Maurras, poète de l’ordre et de l’espoir par Gérard Bedel

Maurras, poète de l’ordre et de l’espoir par Gérard Bedel

Lecture

par Gérard BEDEL

 

Gérard Bedel, membre du Comité Directeur de l’Action Française.

Cette brochure contient le texte d’une conférence très dense, prononcée à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Charles Maurras, le 16 novembre 2002 à Tours (50 ans).
Après avoir rappelé l’importance, la place de Maurras dans la vie intellectuelle du premiers tiers du XXe siècle, l’auteur s’applique à aller à l’essentiel et montre que tout est lié dans le combat de Maurras pour la civilisation : « Notre nationalisme commença par être esthétique ».
Il faut donc remonter aux idées-mères, idées que Maurras exprime de trois manières différentes : une prose très apprêtée, ce sont les Contes, des poèmes allégoriques, et enfin une forme non voilée avec les articles de la lutte quotidienne. L’ouvrage se termine avec une réflexion sur la poésie par des poèmes de Gérard Bedel en hommage à « l’Altissime ».

Transhumanisme : changer la nature de l’Homme

Transhumanisme : changer la nature de l’Homme

Par Jean-Pierre Dickès

Dépassant la nature humaine ils prétendent mener l’Homme à l’immortalité.

Le Dr Jean-Pierre Dickès réfléchit depuis plus de 20 ans aux questions relatives au transhumanisme. Il inaugure aujourd’hui le premier d’une série d’articles consacrés à cette thématique. La destruction des nations passe par la dé-civilisation et par la volonté de changer l’Homme.

Et toi, quel type de militant es-tu ?

Et toi, quel type de militant es-tu ?

LETTRE DE L’AMIRAL ANTOINE SCHWERER A CHARLES MAURRAS

Nous publions pour les militants un extrait d’une lettre privée, adressée à Charles Maurras par l’amiral Antoine Schwerer (1862-1936), président de la Ligue d’Action française au début des années 1930. Nous souhaitons que les observations toujours d’actualité du grand Chef militaire et politique que fut l’Amiral, suscitent chez eux des réflexions salutaires sur leur propre action (ou inaction suivant les cas), afin qu’elle serve toujours plus efficacement et dans la discipline la Cause nationale et royale, seule digne d’un bon Français.

« Nos ligueurs de toutes les régions peuvent se diviser en trois catégories :

1°/ Ceux qui sont fidèles, dévoués, actifs. Ils agissent avec plus ou moins d’adresse selon leurs moyens ; mais ils sont disciplinés, sont toujours prêts à suivre les directives qu’on leur donnera. On peut toujours compter sur eux. Je n’ose pas dire qu’ils forment la majorité.

2°/ Ceux qui certainement désirent le rétablissement de la monarchie, qui sont au fond assez attachés à l’AF mais qui n’ont pas en elle la foi robuste qui serait nécessaire. Ils ne font pas grand-chose, soit parce qu’ils sont incapables, soit parce qu’ils ont peur de se compromettre et de plus ils se laissent facilement troubler par tous les bobards. Il faudrait constamment les soutenir, relever leur moral. Après une réunion, ils sont rassérénés, pleins d’ardeur ; ils me répètent à l’envi une phrase, toujours la même et qui finit par m’agacer : « Amiral, comme vous nous avez fait du bien ! ». Ils promettent de travailler. Et puis huit jours après, ils n’y pensent plus.

3°/ Enfin, il y a ceux qui dans l’AF voudraient ne voir qu’une sorte de cercle mondain. Ils voudraient surtout la diriger, donner des conseils. Ils sont toujours prêts à critiquer, jamais à agir. Ceux-là sont beaucoup plus nuisibles qu’utiles. Je ne désire qu’une chose, c’est les voir quitter la Ligue. »

 

Amiral Schwerer

Transhumanisme : changer la nature de l’Homme

Le transhumanisme est une nouvelle spiritualité

transhumanisme

 

Le mot « religion » vient du latin religere qui signifie « relier ». Pour les chrétiens c’est ce qui nous relie au Ciel, à la transcendance. Quoi de plus normal que face à l’Univers, tout homme sensé se demande d’où vient notre univers, notre monde, et nous-mêmes. Or les transhumanistes ne se posent pas de questions de cette nature. Ils sont des disciples de Kant qui ne voient le monde qu’au travers des idées qu’ils s’en font ; une forme d’idéalisme absolu qui place l’homme à la place de Dieu ; puis la machine à la place de l’homme. On retrouve aussi cela au sein de la pensée marxiste.

