Il y a deux siècles mourait Joseph de Maistre

Il y a deux siècles mourait Joseph de Maistre

Par Pierre de Meuse.

C’est à l’âge de 68 ans que le penseur savoyard de la Contre-révolution a fini ses jours ; il venait de recevoir le grade de Président de la Chancellerie du Piémont et de ministre d’État du Royaume de Sardaigne, ainsi qu’un siège titulaire à l’Académie de Turin.

Son influence au XIX° siècle est importante dans toute l’Europe et dépasse d’ailleurs largement la mouvance contre-révolutionnaire. Il était en effet, en bon guelfe, à la pointe de l’ultramontanisme, sans pour autant jamais cesser d’être franc-maçon, et fit l’éloge de l’effort de guerre de la Convention alors qu’il était un ennemi irréductible de la révolution qu’il définissait comme « la pure impureté ». De fait, tout lecteur, même aujourd’hui, ne peut qu’être conquis par le style littéraire de cet écrivain, qui parle de sujets sévères et profonds sans jamais susciter l’ennui, accumulant les comparaisons frappantes et les paradoxes, utilisant les faits historiques avec brio. Surtout, sans jamais se départir d’une audace intellectuelle qui lui joua des mauvais tours. Ainsi il fut expulsé de Russie, où il était ambassadeur de son roi, pour avoir déplu au Tsar Alexandre, et se paya le luxe de mécontenter Louis XVIII qui lui avait accordé une audience remarquée. Pourtant beaucoup de bons esprits, notamment à l’Action Française, gardent une attitude réservée à l’égard de cet esprit étincelant. Ainsi, Maurras n’hésitait pas à le qualifier de « farceur » dans sa correspondance avec l’Abbé Penon. Et le regretté Georges-Paul Wagner déclara un jour dans un de ses derniers discours qu’« il n’avait jamais pu se libérer complètement des nuées maçonniques. » Il est vrai que les disciples des Grecs, épris de mesure et d’équilibre, ne peuvent qu’être agacés par cette pensée corrosive et provocatrice, qui accumule les formules agressives et imagées : « le bourreau, pierre angulaire des sociétés » ; « le sacrifice des bons, nécessaire au salut des méchants » ; sur la guerre, « divine par nature » : « La terre entière, continuellement imbibée de sang, n’est qu’un autel immense où tout ce qui vit doit être immolé sans fin, sans mesure, sans relâche, jusqu’à la consommation des choses, jusqu’à l’extinction du mal, jusqu’à la mort de la mort » (Soirées, II° entretien).

En fin de compte, si l’on fait le compte des profits et des pertes, Maistre est-il un contre-révolutionnaire efficace ? Globalement oui. Il a apporté à ce courant de pensée un caractère incontournable, avec son éclectisme et sa profondeur. Pourtant, il y a chez lui un côté négatif, vu de notre côté évidemment. C’est la dépréciation de la volonté, conséquence directe de son providentialisme. Dès ses Réflexions sur la France (1796), il considère l’action contre-révolutionnaire comme improductive, et même néfaste. Pendant tout le XIX° siècle, l’effet de ce principe d’inaction va en grande partie stériliser les dévouements et les projets. Les partisans de la tradition attendront la métanoia , la conversion du monde qui permettra le retour à la société du Bien. Oui, ils attendront ; certains attendent toujours. On comprend les réserves du Martégal sur ce programme.

 Déjà, un de ses disciples, l’espagnol Donoso Cortès, déplorait que Dieu ait abandonné les hommes. Cette attitude se résume dans cet aphorisme, presque toujours mal compris : « La Contre-révolution n’est pas la révolution en sens contraire, mais le contraire de la révolution. » En fait, dans cette maxime, Maistre prophétise ce qui s’est effectivement produit en 1814 . Sauf qu’après la première Restauration, il y a les Cent-jours, qui brisent l’élan de la reconstruction de la société et de l’Etat. L’apocatastase n’a été qu’une illusion. Le Savoyard n’a pas vécu assez longtemps pour accommoder à cette réalité. Il n’a connu ni le triomphe du consalvisme, ni le changement de branche dynastique dans le Royaume de Sardaigne. Il est mort trop tôt.  ■

Source :https://www.jesuisfrancais.blog/2021/11/04/il-y-a-deux-siecles-mourait-joseph-de-maistre/ 
Islam : Maurras prophète

Islam : Maurras prophète

On sait que la décision de construire la Mosquée de Paris, première mosquée construite en France métropolitaine, fut prise après la Première Guerre mondiale pour rendre hommage aux dizaines de milliers de morts de confession musulmane ayant combattu pour la France. Qu’en a dit Charles Maurras le 13 juillet 1926, lors de son inauguration ?

