême gauche : ce que les bolchos et les gauchos font n’est pas toujours très bien, mais toujours moins pire que la bête immonde d’extrême droite. Et pour ça, on les laisse faire, on s’en sert et on s’allie avec eux. C’est ce qui a justifié le front républicain. C’est pour ça que Gabriel Attal, François Hollande et Laurent Wauquiez ont fait élire le Nouveau Front populaire et qu’ils ont été élus eux-mêmes. La chose est profondément ancrée dans les réflexes politiques français : quand on choisit la bête immonde, on se met ipso facto hors de l’humanité fréquentable et, ma foi, tant pis. Peut-être le meurtre de Quentin changera-t-il cela. Alors il ne sera pas mort pour rien.
Une dernière variation a été lancée par l’ancien ministre Malhuret : « L’extrémisme tue ». Et l’omelette coupée aux deux bouts, radicale, MRP, SFIO, est ressuscitée. La République n’a pas trente-six recettes, elle sert toujours la même pour se partager le gâteau, on se croirait revenu en 1950 avec l’exclusion des gaullistes et des cocos. Avec en prime une fausse symétrie entre la victime et le bourreau, qui donne licence à celui-ci de tuer celle-là, et bonne conscience au lâche qui commente. Les antifas sont de sales bêtes imbéciles, mais le cerveau qui a causé l’assassinat, c’est vraiment le front républicain.
Commentant le traitement que le système politico-médiatique actuel a réservé à la réunion tenue dernièrement dans une ville chinoise par les membres de l’Organisation de coopération de Shanghai (O.C.S.), Régis de Castelnau le considère comme « l’expression d’un mélange d’ignorance crasse, de mensonges, de bêtise arrogante », et il s’interroge sur ce qu’on peut finalement attendre « d’un Occident terminal dirigé par des abrutis qui ne comprennent rien à ce qui se passe, et ne voient que dans des rodomontades bellicistes le moyen de se rassurer et de continuer à se mentir ».
Notre rationalité d’Action française nous fait adhérer pleinement au jugement de l’ancien avocat. Et pour nous, les délires de cette République, et singulièrement l’infantilisme prétentieux et moralisateur de l’ère macronarde qui, au niveau international, se fait passer pour de la diplomatie, sont une raison suffisante pour nous interroger sur ce que, en France, quelque deux siècles de régime démocratique ont fait de la politique. Ars magna de nos anciens, puisque c’est par la politique, et seulement par la politique, que peuvent se réaliser en plénitude et se déployer les conditions du « Bien commun » temporel !
Autrement dit, lorsque l’État est un État normal (ce qui veut dire un État légitime), c’est dans ce cadre que s’effectue la mise en œuvre de ce qu’on appelle les fonctions régaliennes. Ces fonctions vitales sont au nombre de quatre : la politique extérieure, l’ordre intérieur ou sécurité publique, la justice, les finances. Tout le reste, dont l’État moderne, l’État anormal, le Léviathan totalitaire se gorge jusqu’à en crever, n’est qu’usurpation tyrannique, entraînant à terme la destruction de l’ordre social. Contre les incompréhensions persistantes de toute origine, redisons inlassablement que telle est la base de notre « Politique d’abord ».
Au premier rang de ces fonctions éminentes se trouve donc évidemment la politique extérieure, puisque c’est d’elle, et de son extension naturelle, la question militaire dont elle est inséparable, que dépend la défense des remparts de la Cité, condition sine qua non de l’exercice des autres fonctions. C’est bien, en effet, sous la protection de la sécurité préalablement assurée vis-à-vis des éventuelles menaces venues du dehors, qu’ordre intérieur, justice et finances pourront converger efficacement à la réalisation du seul véritable droit de l’homme, qui est de vivre en paix.