C’est aussi l’Homo Deus, un ouvrage de Yuval Noah Hariri sous-titré Une brève histoire de l’Avenir. L’auteur présume que nous en sommes arrivés au dernier stade de l’Homo Sapiens et qu’il faut trouver une nouvelle forme de spiritualité. Il fait de l’intelligence artificielle et des algorithmes un nouveau dieu. Mais celle-ci sera aux mains d’une toute petite minorité qui dirigera à coup de modifications toute l’espèce humaine transformée en moutons dociles.

Se retrouvent là toutes les fictions de l’homme génétique de Marx et du surhomme de Nietzsche.

En réalité tout est fait actuellement dans cette perspective ; ainsi s’explique l’asservissement des esprits par les médias, les écrans, la chute de l’instruction et de l’éducation ; mais aussi l’inversion du « projet Flynn » qui constate une diminution du quotient intellectuel des pays occidentaux ; ainsi que la disparition de la famille, de nos provinces et des nations, l’effondrement culturel et cultuel de notre patrie.

Le but est que les hommes ne pensent plus, captivés par la société de consommation ; ils seront transformés en robots dépendants, voire programmés sur des ordinateurs. Stephan Hawking considéré comme le plus grand scientifique de son temps, peu de temps avant sa mort nous a laissé ce message : « Quand le cerveau humain sera mis sur disque dur, ce sera le plus grand événement de l’histoire, mais je crois que ce sera le dernier ».

Ray Kurzweil, le « pape » du transhumanisme voit ce changement de société dans 12 ans par la Singularité, moment de l’histoire lors duquel les machines dépasseront l’intelligence humaine et sonneront le glas de toutes les civilisations. D’où le titre de mon dernier ouvrage  La fin de l’espèce humaine (ed. Chiré). Lévi-Strauss, le célèbre anthropologue et ethnologue français écrivait « Le monde est né sans l’homme et il a tous les risques de terminer sans lui ». Nous ne sommes pas dans la galéjade…

Toutes ces considérations peuvent sembler ennuyeuses et voilà qui est moins intéressant que The game of Thrones. Mais il nous faut choisir de réfléchir avant de nous voir « chosifiés ». Après cela sera trop tard.

Dans le mot de « révolution » se situe le mot de « évolution ». Or rappelons-nous que les transhumanistes prétendent faire aboutir l’évolution darwinienne. Celle-ci s’étant effectuée seule au fil de milliards d’années : à l’homme de la prendre en main désormais pour la mener à son terme par la dictature numérique. C’est là où la politique doit pouvoir intervenir. Malheureusement peu de politiciens réfléchissent sur ces questions, songeant surtout à garder leurs prérogatives.

Il est évident qu’un militant royaliste doit avant tout défendre l’ordre naturel ; la physique politique de Bainville n’embrasse plus seulement la défense de la nation et de la patrie ; mais aussi celle de toute la civilisation. (À suivre).

Dr. Jean-Pierre Dickès

Requiem pour une victoire perdue en 1961

Requiem pour une victoire perdue en 1961

putsch d'alger

«  Les malheurs interviennent avec les év énements mais sont inscrits dans les caractères. »

Paul Dehème

L’histoire de la résistance Algérie française révèle une répétition d’erreurs humaines et politiques qui, logiquement, ne pouvaient qu’entraîner la défaite de cette cause. La révolte militaire du 22 avril 1962, immédiatement baptisée « putsch » par ses ennemis, démontre que les intentions les plus nobles et les plus légitimes sont vouées à l’échec quand elles ne s’accompagnent pas d’une volonté d’employer tous les moyens, doublée d’une détermination sans faille. Les chefs militaires qui déclenchèrent cette révolte, avaient oublié que la donne avait changé depuis le 13 mai 1958.La IVe république avait cédé la place à un régime gaulliste et De Gaulle Charles n’était pas René Coty. Désormais la sauvegarde de l’Algérie ne passait plus que par la neutralisation du chef de l’état ou le renversement de la Ve république. C’est pour ne l’avoir pas compris que ces chefs aboutirent à un FIASCO.

Les occasions manquées.

« Toute pensée qui ne se traduit pas par un acte est une défaillance. » R.de la Tour du Pin.

