Silence général dans les rangs ou la démocratie à l’oeuvre

Silence général dans les rangs ou la démocratie à l’oeuvre

 

Après avoir réduit au silence les médecins, ceux qui respectent le serment d’Hippocrate, ceux qui veulent sauver leurs malades et qui ne sont pas rétribués par les laboratoires, les journalistes qui doutent des nouveaux vaccins autorisés à titre temporaire, l’ État veut réduire au silence ces grands généraux en retraite soucieux de notre paix civile .

Qui est à l’origine de ce silence assourdissant ? Des banquiers, des fonctionnaires de type énarque ou moins titrés, des hommes d’affaires reconvertis en fonctionnaires d’État ou des toutes petites personnes à la double nationalité qui se gonflent comme dans la fable. Est-ce bien normal ? Qui en sont les porte voix ? Des femmes qui n ‘ont jamais connu le feu ? Et un général toujours du côté du manche.

Dix huit militaires en activité signataires d’une tribune dénonçant le « délitement de la France » et se disant prêts à « soutenir les politiques » qui œuvreront contre, vont être sanctionnés, a menacé la pauvre Françoise Parly et annoncé le chef d’état major des armées. Une autre femme s’est permise de les mépriser en évoquant des charentaises. Tout cela traduit une belle décadence.

Pour avoir dit la vérité vous serez exécuté est un grand classique mais quand les « hordes » qui n’existent pas dévaleront dans les ministères, ces derniers pourront-ils compter sur l’armée pour les défendre ? Le réel se venge toujours, que l’on sache le nommer ou non.

 

Anne Brassié

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Faut-il commémorer Napoléon ?

Faut-il commémorer Napoléon ?

Il y aura deux cents ans le 5 mai prochain, l’empereur Napoléon 1er s’éteignait à l’âge de cinquante et un ans, à l’île Sainte-Hélène, prisonnier des Britanniques sur un rocher bien peu hospitalier. « L’avenir apprendra s’il n’eût pas mieux valu, pour le repos de la terre, que, ni Rousseau ni moi, n’eussions jamais existé », aurait un jour confessé Napoléon Bonaparte, selon le marquis Stanislas de Girardin, à Ermenonville devant le tombeau de l’auteur du Contrat social. Sans doute faut-il penser ici à ces guerres de masses, ruineuses en hommes et en biens, conduites au nom de l’idéologie rousseauiste libertaire et égalitariste, qui mirent l’Europe à feu et à sang durant tout l’Empire et qui ont continué d’endeuiller les deux siècles suivants.

Dictateur de Salut public

Il ne saurait être question de nier que Bonaparte fut un grand homme et qu’avant même de ceindre sa couronne de pacotille, il avait rendu à la France un service incontestable. Non pas, comme on le dit trop souvent, en arrêtant, le 18 brumaire 1 799, la Révolution (celle-ci sévit encore dans notre XXIe siècle !), mais en rétablissant un certain ordre qui permit à la France de se reprendre et de recouvrer une relative paix civile propice à un élan intellectuel et même religieux. Quant à « l’épopée napoléonienne », qui fut toujours grandiose dans ses bonheurs et dans ses malheurs, du soleil d’Austerlitz à la tragique retraite de Russie et à Waterloo, elle appartient à notre Histoire et ses gloires, comme ses défaites, restent celles du sang français.

L’intelligence politique de Bonaparte, dictateur de Salut public, qui s’était révélée dès le Consulat, fut en fait d’inscrire les meilleures de ses réformes dans la continuité des règnes de Louis XV et de Louis XVI. Que l’on songe aux grands services publics, l’enregistrement, le domaine, les hypothèques, l’administration des vingtièmes (devenus contributions directes), la Régie, les Postes, les Eaux et Forêts, les Ponts et Chaussées, les Mines, autant de corps, écrit Pierre Gaxotte dans son irremplaçable ouvrage La Révolution française, « que la Révolution démolirait et que Napoléon n’aurait qu’à relever pour faire figure de créateur ». Significative à cet égard, la présence à ses côtés comme troisième consul en 1 799, de Charles-François Lebrun (1 739-1 824), futur duc de Plaisance, lequel avait commencé sa carrière sous Louis XV et avait collaboré avec le garde des Sceaux René-Charles-Augustin de Maupeou (1 714-1 792) à la réforme de 1 771 qui eût certainement sauvé la monarchie si le jeune et trop bon Louis XVI n’avait pas cru devoir rappeler les parlements dès son avènement en 1 774.

Toutefois , ce bon travail de reconstruction de l’État restait souillé à la base, parce que le Premier consul, puis l’empereur, essentiellement préoccupé, comme tout parvenu, de succès immédiat, et même ayant compris qu’un État moderne aurait pu naître sans la Révolution, ne sut pas considérer objectivement le problème français de toujours, celui de l’unité dans la diversité. Il crut consolider la France en consolidant les acquis de la Révolution, lesquels étaient fondamentalement destructeurs. Si donc l’appareil préfectoral renouait par certains aspects avec les intendants de la monarchie, l’idéologie étatique et individualiste issue de 1 789 ne laissa point revivre, face à la toute-puissance étatique et bureaucratique, les franchises et les coutumes protectrices des familles, des métiers, des communautés territoriales, en somme les forces vives du pays réel. La centralisation napoléonienne allait pour longtemps rester dans les esprits comme l’image repoussante d’un pouvoir fort, et les générations suivantes allaient ainsi se retrouver dans l’impossibilité de surmonter l’anarchie – que la philosophie des Droits de l’Homme ne cesse d’exaspérer – autrement que par la tyrannie et l’omnipotence de l’État. D’où une toujours latente crise de l’État…

Et que dire du Code Napoléon rebaptisé code civil, expression d’une morale utilitariste fondée sur le seul intérêt de l’individu ? On voit, deux cent cinquante ans après, qu’il n’est d’aucune utilité pour défendre la famille tant il est vrai que, comme l’avait bien vu Renan, il semble avoir été rédigé pour un individu « né enfant trouvé et destiné à mourir célibataire ».

Mon pouvoir vient de moi…

Le 4 mai (28 floréal) 1804, le Sénat décida qu’il était « du plus grand intérêt du peuple français de confier le gouvernement de la République à Napoléon Bonaparte, Empereur héréditaire ». Toutefois, les sénateurs restaient un peu méfiants, du moins pour la forme, car ils souhaitaient « que la Nation ne soit jamais forcée de ressaisir la puissance et de venger sa majesté outragée … » Qu’importe : le verdict populaire sanctionna la décision par 3 572 329 « oui » contre 2 579 « non ».

Certes la paix avec l’Angleterre n’avait guère duré, mais la reprise économique rassurait les Français. Bonaparte pouvait tout se permettre, même un crime des plus inexpiable : il fit enlever de force un prince du sang de France, le jeune Louis-Antoine de Condé, duc d’Enghien (1 772-1 804), lequel se trouvait en pays de Bade et fut amené au château de Vincennes pour être passé par les armes après un simulacre de procès, le 21 mars 1 804. Désormais les plus compromis dans les excès terroristes révolutionnaires, n’auraient plus rien à refuser à ce général « séparé, disait-on, des Bourbons par un fossé de sang royal ».

