Humeur du temps

Humeur du temps

D’une seule voix, orthodoxes du marxisme et leurs frères jumeaux, les sectateurs du capitalisme s’emploient à nous convaincre que la politique n’est qu’une simple superstructure transitoire et amovible, et lui substituent l’économie en tant que moteur déterminant de l’Histoire ; de sorte que les activités humaines se voient ainsi essentiellement limitées à des échanges entre producteurs et consommateurs, où chacun est supposé trouver son meilleur compte. Peu importe qu’ensuite les groupes humains soient organisés selon les règles contraignantes d’un socialisme totalitaire, ou gérés par la tyrannie des grands intérêts de la finance sans frontières. Ainsi  corrompue dans son essence même, la Cité sort inévitablement des voies par lesquelles seules elle peut se faire, conformément à la nature de l’homme, pourvoyeuse du bien commun nécessaire à son épanouissement.

    Mais cette déviation mortelle n’est pas la seule à atteindre la Cité dans son existence même. Si Aristote et St Thomas d’Aquin ont raison, la politique étant connaturelle à l’homme, le « politique d’abord » de Maurras ne fait qu’indiquer l’ordre des moyens dans lequel doivent être posés les actes salvateurs : sans une certaine qualité du temporel, ni l’homme ne peut être heureux ici-bas, ni il ne peut accéder normalement à la perfection ultime à laquelle il est appelé en tant qu’être spirituel. Et Péguy de parler du « grand mystère de cette ligature du temporel et du spirituel », de cette « incapacité absolue du spirituel de se passer du temporel » !

            C’est pourquoi ils sont tout autant les ennemis de l’homme réel et de la Cité ceux qui, niant implicitement la distinction entre l’ordre de la nature et celui de la grâce, croient pouvoir sauter par-dessus les nécessités absolues du politique, pour établir, on se demande bien comment, un esprit juste et de bonnes mœurs, d’où découleraient de bonnes institutions. C’est bien l’ordre social qui prévaut, mais cet ordre ne peut naître ex nihilo ; ce sont les bonnes institutions, et elles seules, qui  sont capables de fournir le socle sur lequel fleurissent naturellement les idées droites et permettent l’épanouissement de cette vertu moyenne qu’Aristote fixe comme objectif à l’ordre politique conforme à la raison. Inverser cet ordre est une dangereuse chimère, pour ne pas dire une ineptie, et renvoie aux calendes grecques l’accession au bien commun.

            On peut toujours, bien sûr, et on le doit, s’employer au changement des mœurs pour faciliter l’instauration à terme de bonnes institutions ; mais, en vue de celles-ci, la voie la plus conforme à la nature et à la raison est l’action proprement politique, visant le régime en place.

   Philippe Champion

Le Lobby menace toujours plus la liberté d’expression

Le Lobby menace toujours plus la liberté d’expression

Scandale, le journal Rivarol et son directeur Monsieur Bourbon sont confrontés à de nouvelles attaques. Le LOBBY veut imposer la muselière à quiconque pose de vraies questions. Nous reproduisons l’Edito de Jérôme Bourbon et exprimons à l’équipe de Rivarol notre amitié. Ils ont beau nous attaquer, on ne peut dissoudre un état d’esprit.

RIVAROL interdit à Carrefour, Cultura, Cora, Monoprix, Relay sous pression du Lobby

 

LA LIBERTE de la presse et la liberté d’expression sont décidément à géométrie variable dans leur Système mortifère et contre-nature. Quand il s’agit de Charlie Hebdo ou de Salman Rushdie, la liberté doit être totale. « Rien ne doit être sacré » a écrit Charlie Hebdo après l’agression contre Rushdie le 12 août aux Etats-Unis. Tout, vraiment ? En réalité, rien n’est plus faux. La Shoah, qui est un dogme, est sacrée dans leur République, et même dans tout l’Occident. Le lobby LGBT qui est promu par les cercles mondialistes et la plupart des gouvernements occidentaux exerce lui aussi une implacable tyrannie sur les consciences. Dans leur République homosexualiste et transhumaniste, l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie (que ces mots sont affreux !) sont également des délits. Et que dire de l’entité sioniste qu’il est interdit de critiquer ou de condamner sous peine d’être accusé d’antisémitisme, même quand elle massacre allègrement des Palestiniens, ce qu’elle ne s’est pas privée de faire encore ce mois d’août à Gaza dans une des nombreuses actions terroristes qu’elle mène en toute impunité ?

La liberté de la presse, c’est bien pour Charlie Hebdo, même lorsque cette publication vomitive publie des dessins scatologiques, blasphématoires, parfaitement ignobles et abjects sur le Christ, la Sainte Vierge, la Sainte Trinité, les saints et les anges, mais en revanche elle ne vaut pas pour un hebdomadaire d’opposition nationale comme RIVAROL. Les Sleeping Giants (les géants endormis), un collectif anonyme d’activistes sur Internet créé aux Etats-Unis en 2016 sous l’impulsion de George Soros après l’élection de Trump et qui sont présents depuis 2017 en France font ainsi pression depuis la mi-août sur les grandes enseignes, sur tous les distributeurs de RIVAROL pour que nous soyons interdits de vente dans tous les points de presse en France, à commencer par les supermarchés et les hypermarchés, mais aussi partout ailleurs. Cette campagne haineuse visant explicitement à la mise à mort rapide et définitive de notre hebdomadaire a été relayée par quelques comptes Twitter évidemment anonymes, comme Jugé coupable, tenu par le groupe Balance Ton Antisémite (BTA), celui-là même qui publie des visuels avec votre serviteur allongé dans un cercueil, par The Minister (des Sleeping Giants) et par le compte Vigilance anti-nazis. Ces comptes qui n’ont généralement que quelques centaines d’abonnés ne sont rien numériquement mais exercent une capacité de nuisance non négligeable. Essentiellement parce qu’ils sont soutenus, aidés, relayés, approuvés, applaudis par les principales organisations de la coterie judéo-sioniste en France, en l’occurrence la LICRA et le CRIF.

A PEINE le groupe Carrefour avait-il fait savoir par tweet le 18 août au soir sa décision, prise évidemment sous pression, de retirer désormais RIVAROL de tous ses rayons car nous avons perdu l’agrément de la commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP) que la LICRA et le CRIF publiaient des communiqués triomphants, appelant à aller plus vite et plus loin dans l’éradication totale de RIVAROL. La LICRA tweetait le jour même : « Une décision de salubrité publique qui devrait inspirer les @MLP-Messagerie. Bravo Carrefour France ». Façon d’exiger de notre diffuseur, les Messageries lyonnaises de presse, qu’il cesse de nous distribuer, ainsi que le demandaient déjà les 34 signataires de la tribune du Monde. Quelques heures plus tard, le 19 août, le CRIF tweetait : « Le CRIF salue la décision de Carrefour France de retirer RIVAROL de la vente dans son réseau de distribution presse. Les torchons racistes, antisémites, xénophobes et négationnistes ne doivent plus avoir droit de cité, en distribution comme sur les réseaux sociaux. » Gil Taieb, le vice-président du CRIF, le numéro 2 de l’organisation, a, quant à lui, multiplié les tweets haineux et incendiaires contre RIVAROL appelant à sa disparition pure et simple, comme il le ferait pour les Palestiniens en Palestine occupée : « Bravo pour cette sage décision ! Il était certain que le groupe Carrefour ne pouvait cautionner l’idéologie abjecte de ce brûlot antisémite et homophobe. Bravo pour votre réactivité. » (19 août) ; « Je sais que J. Bourbon nous lit : qu’il sache que vous irez jusqu’au bout et qu’il paiera toutes les années de haine. Son torchon disparaîtra définitivement. C’est une affaire de salut public » éructe-t-il le 22 août en s’adressant aux Sleeping Giants et à Balance Ton Antisémite. Manifestement inspiré, le même jour, le sieur Taieb interpelle, dans le français approximatif dont il est coutumier, le groupe Relay qui vend la presse essentiellement dans les gares et les aéroports : « Comme nombreux diffuseurs de presse, @relaycom @LTRFrance (NDLR : c’est le groupe Lagardère propriétaire de Relay) ne peut rester insensible à cette demande légitime de retrait de ce brûlot raciste, antisémite que représente Rivarol. @relaycom participez à cette action de salut public ». Il relaye le même jour un tweet de Jugé coupable, compte Twitter de Balance Ton antisémite : « Nous interpellons à nouveau @relaycom concernant sa distribution du journal anti-juifs et homophobe RIVAROL dirigé par le nazi Jérôme Bourbon, multirécidiviste condamné à de la prison avec sursis. »