De nombreuses occasions de sauver l’Algérie se présentèrent durant la guerre. La révolution du 13 mai 1958, née d’un sursaut de l’armée unie et du peuple français, aurait pu réussir si elle n’avait été détournée au profit de De Gaulle. La semaine des barricades de janvier 1960 d’Alger, aurait pu aussi servir d’étincelle à un embrasement révolutionnaire si le général Challe s’était décidée à faire cause commune avec le peuple. La solution la plus simple et la plus directe pour stopper définitivement le processus de trahison et d’abandon aurait pu passer par l’arrestation du félon ou son élimination physique par embuscade au cours d’une de ses tournées en Algérie. Il y eut bien quelques initiatives mais aucune n’aboutit. A chaque fois « un grain de sable », prenant la forme d’une indiscrétion, d’une défaillance, d’un retard imprévu, ou encore d’un mystérieux contre-ordre, enraya la machine. Le projet de liquidation de l’Algérie française pourtant clairement dévoilé dès le discours sur l’autodétermination (1959) poursuivit son cours sans entrave majeure. Les chefs militaires étoilés, qui avaient offert le pouvoir à De Gaulle et qui subissaient la trahison, n’avaient été capables de manifester leur opposition que par des déclarations intempestives qui leur avaient valu soit une voie de garage soit la mise à la retraite. Ils attendirent le mois d’avril 1961 pour répondre aux sollicitations d’un groupe d’officiers qui brûlaient de passer à l’ACTION.

Le carcan de la hiérarchie.

«  Ce qui fait la grandeur du métier militaire, c’est l’obéissance, mais il va de soi que l’homme qui a obéi toute sa vie est incapable d’aucune initiative, d’aucune idée personnelle. » Edouard DRUMONT

Des officiers subalternes indignés par la trahison du chef de l’état furent les véritables organisateurs de la révolte. Ils passèrent plusieurs mois à sonder et à recruter en Algérie et en métropole les camarades de combat susceptibles de participer au coup de force. Roger Degueldre, le seul officier à avoir déserté après les barricades, fut le pilier de cette entreprise .Malheureusement, tous ces soldats prêts à franchir le Rubicon, restaient imprégnés d’esprit et de discipline militaire et manquaient totalement de culture révolutionnaire. Ils ne pouvaient concevoir d’agir sans avoir à leur tête un général. L’histoire de France pouvait pourtant leur rappeler que des généraux qui étaient de brillants guerriers avaient été aussi des nullités politiques, Mac-Mahon et Boulanger en étaient de tristes exemples. Le courage physique n’a en effet rien à voir avec le courage moral et intellectuel. Mais ils s’obstinèrent à trouver un chef couvert d’étoiles et ils firent le plus mauvais choix en la personne du général Challe. Pourquoi choisir un officier général qui n’avait rien fait pour s’opposer à De Gaulle alors qu’il était commandant en chef en Algérie ? Que pouvaient- ils attendre d’un homme qui prenait la tête d’un soulèvement militaire non pour s’emparer du pouvoir mais pour retrouver son ancien poste de commandant en chef avec l’espoir insensé d’infléchir la politique algérienne de De gaulle ? Pourquoi suivre un chef qui proposait d’agir sans associer la population civile et sans verser une goutte de sang ?

FRANCO ou BAZAINE.

« Les hommes qui perdent le plus aisément la tête et qui se montrent les plus faibles dans les jours de révolution sont les gens de guerre. » Tocqueville.

L’insurrection militaire du 22 avril ne connut qu’un succès : la prise d’Alger (Rendons un juste hommage au capitaine Baÿt qui prépara les plans de cette opération ).Son chef, le   général Challe accumula ensuite les erreurs fatales : refus de contester la légitimité du chef de l’état, refus d’associer au mouvement la population civile, refus de reconstituer les unités territoriales, refus de la mobilisation générale des français d’Algérie, refus de déclencher une action en métropole, refus d’employer la force pour obtenir des ralliements. Il s’enlisa ensuite dans la conquête de l’appareil de commandement militaire et se priva d’appuis précieux en imposant le respect de la stricte hiérarchie militaire. Il mit sur la touche le groupe d’officiers fidèles qui avaient préparé le coup de force et s’entoura d’officiers douteux (Cousteaux, De Boissieu) qui sabotèrent le développement de l’insurrection. Il fut incapable d’utiliser efficacement les émetteurs de radio tombés sous son contrôle. Il temporisa, perdit l’initiative des évènements et permit ainsi à son adversaire de reprendre la main. Face à la détermination de De gaulle et à sa volonté d’employer tous les moyens possibles, il fut incapable de riposter et n’opposa qu’hésitations et demi-mesures. Pour s’être refusé à suivre l’exemple d’un FRANCO, ou d’un MOSCARDO il fut contraint à la reddition et termina comme un vulgaire BAZAINE. Une phrase du journaliste jean Planchais illustre l’échec de la révolte militaire du 22 avril 1961 : « Pire que la défaite est UNE VICTOIRE PERDUE, l’une peut abattre mais aussistimuler, l’autre décourage, démoralise, divise. » Ce fiasco militaire fut le prélude de la tragédie algérienne et pesa lourd dans la défaite finale .J’espère que ce rappel, certes sans complaisance, servira d’enseignement pour l’avenir.