La conspiration de Georges Cadoudal (1 771-1 804), à laquelle le duc d’Enghien était totalement étranger, avait irrité le Premier consul, mais lui avait aussi montré la fragilité de la forme de gouvernement consulaire. D’où l’urgence de créer une dynastie… On ne pourrait plus croire frapper la Révolution dans la personne du Premier consul !
Ainsi la Révolution se faisait conservatrice et, pour mieux se conserver, se donnerait un empereur… Le mot faisait rêver ; le nom de roi était trop attaché aux Capétiens et à leur branche de Bourbon, celui d’empereur évoquait les César, Charlemagne, l’esprit de conquête et, surtout, il forcerait les Habsbourg, jusqu’alors seuls détenteurs du nom d’empereur, à se recroqueviller sur l’Autriche. On restituerait à la France le sceptre qu’avait porté Charlemagne.

On alla de fête en fête. Bien vite oubliée la mort de l’innocent duc d’Enghien, même dans la vieille noblesse où beaucoup se prenaient à rêver d’une nouvelle Cour !… Simple fait-divers la mort sur l’échafaud le 25 juin de Georges Cadoudal et de onze Chouans ! Le tourbillon des plaisirs effaçait tout : le 14 juillet, Napoléon inaugura l’ordre de la Légion d’Honneur ; le 15 août, jour de son anniversaire, il fit organiser une immense parade militaire au Camp de Boulogne. Dans les rues, dans les jardins, dans les ateliers, on s’affairait à la préparation des costumes et des tentures du sacre prévu pour le 2 décembre. Même le pape Pie VII, après quelques tergiversations, accepta de venir à Paris : Napoléon n’avait-il pas rétabli le culte catholique en France ?

La cérémonie eut donc lieu le jour prévu dans la cathédrale Notre-Dame de Paris entièrement décorée. Napoléon, avec un grand sens du théâtre, avait tout prévu dans les moindres détails, même, en dépit des vagues assurances verbales, d’arracher la couronne des mains du pape pour se la poser lui-même sur la tête. Façon de faire remarquer qu’il ne reconnaissait aucunement tenir son pouvoir de Dieu. À Notre Seigneur Jésus-Christ répondant à Ponce Pilate : «Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donne d’En-Haut », Napoléon, en grossier personnage, rétorquait, par delà les âges : «Mon pouvoir vient de moi ».

L’aventure d’un parvenu de génie

Ce Sacre fut essentiellement une opération politique. Il fallait rassurer la nouvelle classe de propriétaires née de la vente des biens nationaux ; ceux-ci étaient forcément attachés à la Révolution. Assistaient au sacre : Charles Maurice de Talleyrand-Périgord (1 754-1 838) évêque apostat, Joseph Fouché (1 759-1 820), duc d’Otrante, ancien oratorien, mitrailleur de Lyon et déchristianisateur de la Nièvre, Pierre-François Réal (1 757-1 834) qui avait organisé sous la Convention le culte de la Déesse Raison. Les tribuns et les futurs maréchaux étaient aussi dans la cathédrale, mais ne croyaient pas en Dieu et ne voyaient dans cette cérémonie qu’une « capucinade ». Personne n’avait le sens religieux, pas même les évêques, tous nommés par le Premier consul, donc zélés, mais sans piété.

Outre Napoléon lui-même, il est deux acteurs de cette mascarade qui en attendaient quelque chose : Joséphine de Beauharnais (1 763-1 814), laquelle se souvint juste la veille qu’elle n’était pas mariée religieusement avec Napoléon et fit venir au petit matin l’oncle du Premier consul, le cardinal Fesh (1 763-1 839), qui bénit les époux. Joséphine pensa qu’elle consoliderait ainsi son mariage et empêcherait le divorce ; elle allait être bien déçue. Pie VII espérait lui aussi beaucoup de cette cérémonie : il pensait faire revenir Napoléon sur les fameux articles organiques ajoutés au Concordat, qui donnaient à l’État la haute main sur l’Église de France. Non seulement l’empereur refusa de renégocier ces articles, mais, dès 1809, soit cinq ans après, il allait faire arrêter le souverain pontife. Le seul qui ne fut pas déçu par ce théâtre est peut être Talleyrand dont le sourire tout le long de la cérémonie révélait qu’il se moquait de ce qu’il voyait.
Quelques jours plus tard, Louis XVIII ( 1 755-1 824), comte de Provence, en exil, éleva une protestation et Joseph de Maistre (1 753-1 821) qualifia l’attitude du pape de « hideuse apostasie », l’avertissant qu’à force de céder, il finirait par devenir « un polichinelle sans conséquence »… Mais les souverains de toute l’Europe s’empressèrent d’envoyer leurs félicitations au soldat de la Révolution devenu leur « cousin », puisque entré dans la cour des Grands.

Le drame de Napoléon fut d’être un homme pressé. Incapable, malgré des lueurs de sens politique, de penser dans la durée, donc d’insérer son action dans l’Histoire, il bâtit sur du sable en se référant plus à son génie de l’organisation systématique des choses qu’à l’expérience des siècles. Connétable d’un roi capétien, il eût fait merveille. Vivant une aventure personnelle, il ne put que s’inspirer de l’air du temps et faire croire à un visage respectable de la Révolution. L’Empire ne pouvait pas durer, pas plus que les régimes et les gouvernements des XIXe siècle et XXe siècle dont aucun n’eut l’audace d’en finir avec ce courant infernal déclenché en 1789 et que l’on voit sans cesse acharnés à détruire l’état de choses qu’ils ont eux-mêmes créé.

Les Pyramides le 21 juillet 1 798, Austerlitz le 2 décembre 1 805, Iéna le 14 octobre 1 806, Eylau le 8 février 1 807, Friedland le 14 juin 1 807, Wagram le 6 juillet 1 809, La Moskova le 7 septembre 1 812, Leipzig le 19 octobre 1 813 ; la retraite de Russie (1 812), Waterloo le 18 juin 1 815 : on retient aujourd’hui ces noms de furie guerrière avec émotion, souvent avec colère ou avec émerveillement. Tout cela pour finir à Sainte-Hélène, aux mains des Anglais, dans un île perdue au milieu de l’Atlantique !…

ll est vrai que l’homme Napoléon attire l’admiration. Maurras le reconnaissait « Mémoire immense, génie de l’organisation, flamme de rêve, psychologie aiguë, puissance de travail, étendue et ressort de la volonté, le sujet est inépuisable et, l’épuiserait-on, il resterait le charme : le charme romantique d’une carrière unique par l’abrupte sauvagerie du point de départ, le vertige de l’apogée, l’éloignement du point de chute. Combinée au prestige d’une royauté militaire et civile, l’humanité chaude et vibrante, la familiarité, les passions, la flamme, la fumée de l’âpre démon ! »
Mais qu’a-t-il fait de ces dons ? Jacques Bainville disait que Napoléon était lié par une hypothèque toute particulière : il était prisonnier de l’engrenage formé par la conquête de la Belgique, opérée par les Jacobins et que l’Angleterre estimait incompatible avec sa propre sécurité. D’où son obstination, qui finit par le perdre, à vouloir vaincre la puissance britannique. Le 13 Vendémiaire, l’assassinat de duc d’Enghien, les victoires de la Convention étaient liées à sa saison d’être. Il était donc condamné à en demander plus, toujours trop à la France !