Selon Carl Schmitt, qu’il faut suivre sur ce point, en effet, l’un des trois présupposés du politique est « la différenciation de l’ami et de l’ennemi », différenciation spécifique – dit-il – « à laquelle se ramènent les actes et les motivations politiques ». Et ce phénomène de l’altérité, essentiel à la compréhension du monde, entraîne des conséquences absolument infrangibles. C’est pourquoi l’importance de cette première fonction est telle que nous en traiterons à part, à la fin de ce propos.
D’abord, donc, le principe général, le principe élémentaire fondateur grâce auquel la société civile peut mettre en œuvre les autres fonctions régaliennes, et en particulier celle qui concerne l’ordre intérieur, est que le pouvoir de décision doit se trouver au plus près des intérêts en cause ; c’est pourquoi, dans la logique de ces fonctions que l’État est le seul à pouvoir exercer directement, ce n’est pas de lui que relève le domaine privé, beaucoup plus étendu même que nous avons aujourd’hui l’habitude de le concevoir.
Ne relèvent évidemment pas davantage de lui ni l’exercice des métiers, ni les responsabilités des divisions territoriales superposées qui constituent le cadre naturel de la vie des hommes, provinces, communes, etc. C’est pourquoi, normalement, la vie de famille, sous l’autorité du père et de la mère, doit lui échapper.
L’AF citait cette déclaration du duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV : « Le souverain, quoique juge de tous ses sujets, ne doit point ériger, pour ainsi dire, son tribunal jusque dans les foyers » ;
et aussi : « Quoique l’Évangile fasse la loi en France (…) il n’est pas cependant de la compétence du magistrat de rechercher ceux qui en négligent les devoirs dans le particulier ou même qui iraient à les mépriser. »
Voilà une véritable déclaration d’une véritable liberté, tout au rebours du flicage général contemporain !
La Royauté est un gouvernement, et ne prétend pas être autre chose ! La République, elle, est une Église, qui prétend, selon les principes de Jean-Jacques Rousseau, prendre l’homme dans la totalité de sa nature. Son dessein n’est pas de rendre la France plus forte, plus riche, plus paisible, d’assurer aux hommes, comme on le veut depuis Aristote, le plus de bien possible dans les conditions terrestres, mais de promouvoir les idéologies qui lui permettent de dominer.
Mais cela veut-il dire que l’État (nous parlons toujours de l’État normal) doive rester étranger aussi bien à la vie des familles qu’à l’exercice des professions, ou à la gestion des provinces et des communes ? Évidemment pas, puisque, gardien de l’ordre, il doit être attentif à ce que règne entre les habitants du pays cette union, aussi complète que possible, qui assure la paix, sans laquelle la recherche du « Bien commun » est illusoire.
Et c’est donc en complément ou suppléance des autorités inférieures, souveraines et libres de leurs décisions dans leur domaine propre, mais qui peuvent faillir, déroger, qu’il peut lui-même intervenir en cas de besoin, et a le devoir de le faire, au nom du principe de subsidiarité.
C’est pourquoi l’État qui, nous l’avons dit, ne s’occupe que des intérêts les plus élevés, ceux qui concernent le gouvernement proprement dit, n’a pas, en situation normale, à considérer les personnes. S’il peut être amené à le faire, c’est seulement en vue de l’intérêt de tous, à titre exceptionnel, pour rendre à chacun selon ses œuvres, c’est-à-dire soit pour récompenser ceux qui servent l’unité au service du Bien commun, soit, au contraire, pour punir ceux qui, violant de quelque façon l’implicite pacte social, rompent l’unité collective et rendent plus difficile l’exercice des droits de chacun ; c’est pourquoi seuls le scandale public, ou toute autre mise en cause factuelle de la paix publique, peuvent justifier des interventions à ce niveau. C’est seulement à ce titre de sauvegarde du pacte social que s’exerce la fonction de justice, dont le rôle n’est que de sanctionner les manquements aux conditions externes du Bien commun.