Jean-Pierre PAPADACCI

Français d’empire

QUELQUES RAISONS DU FIASCO :

Général CHALLE :

«  Je ne voulais pas déclencher une guerre civile….il s’agit de rallier l’armée et non pas d’anéantir des gens qui au fond pensent comme nous..Que ceux-là (il s’agit d’une délégation de civils) ne nous emmerdent pas ! »

Général ZELLER :

«  Nous estimons, Challe et moi, qu’un acte de force, avec des moyens d’ailleurs aléatoires, prendrait là une allure de pronunciamiento….j’insiste sur l’apolitisme du mouvement..Je me refuse à faire ouvrir le feu sur des troupes françaises et à terminer par une bataille de rue l’action ouverte sous le signe de l’union de l’armée. »

Général JOUHAUD :

«  Nous n’abordâmes jamais en commun, au cours d’une franche discussion, les intentions des uns et des autres…Nous avons eu le tort d’avoir manqué de fermeté avec les hésitants et les opposants, d’avoir gaspillé un potentiel en or, en confiant à des régiments d’élite des missions statiques de garde de bâtiments.. »

Capitaine SERGENT :

«Alors que l’Algérie et la métropole retiennent leur souffle, tandis que le général De Gaulle, pris de vitesse, marque un temps d’hésitation et que le monde entier regarde, on gaspille des heures précieuses a tenter des ralliements secondaires, c’est la révolution du téléphone..C’est une véritable trahison ! Pensez vous que nous avons traversé la mer pour jouer cette comédie ?.. Je peux encore aller lui tirer une balle dans la tête (il parle de Challe) ».

Colonel ARGOUD :

« J’aurais dû non pas faire prisonnier mais exécuter le général de Pouilly…Sa mort aurait montré à tous les hésitants que nous ne reculions devant rien…J’aurais dû poursuivre mon plan de rassemblement de la population, même sans la Légion. »

Réflexion sur « l’avenir de l’intelligence »

Réflexion sur « l’avenir de l’intelligence »

stéphanie bignon

« Intelligent » nous vient de la racine latine intelligere, inter-legere : discerner, démêler, comprendre. « Legere » vient lui-même du grec « legô » signifiant « recueillir » d’où « écrire » et « lire », sens retenu par Maurras dans  L’avenir de l’intelligence écrit en 1905. Avant de nous plonger dans le beau texte du père de l’Action Française et pour bien comprendre qui sont nos adversaires, voici comment Jules Michelet, « le faussaire de l’histoire », définit l’intelligence dans son introduction à l’histoire universelle : « L’intelligence agit lorsqu’elle tire de ce qu’on a senti quelque chose qui ne tombe point sous le sens ».

Donc… puisque cela ne tombe pas sous le sens, pourquoi l’intelligence ne permettrait-elle pas qu’une grand-mère puisse être père ? Et si, au contraire, l’intelligence était de se conformer à ce qui « tombe sous le sens » et apprendre toujours plus qui nous sommes plutôt que de décider qui nous sommes ? « Au commencement était le verbe », le logos, la puissance créatrice, les encyclopédistes ne s’y sont pas trompés en commençant la révolution des mœurs par celle des mots !

