Lire Maurras

Lecture

par Gérard Bedel

Alors qu’il aurait pu connaître une carrière d’écrivain calme et brillante, Charles Maurras « entra en politique comme on entre en religion » lorsque l’Affaire Dreyfus menaça la société française de dislocation. Si on met à part la poésie, qui resta son jardin secret, tous ses textes furent désormais des écrits de combat et les livres qu’il publia furent des recueils d’articles retouchés, complétés et rassemblés. Maurras n’eut jamais le loisir de composer un traité doctrinal. Et d’ailleurs, l’aurait-il voulu ? Il répugnait à renfermer dans des formules l’Empirisme organisateur, méthode d’analyse vivante, propre à s’adapter à toutes les situations politiques.

Lire Maurras, pénétrer dans la pensée de Maurras n’est pas facile aujourd’hui, et je me permets de mettre mon expérience au service des plus jeunes.

Comment aborder l’œuvre de Maurras ?

L’immense culture qu’il partageait avec l’élite intellectuelle de son temps peut parfois gêner le lecteur moderne qui passe à côté de bien des réminiscences des lettres classiques, grecques, latines et françaises. Maurras possédait aussi une mémoire hors du commun qui lui maintenait présent à l’esprit l’essentiel de l’Histoire et de la Philosophie. Mais en s’appliquant avec patience, on retrouve peu à peu, en pratiquant Maurras, cette culture dont l’Ecole démocratique a voulu nous priver afin de nous changer en moutons dociles à la propagande républicaine.

Il existe une tentation de réduire Maurras à quelques formules politiques, mais nous essaierons d’échapper à ce danger : le combat pour restaurer l’Etat en France ne saurait être séparé du combat pour la Civilisation.
Nous commencerons par présenter des choix de textes, en partant des plus simples pour aller aux plus complexes. Nous aborderons ensuite les ouvrages complets.

Nous partirons de Nos raisons, nous poursuivrons par Mes Idées politiques, et nous finirons par La dentelle du rempart.
Nous évoquerons plus tard le grand Dictionnaire politique et critique, puis l’anthologie publiée chez Laffont en 2018, L’Avenir de l’Intelligence et autres textes, recueil d’extraits importants mais qui demande d’être lu avec un esprit critique vus les choix, les présentations et les commentaires.

Nous n’oublierons pas Les Œuvres capitales, choix établi par Maurras en personne.

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Colère mystique par Stéphanie Bignon

Colère mystique par Stéphanie Bignon

Lecture

par Stéphanie Bignon

Nous souffrons tous des mêmes maux quel que soit notre milieu ou notre histoire. Nous souffrons d’amnésie du sens, d’inquiétude, d’insatisfaction, d’incapacité à se projeter et à s’adapter, de frénésie en toutes choses, d’impatience chronique, de perte du vrai goût de la vie, de l’incapacité de se réjouir de choses simples et pourtant souvent quotidiennes…
L’Eglise, en amont de la société civile, exprime cette souffrance profonde, douloureuse au point de cacher sa véritable origine et de préférer la fuite en avant. Notre société occidentale et l’Eglise elle-même semblent avoir oublié que « Dieu plaça l’homme dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder » et qu’ « il n’est pas bon que l’homme soit seul ». Ces deux passages tirés de la Genèse expriment tout ce que l’homme n’aurait jamais dû perdre de vue : protéger la Création et la féminité, les deux sources de vie capables de tout donner pourvu qu’elles ne soient ni stérilisées ni exploitées.