Ainsi, l’exercice par l’État de toutes les fonctions régaliennes s’inscrit dans une rigoureuse logique de liberté des personnes. Notre formule, à l’Action française, a toujours été : « Libertés à la base, autorité au sommet ! »
Autorité, c’est-à-dire pouvoir absolu, à ce niveau de décision qui ne concerne pas les personnes privées.
Contrairement à l’amalgame pervers actuellement en vigueur, l’économie, comme son nom l’indique, relève de l’ordre privé, et chacun, homme ou institution légale, est le maître de ses propres œuvres. La seule et unique fonction légitime de l’État dans ce domaine, restant sauf évidemment le principe de subsidiarité, est d’ordre purement financier, ce qui veut dire qu’il doit absolument s’assurer la maîtrise de la monnaie, élément essentiel de la souveraineté, sans laquelle il n’y a pas de pouvoir politique digne de ce nom.
Aujourd’hui, c’est à un dévoiement total de la puissance publique que se livre l’État totalitaire que nous subissons, auto-institué, auto-proclamé, contre toutes les libertés personnelles ou collectives, maître à penser, directeur de conscience, médecin et pharmacien, instituteur et professeur de gymnastique, etc., détournant même au profit de ses affidés, de son propre appareil ou de ses idéologies les fonctions les plus normales de finance, de police et de justice.
C’est devenu la mode, notamment sur CNews, de déplorer que, le corps électoral penchant de plus en plus à droite, les institutions non élues de la République soient dirigées par des gens de gauche. La constatation est juste, mais incomplète, et le vocabulaire employé montre une erreur d’analyse grave qui fausse la perception du phénomène du tout au tout.
C’est vrai, le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, ancien ministre des Finances et ancien commissaire européen, est socialiste. C’est vrai, le président du Conseil constitutionnel, Richard Ferrand, ancien président de l’Assemblée nationale, est un macroniste tendance de gauche. Mais le président du Conseil d’État et celui de la Cour de cassation, plus hautes juridictions administrative et pénale, ne font officiellement partie d’aucun parti. Il convient donc de réserver le mot « gauche » pour la suite de cet article, comme on réserve un fond de sauce sur un coin de fourneau en attendant de s’en servir.
Le mot « gauche », et la chose, ont été inventés sous la Révolution française, quand certains députés, qui s’opposaient au veto royal, se sont rangés à gauche du président de l’Assemblée. D’une manière générale, les novateurs se plaçaient à gauche, tandis que les monarchistes, puis les constitutionnels, se plaçaient à droite et les modérés au centre. Depuis, la partie gauche s’est prévalue de ce placement et s’est donnée pour le progrès, les Lumières, la raison, le social, bref, le Bien avec un grand B. Aujourd’hui, le bien est l’inclusion, le monde ouvert, immigrationniste et internationaliste. Cette forme moderne du progressisme touche aussi bien les gens qui se disent de gauche que d’autres qui se disent de droite. Ainsi, Chirac a-t-il pratiqué une politique inspirée de l’idéologie progressiste, avec à peine quelques bémols en matière économique. Notre constatation de départ doit donc être ainsi modifiée : les « progressistes », quelle que soit leur couleur politique, collectionnent les places, quand le peuple, lui, est conservateur.