Charles Maurras, aux antipodes de toute idéologie, dissèque pour nous un des sens du mot intelligence. Notre académicien commence donc par : « Tout d’abord, précisons. Nous parlons de l’intelligence comme on en parle à St Pétersbourg : du métier, de la profession, du parti de l’intelligence. » Il reconnaît ensuite : « Ce lustre n’est pas contestable ; nous fîmes tous fortune il y a quelques 200 ans. Depuis lors, avec tout le savoir-faire du monde ou toute la maladresse du monde, né bien ou mal, pauvre ou riche, …, un homme dont on dit qu’il écrit et qu’il se fait lire, … a reçu de ce fait un petit surcroît de crédit ». Jusqu’ au XVII siècle, Maurras explique que le rang de Corneille, La Bruyère, Malherbe… « était considérable, mais subordonné. Les Lettres faisaient leur fonction de parure du monde. Elles s’efforçaient d’adoucir, de polir et d’amender les mœurs générales. Elles étaient les interprètes et comme la voix de l’amour, l’aiguillon du plaisir, l’enchantement des lents hivers et des longues vieillesses ; l’homme d’état leur demandait ses distractions, et le campagnard sa société préférée ; elles ne prétendaient rien gouverner encore ». Au XVIII siècle, en revanche, « Les lettrés deviennent rois », « La réforme, le changement des idées admises et des goûts établis… fut le but marqué des écrivains du XVIII siècle ». « Leurs ouvrages décident des révolutions de l’État… Ce sont des mécontents. Ils apportent au monde une liste de doléances, un plan de reconstitution ». « Ils sont aussitôt applaudis de ce coup d’audace. Le génie et la modestie de leurs devanciers du grand siècle avaient assuré leur crédit ». « Cela doit être mesuré au degré de la tolérance dont Jean Jacques réussit à bénéficier. Il faut se rappeler ses manières, ses goûts et toutes les tares de sa personne. Que la société la plus parfaite de l’Europe, la première ville du monde l’ait accueilli et l’ait choyé ; qu’il ait été un homme à la mode ; qu’il y ait figuré le pouvoir spirituel de l’époque ; qu’un peuple tributaire de nos mœurs française, le pauvre peuple de Pologne, lui ait demandé de rédiger à son usage une « constitution », cela en dit plus long que tout. »

Le piège dans lequel l’intelligence va tomber est ensuite clairement décrit et analysé et Maurras lui donne le nom « d’industrie littéraire » : « On usa de sa plume et de sa pensée, comme de son blé ou de son vin, de cuivre ou de son charbon… ». « La vraie gloire étant évaluée en argent, les succès d’argent en reçurent, par une espèce de reflet, les fausses couleurs de la gloire ». La déconsidération de la presse devient alors inéluctable : « En même temps que la liberté politique, chose toute verbale, elle (la presse) a reçu la servitude économique, dure réalité, en vertu de laquelle toute foi dans son indépendance s’effaça, ou s’effacera avant peu. » Le fondateur de l’Action Française ajoute comme pour donner raison aux Gilets Jaunes : « Une seule réalité énergique importe donc en journalisme : l’argent, avec l’ensemble des intérêts brutaux qu’il exprime. Le temps paraît nous revenir où l’homme sera livré à la Force pure, et c’est dans le pays où cette force a été tempérée le plus tôt et le plus longtemps, que se rétablit tout d’abord, et le plus rudement, cette domination ». Notre force est bien d’avoir raison depuis 120 ans ! L’auteur de « L’avenir de l’intelligence » nous invite à remettre l’intelligence à sa place. Pour lui l’intelligence doit faire preuve d’une indispensable modestie et n’occuper qu’un rôle consultatif (Avec certains pseudo-philosophes nous avons aujourd’hui de beaux contre-exemples ! ). Elle ne doit pas porter la couronne mais doit de façon transitoire montrer qui doit la porter « par la fédération solide et publique des meilleurs éléments de l’intelligence avec les éléments les plus anciens de la nation ; l’intelligence s’efforcerait de respecter et d’appuyer nos vieilles traditions philosophiques et religieuses… ». Pour conclure cette modeste  synthèse de la lumineuse démonstration de Charles Maurras, je citerai Ludwig van Beethoven : « Je ne connais pas d’autres marques de supériorité que la bonté ». La bonté ne va pas sans humilité et s’exerce par le sacrifice de soi. Elle a permis à la France ce développement et cette longévité unique dans l’histoire. La vraie intelligence se mesure avec le temps et non avec l’argent… elle cherche l’Éternité ou elle n’existe pas. Pour me faire bien comprendre je fais appel à Sainte Catherine de Sienne (lettre N° 16 à un grand Prélat) citée par le cardinal Sarah dans « Des profondeur de nos cœurs » : « En ces temps difficiles, chacun doit craindre d’entendre un jour Dieu lui « adresser ces paroles acerbes en manière de réprimande : Maudit sois-tu, toi qui n’as rien dit. Ah ! Assez de silence ! Criez en cent mille langues. Je vois qu’à force de silence le monde est corrompu, l’Épouse du Christ est toute pâle, elle a perdu ses couleurs, parce qu’on lui suce le sang, le sang du Christ qui est donné par grâce. […] Ne dormez plus du sommeil de la négligence. Faites promptement ce que vous pourrez ».

VIVE LE CHRIST-ROI ET SON LIEUTENANT LE ROI DE FRANCE !

 

Stéphanie BIGNON