Pas un mot contre l’idée même de rendre un hommage mérité aux combattants musulmans de la Grande Guerre. A leur propos il parle des « nobles races auxquelles nous avons dû un concours si précieux ». Il n’y a pas chez Maurras de haine raciale. Ni de haine religieuse : il ne juge pas de l’Islam en soi.

Mais le maître sait l’antagonisme des religions et des civilisations. Et sa culture historique autant que son jugement et son intuition politique l’amènent à pressentir et signaler un danger pour la France presque nul, alors, mais présent et menaçant aujourd’hui sur notre sol. Avec mesure il écrit : « Nous venons de commettre le crime d’excès ». Son texte explicite en quoi consiste cet excès. Suit le pressentiment d’une menace : la crainte que nous ayons à payer un jour l’imprudence criminelle de la république.

« Quelques rues du centre de Paris sont égayées par de très belles robes de nos visiteurs marocains. Il y en a de vertes, il y en a de roses, il y en a de toutes les nuances. Certains de ces majestueux enfants du désert apparaîtraient « vêtus de probité candide et de lin blanc » si leur visage basané et presque noir ne faisait songer au barbouillage infernal. Que leurs consciences soient couleurs de robe ou couleur de peau, leurs costumes restent enviables : notre ami Eugène Marsan m’est témoin que le plus négligent des hommes serait capable des frais de toilette qui aboutiraient à ces magnifiques cappa magna, à ces manteaux brodés de lune et de soleil. Notre garde républicaine elle-même, si bien casquée, guêtrée et culottée soit-elle, cède, il me semble, à la splendeur diaprée de nos hôtes orientaux. Toute cette couleur dûment reconnue, il n’est pas moins vrai que nous sommes probablement en train de faire une grosse sottise. Cette mosquée en plein Paris ne me dit rien de bon. Il n’y a peut-être pas de réveil de l’Islam, auquel cas tout ce que je dis ne tient pas et tout ce que l’on fait se trouve aussi être la plus vaine des choses. Mais, s’il y a un réveil de l’Islam, et je ne crois pas que l’on en puisse douter, un trophée de cette foi coranique sur cette colline Sainte-Geneviève où enseignèrent tous les plus grands docteurs de la chrétienté anti-islamique représente plus qu’une offense à notre passé : une menace pour notre avenir. On pouvait accorder à l’Islam, chez lui, toutes les garanties et tous les respects. Bonaparte pouvait se déchausser dans la mosquée, et le maréchal Lyautey user des plus éloquentes figures pour affirmer la fraternité de tous les croyants : c’étaient choses lointaines, affaires d’Afrique ou d’Asie. Mais en France, chez les Protecteurs et chez les Vainqueurs, du simple point de vue politique, la construction officielle de la mosquée et surtout son inauguration en grande pompe républicaine, exprime quelque chose qui ressemble à une pénétration de notre pays et à sa prise de possession par nos sujets ou nos protégés. Ceux-ci la tiendront immanquablement pour un obscur aveu de faiblesse.

Quelqu’un me disait hier :

— Qui colonise désormais ? Qui est colonisé ? Eux ou nous ?

J’aperçois, de-ci de-là, tel sourire supérieur. J’entends, je lis telles déclarations sur l’égalité des cultes et des races. On sera sage de ne pas les laisser propager trop loin d’ici par des haut-parleurs trop puissants. Le conquérant trop attentif à la foi du conquis est un conquérant qui ne dure guère. Nous venons de transgresser les justes bornes de la tolérance, du respect et de l’amitié. Nous venons de commettre le crime d’excès. Fasse le ciel que nous n’ayons pas à le payer avant peu et que les nobles races auxquelles nous avons dû un concours si précieux ne soient jamais grisées par leur sentiment de notre faiblesse ».