Le 25 août, le numéro 2 du CRIF en remet une couche : « Le combat contre les racistes, les homophobes et les antisémites est un combat de tous les jours. Nous devons sans cesse réveiller les consciences et agir afin que des torchons comme RIVAROL disparaissent. » Ces tweets sont autant de déclarations de guerre, d’appels à notre éradication, à notre extermination. Taieb et les siens appellent à la solution finale du problème rivarolien. En toute impunité. Et avec la bénédiction des pouvoirs publics puisque la DILCRAH, la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, qui est un organisme gouvernemental, s’est publiquement félicitée de la décision de Carrefour de nous retirer de la vente de tous ses magasins : « Nous saluons cette prise de position claire et ferme. Pour rappel cet hebdomadaire a fait l’objet de nombreux signalements à la justice par la DILCRAH. » Et l’organisme d’Etat d’envoyer son tweet aux Sleeping Giants, preuve de la connivence et de la confluence entre ces activistes et les pouvoirs publics. Rappelons que le gouvernement accorde 400 000 euros par an à la LICRA pour « soutenir ses actions de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT », bref pour accentuer le bourrage de crâne à l’école de nos petites têtes blondes et crépues et que le Premier ministre Elisabeth Borne a annoncé la création début août de 10 nouveaux centres LGBT en plus des 35 déjà existants et la nomination prochaine d’un ambassadeur LGBT. On voit donc dans quel camp se situe la Macronie. Mais l’opposition ne vaut pas mieux. Juste avant que Carrefour ne décide de nous retirer de la vente, le député mélenchoniste Alexis Corbière avait tweeté : « Oui, le Groupe Carrefour doit cesser de vendre ce torchon antisémite qui, je le précise, a longtemps soutenu Jean-Marie Le Pen, même quand Marine était déjà élue et à la direction du FN. Son PDG Bompard doit agir au plus vite. »

Le jeudi 25 août, dans sa chronique hebdomadaire sur Radio J, la présidente de l’Organisation juive européenne (OJE), Me Muriel Ouaknine-Melki, a consacré 6 minutes et 34 secondes à l’interdiction de vente de RIVAROL par Carrefour, a appelé toutes les enseignes à faire de même car « l’antisémitisme, soit on le combat, soit on le diffuse » et s’est pourléché les babines en prédisant que « RIVAROL vivait ses dernières heures » et qu’on en aurait fini avec lui « dans quelques semaines ou quelques mois » par étranglement économique. Elle a également annoncé plaider devant la XVIIe chambre du tribunal judiciaire de Paris le 7 septembre deux dossiers contre le directeur de RIVAROL qui, selon elle, n’aura plus les moyens de payer ses amendes car il est directement touché au portefeuille par le retrait de RIVAROL de la vente un peu partout. RIVAROL doit disparaître et son directeur être jeté en prison le plus longtemps possible. Sur le site de BTA, quand on ne place pas votre serviteur dans un cercueil, on le met dans une cellule derrière des barreaux avec le pyjama du détenu. Charmante perspective !

POURQUOI CETTE OFFENSIVE contre RIVAROL et pourquoi maintenant ? C’est simple. L’objectif du lobby judéo-sioniste était de nous retirer l’agrément de la CPPAP pour pouvoir justement nous éliminer de la vente en kiosque et dans les supermarchés. Tant que nous avions cet agrément, cela lui était impossible car les titres immatriculés à la commission paritaire doivent obligatoirement être vendus. Aucun dépositaire, aucun distributeur n’a légalement le droit de les refuser. C’est pourquoi, en 2014, quand Monoprix, sous pression d’activistes juifs, avait brièvement décidé de nous retirer de la vente à la suite de notre numéro sur « l’insupportable police juive de la pensée » (le spectacle de Dieudonné, Le Mur, venait en effet d’être interdit de manière préventive par le Conseil d’Etat en janvier 2014 sur ordre de Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur), nous avions demandé à notre diffuseur, les Messageries lyonnaises de presse (MLP), de rappeler à Monoprix qu’en vertu de la loi Bichet du 2 avril 1947, il était interdit aux distributeurs de refuser de vendre des titres de presse. Les MLP rappelèrent par lettre ce principe à Monoprix et tout rentra dans l’ordre.
Las, le Lobby, après une intense campagne pendant deux ans sur les réseaux sociaux qui culmina par la tribune libre de 34 personnalités dont les époux Klarsfeld, Tristan Mendès France, les présidents de la LICRA et de Sos Racisme dans Le Monde du 8 mars 2022, obtint le 4 mai le retrait de notre agrément par la commission paritaire. Le juge des référés le 5 juillet rejeta notre recours, notre référé suspension, en arguant que la décision de la CPPAP était fondée compte tenu de l’antisémitisme du journal. Même si nous nous sommes pourvus en cassation, sans grand espoir d’ailleurs (la date de l’audience n’est pas encore fixée à ce jour), même si nous avons saisi sur le fond le tribunal administratif de Paris (le procès n’aura sans doute pas lieu, compte tenu des délais dans ce genre de dossiers, avant fin 2023 ou courant 2024), ces recours ne sont nullement suspensifs. Les distributeurs n’ont donc plus l’obligation aujourd’hui de vendre RIVAROL. Nos adversaires le savent, et c’est pourquoi ils mettent les bouchées doubles pour nous interdire partout.

A l’heure où nous rédigeons ces lignes, plus de 26 % des points de presse qui nous vendaient en France refusent désormais de recevoir notre hebdomadaire. C’est le cas de Carrefour (on ne pourra plus dire : « Avec Carrefour, je positive » !), de Cultura, de Cora, de Relay et de Monoprix, mais aussi d’un certain nombre d’autres distributeurs plus modestes, les uns pour des raisons politiques, les autres, parce que, surchargés déjà de titres, ils ne tiennent pas à s’encombrer avec des publications qui n’ont pas l’agrément de la CPPAP et qu’ils n’ont donc pas l’obligation de vendre et d’exposer.

CE QUI est intéressant à noter, c’est que nous n’avons reçu à ce jour aucun soutien, je dis bien, aucun, du reste des journaux, revues et magazines au nom de la liberté de la presse ou de la liberté d’expression. Au contraire, cette campagne de délation et d’extermination a été précédée et accompagnée d’articles venimeux et vipérins contre nous. Le 3 août, le Canard enchaîné qui ne parle jamais de nous et qui est l’exemple archétypal de la fausse insolence et du faux anticonformisme, sous le titre « Pas un RIVAROL de composition » a publié un article totalement à charge et caricatural contre notre hebdomadaire et votre serviteur, appelant ainsi implicitement à une répression impitoyable contre nous. Le Monde du 8 mars, on l’a dit, a publié la tribune assassine contre nous. Et Libération a consacré le 19 août un très long article intitulé « Pourquoi Carrefour a-t-il décidé de ne plus distribuer le journal d’extrême droite Rivarol ? » Dans ce papier très complaisant à l’égard de l’action des Sleeping Giants, il n’y a aucune réserve exprimée face à la volonté acharnée de tuer un confrère, d’assassiner un journal vieux de 72 ans, au contraire.

En cela les mœurs et mentalités ont bien changé : à une époque, aussi différentes, aussi antagonistes que fussent les lignes éditoriales d’un titre à l’autre, jamais un journaliste, jamais un directeur de publication n’aurait ouvertement appelé à l’extermination, à l’interdiction ou à la ruine d’un autre journal. En partie par corporatisme minimal, en partie par simple décence, en partie par attachement à la liberté de la presse et de l’esprit. Aujourd’hui nous n’en sommes plus là. La plupart des journalistes se sont transformés en kapos, en délateurs, en auxiliaires de police, en vulgaires pions qui punissent, demandent que des confrères passent à la guillotine, soient menottés, interdits de travail, détruits à jamais dans leur vie professionnelle voire familiale.

QUAND ON se donne la peine d’y réfléchir, tout cela fait froid dans le dos. Surtout le tweet du CRIF, institution devant laquelle se prosternent régulièrement les dignitaires politiques, religieux, syndicaux et associatifs de la République. Il ne doit plus y avoir droit de cité en France pour une publication raciste, antisémite et homophobe. Si l’on décrypte ce vocabulaire de guerre civile, cela signifie en réalité qu’il n’y a plus droit de cité en France pour un Français attaché à sa terre, à sa race, à ses racines, à sa famille, à ses traditions, à sa nation, à sa foi, à son Dieu, à la morale chrétienne, aux vertus domestiques, à l’ancienne France. C’est d’une exceptionnelle gravité. Nous ne sommes pas seulement dépossédés par une immigration massive, par une submersion migratoire qui est organisée pour nous remplacer. Nous n’avons plus le droit de penser et d’exprimer nos convictions, nos croyances, nos certitudes, notre foi, notre vision de l’homme, du monde, de la vie et de la société. Nous n’avons plus le droit d’être, plus le droit d’exister, de respirer. Nous étions physiquement confinés en 2020 avec un bâillon sur la bouche et sur le nez mais plus gravement encore nous sommes mentalement, intellectuellement, spirituellement confinés, bâillonnés.