D’autre part, ce monopole des places ne se borne pas aux postes non élus. Le premier magistrat de la République, Macron, quelle que soit l’étiquette qu’on lui colle, est un progressiste arc-en-ciel de la plus belle eau ; sa constitutionnalisation de l’avortement et ses enterrements au Panthéon (Manouchian, Badinter) le crient. Il en va de même de Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, troisième personnage de l’État, qui vient de partir en guerre, en bonne communiste de cœur, gavée de bons sentiments, contre l’héritage. Participant à la même idéologie molle, morale, parisienne et mondiale, Gérard Larcher, président du Sénat, deuxième personnage de l’État, est de la même humeur. Il vient de le signifier en recréant pour lui tout seul un mini front républicain contre le Rassemblement national : « L’union des droites, a-t-il dit, est une illusion : l’alliance de la droite et du centre est la seule en mesure de porter des mesures sérieuses pour répondre aux attentes des Français et redresser le pays. »
Cette déclaration est un modèle de vérités partielles au service d’un mensonge global. Oui, l’union des droites est une illusion, pour la raison que l’on vient de développer : la question aujourd’hui n’est pas l’opposition entre droite et gauche, mais entre les progressistes arc-en-ciel, partisans d’un monde sans frontières, et les défenseurs de la nation. À cet égard, ce qui peut faire avancer le schmilblick, c’est l’union des non-gauches, des non-progressistes, des anti-arc-en-ciel. Cela implique que « l’alliance de la droite et du centre » chère à Larcher, qui a organisé l’invasion du pays, ruiné sa prospérité, mis en péril sa sécurité et permis, par lâcheté ou complicité, toutes les dérives morales de la société, n’est pas « en mesure de porter des mesures sérieuses » ni pour satisfaire les Français, ni pour redresser le pays. Larcher est le représentant typique d’élites républicaines déconnectées à la fois du peuple et de la tradition française, inefficaces et traîtresses par nature.
Le système entier qui régit l’État républicain — les trois pouvoirs, judiciaire (de toutes juridictions), législatif et exécutif — se raidit et fait bloc contre le vent de liberté qui souffle en Europe et pourrait amener un véritable redressement. Comme la République, l’arc-en-ciel gouverne mal mais se défend bien. Il fait flèche de tout bois, même de ses ennemis apparents. C’est ainsi qu’Éric Zemmour, ancien rubricard devenu chroniqueur avec quelque bonheur, s’applique à saboter depuis cinq ans l’éclosion d’une grande force nationale. À la présidentielle de 2022, il s’en est fallu d’un rien qu’il ne propulse Mélenchon au deuxième tour. Et aujourd’hui, il exclut toute alliance avec le RN, quand sa concubine (ou ex, on s’y perd) Sarah Knafo la demande, sous le prétexte que ce parti serait socialisant. C’est grave : outre qu’il fut lui-même assez dirigiste en la matière et qu’il demeure d’esprit assez marxiste, ce refus postule que le plus important en politique est l’économie, non la défense de la nation, de son corps et de son esprit. Cet économisme pesant est de la même nature que la posture de Gérard Larcher. Tout leur est bon pour refuser une union nationale.
Les derniers événements survenus en Iran ne peuvent être compris qu’à la condition de les replacer dans leur contexte géopolitique global. Toute lecture qui se limite à une opposition binaire entre un « peuple » et un « régime » autoritaire relève d’une simplification excessive, largement nourrie par un narratif médiatique occidental dominant, aligné sur les priorités stratégiques des États-Unis et de leur allié israélien. Cette grille de lecture, si commode soit-elle, empêche de saisir les dynamiques profondes à l’œuvre.
Des manifestations réelles, anciennes et d’abord économiques
Il ne s’agit pas de nier l’existence de manifestations populaires en Iran. Celles-ci sont bien réelles, mais elles durent depuis des mois, voire des années, et s’inscrivent dans une conflictualité sociale de long terme. Leur origine est avant tout socio-économique : inflation persistante, dévaluation de la monnaie nationale, perte de pouvoir d’achat et difficultés quotidiennes dans un pays soumis depuis de nombreuses années à des sanctions américaines et européennes sévères.
Ces mobilisations visent principalement à dénoncer la cherté de la vie et la crise économique. En cela, elles ne diffèrent pas fondamentalement de mouvements observés dans d’autres pays, y compris en Europe. Elles ont d’ailleurs été autorisées par les autorités, le droit de manifester étant garanti par la Constitution iranienne. Présenter ces rassemblements comme une insurrection soudaine et homogène relève donc d’un contresens.