Charles Maurras

Peut-on vivre durablement en s’affranchissant du réel ?

Peut-on vivre durablement en s’affranchissant du réel ?

Quand un enfant vit coupé du réel et de la nature, il encourt le danger d’ignorer sa propre place sur terre et les limites de sa condition de créature. Pour peu qu’il croie aux « superpouvoirs » de ses héros favoris et qu’il envisage d’en posséder un jour, il découvrira par la force des choses et avec stupeur sa faiblesse constitutive, la brutalité du réel, tout autant que la grandeur formatrice de celui-ci.

Dans une remarquable conférence publique donnée à plusieurs reprises durant les années 1940 et 1950, l’écrivain et philosophe Gustave Thibon (1903-2001) analysait l’irréalisme moderne [1] dont il décelait les racines dans les dérives d’une abstraction coupée de son origine : le réel. « Là où l’abstraction est livrée à elle-même, par le primat du cerveau (intellectualisme) ou celui du cœur (subjectivisme), elle engendre l’irréalisme. »

Or l’irréalisme n’est pas une posture confortable ni viable. L’homme qui se réfugie dans des idées qu’il ne tire pas du réel visible ou invisible est sûr de perdre son chemin en suivant les mirages de son imagination. Malgré l’inanité de ses idées, l’irréaliste peut mettre longtemps avant de comprendre la vacuité voire la toxicité de ses pensées. « Un mauvais travailleur manuel sera rapidement convaincu de son incapacité par les piètres résultats de son travail, mais le philosophe le plus médiocre ne recevra jamais d’avertissements aussi sûrs et aussi précis ! C’est pourquoi l’irréalisme, à peu près inexistant chez les travailleurs manuels, menace plus ou moins tous les hommes qui font le métier de penser… » Prétendant pouvoir s’affranchir de Dieu et des lois de la nature, l’homme s’enivre de l’idolâtrie de lui-même, dans un mouvement narcissique qui aura une fin tout aussi tragique que le Narcisse antique d’Ovide.

D’où l’importance de placer l’enfant en contact avec le réel dès son plus jeune âge. Non pas seulement parce que, dès sa naissance, il ne peut découvrir le monde qui l’entoure et qui se situe dans l’au-delà de son propre corps que par ses sens externes, mais aussi parce que les idées qu’il se fera de ce monde visible doivent le conduire peu à peu à découvrir l’autre part du réel qui est invisible : les relations sociales, les principes de la réalité, la découverte de la causalité, de la finalité et surtout Celui qui est l’origine de toutes choses : Dieu, connaissable par la raison avant de l’être par la foi d’une façon plus réelle encore.

L’enfant qui est habitué à régler sa pensée sur le réel de la nature et non le virtuel et l’artificiel, raisonnera en fonction du bon sens acquis de sa fréquentation des êtres naturels. Ses activités manuelles, artistiques et sportives lui feront mesurer les lois du réel. L’unité qui découlera de ce contact récurrent avec la réalité des faits et des êtres lui permettra de se situer harmonieusement entre le ciel et la terre, entre la vérité des idées et le monde des choses concrètes.

Un peu plus tard, à l’âge de l’adolescence, où il sera sans doute tenté de quitter la contraignante ascèse du contact avec le réel, au profit de grandes idées à la mode ou des utopies qu’imagine son romantisme naissant, mais par lesquelles il s’entraînera à une vie plus humaine parce que plus intellectuelle, l’arrimage d’une éducation incarnée et fortifiée à l’épreuve du temps s’avère pour lui d’autant plus nécessaire. Comme l’écrit encore Gustave Thibon, « la subjectivité est le propre de la jeunesse. A l’âge des grands bouillonnements intellectuels et affectifs, on manque encore du sens de l’objet. On s’enivre de ses idées et de ses sentiments – « amabam amare » (j’aimais aimer), disait saint Augustin. L’image, la vibration, le rêve ont le pas sur la réalité. (…) C’est là un phénomène naturel : le subjectivisme, l’inexpérience, l’indétermination sont liés à l’immaturité. » Il faut donc que les adultes accompagnent ce passage qui doit aboutir à une appropriation du réel, laquelle appropriation définit et mesure d’une certaine manière la maturité psychologique d’un être humain avec l’engagement de sa liberté et l’acceptation de la responsabilité de ses actes. Pour sa part, le jeune homme devra fuir les causes aggravantes de cet irréalisme et découvrir les exigences de la Vérité qui, seule, rend libre.