Nous ne pouvons plus vivre librement sur cette terre de France d’où nous venons et où nous retournerons (si nous ne sommes pas exilés ou déportés d’ici là), fonder une famille, avoir la foi, défendre des convictions nationalistes, se battre pour son sol, sa famille, aimer l’être historique de notre pays. Nous devons être soumis à la tyrannie LGBTiste, judéo-sioniste et holocaustique.
Qui défend la morale naturelle et la famille traditionnelle, qui considère qu’un mariage est forcément entre un homme et une femme est homophobe, ce qui est un délit passible d’un an de prison ferme et de 45 000 euros d’amende. Un homophobe, une presse homophobe n’a pas, n’a plus droit de cité en France décrète le CRIF.
Qui s’oppose au prétendu changement de sexe qui mutile de manière souvent irréversible des enfants et des adolescents, brise leur vie et leur destinée, vole leur âme, nie la nature et offense le Créateur est transphobe, ce qui est un délit passible d’un an de prison ferme et de 45 000 euros d’amende…

Un transphobe, une presse transphobe n’a pas, n’a plus droit de cité en France décrète le CRIF.
Qui s’oppose au Grand Remplacement, à la folle et criminelle politique d’immigration depuis des décennies qui détruit et ensauvage notre pays est raciste, ce qui est un délit passible d’un an de prison ferme et de 45 000 euros d’amende.
Un raciste, une presse raciste n’a pas, n’a plus droit de cité en France décrète le CRIF.
Qui dénonce la pornographie mémorielle autour du Dogme holocaustique, qui s’oppose à ce bourrage de crâne de nos enfants, qui souhaite pouvoir étudier librement toute l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, chercher et dire la vérité historique, même si elle déplaît aux puissants, qui dénonce la façon dont le Dogme shoahtique est utilisé pour détruire nos défenses immunitaires, nos frontières physiques et morales, notre peuple, notre nation, notre morale, nos familles, est négationniste, ce qui est un délit passible d’un an de prison ferme et de 45 000 euros d’amende.
Un négationniste, une presse négationniste n’a pas, n’a plus droit de cité en France décrète le CRIF.
Qui dénonce les excès et revendications exorbitantes du lobby juif, qui s’oppose à la politique injuste et criminelle de l’entité sioniste à l’égard des Palestiniens, privés de tout droit, de tout avenir, de toute dignité, à qui l’on a volé la terre, rasé les maisons, détruit les récoltes, pollué l’eau à force de bombardements intensifs par air, par terre et par mer est antisémite, ce qui est un délit passible d’un an de prison ferme et de 45 000 euros d’amende.
Un antisémite, une presse antisémite n’a pas, n’a plus droit de cité en France décrète le CRIF.

ET C’EST AINSI que subrepticement l’on nous a réduit en esclavage. Beaucoup de Français ne s’en sont pas encore rendu compte mais nous subissons une tyrannie chaque jour plus implacable, plus effrayante qui entend éradiquer tout ce qu’elle ne contrôle pas, tout ce qui ne passe pas sous ses fourches caudines, tout ce qui ne se soumet pas. Et hélas aujourd’hui il est peu de gens, de groupements ou de publications qui ne se soumettent pas.
Nous publions en bas de cette page un article paru dans le premier numéro de RIVAROL, le 18 janvier 1951. Il est intitulé : « Histoire de parler quand on le peut encore ». Il n’a pas pris une ride, il n’a nullement perdu de son actualité ni de son acuité. Ce n’est certes pas d’aujourd’hui que la presse est muselée, bâillonnée, enchaînée. Depuis la guerre de 1914, mais surtout depuis la révolution gaullo-communiste de 1944, la presse a beaucoup perdu en vigueur, en insolence, en liberté. Aujourd’hui, avec l’enchevêtrement des lois dites antiracistes et mémorielles — nous commémorons cette année le cinquantième anniversaire de la loi Pleven, matrice de toutes les lois liberticides sous la Vème République, de la loi Gayssot (1990) en passant par la loi Lellouche (2003) et Perben (2004), sans parler des organismes étatiques qui sont des machines de guerre contre la France traditionnelle, de la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) créée en 2004, Chirac regnante, à la DILCRAH le 16 février 2012 sous Sarkozy ! —, la mise en esclavage de la presse est totale. Et l’autocensure de plus en plus répandue empêche que la vérité soit dite et que le mensonge soit dénoncé. Par peur des conséquences, des procès, des amendes, de la prison, de la ruine ou de l’interdiction du titre.

QU’ALLONS-NOUS faire dans ces circonstances de plus en plus difficiles ? Continuer le combat, ne rien changer à la ligne éditoriale, rester ce que nous sommes. Combien de temps nous reste-t-il ? Quelques mois ? Quelques années ? Plus ? Moins ? Nous l’ignorons. Dieu seul le sait. Mais dans le temps qui nous reste, nous continuerons à dire la vérité, à dénoncer le mensonge et l’imposture, à flétrir les traîtres et les lâches, à dénoncer la mise en servitude de notre peuple, l’abaissement de notre pays, la destruction méthodique de la famille et de la personne humaine attaquée désormais dans son intimité la plus profonde.
Nous serons plus libres encore qu’avant, plus insolents aussi car un condamné à mort n’a plus rien à perdre. Il sait que la vie qui coule entre ses veines s’arrêtera bientôt même s’il ne sait pas quand. Alors il entend vivre le plus parfaitement possible le peu de temps qui lui est laissé. Feu le professeur Faurisson répétait toujours : « ce n’est pas difficile d’être courageux, ce qui est difficile, c’est d’être héroïque ». Héroïque, lui le fut. Puissions-nous l’être à notre tour s’il le faut, avec la grâce de Dieu. Abonnez-vous en masse pour nous aider à perdurer. Le journal est reçu sous pli discret. Mais que tous ceux qui veulent continuer à l’acheter au numéro le fassent car il faut résister là aussi le plus longtemps possible. Si le marchand où vous l’achetiez continue à le vendre, c’est parfait. Sinon regardez dans les points de presse alentour. Pour vous permettre de l’acquérir, nous avons réimplanté RIVAROL dans les rayons intégrés des supermarchés qui le vendent encore, dans les maisons de la presse, les Mac Presse, les kiosques, les galeries marchandes, les bars-tabacs, les marchands de journaux qui acceptent actuellement de le vendre. Si vous ne le trouvez pas, envoyez un courriel à jeromebourbon@yahoo.fr ou téléphonez-nous et, en nous donnant le code postal de la commune où vous achetiez jusque-là RIVAROL, nous vous communiquerons les adresses où vous pourrez le trouver. Certes, cela risque d’être évolutif car le Lobby ne s’arrêtera pas là et continuera à nous pourchasser. Libération annonce que les Sleeping Giants vont mener une grande campagne sur les réseaux sociaux dès la première semaine de septembre pour enjoindre à tous les distributeurs de presse de nous retirer de leurs rayons. Espérons que certains résisteront, même si le courage n’est pas la chose du monde la mieux partagée. Il leur suffirait pourtant de citer la phrase faussement attribuée à Voltaire qui dit en substance : « je ne suis pas d’accord avec vos idées mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez les exprimer ». Et si le Lobby réussit à nous éliminer de partout, ce qui devrait quand même prendre un peu de temps, il restera toujours la possibilité de s’abonner massivement. Soit en abonnement numérique, soit en abonnement papier, soit les deux à la fois.

Soyez sûrs que nous nous battrons comme des lions avec toute notre énergie, celle du désespoir, toute notre ténacité, toute notre détermination pour que RIVAROL continue. Car s’il se taisait, qui le remplacerait, qui aurait la même liberté de ton et d’analyse, une semblable ligne éditoriale ? Alors continuons hardiment le combat.
Haut les cœurs ! Que Dieu nous garde !

RIVAROL, <jeromebourbon@yahoo.fr>. 

Inversion de la norme, soutien de l’Etat

Inversion de la norme, soutien de l’Etat

On a beaucoup parlé de l’affiche du planning familial montrant un couple d’homo mâles dont l’un était « enceint » mais on n’a pas tout dit, on a même manqué le plus important. C’est qu’il faut d’abord situer les choses. Nous subissons un phénomène qu’on a nommé improprement Crise, dictature sanitaire, wokisme, Big reset, totalitarisme orwellien, etc., et qui est en fait une révolution à triple drapeau arc-en-ciel, LGBT+, écologisme/santé, nation arc-en-ciel de Mandela/Tutu.

Une révolution dont l’objectif est la création d’un homme nouveau. Cette révolution est une inversion, le haut passe en bas et le faux devient vrai. C’est une religion, avec un nouveau bien, un nouveau mal, une nouvelle foi. De cette révolution, les pauvres malades LGBT+ sont la chair à canon, de cette religion, ils sont inspirateurs, car ils sont les symboles de l’inversion.

Revenons à notre affiche, on y voit deux cloches bobocrates bien confortablement assises sur un canapé, bien arrivées, cela se voit au poil gris de celui qui fait l’homme et aux discrètes lunettes de celui qui fait la femme. Le planning a engagé un dessinateur engagé (le transgenre Laurier The Fox) pour donner le maximum de sens aux éléments du dessin. Aussi nous faut-il noter que « la femme » (qui, selon le chanteur Jean Tennenbaum dit Ferrat citant le poète bolchevique Louis Aragon, est l’avenir de l’homme) est mélanoderme, qu’elle porte une barbe de trois jours à la Gainsbourg, un pantalon bleu (comme un garçon) et des bras pleins de poils ; tandis que « l’homme » arbore, avec sa barbe grise, une longue chevelure de même couleur joliment relevée derrière l’oreille, et porte au-dessous de la ceinture un vêtement qu’on ne peut décrire, jupe ou pantalon, de couleur rose. Sa peau est blanche, et, sur ses mains et ses avant-bras, glabre. En somme, on ne saurait mieux « déconstruire les stéréotypes » ( = nier la nature) : « la femme » est « enceint », mais il a les caractéristiques d’un homme, dominant et noir, tandis que « l’homme » a celle d’une femme blanche – car l’arc-en-ciel s’occupe en même temps de race et de genre.