De la contestation sociale à l’émeute : infiltration et violences organisées
Comme cela se produit fréquemment ailleurs, des groupes organisés ont infiltré ces manifestations, détournant un mécontentement social légitime pour provoquer des émeutes violentes. Des attaques ont visé les forces de l’ordre, parfois avec des moyens décrits comme largement disproportionnés pour une simple contestation, causant des morts parmi ces dernières.
Plus préoccupant encore, et très peu relayé dans les médias occidentaux, des tireurs embusqués auraient été observés sur certains toits d’immeubles, visant indistinctement forces de sécurité et manifestants. Ce type de configuration n’a pas pour objectif de faire avancer des revendications sociales, mais de créer le chaos, d’alimenter la peur et d’accélérer une crise politique.
Un scénario déjà observé : Syrie, Irak, Libye
Ce schéma rappelle fortement les premières manifestations en Syrie en 2011. Présentées à l’époque comme des demandes de réformes, elles se sont rapidement transformées en guerre civile, sous l’effet de l’intervention de groupes armés extérieurs disposant d’un arsenal militaire incompatible avec un simple mouvement populaire. En Syrie comme en Iran aujourd’hui, des groupes se sont comportés comme de véritables forces combattantes face à l’État.
Le parallèle n’a rien d’anecdotique. En France même, lors de certaines mobilisations, des casseurs viennent régulièrement semer le trouble. Certains observateurs avaient d’ailleurs évoqué, lors du mouvement des Gilets jaunes, des tentatives d’ingérence ou d’amplification extérieure. Pourquoi ce qui est jugé possible en Europe serait-il impensable en Iran, pays placé au cœur d’enjeux stratégiques majeurs ?
Une séquence de tensions militaires régionales
Ces événements s’inscrivent dans une période de tensions extrêmes entre l’Iran, les États-Unis et Israël. En juin dernier, des agressions militaires ont eu lieu, suivies d’une guerre de douze jours : frappes israéliennes puis américaines sur l’Iran, représailles iraniennes par missiles balistiques en Israël, causant des dégâts importants et une panique réelle au sein de la population israélienne, poussant Tel-Aviv à demander l’aide directe de Washington.
Cette confrontation militaire ne semble pas avoir produit les résultats stratégiques escomptés. Dans ce contexte, le basculement vers une déstabilisation intérieure apparaît comme une option classique. En période de crise économique, acheter des relais, encourager des fractures internes et activer des réseaux clandestins devient plus aisé. Les services israéliens disposent de longue date d’un maillage opérationnel dans la région, souvent en coordination avec l’appareil américain. Des déclarations publiques ont d’ailleurs laissé entendre un soutien explicite aux groupes cherchant à pousser la contestation jusqu’au renversement du pouvoir.
Pourquoi l’Iran dérange
L’Iran dérange parce qu’il a profondément évolué depuis la révolution de 1979. Sur les plans technologique, militaire et stratégique, il est devenu un acteur incontournable du Moyen-Orient. Il a contribué à préserver les institutions syriennes en intervenant à la demande du gouvernement syrien reconnu, avant l’intervention russe.
L’Iran, comme la Russie, a également combattu l’État islamique et le Front Al-Nosra, organisations responsables d’attentats terroristes internationaux, notamment en France. Ces attentats ont contribué à tétaniser l’opinion publique et à nourrir des théories du « choc des civilisations », alimentant des fractures internes dans les sociétés occidentales. Dans le même temps, il est rappelé que des combattants liés à Al-Nosra ont été soignés en Israël, élément régulièrement évoqué pour illustrer les ambiguïtés régionales.
La Syrie comme laboratoire du chaos
La prise de pouvoir en Syrie, le 8 décembre 2024, par Ahmad al-Sharaa, connu sous le nom d’Abou Mohammed al-Jolani, ancien cadre du Front Al-Nosra, s’inscrit dans cette logique de recomposition brutale. Ce basculement aurait été rendu possible grâce à l’aide de la Turquie et surtout d’Israël, ce dernier ayant neutralisé l’armée syrienne par des bombardements massifs. Un discours de remerciement public à Israël aurait suivi.