Faut-il commémorer la mort de cet Ogre qui a au moins un million de morts sur la conscience ? Faut-il commémorer la mort de ce dieu qui dévora le monde et dut se dévorer lui-même conformément à des lois plus fortes que lui ? Faut-il honorer cette grandeur faite de consomptions surhumaines ?
L’empereur des Français, après son divorce d’avec Joséphine, pensa fonder une quatrième dynastie. Il épousa – véritable défi à la Révolution – Marie-Louise de Habsbourg-Lorraine (1 791-1 847), fille de l’empereur François 1erd’Autriche (1 768-1 835) ; l’année suivante celle-ci lui donna un fils appelé Napoléon et titré roi de Rome (1811-1832), l’héritier de l’empire ! Les espoirs de Napoléon furent vite anéantis : en 1 812, lors de l’affaire Mallet, quand courut le bruit de la mort de l’empereur des Français, personne ne pensa au roi de Rome, pourtant l’héritier ; l’opinion dans l’ensemble ne considérait pas cet enfant comme roi et le préfet de la Seine proposa un gouvernement populaire – ce qui est révélateur ! Napoléon ne fut jamais qu’un dictateur : pour fonder une dynastie, il lui eût fallu du temps !

La famille impériale était devenue ce qu’elle avait pu. « Ni les hommes curieux, ni les personnes de premier plan, remarquait Charles Maurras, n’ont manqué aux Napoléonides. Mais leur trait commun, c’est l’envie, la jalousie, l’ingratitude commune, et envers qui ? Envers leur bienfaiteur. Quelle étrange famille ! On en sourit. Même on en rit. Le spectacle comporte toutefois la leçon qui rend compte du rapide épuisement politique de cette race forte : elle n’a pas tenu en tant que dynastie : pouvait-elle tenir ? Il lui manquait ces vertus fondatrices qui, s’opposant et s’imposant à la marée humaine, permettent de la dominer. Désintéressement, générosité, fidélité, honnêteté sont les beaux traits, généraux et distinctifs, des aînés des grandes races royales. Elles peuvent certes faiblir. Elles se ressaisissent. Parfois, tout roule un peu par vitesse acquise, le bienfait de l’institution monarchique pouvant compenser, et beaucoup, les erreurs ou les indignités du monarque. Mais aux berceaux, aux crises, il faut des bons hommes, il faut des prud’hommes, comme les premiers princes de la « fleur de lys ; il faut, je le dis tout à trac, des héros et des saints, et peut-être des saints plus que des héros »
Au rebours de Bonaparte la monarchie française s’était montrée dès son aurore initiatrice des temps nouveaux ; elle avait marché en avant de ses peuples, pensé avec ses clercs, vécu à la pointe du mouvement des esprits. Bonaparte, lui, n’a réussi qu’à installer un ordre éculé, celui de la Révolution.

Pour finir avec Maurras, je ne peux mieux faire que d’appliquer, avec lui, à Bonaparte, ce que disait Platon au plus beau prince des Chimères : « Nous vous saluons bien bas, comme un être sacré, étonnant, fascinant, merveilleux, enchanteur ! Mais il n’y a point d’homme comme vous dans notre Cité, il ne peut pas y en avoir. Nous allons verser comme au plus beau cadavre de l’histoire du monde, une grande coupe de myrrhe sur la tête ; nous y ajouterons des bandelettes de laine et des couronnes de fleurs, mais ce ne sera point sans vous prier d’aller chercher asile ailleurs : en Allemagne, si vous voulez, ou dans le pays de vos chers bourreaux, les Anglais qui se sont mis à vous aimer de toute leur âme ».
Si Emmanuel Macron médite un hommage à Bonaparte à prononcer le 5 mai, il pourrait s’inspirer de ces propos lucides, véridiques, et sortant des sentiers battus…

Michel Fromentoux, Article paru dans le journal Rivarol

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Le mouvement de la Jeunesse royaliste, les prémices de l’Action française

Le mouvement de la Jeunesse royaliste, les prémices de l’Action française

Aujoud’hui oublié, le mouvement jeunesse royaliste fut pourtant, durant la dernière décennie du XIXe siècle, l’espérance d’un renouveau de la mouvance monarchiste en France, et joua le rôle de phase de transition entre les traditionnels courants légitimiste et orléaniste, et le monarchisme profondément rénové de Maurras.

 

La naissance et l’efflorescence rapide du mouvement de la Jeunesse royaliste

 

Durant les années 1880, un mouvement royaliste de combat reprend le flambeau du monarchisme, de plus en plus vacillant, et mène tambour battant le combat pour une nouvelle restauration royale. Il s’agit de la Jeunesse royaliste, appellation sous laquelle se rangent alors divers groupes de jeunes monarchistes surgis, entre 1881 et 1888, dans le Sud, puis dans d’autres régions et villes (Rennes, Angers, Bordeaux, Agen, Toulouse, Marseille, Montpellier, Sète) et à Paris. Trois hommes jeunes, décidés et entreprenants, vont rassembler ces groupes en un tout cohérent. À la différence de la plupart des notables du royalisme, ces nouveaux venus sont d’origine roturière, issue de la bonne bourgeoisie, sans aucune attache familiale royaliste. Roger Lambelin (1857-1915) descend de grands propriétaires et industriels lillois, spécialisés dans le commerce de l’huile et du pétrole ; Eugène Godefroy (1862-1928) et Paul Bézine (1861-1928), tous deux avocats, sont des fils de la haute bourgeoisie parisienne. Le 8 mai 1893, jour de la saint Philippe[1], à Paris, ils unissent en une Fédération de la Jeunesse Royaliste de France ces divers groupes de jeunes royalistes. De par leur origine comme de par leur état d’esprit et leur forme de pensée, ces hommes, bientôt rejoints par des compagnons d’envergure, apportent un sang neuf à la cause de la restauration monarchique. Ils multiplient les congrès, les brochures et les manifestations, et dotent le mouvement monarchiste d’une doctrine ferme et cohérente, et d’un programme précis et concret. Et ils ont un certain succès. On assiste, à partir de 1888, à une véritable renaissance du royalisme, singulièrement assoupi depuis une dizaine d’années. Cinq congrès de la Fédération de la Jeunesse Royaliste de France se tiendront entre 1884 et 1894. En 1898, la fédération englobera 18 groupes parisiens, 34 associations départementales et 30 000 adhérents. Dès 1899, les groupes jeunes royalistes existeront dans presque tous les départements.

 

Des royalistes d’un type nouveau

 

Ces nouveaux royalistes sont audacieux et se distinguent de leurs aînés des années 1870 par le caractère rationnel de leur engagement. Eugène Godefroy déclare : « Je ne suis pas royaliste de sentiment, ni royaliste de tradition », et se définit comme « royaliste de raison ».