Jusqu’ici, ça va. Nous sommes plongés dans une inversion soignée, peinte au poil de martre. Voyons la suite, sérieuse et rassurante. Les personnages sont assis devant un mur où sont épinglées des information, peut-être dans une salle d’attente qui ressemblerait à un salon. L’endroit est très cosy. L’atmosphère et la perspective d’un heureux événement portent à l’expression de tendres sentiments. N’étant pas grand cartooniste de l’amour conjugal gay, je ne saurais vous décrire avec la précision suffisante le jeu des regards et des sourires, l’art avec lequel Laurier The Fox s’attache au pli des bouches, aux rides, à la façon de se prendre les mains, pour exprimer la tendresse qu’affichent le « papa » et la « maman » à l’idée d’être bientôt parents. Mais j’ai envie de leur jeter un seau d’eau. De dire : Stop, Holà, les dingues, savez-vous ce que vous profanez ? Je sais bien, chers malades, qu’on vous apprend depuis des décennies à raisonner et sentir à l’envers, mais là, vous passez les bornes !

Ce qui est en jeu, on l’a bien compris, c’est la représentation de la norme, de la normalité. Tout est fait pour « casser les codes » de la représentation des sexes, tout l’est aussi pour utiliser les codes de la représentation de l’abondance tranquille et permise, selon la petite bourgeoisie bobo et ses convenances puériles et honnêtes : tout est suave dans cet intérieur, la pose, le canapé, les matières. La scène se passe dans un décor safe et secure, on ne saurait être plus normie que ce couple, il est hyper mainstream en diable. Ce que ces fous idéologues sont en train de réussir, et il suffit de regarder les pubs à la télé pour le confirmer, c’est l’inversion de la sensibilité publique : on avait l’habitude qu’ils se roulent des galoches, montrent leur derrière et se promènent en laisse à la Gay Pride, mais cela, ce n’est rien, ça existait avant Pétrone : maintenant  ils se sont approprié l’attendrissement un peu bébête devant l’enfant qui paraît. L’affection des familles. L’inversion triomphe. L’arc-en-ciel jubile. Et, vous l’avez noté, le ministre Isabelle Rome en « soutient pleinement l’action ». Ne jamais croire que ce dynamitage est l’œuvre de minorités, de marginaux ou d’extrémistes.

Martin Peltier

Entretien avec le philosophe Rémi Soulié : Les Âges d’Orphée 

Entretien avec le philosophe Rémi Soulié : Les Âges d’Orphée 

Chers amis, chers lecteurs, nous nous retrouvons aujourd’hui pour un entretien avec le philosophe Rémi Soulié dont le livre Les Âges d’Orphée. La lyre et la Voix, paru aux éditions de la Nouvelle Librairie, vient de sortir. Signalons que notre auteur a déjà publié de nombreux ouvrages, tous extrêmement intéressants, citons : Nietzsche ou la sagesse dionysiaque (Points, 2014), Racination (Pierre-Guillaume de Roux, 2018), Les métamorphoses dHermès (La Nouvelle Librairie, 2021) ou encore l’Ether (La Nouvelle Librairie).

Rémi Soulié est un philosophe dont les écrits méritent d’être connus par le plus grand nombre, et ce malgré la profusion et la diversité de références savantes, et la puissance de sa prose, pleine de sens et de vérité, à-travers laquelle il nous faut savoir induire, des mots couchés sur le papier. Certes, c’est un écrivain exigeant, mais n’est-ce pas le propre de tous ceux qui cherchent véritablement ? Assurément, c’est un écrivain poète, un philosophe comme il en existe peu, un de ceux qui nous enracinent dans ce que nous sommes fondamentalement, un de ceux pour qui le toujours prime sur le nouveau, un de de ceux qui nous amènent à un certain être au monde, c’est-à-dire un être au monde où les cieux ne sont jamais loin de la terre, où le divin n’est jamais loin de l’humain, et qui, de ce fait, interroge notre modernité dans toute sa laideur, dans toute sa bêtise, dans toute sa fausseté.

Dans son nouvel ouvrage, Rémi Soulié s’emploie à présenter la figure d’Orphée, qui, à travers les âges, n’a cessé de marquer notre civilisation de sa voix : « À la fois le yin et le yang, apollinien et dionysiaque, lié au jour et à la nuit, à la croisée du monde des vivants et des morts, Orphée est une voix qui traverse les âges pour nous montrer la voie : celle du chant qui se fait dans le silence, de la puissance créatrice qui infuse notre être pour nous permettre d’atteindre l’immortalité qui nous est due. » (4ème de couverture).

AF : Cher monsieur, avant que nous nous intéressions au fond de votre livre, permettez-nous de vous poser une question préliminaire. Nous croyons aux rencontres et aux initiations, alors comment cette figure d’Orphée s’est-elle imposée à vous ? Pourquoi l’avoir poursuivie à travers les siècles ? Que faisait-elle résonner en vous, avant cette chasse ?

Orphée m’est présent depuis longtemps – disons, depuis l’adolescence – en raison même de la présence de la poésie dans ma vie. Orphée fut d’abord, à mes yeux, le poète par excellence. En un sens, il le demeure d’ailleurs, indépendamment de ses autres visages, tant j’entends la poésie, le chant poétique, dans une acception (et une audition !) que d’aucuns jugeront très ou trop larges mais qui me paraît la plus certaine : une manifestation du sacré, tant d’un point de vue religieux que métaphysique donc initiatique ou, évidemment, esthétique. Ceci, je l’ai vécu et éprouvé très tôt mais ne me suis mis à le « penser » et à le réaliser, au sens spirituel, qu’assez tard en m’avisant que cette expérience à la fois intérieure et extérieure, presque innée, relevant quasiment de la respiration et du réflexe, avait constitué une vision du monde, aujourd’hui éparse, que je pouvais m’employer à rassembler. Les Âges d’Orphée sont donc une forme de rassemblement, à partir même du déchirement des Ménades. Au bout du compte, on s’avise qu’il n’y a jamais eu de déchirement et qu’il n’y a donc rien à reconstituer : il n’y a qu’à célébrer.

AF : Orphée incarne le poète par excellence comme vous nous le rappelez, un poète aux multiples faces ! Est-ce que sa généalogie ne le prédestinait pas à être ce qu’il fut, c’est-à-dire cet être aux multiples visages ? Que peuvent nous enseigner ses origines et ce qu’il portait en lui à sa venue au monde ?

En effet : là comme ailleurs, l’origine est significative, ce pourquoi le moderne, niant l’archè et l’eschaton, ne veut rien savoir du sens et ignore ce que sont à la fois le temps et l’éternité. Orphée est né de Calliope, Muse de la poésie épique et de l’éloquence – elle-même née de Mnémosyne (Mémoire) et de Zeus –, et du roi de Thrace Oeagre (ou d’Apollon, moins certainement), lequel a accompagné Dionysos aux Indes et a été initié à ses mystères. Orphée a donc partie liée avec le divin (le spirituel) et le temporel, le sacerdoce et la royauté, mais aussi avec les éléments apolliniens et dionysiaques. A proprement parler, son destin n’est pas « tout thracé (sic) » mais il est enclos entre deux doubles pôles qui, d’une certaine manière, se recoupent : d’une part, il est prêtre, sanctificateur, médiateur, initiateur, vates oraculaire (mage) mais, aussi, civilisateur, ce dont Horace, en particulier, se souviendra ; d’autre part, il est harmonie (le poète solaire) et discordance (échec à ramener Eurydice des Enfers ; démembrement par les Ménades). En ceci, il témoigne de ce que fut le monde grec : la lumière et les ténèbres n’y sont pas conçus comme des opposés irréductibles, éventuellement dépassables par un troisième terme synthétique, mais comme une coïncidentia oppositorum à partir de laquelle il est possible de penser et de vivre un ajustement à l’ordre cosmique, lequel est foncièrement bel et bon : Zeus fait ainsi de la lyre d’Orphée une constellation.

AF : Permettez que nous nous attardions sur un point qui revient tout au long de votre ouvrage, celui de l’initiation. Pourriez-vous, pour nos lecteurs, lier d’un trait Orphée l’initié, à l’orphisme initiateur ?

La question de l’initiation est en effet fondamentale, tant d’un point de vue communautaire (rites de passage à l’âge adulte et/ou d’intégration) que spirituel (possibilités d’actualisation et de réalisation ; nouvelle naissance parfois suivie de l’adoption d’un nouveau nom). Dans ce dernier cas, l’enjeu repose sur la transmission régulière d’une influence spirituelle grâce à un certain nombre de rites et de symboles opératifs à partir d’une chaîne ininterrompue d’initiés depuis, disons, « une » origine ou « un » commencement. Dans la tradition catholique, songeons par exemple au sacrement du ministère apostolique et, dans la tradition islamique, à l’initiation soufie.