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Or la Création est exploitée, « Hommes tueurs de Dieu, les temps ne sont pas loin où, sur un grand tas d’or vautré dans quelque coin, ayant rongé le sol nourricier jusqu’aux roches, ne sachant faire rien ni des jours ni des nuits, noyés dans le néant des suprêmes ennuis, vous mourrez bêtement en emplissant vos poches. » (Charles-Marie Le Conte de Lisle). Et la féminité, synonyme de temps long, de gratuité et de charité est aux oubliettes. Si la femme veut exister dans ce monde d’exploitation globale, elle doit accepter la greffe d’un phallus social et renier ce pourquoi elle a été créée.
Le nouvel Adam, notre Rédempteur, nait d’une Vierge, Marie notre très sainte Mère. Il ressuscitera d’abord aux yeux de la pécheresse, sainte Marie-Madeleine. Au pied de la Croix se trouvaient les saintes femmes, comme si toutes connaissaient, dans leur ADN, le prix du rachat du péché d’Eve. Eve, la Vivante, qui un instant a oublié Dieu et sa mission de résistance.
Alors messieurs du clergé comme de la société civile, réalisez que les congrégations féminines, vos épouses, mères et sœurs, vous sont divinement indispensables. Sans cet esprit féminin à vos côtés, vos existences se résumeraient à vos appétits !
Mesdames, Eve en chutant nous éclaire sur la puissance et la difficulté de notre rôle. Nous ne devons ni nous complaire dans les conséquences du péché originel ni les nier mais y puiser toute la force nécessaire pour faire que la Vie soit le centre du monde et rien ni personne d’autre.

 

 

Stéphanie Bignon
Mars 2019

chastet_ou_chaos
Stéphanie Bignon
La chasteté ou le chaos
préface de Pierre Magnard
éditions Via Romania
2016
12€

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L’Afrique zone d’influence française irrédente

L’Afrique zone d’influence française irrédente

L’intervention, en extrême urgence, de l’Armée française dans l’ex Soudan, dénommé aujourd’hui Mali ne nous a pas surpris. Nous avons toujours su que le retrait de la France du continent africain allait à l’encontre de tous nos intérêts, politiques, historiques, militaires et économiques et que, tôt ou tard, la France serait obligée de revenir en Afrique.

                                                                           Un héritage historique bradé

« Il n’y a pas d’estat mieux situé que la France pour estre puissante en la mer puisqu’elle a de meilleurs ports qu’aucun autre, soit en l’Océan, soit en la mer Méditerranée, qu’elle a quantité de bons marins et excellents soldats » RICHELIEU

 La présence de la France en Afrique, indiquée traditionnellement sur la carte par des taches roses, ne découlait ni d’une lubie, ni d’un hasard mais d’une nécessité bien comprise : un état digne de ce nom doit avoir la politique de sa géographie. De par sa position sur la carte du monde la France avait par nature une vocation maritime et coloniale.

Les différents régimes qui se succédèrent, restèrent fidèles, malgré les aléas de l’histoire, à cette vocation. La rupture de la politique impériale de la France intervint sous la V ème république instaurée par De Gaulle Charles. Ce sinistre individu, qui avait fait don de la France à sa personne, brada l’Afrique française (A.O.F.– A.E.F – Madagascar) en passant par l’étape éphémère de la Communauté (1958-1960). Le Sahara échappa momentanément à cette liquidation car il constituait un moyen de pression dans les négociations avec les rebelles algériens. Il fut finalement rajouté, en supplément dans le paquet cadeau de l’indépendance de l’Algérie (1962). 

De Gaulle Charles s’étant débarrassé des colonies et du « boulet algérien », pensait pouvoir enfin laisser sa marque dans l’histoire en entamant une grande politique européenne. Ses successeurs, obnubilés par le mythe de l’Europe ou par le culte du veau d’or, poursuivirent la politique irresponsable du désengagement de la France en Afrique.

Les traités de coopération et d’assistance économique, vidés de leur contenu, accélérèrent la misère des populations et les accords d’assistance militaire, non respectés et régulièrement remis en cause semèrent le doute et la défiance. Les états africains, qui avaient pourtant partagé notre destin, furent désormais traités comme de vulgaires partenaires économiques et livrés aux appétits des grands groupes commerciaux, industriels et financiers. Il n’en fallait pas plus pour détruire notre influence et notre prestige. C’est ainsi que la France perdit les avantages de son passé africain pour n’en conserver que les inconvénients : devoir de repentance et invasion migratoire.