La rapidité avec laquelle ce dirigeant a été réhabilité sur la scène internationale, reçu au plus haut niveau dans certaines capitales occidentales, a profondément choqué, notamment au regard du traumatisme encore vif des attentats islamistes en Europe. Dans le même temps, l’extension du contrôle territorial israélien en Syrie, sans réelle opposition du nouveau pouvoir, renforce l’impression d’une nouvelle architecture régionale imposée par la force.
Une stratégie de morcellement des États
L’ensemble de ces évolutions s’inscrit dans une thèse plus large : celle d’un affaiblissement délibéré des États du Proche et du Moyen-Orient par leur fragmentation en entités confessionnelles ou ethniques rivales — kurdes, sunnites, chiites, alaouites, druzes. L’Irak depuis 2003 et la Syrie en offrent des exemples frappants.
Cette dynamique servirait plusieurs objectifs : empêcher l’émergence d’États forts, multiplier les lignes de fracture internes et créer une dépendance sécuritaire durable. Elle permettrait également de justifier le caractère ethno-national de l’État israélien, renforcé par une loi fondamentale récente, et de légitimer l’idée qu’aucune coexistence plurielle n’est viable dans la région.
Séparatismes et risque de dislocation iranienne
Dans ce contexte, l’Iran est à son tour exposé à des revendications séparatistes : kurdes, Arabes du Khuzestan, Baloutches et, dans une moindre mesure, certains courants azéris favorables à un rattachement à l’Azerbaïdjan. Ces dynamiques, souvent encouragées de l’extérieur, font peser un risque majeur : celui d’un morcellement du pays, plutôt que d’une transition politique ordonnée.
Le mirage d’une restauration monarchique
Contrairement à certaines attentes, l’effondrement de l’État iranien ne conduirait vraisemblablement pas à une restauration monarchique. Le prince Reza Pahlavi, fils de Mohammad Reza Pahlavi, apparaît pour certains comme une figure d’espoir. Mais sa proximité affichée avec Israël, au moment même où ce pays bombarde l’Iran, pose un problème symbolique et politique majeur. Il est difficile d’imaginer qu’un prétendant au trône puisse incarner une légitimité nationale en s’affichant aux côtés d’un État en guerre contre son propre pays.
Cette question de légitimité est d’autant plus sensible que la dynastie Pahlavi elle-même est issue d’un coup d’État : Reza Khan, officier de la brigade cosaque, renverse la dynastie qajare en 1921, dans un contexte d’influence britannique, avant de devenir Reza Shah Pahlavi. En 1941, sous la pression des Alliés, il est contraint d’abdiquer au profit de son fils. Cette généalogie rend toute prétention à une continuité nationale incontestable profondément discutable.
Un enjeu mondial et une responsabilité française
L’Iran est aujourd’hui intégré dans une architecture multipolaire associant la Russie, la Chine, l’Inde, le Pakistan, ainsi que de nombreux pays d’Amérique latine et d’Afrique. Cet ensemble constitue une alternative à l’hégémonie américaine qui s’est imposée depuis la fin de la guerre froide. Un effondrement iranien aurait des répercussions bien au-delà de la région, fragilisant les équilibres globaux.
Dans ce contexte, l’intérêt de la France n’est ni l’alignement aveugle ni la moralisation sélective. Il réside dans une politique étrangère indépendante, fidèle à une tradition de diplomatie d’équilibre. L’expérience des vingt dernières années au Proche-Orient invite à la prudence : la destruction des États n’a produit ni démocratie ni stabilité, mais le chaos, l’exode et la radicalisation.
Critiquer un régime étranger depuis Paris est aisé. En comprendre la complexité et mesurer les conséquences d’une déstabilisation l’est beaucoup moins. L’histoire récente montre pourtant que, dans cette région du monde, les récits simplificateurs finissent toujours par se fracasser sur le réel.
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