Cela étant, ils heurtent la mouvance monarchiste, fondée sur la tradition et pénétrée d’elle de part en part, et en laquelle le sentiment a une part prépondérante. Et ils s’opposent de fait au Ralliement préfiguré par le Toast d’Alger du cardinal Lavigerie (12 novembre 1890) et favorisé par le pape Léon XIII, suivant son encyclique Inter sollicitudines du 16 février 1892. Contre Léon XIII, ils estiment que tous les gouvernements ne sont pas légitimes et que le bien public, qu’invoque le Pontife à l’appui de son encyclique, exige, en France, l’abolition de la République et le rétablissement de la monarchie. Ainsi, bien que catholiques, ils défient, quoiqu’ils en aient, le Saint-Siège. Par là, ils sont singulièrement isolés, malgré la relative audience que leur vaut leur combativité auprès de la jeunesse studieuse.

 

Un mouvement qui donne une nouvelle vigueur à la mouvance monarchiste

 

En regard de cela, la mouvance jeune royaliste continue à s’organiser et à avancer. L’échec électoral des ralliés la sert, d’autant plus que ses animateurs et ses militants se dépensent sans compter. Ils ne se sont pas laissés dissuader par l’encyclique du pape Léon XIII, même si elle les a un court moment ébranlés, non plus que par les objurgations des évêques et des publicistes catholiques appelant à l’acceptation des institutions républicaines. Leur combativité paye, et, durant la période 1893-1898, ils vont réussir ce tour de force de donner le jour à une nouvelle génération de monarchistes, jeunes, ardents et issus de milieux sociaux jusqu’alors insensibles à la cause du roi, et différents de la noblesse qui en était le vivier exclusif et étroit. Ces nouveaux monarchistes appartiennent, en effet, à la jeunesse étudiante, à la bourgeoisie non attachée à l’Eglise, au barreau. Ils élargissent donc l’audience et la base militante de leur mouvance. Et leur dynamisme est si communicatif qu’ils incitent à renouer avec l’action politique bon nombre de caciques nobles du royalisme auxquels l’encyclique papale et les consignes impérieuses des évêques et des périodiques catholiques avaient imposé le silence. Ainsi, la Jeunesse royaliste voit se rallier à elle un Frédéric de Ramel, un Paul-Gabriel d’Haussonville, un Henri de Mayol de Lupé, un Fernand de Parseval, un Eugène de Lur-Saluces, et même le vieil Athanase Charrette de La Contrie, descendant du célèbre chef chouan. Ces ardents royalistes se sentent irréprochables au regard de Dieu en raison de la sincérité de leur foi, du caractère orthodoxe de leur conception du catholicisme, et de leur adhésion à la cause de l’institution monarchique, seule compatible avec l’instauration ou le maintien d’un ordre social chrétien. Certes, ils ne contestent en aucune manière, ni à aucun degré, l’autorité du pape, et ne font souffler nul vent — nulle brise, même — de contestation au sein de l’Eglise ou des milieux catholiques laïques. A aucun de leurs cinq congrès nationaux tenus de 1893 à 1899, à aucune de leurs réunions départementales, à aucune de leurs conférences, à aucun de leurs colloques, ils n’élèvent la voix contre la politique pontificale du Ralliement. Ils poursuivent leur activité politique militante sans s’en soucier, dans une indifférence respectueuse.

 

Des monarchistes résolus et inconditionnels

 

Les Jeunes Royalistes ne combattent certes pas l’attitude de neutralité du Saint-Siège et de l’Eglise vis-à-vis du régime. Ils voient même là une constante de l’Eglise catholique. Ils pensent, comme le pape, comme les cardinaux de France, qui viennent de publier leur manifeste, que les catholiques doivent observer une attitude de neutralité, voire de bienveillance à l’égard des lois saines, justes et bonnes, tout en combattant avec la plus entière détermination celles qui portent atteinte aux droits de l’Eglise et de la religion. Et ils distinguent avec force le devoir de soumission à l’autorité pontificale dans son enseignement en matière de foi et de mœurs, où elle est infaillible, et leur droit et leur devoir de combattre en faveur de la restauration de la monarchie, cette dernière se présentant comme le seul régime propre à la défense des droits de Dieu, de l’Eglise et des chrétiens. Lors de sa réunion du 12 février 1893, le président du comité royaliste de la Gironde, Eugène de Lur-Saluces, déclare, à la suite de la protestation publique des cardinaux de France : « Ainsi, comme catholiques, nous nous inclinerons constamment devant la doctrine infaillible du Souverain Pontife, mais, comme citoyens français, nous appartenons à un parti qui a ses traditions et qui représente un passé dans lequel la défense des droits de l’Eglise a toujours été au premier rang. Notre patriotisme nous impose de rester fermement attaché au principe qui, se trouvant à l’abri des fluctuations du suffrage universel, s’élève au-dessus des partis et peut seul garantir les intérêts permanents du pays en même temps que ramener l’ordre et l’apaisement social »[2]. Le comité, toujours par la voix d’Eugène de Lur-Saluces, se félicite du succès obtenu par le manifeste des cardinaux français auprès de l’opinion publique et de la formation de groupements visant à la défense des droits de la religion et de l’Eglise, tels que la Ligue populaire pour la revendication des libertés publiques qui regroupe des catholiques de toutes obédiences politiques, monarchistes et non monarchistes. Cependant — et ici il parle au nom de l’ensemble de la Fédération de la Jeunesse Royaliste de France —, il refuse de se fondre dans un amalgame catholique conservateur indifférencié qui aboutirait à une neutralité constitutionnelle de principe et, in fine, à l’acceptation tacite et passive de la République : « Mais notre conscience ne nous permet pas d’aller plus loin. En dehors d’un concours ainsi limité, il nous est impossible d’entrer dans aucune combinaison électorale dont la base serait l’acceptation du programme d’adhésion à la forme républicaine »[3]. Cela ne doit en aucun cas être pris pour une incitation au repli passif et résigné : « Mais nous ne devons pas nous contenter de rester fidèles à la Cause, comme l’honneur du parti royaliste nous le commande, et croire avoir accompli notre devoir en conservant la foi monarchique à l’état de conviction intime »[4]. Et le président du comité exhorte ses troupes à l’action : « Il faut agir plus que jamais… C’est dans l’action que doit être notre but suprême, et ainsi unis, nous ne donnerons pas au parti républicain la satisfaction de nous considérer comme un parti qui s’ensevelit dans les souvenirs et les gloires de son passé »[5]. Eugène de Lur-Saluces conclut en distinguant avec précision et clarté, pour les royalistes, leur devoir de catholiques et leur devoir propre, politique, de royalistes. Le premier impose de soutenir les initiatives de défense des intérêts religieux d’où qu’elles viennent, le second, en accord étroit avec lui, mais distinct, consiste à défendre la monarchie comme le régime qui garantit au mieux ces derniers. Ces deux devoirs s’accordent sans se confondre et sans que la cause à laquelle se rapporte le second soit occultée, subordonnée ou sacrifiée à celle impliquant le premier. Ils ne peuvent se concevoir l’un sans l’autre ou au détriment de l’autre.