Essentiellement, Orphée peut être considéré comme un initié, puis, un initiateur parce qu’il est descendu aux Enfers (il a accompli l’Œuvre au noir, pourrait-on dire dans la tradition alchimique) et il en est revenu riche – comme Pluton ! – d’un savoir sur la mort, l’âme et les dieux. En quelque sorte, il a franchi une barrière et accédé à un autre état ou à un autre plan de conscience. L’initié est l’homme lié (à la terre et aux ciels) et délié (de sa nature « initiale ») ; il s’est engagé sur les degrés de l’échelle et les couleurs de l’arc-en-ciel : il est descendu (aux Enfers) et il est monté (aux étoiles, par la lyre constellée, dans la demeure des dieux). L’orphisme reprendra ce schéma à travers un certain nombre de rituels et de textes.

Plus encore, d’un point de vue plus directement métaphysique, l’œuvre du « divin Platon » peut être lue, notamment, comme un couronnement de la tradition orphico-pythagoricienne. Avec le néo-platonisme de Plotin, Porphyre, Proclus, Jamblique, nous avons là le plus haut sommet de l’intellectualité occidentale.

AF : Si vous le voulez bien, poursuivons dans cette voie. Vous nous dites : « L’initié est lié (à la terre et aux ciels) et délié (de sa nature » initiale ») « , comment comprendre dans cette perspective l’ascèse orphique ?

Quelles que soient ses modalités (en l’occurrence, elles sont pour l’essentiel alimentaires et vestimentaires), l’ascèse est un exercice qui vise à la transformation de soi : il s’agit, en un sens, de se dépouiller pour se revêtir (ou se dénuder), d’abandonner un vêtement pour un autre, lequel correspond à la véritable nature de l’initié, qui est, au moins virtuellement divine (ici, la mémoire de Dionysos Zagreus). Si l’on exclut les déviations masochistes et puritaines (qui consistent, en fait, à retourner les vieux habits), la perte – superficielle, « épidermique » – est engagée au prix ou en vue, d’un gain supérieur, comme l’est le passage du matériel au spirituel ou, sous un autre rapport, du visible à l’invisible. L’ascèse subvertit moins le « jeu » de la vie et de la mort qu’elle n’en dévoile la nature réelle : ni la vie ni la mort ne sont ce que nous croyons spontanément, victimes que nous sommes de l’illusion (Maya, dans la métaphysique hindoue). « Mourir au monde » – si, encore une fois, on exclut les pratiques…mortifères – c’est non seulement philosopher (« apprendre à mourir ») mais c’est surtout s’ouvrir à une autre dimension du monde, même et autre, qui correspond assez bien, me semble-t-il, à ce qu’est l’Autre Monde des Celtes : une dimension à la fois immanente et transcendante que le monde manifesté cache et révèle en même temps. Les Grecs sont ceux qui ont vu – comme les druides, d’ailleurs –, ce que Guénon appelle les « états multiples de l’être » – d’où leur sens très aigu de la lumière et des ténèbres, donc, des dieux.

AF : Au quatrième chapitre de votre livre, nommé « Myste » – c’est-à-dire « le muet, l’initié qui se tait, qui a juré de faire silence sur le secret initiatique (p.47) – vous abordez la question de l’Orphée-Christ. Quels traits orphiques retrouve-t-on dans l’Évangile et le Christ selon vous ? Est-il possible de voir le Christ comme un nouvel Orphée ou est-ce une vue critiquable ?

L’étude comparée des religions, dans une perspective traditionnelle en tout cas, est riche d’un sens métaphysique profond. Ni l’Histoire ni l’exclusivisme, inhérents aux exotérismes monothéistes (« notre » religion est l’unique récapitulation plénière de la Révélation) n’y ont leur part. Il devient donc possible d’être attentif à la trame symbolique et imaginale qui court dans les spiritualités et les sagesses, qu’elles soient monistes (non duelles) ou plus ou moins dualistes, théistes ou non théistes.

De ce point de vue, Orphée et le Christ présentent des traits communs, dont certains relevés par Clément d’Alexandrie dès le IIe siècle, auxquels s’en ajoutent d’autres : l’ascendance davidique de Jésus (David, joueur de psaltérion, souvent représenté au milieu des troupeaux de son père), la jeunesse, le caractère performatif de la parole, les liens avec le mundus muliebris, le supplice, etc. Où le bât blesse, c’est lorsque l’on prétend récapituler, parachever et clore : tout ce qui précède l’Incarnation peut avoir valeur de « figures » ; tout ce qui lui succède ou qui persiste a valeur de survivance ou d’imposture (il est d’ailleurs significatif et dommageable, que dans la perspective catholique romaine – c’est beaucoup moins vrai dans la perspective grecque orthodoxe – la théologie de l’Esprit-Saint soit aussi peu développée, l’Esprit Saint pouvant d’ailleurs être compris, me semble-t-il, comme une « figure » de l’Âme du Monde, et inversement, à condition d’avoir une juste entente de ce qu’est une « figure » – ce qui est possible, d’un point de vue chrétien, par la Sainte Face et la théologie de l’icône).

Plus généralement, je n’accorde pas une grande importance à ce qui se présente comme « nouveau » ; je suis au contraire attentif à ce qui est « de toujours » et qui se répète : tout a toujours été donné et perdu (paradis perdu, parole perdue, etc.). Ce que diverses traditions appellent l’éveil ou l’illumination consiste à se rendre compte, à « savoir », à avoir la co-naissance des retrouvailles qui, en fait, n’en sont pas. Celui qui co-naît est le re-né – le ressuscité, en langue chrétienne (celui qui se souvient, en langue platonicienne). Nietzsche le savait, d’ailleurs, qui invitait les chrétiens à avoir « une gueule de ressuscité », ce qui est la moindre des choses.

AF : Vous écrivez au dernier chapitre de votre livre : << A l’inverse, le saisissement du poète par le dieu (mania, furor) montre à l’homme qu’il est possible d’habiter poétiquement cette terre (…). Leçon d’Orphée >>. J’aimerais que nous finissions cet entretien en évoquant cette habitation poétique du monde, l’Homme capable de poésie comme il est capable de Dieu (capax dei). La divinisation de l’Homme ne passe-t-elle par la poésie, par une vie poétique de l’homme sur terre ? Quelle leçon Orphée nous livre-t-il ultimement ?

L’habitation poétique de la terre – affirmation de Hölderlin et interrogations de Heidegger – est doublement problématique à l’ère technicienne et mercantile des Vaishyas et des Shudras alors qu’elle ne l’était en rien et qu’elle allait donc de soi, quand un monde ou une multitude de mondes existaient (Péguy mentionne les mondes païen, hébraïque, chrétien), c’est-à-dire, comme vous le laissez entendre dans votre question, lorsque la proximité du divin était une évidence – absolue pour le monde païen, relative pour les autres, selon les écoles théologiques – au sein d’une communauté organique (cité, royaume, empire). Le « monde » moderne n’en est évidemment pas un, ce qui le rend proprement inhabitable (ne songeons pas même à un mode poétique de l’habitation !). Quand on pense à l’inhabitation divine de Dieu dans l’âme qui préoccupa tant, à juste titre, les hautes époques ! Sans le savoir, comme les humbles, ou en le sachant, comme les lettrés et les spirituels, chacun habitait alors poétiquement la terre, le poïen (fût-il celui de l’artisan ou du laboureur, donc) étant un analogue du « Fiat ! » créateur (ou des logoï spermatikoï des stoïciens, entre cent autres références dans toutes les traditions) ; chacun savait où, pourquoi et comment il demeurait (significativement, le moderne « ne sait plus où il habite ») tout en se sachant homo viator, pèlerin, voire, Noble Voyageur. Le chaos moderne, appelé progressisme par ses sectateurs (mais son nom est légion, comme celui de l’Ennemi : démocratie, liberté-égalité-fraternité, transhumanisme, wokisme, totalitarisme, libéralisme, etc.) proscrit quant à lui tout sédentarisme et tout nomadisme qui ne seraient ni déviés, ni maléficiés.

Néanmoins, en vertu des lois de l’Être, cosmiques et divines, il est impossible que la perte soit absolue (autrement, tout serait anéanti). Le néant triomphe à peu près partout, certes, mais il y a forcément des « petits restes » ou, si l’on use du langage kabbalistique, des « étincelles ». Parmi eux, précisément, les poètes, qui « font mémoire » (anamnèse ou réminiscence), actualisent (les possibles) et présentifient (dévoilement, révélation). Voilà pourquoi « ce qui demeure, les poètes le fondent ». Les poètes persistent à…demeurer les hommes du salut, non pas tant au sens sotériologique, qu’au sens marial de la salutation angélique ; ils persistent donc à demeurer les hommes de la lou-ange (sic) et de la gratitude. C’est pourquoi Orphée, même après sa décollation, continue de vaticiner (il en est de même, évidemment, de tous les saints céphalophores). Peut-être est-ce là la manière ultime d’habiter poétiquement la terre : le savoir de l’infini.

 

Propos recueillis par Guillaume Staub

Continuons hardiment le combat !

Continuons hardiment le combat !