Dénigrement de la colonisation

« Ce n’est pas chez les Maures que vous devez aller chercher vos exemples et vos directeurs intellectuels mais bien chez nous qui aimons la paix et l’ordre »  FAIDHERBE.

Ce n’est pas sans plaisir que nous avons assisté au retour des armées françaises au Mali sur ordre d’un Président socialiste. Ce revirement brutal de la gauche démontre que les réalités prennent toujours le pas sur les idéologies. Il était de bon ton, à gauche comme à droite de soutenir la politique du désengagement de la France en Afrique. La gauche le faisait logiquement au nom du sacro-saint droit des peuples à disposer d’eux- mêmes, la droite, toujours sans vergogne, le faisait sous des motifs divers : fidélité à l’œuvre de De Gaulle Charles, le bradeur d’empire, nécessité d’un engagement total dans la construction européenne, soumission aux règles du grand libéralisme.                                                                                                                                                                                     

Sous prétexte que la colonisation aurait couté plus cher qu’elle n’aurait rapporté la politique africaine de la France se limita désormais à des impératifs économiques, dignes d’un « épicier de quartier ».

Le passé colonial de la FRANCE était couramment condamné car, par une inversion aussi débile que malhonnête, la colonisation était tenue pour responsable des maux et des séquelles nés de la décolonisation : anarchie, sous-développement, épidémies, famines, flux migratoires… Rappelons à tous ces « idiots utiles » que la passé d’un pays ne saurait être jugé par rapport aux valeurs suicidaires du politiquement correct d’aujourd’hui.

Un retour nécessaire

« La valeur et la grandeur d’une nation se mesure par sa présence et son influence dans le monde. La nature a horreur du vide si vous n’étendez pas vos frontières, d’autres le feront à votre détriment ».

Le temps s’écoule mais les réalités demeurent et les mêmes causes produisent les mêmes effets. Chaque jour qui passe démontre que la décolonisation n’a ni libéré les peuples africains, ni allégé « le fardeau de l’homme blanc » ni amélioré nos finances.                                                                                                                                       

Notre départ, loin de faire disparaitre les problèmes de l’Afrique les a multipliés et amplifiés. La paix française a d’abord été remplacée par le désordre et la misère qui ont engendré l’émigration des populations vers la France puis le brigandage et enfin le terrorisme islamique. Des régions entières de l’Afrique sont devenues des zones de non-droit où se pratique la chasse aux otages. (Le transfert du rallie Paris-Dakar en Amérique latine avait déjà été un signe fort.)

Hier, quand la France était chez elle en Afrique, la LIBERTE pouvait venir du sud de la méditerranée : l’armée française se reconstituait dans notre province d’Algérie (préservée grâce au Maréchal Pétain), aujourd’hui le DANGER est permanent et il vient du Sud. Il vient de l’Afrique du nord submergée par « les printemps arabes » à la suite de nos interventions irréfléchies, il vient du Sahel travaillé et miné par le terrorisme islamique, il vient de tous ces états d’Afrique noire déstabilisés par l’anarchie et la corruption.

Nous n’en finissons pas de payer le prix des lâchetés, des abandons et des reniements de nos politiciens félons. Nous n‘en finissons pas de payer le prix cet éloge irresponsable de la décolonisation doublé paradoxalement d’un profond désintérêt pour l’Afrique. Nous n’en finissons pas payer le prix de l’Afrique livrée en pâture tantôt aux utopies européennes, tantôt aux intérêts américains, tantôt aux convoitises chinoises tantôt au prosélytisme islamique.

La politique de l’Autruche poursuivie ces dernières années n’a pas fait disparaitre l’Afrique qui reste bien présente sur notre flanc sud. Les événements du Mali et notre intervention armée arrivent à point pour nous rappeler ce que les anciens avaient compris depuis l’empire romain : l’Afrique est, par la Méditerranée, le prolongement naturel du continent européen et il ne peut y avoir de PAIX sans PACIFICATEUR.