 

Le soutien initial du duc d’Orléans

Les Jeunes royalistes bénéficient alors de l’appui total du prince Philippe d’Orléans, prétendant au trône de France depuis le décès, le 8 septembre 1894, de son père, le comte de Paris. Ce prince, jeune (il a 25 ans au moment où il succède à son père), dévoré du besoin d’agir, se sent très proche des Lambelin, Godefroy, Bézine et des militants de la Jeunesse royaliste, et leur offre un soutien appuyé que relaient activement Paul Gabriel d’Haussonville, son représentant attitré, et André Buffet, chef de son bureau politique. Il n’accepte pas la République, se pose ouvertement en prétendant, et ne cache pas son ambition de tout faire pour restaurer la monarchie. Il a un goût très vif de l’autorité et une conception volontariste (dirions-nous aujourd’hui) et active de la fonction royale, qu’il ne veut pas purement symbolique. Il reprendrait volontiers à son compte la formule de Guizot, « Le trône n’est pas un fauteuil vide ». Et il entend agir pour restaurer la monarchie et monter sur le trône. Il fait foin des prudences politiciennes des notables conservateurs, de la stratégie cauteleuse et équivoque du Saint-Siège, des évêques et des intellectuels catholiques, tout comme d’ailleurs des conceptions providentialistes de la monarchie qui attendent la restauration de celle-ci de la volonté de Dieu et de la conformité au principe de la royauté de droit divin. Il écrit au duc d’Audiffret-Pasquier en 1896 : « Il faut cependant choisir entre figurer la monarchie ou la faire. Ce n’est point le principe qui ramènera le prince, mais le prince qui ramènera le principe ». Il renoue ainsi avec l’audace capétienne de Robert le Fort (sauveur du royaume franc contre les Normands et précurseur de la dynastie capétienne). Philippe ignore la consigne pontificale de ralliement et s’active afin de restaurer le trône sur lequel il espère bien monter, lui aussi. Ce prince se sait justifié au jugement de Dieu par sa foi catholique et sa défense d’un ordre monarchique de droit divin.

Le mouvement de la Jeunesse royaliste se sent conforté et stimulé par ce prince qui incarne si bien leur espérance, et que nulle autorité spirituelle et morale, surtout pas l’Eglise catholique aux principes de laquelle il est si conforme, ne saurait récuser. Le pape et les “ralliés” peuvent prêcher leur politique et s’assurer l’adhésion des fidèles par des consignes et des objurgations, le « jeune royaliste », lui, sait, où est son devoir, se sent pénétré des valeurs et principes qui l’inspirent, et il persévère ardemment et sans esprit de dissidence morale dans la conduite qu’il lui dicte.

 

L’échec politique des catholiques ralliés

 

En 1893, le mouvement de ralliement des catholiques à la République en est à ses premiers balbutiements. On est loin d’en parler comme d’un événement politique majeur (moins encore d’un événement historique) dont on écrirait le nom avec un R majuscule ou en italiques. Le toast du cardinal Lavigerie n’a pas encore produit tous ses effets et demeure un geste contesté, même pour beaucoup d’évêques. Le pape publie son encyclique le 16 février de cette année 1892. A la suite de cette publication, la propagande des milieux intellectuels catholiques et ecclésiastiques, par leurs journaux et livres, commence de manière torrentielle, il convient de le préciser. Albert de Mun et Jacques Piou, les ténors catholiques de la Chambre, annoncent leur ralliement à la République[6] et transforment leur groupe parlementaire en Droite constitutionnelle. Mais les élections législatives des 20 août et 3 septembre 1893, marquées par un progrès général de la gauche, une percée du socialisme, et un recul de la droite, seront un échec pour les catholiques ralliés, qui voient se dresser contre eux des monarchistes récalcitrants. Aussi, ils ne parviennent pas à s’imposer comme une force parlementaire. Les militants de la Jeunesse royaliste, eux, ont beau ne pas avoir de représentants à la Chambre, ils existent et se manifestent par une intense activité faite de grandes réunions publiques (on ne parlait pas encore de meetings), de discours, et de diffusion de brochures. Et ils séduisent la jeunesse intellectuelle. À n’en pas douter, nous assistons, dans les dernières années du XIXe siècle, à une renaissance du mouvement monarchiste, qui semblait alors s’acheminer vers son extinction. D’aucuns croient alors à la formation imminente d’un vrai parti royaliste.

 

Le revirement du duc d’Orléans

 

Mais la vie politique n’a rien d’un long fleuve tranquille, et, au contraire, se nourrit d’imprévus, de péripéties et de convulsions qui infirment les pronostics les plus sûrs et déçoivent les plus grands espoirs.

Ainsi, l’ascension continue du mouvement jeune royaliste va se trouver brusquement arrêtée par un événement, de prime abord imprévisible : le revirement du duc d’Orléans, prétendant à la couronne de France.

C’est que, hélas, ce prince jeune, ardent, au caractère entier, prompt à l’action et à l’engagement, prétendant rêvé pour ses partisans, va bientôt montrer des limites qui manifestent qu’il est bien en phase avec l’esprit de son époque, que pourtant il combat. Dans une lettre à Eugène Dufeuille (chef de son bureau politique) du 17 décembre 1897, il écrit ces lignes prosaïques du plus pur jus orléaniste, dignes de son père, le comte de Paris, et de son arrière grand-père Louis-Philippe, roi des notables : « Je demande aux royalistes de travailler au triomphe des idées d’ordre, de conservation sociale et de liberté. La France ne retrouvera qu’avec la monarchie constitutionnelle et libérale la prospérité et la grandeur dont elle a joui sous la Restauration et sous le gouvernement de Louis-Philippe mon aïeul ». Le comte de Paris avait tenu de semblables propos quelques années plus tôt. Dans son manifeste de 1887, on peut lire ces lignes consternantes : « Ils [les monarchistes] ne doivent donc s’occuper aujourd’hui que de défendre les intérêts conservateurs de la fortune publique… Ils auront ainsi bien mérité de la France conservatrice ».