PENDANT DES ANNÉES, le magazine de gauche StreetPress, sans doute pour mieux se vendre et donner des sueurs froides à ses lecteurs bourgeois bohèmes, a consacré une rubrique régulière intitulée « Le pire de la presse d’extrême droite » aux publications imprimées de la droite dite nationale. Il s’agissait d’extraits plus ou moins longs d’articles minutieusement sélectionnés dans les quatre titres phares et historiques de la presse papier de la mouvance nationale : L’Action française 2000, Minute, Présent et RIVAROL. Cette rubrique n’existe plus aujourd’hui, non plus que trois des quatre titres qui étaient systématiquement cités (à charge évidemment). Le bimensuel L’Action française 2000 a disparu définitivement le 1er février 2018 après 70 ans et 8 mois de parution ininterrompue (même si le titre s’est très longtemps appelé Aspects de la France), l’hebdomadaire Minute a coulé corps et bien le 5 février 2020 après 47 ans et 10 mois de parution quasiment ininterrompue (hormis quelques mois en 1999 après une première faillite), ce qui n’est pas rien car ce titre, né le 6 avril 1962 vers la fin de la guerre d’Algérie, a été longtemps le plus connu des journaux de la presse nationale et celui dont la diffusion fut de loin la plus importante. Enfin, et cet événement est tout récent, le quotidien Présent a cessé sa parution le jeudi 30 juin 2022 après 40 ans et 6 mois de parution et 10 153 numéros papier. Le tribunal de commerce de Paris prononcera la liquidation judiciaire de la SARL Présent dans quelques semaines, la société éditrice ayant déposé le bilan. C’est encore une aventure de presse qui s’achève.

Comme on le voit, tous les deux ans, un titre phare du camp dit national a disparu. Ne reste aujourd’hui de ces quatre publications imprimées, ayant vécu et paru de longues décennies, que RIVAROL, le journal à la fois le plus ancien et le plus radical de la mouvance, celui qui a manifestement réussi jusque-là à fidéliser le plus ses lecteurs, à susciter de l’adhésion et de l’enthousiasme, peut-être précisément parce qu’il est celui qui a la plus grande liberté de ton et d’analyse et qu’il n’est inféodé à aucun groupement ni à aucune personnalité, qu’il s’astreint de toutes ses forces à chercher, à dire et à défendre la vérité dans tous les domaines : en histoire, en politique, en morale, en religion.

LES ENNEMIS d’une presse libre, indépendante et insolente, espéraient que RIVAROL mourrait de sa belle mort, faute de renouvellement de ses acheteurs au numéro et de ses abonnés. A l’instar de tant de ses confrères. A l’image de L’Action française, de Minute et de Présent. Et, avant eux, de tant de titres connus, de National-Hebdo (disparu en juin 2008 après 24 ans de parution) au Libre journal de la France courtoise (mort en octobre 2007 après 14 ans d’existence) en passant par Magazine Hebdo (disparu en 1985), La Lettre de Magazine hebdo (disparue en 1999), Le Français (disparu en juin 1995), Le Crapouillot (définitivement disparu à l’été 2017 après plusieurs faillites), le mensuel Français d’Abord (au printemps 2008) Le Choc du mois (disparu une première fois en 1993, relancé en 2006, disparu définitivement fin 2011), le magazine Flash (disparu à l’automne 2011), Daoudal hebdo (disparu en juin 2012), La Nouvelle Revue d’histoire (en décembre 2017), la revue Sous la Bannière (en janvier 2018), etc. Quelle hécatombe !

Il est difficile aujourd’hui de faire vivre et d’inscrire dans la durée une presse d’opinion indépendante de tous les pouvoirs et des puissances d’argent. Le Bulletin d’André Noël, ne pouvant plus continuer par lui-même, bien qu’il parût sans discontinuité depuis 1949, a ainsi fusionné en 2020 avec les Quatre vérités hebdo. De même, une des deux revues historiques de Chiré-en-Montreuil, Lecture et Tradition, créée en 1966, a été contrainte récemment de fusionner avec Lectures françaises. Quant au trimestriel identitaire Réfléchir et Agir, tout en poursuivant sa parution et en s’ouvrant à la vidéo, il a pris la douloureuse décision de ne plus paraître en kiosque à partir de la rentrée à cause de la hausse des coûts du papier et de la distribution et donc de n’être désormais vendu que sur abonnement. D’évidence les temps sont durs pour nos modestes publications.

TOUTEFOIS, comme les lobbys qui nous persécutent ont vu que RIVAROL continuait régulièrement à paraître, qu’il maintenait son nombre d’abonnés et de ventes en kiosque, que les dix derniers exercices comptables ont de plus tous été bénéficiaires, de 2012 à 2021 inclusivement, que nous n’avions aucune dette, que la situation du journal était parfaitement saine et viable, que l’on ne pouvait pas de surcroît s’en prendre à notre budget publicité puisque nous n’en avons pas, qu’on ne peut donc pas faire pression sur d’éventuels annonceurs, la seule solution qui restait à nos persécuteurs pour essayer de nous faire taire, de nous liquider, était la perte de l’agrément de la commission paritaire qui donne droit au régime économique de la presse avec un taux réduit de TVA (de 2,1 au lieu de 20 %) sur toutes les ventes et des tarifs postaux avantageux (3 à 4 fois moins onéreux que le prix normal). Des campagnes sur les réseaux sociaux se sont donc multipliées depuis environ deux ans, à travers essentiellement les Sleeping Giants et Conspiracy Watch de Rudy Reichstadt et Tristan Mendès France, afin de parvenir à ce but.
Mais déjà, dès 2018, comme le rappelait François-Xavier Rochette dans notre précédent numéro, peu après la mort du professeur Robert Faurisson, « le spécialiste de l’extrême droite » Jean-Yves Camus, sans avoir l’air d’y toucher, avait appelé à l’interdiction pure et simple de RIVAROL au nom du combat contre le révisionnisme historique assimilé comme toujours depuis trente ans à la haine et à l’antisémitisme. Par la suite, le député macroniste du Rhône, Jean-Louis Touraine, déposa, quant à lui, le 16 novembre 2021, une question écrite au ministre de la Culture d’alors, Madame Roselyne Bachelot, pour obtenir du gouvernement l’expulsion de RIVAROL des registres de la commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP).

NE VOYANT toujours rien venir, le Lobby décida d’enclencher la vitesse supérieure pour obtenir enfin ce qu’il voulait absolument. C’est ainsi que le quotidien Le Monde (qui est toujours dans les mauvais coups, c’est sa marque de fabrique !) publia le 7 mars une tribune de 34 personnalités dont les époux Klarsfeld, Tristan Mendès France, Rudy Reichstadt, le président de la LICRA, Mario Stasi, et de SOS Racisme, Dominique Sopo, ainsi que d’autres Likoudniks fanatisés, exigeant du ministère de la Culture et de la présidente de la CPPAP, en termes vifs et peu amènes, la réunion d’urgence de la commission paritaire pour acter l’exclusion immédiate et définitive de l’hebdomadaire de l’opposition nationale et européenne qualifié par ces 34 délateurs de journal « le plus raciste, le plus antisémite et le plus négationniste qui soit ». Ce qui est un compliment car plus l’on est attaqué, insulté et caricaturé par ses ennemis, plus cela signifie qu’on ne lâche rien, qu’on ne trahit rien, qu’on mène le bon combat sans abandon ni compromission.

On connaît la suite : la CPPAP nous a retiré à l’unanimité son agrément lors de la séance plénière du 4 mai dernier, nous informant de sa décision par courrier recommandé le 30 mai. Nous avons alors saisi le tribunal administratif de Paris, à la fois sur le fond (l’audience aura lieu dans un à deux ans) et en urgence avec un référé suspension qui a été instruit le 4 juillet et rejeté dès le lendemain au motif que, si l’urgence est certes bien caractérisée, la décision de la CPPAP ne peut être suspendue car elle a été prise, d’après le juge Laurent Gros, pour des motifs sérieux liés à l’antisémitisme du journal. Nous nous sommes pourvus en cassation à la mi-juillet. Nous en sommes là pour le moment. Mais, ne nourrissant guère d’espoir dans les tribunaux, qu’ils soient administratifs ou judiciaires, nous avons décidé de prendre les devants.