Gustave Thibon voit, entre autres sources de l’irréalisme, l’idéalisme qui par définition se prend pour l’unique réalité à considérer, mais aussi un certain confort matériel qui fait perdre le contact avec la résistance qu’opèrent les lois de la nature. Et surtout il pointe « la dispersion de la vie moderne » qui disloque l’unité de la vie intellectuelle et de la vie morale. « Comment veut-on que l’individu moyen (…) puisse réagir humainement à la multitude inouïe d’informations et d’excitations que le tourbillon des conversations sans suite, des journaux et des ondes sonores lui apporte chaque jour ? Une telle masse de connaissances et de sentiments inassimilables agit sur l’esprit humain à la façon d’un rouleau compresseur ou d’un laminoir : elle le transforme en une immense surface où les idées et les passions se meuvent en une ronde légère et désordonnée… Là où rien ne peut jeter de vraies racines dans la mémoire, rien ne peut porter de vrais fruits dans la volonté. »

Ces lignes semblent écrites pour notre époque. Le raz-de-marée de la pseudo communication qui, en vérité, forge des distances durables entre les personnes censées être reliées entre elles, la duplication du réel dans son artificielle numérisation systématique qui rend davantage attentif à la capture numérique d’un paysage qu’à la jouissance visuelle de sa présence, la débauche de jugements et d’appréciations subjectifs qui peuplent les nouveaux échanges « sociaux » de fugitifs « ressentis », tout cela constitue bien des facteurs aggravants de l’irréalisme contemporain.

Il est donc nécessaire de remonter aux principes pour à la fois reconstituer les origines de l’empoisonnement de nos vies et offrir une éducation en famille et à l’école qui garde le sens du réel visible et invisible. A l’inverse, le modèle de société fondée, pour simplifier, sur la connexion permanente et l’athéisme borné nourrit l’irréalisme. Mais peut-on vivre durablement en s’affranchissant du réel ? L’idéalisme et toutes les formes d’irréalisme ont toujours conduit l’homme à sa perte. Or nous n’avons qu’une seule vie pour mériter l’éternelle béatitude…

Abbé Philippe Bourrat 

Source : Lettre  de l’Association de Défense de l’Ecole Catholique‌ (ADEC), numéro 38 d’octobre 2021.

La nécessaire réindustrialisation

La nécessaire réindustrialisation

« Seule une ré-industrialisation intelligente nous fera renouer avec la puissance et la prospérité. »

Compte tenu de la crise sanitaire inédite et particulièrement dévastatrice en France, il semble acquis de devoir réindustrialiser et relocaliser… Mais par où commencer ?

Tout d’abord il apparaît clairement que le recouvrement de notre souveraineté médicale et sanitaire devient une priorité. Cela entraînera le rapatriement d’une partie de la production des médicaments et des équipements médicaux, spécialement les plus critiques (principes actifs, antibiotiques, intermédiaires de synthèse,…) dans les domaines-clés (virologie, cancérologie, système nerveux,…).

Mais la situation actuelle nous explique qu’il ne faudra pas s’arrêter là…        Il est capital d’observer quels secteurs économiques ont été contraints, malgré le confinement, de poursuivre leur activité à 90 ou 100%. On trouve ainsi la chaîne agro-alimentairemais aussi l’énergie, le traitement des déchets et de l’eau, l’emballage(carton) les télécommunications, les systèmes informatiques, l’ensemble des réseaux de transportsmême si ceux-ci tournent au ralenti et bien sûr le système bancaireet la moitié des services publics. Dans l’optique d’un fonctionnement autonome de notre économie en cas de nouvelles crises, ces secteurs devront évidemment être « sauvegardés » et faire l’objet de protection spécifique (contrôle des maillons critiques de leur chaîne d’approvisionnement, relocalisation de leur fabrication partielle ou totale,…).