Atterrés par cette inattendue profession de foi conservatrice et bourgeoise, donc d’acceptation de l’ordre social issu de la Révolution, les Jeunes Royalistes protestent en mettant en cause l’entourage du prétendant afin de ne pas heurter de front ce dernier qui les avait habitués à une tout autre conception de l’engagement monarchiste. Nous ne pouvons, dans les limites du présent travail, exposer par le menu les péripéties de la controverse les opposant au bureau politique du prince. Le 27 décembre, le comité central de la Jeunesse Royaliste réitère ses objections et réaffirme sa conception traditionnelle de la monarchie de droit divin, tout en réaffirmant sa fidélité au prétendant. Mais les jeunes royalistes, même s’ils s’efforcent de croire que le prince va revenir à la conception traditionnelle et non libérale de la monarchie, qu’il avait défendue jusqu’alors, sont irrémédiablement déçus et brisés. Ils ont soudain compris que ce prince, qu’ils avaient idéalisé et adoré, n’est pas un nouveau Robert le Fort ou un nouvel Henri IV, preux chevalier de la restauration de la monarchie de droit divin, prompt à tirer l’épée et à charger lance au poing, mais l’arrière-petit-fils de Louis-Philippe, tenant d’une monarchie constitutionnelle fondée sur les principes et l’œuvre de la Révolution et du Consulat, au service de la bourgeoisie libérale, et gouvernée par des Guizot et des Thiers. Autrement dit une monarchie qu’il suffit de faire évoluer avec le temps et le jeu de succession et de différences des générations, pour la transformer graduellement en République des Ducs, puis, une fois la phase “révolutionnaire” et anticléricale passée, en une République bourgeoise libérale (couronnée ou non), conservatrice des “acquis” de 1789 et s’accommodant parfaitement de la politique de Ralliement. Philippe, par une lettre du 2 janvier 1898, annonce à Roger Lambelin, président de la Fédération de la Jeunesse Royaliste de France, qu’il place cette dernière sous le contrôle étroit de son bureau politique, alors dirigé par André Buffet. En février de cette nouvelle année, le duc de Luynes, un des amis les plus proches du prétendant, exhorte, dans un discours, les Jeunes Royalistes, à se mobiliser pour assurer le « triomphe des idées d’ordre, de conservation sociale et de liberté », reprenant textuellement les termes du prince dans sa lettre à Dufeuille du 17 décembre 1897, et prouvant ainsi que celle-ci exprimait bien la pensée de Philippe lui-même non dévoyée ou déformée par de mauvais conseillers.

 

La soumission de la Jeunesse royaliste au duc d’Orléans

 

L’année 1898 voit s’élargir la faille entre le bureau politique du prince et les Jeunes royalistes. Le premier, conformément à l’inclination du prince lui-même, semble s’orienter vers la recherche d’une union des monarchistes avec les conservateurs ralliés dans une sorte de nouveau « parti de l’Ordre ». Les seconds, soutenus par des caciques de la cause royaliste, tels Athanase de Charrette et Eugène de Lur-Saluces, combattent résolument cette tendance et, lors des élections municipales et législatives, n’hésitent pas à faire cause commune avec les radicaux et les socialistes contre les républicains modérés et les “ralliés”. Et les vieux clivages entre légitimistes, orléanistes et tenants de la tradition plébiscitaire (“bonapartistes”) que le mouvement de la Jeunesse Royaliste avait dépassés dans une audacieuse synthèse et par son dynamisme même, ressurgissent. Placée sous la coupe du bureau politique du prince, la direction de la Fédération de la Jeunesse Royaliste de France se laisse peu à peu gagner à ses vues. Et ses anciens chefs, naguère fiers lanciers chargeant sabre au clair, s’enkystent en son sein. Paul Bézine (1900-1909) puis Roger Lambelin (1909-1912) occupent successivement le poste de chef de ce bureau politique et poursuivent la politique d’André Buffet conformément aux vues orléanistes classiques de conservation sociale exprimées par Philippe d’Orléans lui-même. En définitive, le mouvement Jeune Royaliste n’aura été qu’un feu de paille, l’illusion de la renaissance d’un monarchisme authentique.

Il reste cependant que la jeunesse, l’énergie et le dynamisme de ses meneurs et de ses militants, le caractère rationnel de leur engagement, leur absence d’attaches familiales à l’égard de la cause de la restauration royale, auront indiqué à de nouveaux venus, tels Henri Vaugeois, Maurice Pujo et Charles Maurras, la voie à suivre pour le profond renouvellement du mouvement monarchiste. La Jeunesse royaliste de France aura préparé l’apparition de l’Action française, créée en 1899.

 

Paul-André DELORME

Article paru dans le journal Rivarol du 28 avril 2021.

 

 

[1]. Le prétendant à la couronne de France est alors Philippe d’Orléans, petit-fils de Louis-Philippe.

 

[2]. Compte rendu de La Gazette de France du 13 février 1892.

 

[3]. Ibidem

 

[4]. Ibidem

 

[5]. Ibidem

 

[6]. En réalité, Albert de Mun, légitimiste de cœur et d’âme, n’acceptera jamais intimement et officiellement le Ralliement. Il se contentera de ne pas contester la République.

 

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La chronique de Monsieur K.

La chronique de Monsieur K.

parutions importantes 

 

Ces mois-ci ont vu deux parutions importantes, l’une est L’autre Zemmour de Youssef Hindi, la seconde est le livre sur l’inceste de Maître Viguier.
Ce n’est pas le fruit du hasard si ces deux livres paraissent chez Kontre Kulture, l’une des toutes dernières maisons à faire le bon travail d’identification de l’ennemi et de déconstruction des embûches dont il parsème la route des nationaux.
Les vieilles ficelles qui ont servi jusqu’à la corde pendant la guerre d’Algérie, pendant la prise de contrôle de la France combattante en 1942 sont toujours employées avec le même succès par les mêmes.
Lire le livre de Hindi, c’est embarquer pour une odyssée dans le temps long cher à Bruxelles, des doubles jeux, des fausses allégeances, des cités que l’on ouvre nuitamment aux sarazins puis aux chrétiens selon les besoins de l’heure… C’est une plongée dans la longue histoire du crypto-judaïsme, entre assimilation et dissimulation. Hindi nous emmène des confins algéro-marocain à la recherche des origines Berbères du chroniqueur vedette du groupe Canal+, aux bord des guerres impérialistes lancées par l’administration Bush et conçues par les cénacles « néo-conservateurs », c’est à dire trotskistes.
Zemmour est un prétexte à une explorations des conditions politiques et géopolitiques de son émergence comme figure du virage pseudo national qu’empruntent les oligarchies atlantiques devant la rumeur nationaliste qui gronde. L’ouvrage de Hindi se lit comme un roman policier, malgré le sérieux académique de son appareil critique qui le rend inattaquable.
A ce jour, l’ouvrage qui aurait dû soulever une affaire politico-littéraire dont la France a le secret, n’a reçu aucun écho de la grosse presse… il n’a fait l’objet non plus d’aucune attaque si l’on fait exception du papier indigent de Francis Bergeron dans Présent et du débat vidéo qui s’en est suivi.
Il est très aisé de faire lire au plublic acquis aux zemmourisme ce livre qui à la fois le confirme dans ses intuitions sur la question européenne, sur l’euro, le libre-échangisme, l’immigration et l’insécurité culturelle mais va plus loin dans l’analyse et ne laisse pas plus de place aux rêveries de la bourgeoisie conservatrice qu’aux menées subversives d’un Zemmour qui occupe un rôle tout a fait significatif dans les changements de surfaces qu’opère l’oligarchie pour qu’au fond, rien ne change
 
Leçons de Droit n°6, La controverse de Ravenne - Damien Vigiuer - Librairie  française
La seconde lecture que je recommande vivement à nos amis d’AF, est celle du cours de droit de Maître Viguier, intitulé La controverse de Ravenne, sur l’importante question de l’inceste. Après un travail ardu de casuistique passant en revue les définitions de ce tabou fondateur de toute civilité dans le droit romain, le droit canon, le droit coranique, ou bien le code civil, dans la seconde partie de l’ouvrage, sur les traces du moine et théologien Pierre Damien de Ravenne, l’auteur explore les liens qu’entretiennent inceste et judaïsme.
Il est impossible de résumer un tel travail théologico-politique en quelques mots, mais on pressent bien l’importance du sujet alors que partout l’oligarchie judéogauchiste est en prise avec des affaires de viols incestueux…
Maître Viguier tape dans le mille lorsque citant Pierre Damien il rappelle que commettre l’inceste, c’est judaïser…
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Monsieur K.