L’IDÉE est de créer un modèle économique totalement autosuffisant. Sans aucune aide extérieure. Car si nous n’avons jamais touché, ni d’ailleurs demandé, la moindre subvention ou aide directe de l’Etat, contrairement à la plupart des journaux et revues, nous avons en revanche bénéficié, comme hebdomadaire d’information politique et générale (IPG), du régime économique de la presse pendant 71 ans en étant immatriculé à la commission paritaire. Ce qui peut s’apparenter à une forme d’aide indirecte dont profitent aujourd’hui la quasi-totalité des publications. Mais, à la réflexion, cette perte, aussi scandaleuse soit-elle sur le fond, est sans doute un mal pour un bien. En n’ayant plus ces aides indirectes, nous serons finalement encore plus libres. Nous ne dépendrons que de nos lecteurs, qu’ils achètent le journal au numéro ou qu’ils soient abonnés. A nous de construire et de faire durer, si Dieu veut, ce modèle économique. Pour quelques euros de plus par mois, nous ferons vivre et perdurer un hebdomadaire 100 % libre, 100 % nationaliste, 100 % insolent. Sommes-nous capables de réussir cette entreprise ? Nos adversaires et nos faux amis pensent ou espèrent que non. A vous et à nous de leur donner tort. A vous et à nous de briser leur espoir, de mettre à mal leur certitude. Bien que nous ne soyons pas d’une nature spécialement optimiste, nous pensons que c’est parfaitement possible, que c’est tout à fait jouable. Nous avons en effet résisté à tant de tempêtes, à tant de saisies (sous De Gaulle !), à tant de procès, à tant d’adversité depuis plus de 71 ans que l’on peut, à notre avis, parfaitement poursuivre dans la durée l’aventure rivarolienne.
Certes, il y a dans la vie ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas. Nous pouvons et nous devons tout mettre en œuvre pour poursuivre cette audacieuse et magnifique aventure de presse qui est aussi une belle aventure humaine où tant de liens se sont tissés au fil des décennies entre la rédaction et les lecteurs. Quelle joie ainsi de savoir que nous avons encore une petite poignée de lecteurs de fondation aujourd’hui nonagénaires, voire centenaires, qui nous lisent encore ! Toute leur vie d’adulte, depuis leur jeunesse dans les années cinquante jusqu’à leur plus grand âge, a été ponctuée, jalonnée, éclairée, agrémentée par la lecture assidue de RIVAROL. Ils ont goûté les articles prophétiques et polémiques, magnifiquement ciselés, d’un Pierre-Antoine Cousteau, apprécié l’érudition d’un Rebatet et d’un Poulet, les éditoriaux précis et documentés d’un Dominique, d’un Gaït et d’une Galic (et auparavant ceux, si clairs et pédagogiques, de notre fondateur René Malliavin, dans Ecrits de Paris, sous le pseudonyme de Michel Dacier). Et aujourd’hui encore ils apprécient la plume et la pensée de tel ou tel rédacteur dans lequel ils retrouvent une semblable liberté de ton, un même rejet du mensonge et de l’injustice, une similaire dénonciation de toutes les carabistouilles, de toutes les vilenies, de toutes les impostures d’un régime corrompu, honni et failli, et d’un personnel politique misérable, lâche et vendu.

IL Y A CE qui dépend de nous, disions-nous, et il y a ce qui n’en dépend pas. Compte tenu de la répression qui ne cesse de se renforcer, et qui va jusqu’à dissoudre sans aucune raison sérieuse des mouvements, des associations, des groupements qui n’ont pas l’heur de plaire aux puissants, il est hélas possible qu’un jour, peut-être moins lointain qu’on ne l’imagine, RIVAROL soit interdit par les pouvoirs publics. Il suffit en effet d’un décret pris en Conseil des ministres. Si tel est le cas, nous verrons comment il nous sera alors possible de réagir et de riposter. Mais en attendant cet éventuel jour funeste, nous continuons et continuerons hardiment le combat. Sans ne rien renier. Sans ne rien céder. Ni sur la doctrine, ni sur les principes, ni sur l’idéal, ni sur l’analyse froide, objective et dépassionnée de la situation. Nous continuerons à dénoncer crânement le lobby de la Mémoire, la coterie LGBT et abortive, le laïcisme fanatique, la subversion moderniste, le sionisme assassin, la révolution cosmopolite, climatiste, covidesque, immigrationniste et arc-en-ciel, ses mythes, ses dogmes, ses interdits, ses tabous, ses mensonges, ses crimes, ses folies.

Car si un jour nous devions disparaître, ce qu’à Dieu ne plaise, à tout prendre, nous préférerions que ce soit sous les coups de la répression plutôt que parce que nous n’avons plus de lecteur, que nous ne les intéressons plus tant il est vrai qu’on ne fait pas la queue devant un cinéma qui ne passe pas de film ni devant une boulangerie qui ne vend pas de pain. De même, à choisir, préférerions-nous mourir debout au combat, le drapeau fièrement déployé, en étant soudés, plutôt que de disparaître, comme notre confrère Présent, à cause hélas d’une exécrable gestion des ressources humaines en interne qui a conduit à six procès aux prud’hommes (dont cinq perdus par le journal) et à 600 000 euros de dettes prud’homales (sans compter près de 100 000 euros de dettes imprimeur qui ne seront sans doute jamais réglées, bien que le quotidien ait bénéficié jusqu’au bout d’aides directes annuelles de l’Etat et de l’agrément de la commission paritaire, ce qui n’empêche pas Bergeron d’annoncer à la rentrée un Nouveau Présent hebdo tout beau, tout neuf, se conduisant ainsi comme les fripiers sans scrupule qui mettent en faillite leur société pour ne pas avoir à payer leurs créanciers et qui rouvrent peu de temps après, quelques rues plus loin, une échoppe, au nom légèrement différent, en gardant les manettes en coulisses mais en choisissant comme gérant de paille sur le devant de la scène leur frère, leur neveu ou leur cousin, ou agissant à l’instar du client indélicat qui, refusant d’acquitter sa lourde ardoise dans une boucherie, va se servir sans vergogne dans celle d’en face !) à la suite de la brusque mise en coupe réglée du journal par le clan “familial” Parmentier-Bergeron, éjectant ou poussant au départ tous les autres journalistes, y compris des piliers historiques du quotidien, comme l’ex-directrice Jeanne Smits, Rémi Fontaine ou Olivier Figueras. Une Jeanne Smits que Bergeron, qui est la fourberie faite homme, a attaquée en première instance puis en appel devant le tribunal de commerce de Paris pour de supposées fautes de gestion (il a perdu les deux procès), au moment même où il faisait paraître un petit texte dans Présent, plein de fausse compassion, où il assurait Jeanne Smits, qui venait de perdre son père, de toute sa sympathie !

OUI, SI NOUS DEVIONS un jour ne plus paraître, nous préférerions que ce soit pour avoir maintenu intégralement les principes, dit en toutes choses la vérité, quoi qu’il en coûte, combattu le mensonge, plutôt qu’avoir cédé par facilité, carriérisme, intérêt personnel, confort petit-bourgeois, à la pensée unique et renié le combat catholique et nationaliste. Comme c’est hélas notoirement le cas de Caroline Parmentier, longtemps rédactrice en chef de Présent (jusqu’à fin 2018) et l’une de ses plumes les plus connues, et qui aujourd’hui, tout sourire, se fait photographier comme député RN devant l’inauguration du buste de Simone Veil à Béthune (voir la photo et son tweet ci-dessus) alors qu’elle a écrit si longtemps des articles engagés contre l’avortement.
Où sont dans cette détestable évolution la force des convictions, la solidité des principes, la constance des engagements ? Que reste-t-il de l’honneur, de la droiture et de la fidélité quand on se dit prêt aujourd’hui à voter la constitutionnalisation du « droit à l’avortement », ainsi que l’a déclaré la patronne de Parmentier, Marine Le Pen, tandis que Jordan Bardella tweetait, quant à lui, en bon petit toutou mariniste, que l’IVG est « un acquis à protéger », pas l’enfant à naître, non, mais le droit de le tuer dans son sein, de le découper en morceau, de lui fracasser le crâne, de le réduire en bouillie !

LE 2 JUILLET dernier, dans une interview à Breizh Info, Francis Bergeron, directeur et cogérant du quotidien Présent — dont la communication publique depuis des années vis-vis de ses lecteurs peut se résumer en une courte phrase : « on a menti, on ment, on mentira » — osait dire : « Présent est resté parfaitement fidèle à ses invariants : la tradition catholique, le patriotisme, le pas d’ennemi à droite, Dieu premier servi ». Mais sert-on Dieu en premier et la tradition catholique en soutenant de manière active, voire inconditionnelle, une candidate, puis une élue (Parmentier) qui se fait une gloire d’être photographiée dans une cérémonie d’hommage à Simone Veil, qui renie totalement son combat passé pour la défense de la vie et contre le meurtre industriel des tout-petits ? Présent n’a-t-il que ce modèle journalistique et politique à proposer à ses lecteurs dont il a usé et abusé de la patience, de la confiance et de la générosité ? L’abus de confiance, cela existe aussi dans les idées quand on soutient au final des positions contraires à celles qu’on est censé défendre.
Pareillement, sert-on « Dieu, la tradition catholique et le patriotisme » en ayant les yeux de Chimène pour une Marine Le Pen, parée de toutes les vertus, et dont Bergeron, passant la brosse à reluire, avait osé écrire en page une dans Présent, le 7 mars 2017, ce dont il ne s’est jamais expliqué ni excusé : « Il n’y a qu’un seul candidat à droite — et même dans tout l’échiquier politique français qui ait une stature d’homme d’Etat, c’est elle ». Et d’ajouter doctement : « Pour ceux qui ont étudié l’histoire de notre courant politique — le courant identitaire et patriotique, pour faire simple — jamais nous n’avons eu de tête de file de la qualité de Marine Le Pen. Le moment est tout simplement extraordinaire. » Quelle indignité intellectuelle ! Quelle honte ! Quelle bassesse pour le directeur d’un quotidien ayant pour devise « Dieu Famille Patrie » d’oser écrire et publier de telles inepties !