Jean-Pierre PAPADACCI

Français d’Empire

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Maurras, poète de l’ordre et de l’espoir par Gérard Bedel

Maurras, poète de l’ordre et de l’espoir par Gérard Bedel

Lecture

par Gérard BEDEL

 

Gérard Bedel, membre du Comité Directeur de l’Action Française.

Cette brochure contient le texte d’une conférence très dense, prononcée à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Charles Maurras, le 16 novembre 2002 à Tours (50 ans).
Après avoir rappelé l’importance, la place de Maurras dans la vie intellectuelle du premiers tiers du XXe siècle, l’auteur s’applique à aller à l’essentiel et montre que tout est lié dans le combat de Maurras pour la civilisation : « Notre nationalisme commença par être esthétique ».
Il faut donc remonter aux idées-mères, idées que Maurras exprime de trois manières différentes : une prose très apprêtée, ce sont les Contes, des poèmes allégoriques, et enfin une forme non voilée avec les articles de la lutte quotidienne. L’ouvrage se termine avec une réflexion sur la poésie par des poèmes de Gérard Bedel en hommage à « l’Altissime ».

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Transhumanisme : changer la nature de l’Homme

Transhumanisme : changer la nature de l’Homme

Par Jean-Pierre Dickès

Dépassant la nature humaine ils prétendent mener l’Homme à l’immortalité.

Le Dr Jean-Pierre Dickès réfléchit depuis plus de 20 ans aux questions relatives au transhumanisme. Il inaugure aujourd’hui le premier d’une série d’articles consacrés à cette thématique. La destruction des nations passe par la dé-civilisation et par la volonté de changer l’Homme.

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Et toi, quel type de militant es-tu ?

Et toi, quel type de militant es-tu ?

LETTRE DE L’AMIRAL ANTOINE SCHWERER A CHARLES MAURRAS

Nous publions pour les militants un extrait d’une lettre privée, adressée à Charles Maurras par l’amiral Antoine Schwerer (1862-1936), président de la Ligue d’Action française au début des années 1930. Nous souhaitons que les observations toujours d’actualité du grand Chef militaire et politique que fut l’Amiral, suscitent chez eux des réflexions salutaires sur leur propre action (ou inaction suivant les cas), afin qu’elle serve toujours plus efficacement et dans la discipline la Cause nationale et royale, seule digne d’un bon Français.

« Nos ligueurs de toutes les régions peuvent se diviser en trois catégories :

1°/ Ceux qui sont fidèles, dévoués, actifs. Ils agissent avec plus ou moins d’adresse selon leurs moyens ; mais ils sont disciplinés, sont toujours prêts à suivre les directives qu’on leur donnera. On peut toujours compter sur eux. Je n’ose pas dire qu’ils forment la majorité.

2°/ Ceux qui certainement désirent le rétablissement de la monarchie, qui sont au fond assez attachés à l’AF mais qui n’ont pas en elle la foi robuste qui serait nécessaire. Ils ne font pas grand-chose, soit parce qu’ils sont incapables, soit parce qu’ils ont peur de se compromettre et de plus ils se laissent facilement troubler par tous les bobards. Il faudrait constamment les soutenir, relever leur moral. Après une réunion, ils sont rassérénés, pleins d’ardeur ; ils me répètent à l’envi une phrase, toujours la même et qui finit par m’agacer : « Amiral, comme vous nous avez fait du bien ! ». Ils promettent de travailler. Et puis huit jours après, ils n’y pensent plus.

3°/ Enfin, il y a ceux qui dans l’AF voudraient ne voir qu’une sorte de cercle mondain. Ils voudraient surtout la diriger, donner des conseils. Ils sont toujours prêts à critiquer, jamais à agir. Ceux-là sont beaucoup plus nuisibles qu’utiles. Je ne désire qu’une chose, c’est les voir quitter la Ligue. »

 

Amiral Schwerer

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