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IN MEMORIAM : JUDITH REISMAN

IN MEMORIAM : JUDITH REISMAN

Hommage de Marion Sigaut à Judith Reisman

En 1966 Judith Reisman, âgée de 32 ans, menait une vie heureuse d’épouse et de mère comblée, quand le ciel lui tomba sur la tête. Constatant que sa fille Jenny, âgée de dix ans, semblait perdre le goût à la vie, elle la pressa de questions et dut, pour qu’elle accepte de parler, lui jurer qu’elle ne dirait rien à la police. La petite lui avoua alors que le voisin du dessus l’avait violée de façon répétitive, en lui assurant qu’elle finirait par aimer ça. Le violeur avait 13 ans.

Là ne s’arrêta pas la série des mauvaises nouvelles. Judith voulut s’épancher auprès d’une vieille tante assez collet-monté, et d’une ancienne copine de fac de son âge. Les deux femmes, de deux générations différentes et séparées géographiquement par des centaines des kilomètres, lui assurèrent toutes deux que, sans aucun doute, la petite l’avait cherché : Judith ignorait donc que les enfants sont sexuels dès leur naissance ?

La vie de Judith ne revint jamais à la normale : elle venait d’entrer dans le monde terrifiant de la réalité qui se cache derrière la façade. Elle découvrait le monde selon Kinsey. Kinsey l’imposteur, le père de la révolution sexuelle, l’auteur de rapports pseudo scientifiques qui firent le tour du monde et, en l’espace d’une génération, réussit à totalement renverser les valeurs. Dans le monde selon Kinsey, les enfants violent d’autres enfants et les parents qui s’en offusquent sont des ringards qu’il faut remettre dans le droit chemin puisque, Kinsey nous l’affirme, les enfants sont sexuels dès leur naissance.

Judith Reisman sillonna la planète, de colloques en congrès, de conférences en interviews pour dénoncer ce qu’elle avait découvert : les autorités (américaines et internationales, médicales, éducatives, politiques ou autres), cautionnaient, divulguaient et promouvaient les faux travaux d’un vrai pervers qui, après avoir fait violer des centaines de gosses par des prédateurs pédophiles, partit assurer à la face du monde que les évanouissements, les hurlements et convulsions des malheureux étaient des orgasmes.

La sexualité infantile fit ainsi son entrée fracassante dans la norme, il fallait tout revoir : l’éducation sexuelle, la définition du viol, la notion de consentement, la norme sexuelle également. Les faux travaux de Kinsey, financés par la fondation Rockefeller et protégés par la CIA, allèrent de par le monde assurer la promotion de l’homosexualité, la notion de genre en lieu et place de l’identité sexuelle, de l’avortement comme un bienfait, du vagabondage et l’infidélité comme la norme. L’apparition de la pilule et l’invasion monstrueuse d’une pornographie de plus en plus violente ont, l’espace d’une génération, relégué l’amour, le respect de l’autre, l’intimité et la fidélité au rang des vieilles lunes. Désormais le sexe c’est pour jouir, jouir est un droit, honni soit qui mal y pense.

Dans tout le combat que mènent, depuis quarante ans, les citoyens alertés par l’horreur du danger qui guette les enfants, on trouve à un moment ou un autre, les travaux de Judith Reisman. Elle a eu beau déclencher les foudres des lobbies de la honte et des plus puissants relais médiatiques qui la traitent de tous les noms, imperturbablement son message a traversé les frontières, atteint les associations familiales, les gouvernements, les dissidents, les combattants…

C’est en la voyant un jour brandir le poing en direction d’un collaborateur de Kinsey goguenard qui lui faisait face sur un plateau de télévision, que j’ai décidé qu’il fallait que je la rencontre. Ce fut l’une des plus belles rencontres de ma vie. Je l’ai rejointe à Zagreb où des associations catholiques croates l’avaient invitée à présenter son dernier livre et là, j’ai vu l’une des scènes les plus émouvantes qui soient.

Judith avait été élevée dans une famille d’origine juive qui avait quitté l’Allemagne pour l’Amérique juste avant la catastrophe (le reste de sa famille disparut dans la tourmente). Chez ses parents on professait un athéisme tout jacobin et imprégné de marxisme. La religion, c’était l’opium du peuple !

Seulement voilà : ça, c’était avant de voir le diable. Comment appeler autrement la découverte de ce monstre pédocriminel qui corrompt, année après année, toutes les institutions en charge des enfants et permet qu’on les enlève, qu’on les maltraite, qu’on les viole et qu’on les tue… Quand elle prit la mesure de l’épouvante, Judith comprit que le diable était à la manœuvre. Et, du même coup, que ce n’était pas lui qui avait créé le monde. Judith est venue à Dieu par la découverte du diable. Et je suis le témoin que cette découverte la traversa au tréfond de son âme.

À Zagreb, devant un petit sanctuaire marial chéri des habitants dans l’encoignure d’une ruelle, quelques centaines de Zagrébois récitèrent un rosaire autour de Judith qui vécut là un moment d’extase. « C’est le plus beau moment de mon existence » » m’avoua-t-elle à la fin.

 En France, ce sont deux éditeurs aussi dissemblables que Kontre Kulture et les éditions Saint-Rémi qui la publièrent pour la première fois en français. Récemment, elle me fit parvenir une étude d’une centaine de pages montrant la collusion entre la Cia, Kinsey et l’institut Rockefeller qui menèrent à bien d’épouvantables expériences sur des cobayes humains. Jusqu’à son dernier souffle Judith Reisman travailla à découvrir l’indicible, à démonter les réseaux, et à œuvrer à les faire connaître au plus grand nombre.

Judith vient de nous quitter. Elle s’est éteinte chez elle le 9 avril dernier, deux jours avant son 86e anniversaire. Nous n’entendrons plus sont rire clair, elle ne nous fera plus ses facéties irrésistibles. Judith était un océan d’amour, de bonté, de gentillesse et d’intelligence. Judith n’est plus.

Dieu l’accueille en son royaume.