Grâce aux analyses des branches professionnelles concernées, on comprend que d’autres secteurs encore ne peuvent être immobilisés sans impliquer le blocage à très moyen terme (trois à quatre mois maximum) du reste de l’économie et de la vie quotidienne des Français…

Ainsi, l’électronique, avec l’exhortation récente des représentants des industriels des semi-conducteurs à assurer la continuité totale d’exploitation, est un cas emblématique. Rappelons, en effet, que ces composants sont « essentiels à toutes les infrastructures et équipements vitaux » décrits plus haut. Pour imager le propos, on pourrait dire que les micro-processeurs (fabriqués à partir des semi-conducteurs) sont les « cerveaux » de tous les équipements électromécaniques. Un raisonnement identique pourrait s’appliquer à certains constituants ou sous-ensembles des matériaux composites, de laplasturgie, de la métallurgieou de la chimie, absolument indispensables à maintes filières industrielles !

A ce stade de notre réflexion, il est judicieux de préciser quelles sont les principales vertus d’une industrie suffisamment intégrée… Il s’agit d’un effet d’entraînementinégalé sur le reste de l’économie (double de celui des services par exemple), d’une résilienceaux crises (financière ou autres !), d’un apport d’indépendance économique dans tous les domaines et d’une capacité de création quasi-uniquedefortes margeset d’exportations.

Alors, quelle stratégie pour réindustrialiser ?… Je démontre dans mon ouvrage Le Choix Souverainiste, sous-titré Lescinq blocages à faire sauter pour redresser la France (Ed. Atelier Fol’fer, 2019) que la ré-industrialisation de la France s’accompagnera nécessairement de la reconquête des espaces semi-ruraux (les 3 000 communes de densité moyenne 400 habitants au km2) et ruraux (les 31 000 commune de moins de 60 habitants au km2). En effet, encore riche de nos champions industriels toujours existants (c’est un dernier atout que nous avons) qui font office de grands ensembliers, celle-ci consistera presqu’exclusivement à installer ou relocaliser de nouvelles PMI et à développer des ETI (Entreprises à Taille Intermédiaire) dans tous nos « territoires » comme l’on dit aujourd’hui.

Pourquoi ?… Parce que c’est justement ce maillage immense de sous-traitants (incarnant autant de métiers tels que la plasturgie, les matériaux composites, l’électronique,…) qui a été détricoté depuis quarante ans. Or, ces PMI sont situées à plus de 80 % en dehors des métropoles, c’est-à-dire dans les zones semi-rurales ou rurales telles que définies plus haut et qui hébergent en fait plus de deux tiers des Français ! Et les ETI, véritables fleurons de toute économie performante, possèdent leurs unités de production sur ces mêmes zones à plus de 70% !

Lorsque l’Etat français, redevenu enfin stratège(!), sera convaincu à la suite de l’immense majorité de nos concitoyens du bien-fondé de la ré-industrialisation, il devra initier au plus vite ce (très) grand chantier. Celui-ci reposera sur un grand plan de relocalisation, ou de déploiement pur et simple, d’une partie de notre industrie à définir sous-filièrepar sous filière en partenariat avec lesbranches professionnellesrénovées et modernisées pour la circonstance.

Ce programme se déclinera selon les trois dimensions classiques qui permettent l’épanouissement de toute entreprise : la recherche (les « produits de demain », la formation  professionnelle (les « hommes de demain ») et les financements (en capital et trésorerie). C’est à cette condition que la France pourra retrouver durablement la puissance et la prospérité.

Thibaut de La Tocnaye,
Ingénieur centralien
Dirigeant-fondateur d’entreprises industrielles et high-tech, Conseiller régional, Directeur d’un Institut de Formation d’Elus, Auteur de l’ouvrage Le Choix Souverainiste 
(2019)