RAPPELONS que la benjamine de Jean-Marie Le Pen a affirmé à maintes reprises qu’elle souhaitait le maintien intégral de l’actuelle législation sur l’avortement, des lois Pleven, Gayssot, Perben (créant un ahurissant délit d’“homophobie”), Taubira sur le “mariage” homosexuel et qu’elle ne reviendrait pas sur l’extension de la PMA aux lesbiennes. La présidente du groupe RN à l’Assemblée a même repris une nouvelle fois ces derniers jours les calomnies du Système sur le Maréchal Pétain (que Présent naguère se faisait fort de défendre) en tweetant le 16 juillet 2022 : « N’oublions jamais l’horreur de la rafle du Vel d’Hiv et les crimes de la collaboration. 13 000 juifs, dont 40 00 enfants, furent envoyés par le gouvernement de Vichy vers les camps de la mort. 80 ans après, le combat contre la haine antisémite ne doit jamais faiblir ». Difficile d’aller plus loin dans le reniement honteux et vomitif des fondamentaux de la droite nationale ! Difficile de se soumettre plus piteusement à la doxa !
Qu’il est loin le temps où le FN défendait le Maréchal et où il y avait un stand de l’ADMP aux BBR ! A quoi sert-il d’avoir 89 députés si c’est pour faire siens le vocabulaire, les réflexes, les mots d’ordre, les tabous et les interdits du Système qui nous opprime et nous écrase ? N’est-ce pas là une épouvantable trahison ? Quel intérêt d’avoir comme vice-président de l’Assemblée nationale un Sébastien Chenu, militant de toujours de la cause homosexualiste et organisateur de Gay Pride, et comme benjamin du groupe RN Pierrick Berthelot, élu en Flandre intérieure, dans la 15e circonscription du Nord et qui, dans Le Monde, affirme vouloir « s’investir pour la cause LGBT et contre le racisme » ! On le voit, la relève est bien assurée dans le camp mariniste !

LE FN DEVENU RN a décidément bien changé sous la houlette de la tenancière de la cage aux folles. Quand on pense que huit militants du FN ont été tués, que d’autres ont été emprisonnés, ruinés, détruits dans leur vie sociale, familiale ou professionnelle pour en arriver là, cinquante ans après la fondation du mouvement, quelle infamie ! Et que dire à ce couple désargenté qui, n’ayant rien d’autre à glisser dans le drapeau tricolore tendu à la sortie des meetings du FN, avait tenu à donner un soir, il y a une trentaine d’années, ses deux alliances de mariage, en or, pour servir la cause ? C’était alors tout ce qui lui restait de précieux et dont il avait accepté de se séparer, de faire le sacrifice pour le combat patriotique, pour le triomphe de la devise de saint Eloi : « Dieu-Famille-Patrie » !

Qu’il est loin le temps où, au terme de son discours, lors du VIIIe congrès du Front national à Nice, en avril 1990, Jean-Marie Le Pen pouvait s’exclamer, sous un tonnerre d’applaudissements, faisant siens les propos d’Henri de La Rochejaquelein aux milliers de paysans vendéens qui le proclamaient leur chef le 13 avril 1793 : « Si j’avance, suivez-moi ; si je meurs, vengez-moi ; si je recule, tuez-moi ». Le recul et les trahisons ont hélas été légion au FN-RN depuis une vingtaine d’années dans tous les domaines. Sans que l’on n’ait jamais eu droit à la moindre explication ni observé la moindre contrition. Au contraire. Ceux qui n’étaient pas contents n’avaient qu’à se soumettre ou à se démettre, à s’extraire ou à se taire, à déguerpir ou à subir.

PREUVE qu’il ne faut pas se confier aux organisations, aux partis ni aux hommes qui peuvent changer, tromper, décevoir, trahir, révéler leur véritable nature, mais d’abord et avant tout aux principes intangibles qui tiennent lieu de boussole, gardent et éclairent, enthousiasment et transcendent, réjouissent et vivifient, donnent sens à la vie et au combat. Feu Henry Coston disait toujours, pour le déplorer : « on crée un journal pour défendre des idées, puis on trahit les idées pour défendre le journal ». Que cela ne soit jamais notre cas !
Quels que soient les épreuves et les tourments, les difficultés et les vicissitudes, — et assurément ici-bas ils ne manquent pas ! —, continuons hardiment à servir cette vérité pour laquelle nous sommes faits, celle, simple, humble, pénétrante, qui nourrit l’intelligence, fortifie la volonté, dilate le cœur et rassasie l’âme.

RIVAROL, <jeromebourbon@yahoo.fr>

L’Écho d’AF : « Notre force est d’avoir raison »

L’Écho d’AF : « Notre force est d’avoir raison »

Bulletin du nationalisme intégral n° 21 – Juillet/Août 2022

EDITO 

La longue période électorale s’est achevée et nous pouvons nous réjouir. Nous avons gagné et notre parti, celui de la France, est plus puissant que jamais. Avec 54 % d’abstention aux élections législatives, le grand parti du pays réel remporte la bataille de la légitimité. Bien ridicule serait alors le député qui pourrait se targuer de représenter le peuple ! La facture entre les Français et les partis politiques est consommée et la démocratie est malade : grande peut être notre joie !

L’élection de 89 députés du Rassemblement National à l’Assemblée nationale ne saurait nous attrister : l’infâme Macron se trouve désormais face à une résistance, certes très limitée mais significative.
Ces maigres réjouissances ne nous font pas oublier que la république gouverne mal mais se défend bien. Nul doute que le poudré de l’Elysée pourra, le moment venu, compter sur le soutien de la gauche et de la droite pour mener à bien son projet de destruction, déjà très largement entamée tant par lui que par les républiques successives.
L’Action Française s’emploie depuis plus de 120 ans à « fabriquer » des royalistes, consciente que la république en France et le règne de l’étranger. Nous connaissons tous des « nationaux » qui pensent pouvoir bonifier la république avec de bons élus. Ils oublient que c’est Marianne qui corrompt son personnel et non l’inverse. Ce raisonnement, gaspillant le temps, l’argent, les énergies de tant de Français de bonne volonté, aveuglés sans le savoir par les idéologies démocratiques, est la cause de tous nos échecs. 
Aucun élu, aucun parti au pouvoir ne pourra remporter la bataille face régime républicain, artisans du grand remplacement et du grand déracinement, cette entreprise de déconstruction généralisée de l’identité des peuples de France qui se pare des plus nobles mobiles : la paix mondiale et la prospérité matérielle pour le bonheur des peuples. Ici le bien commun et celui de quelques-uns et il est interdit d’en dire davantage. Il est donc de notre devoir de répéter et d’expliquer à satiété nos raisons contre la république et pour la monarchie, « le plus national des régimes ». Ce combat est colossal mais il est le seul qui vaille. Frédéric Mistral s’exprimait ainsi sous la IIIe République : « Il ne s’agit pas seulement de faire une majorité électorale, il s’agit de refaire un peuple ». Ce peuple, déjà diminué à l’époque de l’illustre maître de Maillane, n’a pas encore tout à fait disparu. Outre l’abstention magistrale déjà évoquée, des poches de résistance fleurissent, les écoles hors-contrat se multiplient, des communautés organisent, tout cela malgré les persécutions. Cette résistance française s’est magnifiquement illustrée lors du traditionnel pèlerinage de Chartres qui a rassemblé, les 3, 4 et 5 juin, plus de 17 000 jeunes pèlerins bravant la tempête, la pluie et le Créon clérical. 
A l’image de ces jeunes Français, sachons garder l’espérance et travaillons sans cesse à ce salut national que nous espérons de tout cœur et qui ne passera que par la liquidation de l’immonde Marianne, cinquième du nom. Profitons de l’été pour propager l’Action Française autour de nous et pour nous former davantage, les erreurs de l’intelligence étant les pires de toutes. Profitons de ces temps de repos pour tenir serré les liens d’amitié qui nous unissent. 
Pour que vive la France, vive le roi !
Clément Gautier 

L’Écho d’Action Française, bulletin du nationalisme intégral, est une publication bimestrielle qui permet aux amis d’Action Française de garder un lien avec le mouvement. Il a été lancé en 2019, à la suite de la disparition de l’Action Française 2000 et est appelé à devenir un mensuel important, fidèle aux idées du nationalisme intégral.

Avec Philippe Champion, Marion Sigaut, Anne Brassié, Gérard Bedel, Monsieur K, Guillaume Staub, Jean-Pierre Papadacci, Michel Fromentoux, le Docteur Charles, l’abbé Thierry Roy, l’abbé Bourrat, Victor Legras…

SOMMAIRE :

  • Editorial : « Notre force est d’avoir raison
  • En attendant le Roi par Guillaume Staub
  • Humeur du temps par Philippe Champion
  • Ni woke, ni islamo-gauchisme, ni ordre républicain par Martin peltier
  • Raisons d’un fiasco par Jean-Pierre Papadacci
  • Transhumanisme : liberté ou esclavage ? par l’abbé Philippe Bourrat
  • « Charles Maurras, du Félibrige au nationalisme intégral »
  • Maurras et le maréchal par Michel Fromentoux

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