Marion Sigaut 

 

Ses deux livres disponibles en français

  • Kinsey, la face obscure de la révolution sexuelle, Saint-Denis, éd. Kontre Kulture, 2016. Préface Marion Sigaut
  • Judith Reisman (trad. François Thouvenin, préface. Marion Sigaut), La subversion sexuelle née des rapports Kinsey, Paris, Saint-Rémi, 2017

La vidéo de Zagreb

https://www.youtube.com/watch?v=JoGHQGDpMUw&t=3s

L’article sur la troïka diabolique

https://strategika.fr/wp-content/uploads/2020/12/Kinsey-Rockefeller-et-la-CIA-philanthropie-et-r%C3%A9volution-sexuelle-au-service-du-Nouvel-ordre-mondial..pdf

La vidéo qui va avec 

https://www.youtube.com/watch?v=emKX8pd42aY&t=430s

 

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FOLIES ET ILLUSIONS PRESIDENTIELLES : C’EST REPARTI POUR UN TOUR

FOLIES ET ILLUSIONS PRESIDENTIELLES : C’EST REPARTI POUR UN TOUR

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Bien que le Royaume-Uni soit une monarchie constitutionnelle et que le pouvoir et l’influence de la famille royale soient plus que limités sur les destinées du pays, la mort du duc d’Edimbourg, le prince Philip, à quelques semaines de son centième anniversaire et après 73 ans de mariage avec la Reine, a suscité une forte émotion et une forme d’unanimisme en Grande-Bretagne qui est loin des querelles électorales habituelles et des questions d’ego. Non que la royauté britannique soit un modèle pour nous, tant s’en faut, vu la décadence de ses mœurs et ses positions judéo-protestantes, politiquement correctes et mondialistes (le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a d’ailleurs été le premier chef de gouvernement au monde à rendre hommage à la dépouille de l’ex-époux d’Elisabeth II, en saluant dans le prince défunt « un ami d’Israël » de longue date, c’est tout un symbole, on est vraiment loin d’un saint Louis !), mais, en dépit de tout ce qu’il faut à bon droit lui reprocher, la monarchie britannique, malgré la déliquescence continue de la Grande-Bretagne, incarne une certaine continuité historique dans le pays et reste le seul élément unissant encore aujourd’hui les Britanniques, le dernier et fragile ciment de leur unité. La distinction et l’élégance parfaites de la Reine, sa discrétion aussi, la longévité exceptionnelle de son règne (qui atteindra soixante-dix ans le 6 février 2022 ; elle pourrait battre la durée de règne de Louis XIV — 72 ans ! — courant 2024, faisant d’elle alors le souverain ayant régné le plus longtemps en Europe, sauf que le règne du Roi-Soleil était, lui, personnel et a assuré la grandeur de la France tandis que le long règne essentiellement symbolique d’Elisabeth II correspond à la décadence du Vieux Continent en général et du Royaume-Uni en particulier) sont très appréciées des Britanniques.

Même s’il s’agit essentiellement d’un symbole, d’une image, d’une apparence (mais après tout les apparences aussi comptent dans la vie des peuples, et dans la vie tout court), on ne peut nier qu’un discours de la Reine, en partie à cause de sa rareté, mais aussi à cause de la dignité qu’elle dégage, de son maintien, de sa longévité, de la solennité de ses propos, en impose davantage qu’une vulgaire allocution d’un Macron ou de tout autre politicien. Et c’est là qu’on voit que, malgré tout, une monarchie, même constitutionnelle, même abâtardie et en grande partie dévoyée, présente mieux et unit mieux un peuple que la République. Elle suscite davantage de respect et de considération que n’importe quel politicien élu. Car dans l’inconscient des peuples la monarchie, la royauté riment avec la grandeur, le prestige, la vertu, le sacré, le beau, le bien. Même si ces nobles principes, ces magnifiques réalités se conjuguent hélas au passé.

Dans un an presque jour pour jour devrait en principe avoir lieu le premier tour de l’élection présidentielle en France. Le quinquennat adopté en septembre 2000 a encore renforcé l’importance et la fréquence de l’élection-reine de la Ve République, mettant fin au septennat adopté en 1875 par une Assemblée nationale alors majoritairement monarchiste. L’élection présidentielle au suffrage universel est pourtant une novation relativement récente dans nos institutions puisque la Constitution de 1958 donnant naissance à la Ve République ne le prévoyait pas. C’est le général De Gaulle, un mois après l’attentat manqué du Petit-Clamart qui annonce, dans une allocution télévisée, le 20 septembre 1962, sa volonté d’inscrire dans la Constitution l’élection du président de la République au suffrage universel, remplaçant l’onction sacrée et divine des rois de France par l’onction populaire. Près de soixante ans après son adoption, on ne dira jamais assez combien cette réforme a eu des conséquences dévastatrices aggravant le poids des partis politiques, le culte de la personnalité avec la création d’écuries présidentielles, l’importance de l’image, de l’apparence et de l’ego au détriment des idées, d’un corpus doctrinal, de l’élaboration d’un grand dessein, de la recherche du bien commun. RIVAROL s’était fermement opposé à l’époque à cette réforme, prévoyant et prédisant que, loin de résoudre les problèmes se posant à notre nation, elle les aggraverait considérablement. C’est exactement ce qui s’est passé.

Le fait est que plus l’on vote, plus l’on fait voter les gens, plus les choses vont mal. Ces dernières décennies trois nouveaux scrutins ont été créés : l’élection présidentielle au suffrage universel direct instituée en 1962 et mise en œuvre concrètement depuis 1965, tous les sept ans, puis tous les cinq ans depuis 2002, les élections européennes tous les cinq ans depuis 1979 et les élections régionales tous les six ans depuis 1986. Et l’on a ajouté des tours de scrutin : les régionales qui étaient initialement au scrutin proportionnel à un tour sont désormais un scrutin à deux tours avec prime de 25 % à la liste arrivée en tête au deuxième tour.

Dans sont dernier ouvrage intitulé Une nouvelle ère : le coronalithique (aux éditions de Chiré pour 19 euros), consacré à l’absurdité de notre temps de coronalithique où l’on ne sait plus penser grand et où tout est étriqué, le coruscant Jean-Claude Martinez explique en conclusion que le premier des clusters dont il faudrait se débarrasser vu sa nocivité, c’est l’élection présidentielle au suffrage universel. Il n’est plus question désormais de choisir un chef qui va présider aux destinées de la nation et qui doit avoir les compétences et la vista nécessaires mais un morne politicien aux ordres de l’oligarchie financière et cosmopolite. Il faut se débarrasser du virus électoraliste et des illusions de l’élection présidentielle. Une nation a besoin de durée, de stabilité, de calme pour pouvoir perdurer, se développer, prospérer. Sa grandeur, sa pérennité sont radicalement incompatibles avec le choc des ambitions individuelles, les intérêts antagonistes des factions rivales, la fugacité des mandats électifs, les variations des programmes, les mensonges des carriéristes, la démagogie outrancière et répugnante des candidats et des partis, la puissance des forces anonymes et vagabondes qui agissent comme des marionnettistes faisant s’agiter des pantins pour tromper des nigauds pendant qu’elles font prospérer leurs affaires si peu catholiques mais ô combien lucratives et nuisant gravement à l’intérêt général.

Si les peuples européens pouvaient ne plus du tout s’illusionner au sujet de la démocratie et de l’électoralisme, et ne plus communier en rien à ces rites, ni croire à ses faux dogmes, ni applaudir ses personnages prétendument providentiels, et en fait choisis et cooptés par l’oligarchie à travers le filtre des 500 signatures, la sélection médiatique, le tri opéré par le financement public des partis politiques, alors un premier et grand pas serait fait vers leur délivrance, la lucidité étant l’un des principaux et plus nobles outils de l’intelligence humaine. Un instrument hélas généralement peu et mal utilisé en politique.

Jérôme BOURBON, RIVAROL

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