Le suicide assisté, stade suprême de l’État-providence

Le suicide assisté, stade suprême de l’État-providence


« Mettre la puissance publique au service des libertés individuelles, y compris celle de se tuer : l’État-nounou et son corollaire le capitalisme marchand ont atteint le stade ultime de leur évolution »

De Thibaud Collin, philosophe et enseignant, dans Valeurs Actuelles :

Nous y sommes. Depuis des décennies, les militants de la mal nommée euthanasie cherchaient à légaliser la possibilité de tuer son prochain non par haine, mais par “compassion”. Ils n’ont jamais été aussi près d’atteindre leur but, grâce au président Macron et au Comité consultatif national d’éthique (CCNE), lequel estime, après moult considérations sophistiques, que le droit à la vie peut légitimement être contrebalancé par le droit au respect de la vie privée, incluant le droit d’être assisté par un tiers pour se donner la mort.

​Le suicide est un acte personnel pratiqué depuis toujours pour diverses raisons. Il ne s’agit pas ici d’abroger une loi interdisant le suicide ; il s’agit de créer un droit opposable au suicide. La question se concentre sur l’épithète “assisté”. On connaît le délit de non-assistance à personne en danger, envers du devoir d’assistance, où le terme assistance signifie “donner protection, secours, soin”. Ici, assistance ne désigne pas soin puisqu’il s’agit de priver quelqu’un de sa vie, condition de possibilité de tout soin. Cet acte met fin à tout soin, en l’occurrence l’accompagnement de la personne jusqu’à sa mort naturelle. Il est bien évident que quelqu’un assailli par la souffrance peut considérer la mort comme le moyen d’en être libéré. Cela fonde-t-il un devoir de la société de le tuer ou de lui préparer les moyens concrets de perpétrer son propre meurtre ?

​Le terme assistance a également un deuxième sens : “seconder quelqu’un dans sa tâche”. Dans ce cas, la légalisation du suicide assisté impliquerait que la liberté individuelle soit reconnue comme la mesure de ce que la société reconnaît comme juste. N’est-ce pas précisément la logique de l’État-providence qui met la puissance de la collectivité au service de la garantie effective des droits de l’individu ? Pourquoi ne pas prendre en charge la mort de l’individu dans la mesure où celui-ci en fait la demande ? Une mort propre, douce et remboursée par la Sécurité sociale.

L’État-providence est le complément de la société capitaliste. C’est en effet pour pallier les effets de la destruction des anciennes solidarités causée par l’individualisme libéral que peu à peu s’est installé un État attentif aux vulnérabilités des plus fragiles. L’État-providence n’est que le déploiement contemporain de l’État-Léviathan moderne, la santé et l’assistance sociale étant considérées comme des biens primaires à la suite de la sécurité. Mais tout cela a un coût. La médicalisation de la fin de la vie ne peut perdurer que si les frais de santé sont rationalisés. En régime capitaliste où tout est potentiellement vu comme une marchandise à échanger, le rapport coût/ bénéfice devient un critère essentiel des politiques publiques. À quoi bon laisser quelqu’un mourir de sa belle mort si l’on peut faire des économies en abrégeant sa vie ? N’est-ce pas un devoir de solidarité de lui faire sentir qu’il a à penser aux autres et que son intérêt bien compris n’est de vivre que dans de bonnes conditions ? Et c’est ainsi que le soi-disant “droit de mourir dans la dignité” devient une légitimation imparable d’un choix de société principalement comptable dont les pauvres seront les premières victimes. Jacques Attali disait en 1981, dans l’Avenir de la vie de Michel Salomon (Seghers, pages 274-275), que « l’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures ». Que ce fût dans une optique socialiste pour laquelle « la liberté fondamentale, c’est le suicide », ou dans une optique capitaliste selon laquelle « des machines à tuer […] permettront d’éliminer la vie lorsqu’elle sera trop insupportable ou économiquement trop coûteuse »,l’euthanasie était déjà pour lui « une des règles de la société future ». Bref, sous la rhétorique des “droits de l’homme”, l’implacable engrenage du calcul marchand. En déclarant dernièrement que, sur la fin de vie, « il faut bouger », Macron réalise la prophétie de son ancien mentor. Pour cela, la méthode est bien rodée : manipuler la sémantique, jouer sur les émotions, donner l’impression de fixer un cadre très rigide à la nouvelle transgression et, surtout, présenter ladite adaptation comme un progrès des libertés individuelles.

Qui ne voit qu’une assistance dont l’objet serait la mort d’autrui subvertirait la solidarité première et fondamentale des hommes qui est de partager une vie reçue et d’en prendre soin mutuellement ? Qui ne voit qu’une telle loi serait immédiatement l’objet d’attaques pour en assouplir les conditions (l’effet cliquet) ? Au nom de quoi interdire l’assistance au suicide à quelqu’un ayant des raisons personnelles de réclamer la mort ? Que devront, par exemple, faire les pompiers face à une personne ayant fait une tentative de suicide ? La ranimer ou lui donner la piqûre fatale ? ou bien la ranimer et ensuite l’aider à se suicider “proprement” ? Quand le pacte social n’est plus fondé sur le respect inconditionnel de la vie humaine innocente, il ne peut plus résister à la puissance de la rationalité économique animant l’État-providence et le régime capitaliste. Notre société est donc devant un choix de civilisation.

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La pince de crabe ou comment saisir le moment présent

La pince de crabe ou comment saisir le moment présent

Depuis l’hiver 2020, je collabore à un petit groupe informel de réflexion sur les moyens de résister puis de vaincre l’agenda oligarchique. Cet agenda mondialiste se décline en une guerre de bombardements des populations civiles de fausses nouvelles sur de très nombreux sujets pour rendre toute riposte impossible : fausse pandémie de C19 ou « plandémie », fausse monnaie requise par la nécessité de créer constamment toujours plus d’argent-dette, guerre hybride de l’Otan contre la Russie en Ukraine, attentats sous faux drapeau islamiste hier, sous faux drapeau « suprémaciste blanc » demain, fausse inflation ou « enflation », fausses pénuries ou « pleinuries »…

Les présentes réflexions se proposent de tracer des pistes de compréhension et d’action ayant quelque chance de succès.

Ceux qui voudraient parvenir à quelques résultats en ce domaine seraient bien inspirés de les lire avec attention et de s’y référer régulièrement. Si je ne peux garantir le succès des entreprises qui s’en inspireraient, je suis sûr de l’impossibilité de n’arriver à rien sans elles. Ces réflexions ne sont pas les miennes, elles sont le fruit du travail de plusieurs personnes parmi les plus éclairées que je connaisse.

Les événements de ces deux années auront été pour des millions de gens l’occasion d’un réveil, manifestant une méfiance toujours croissante vis-à-vis de la narration médiatique entretenue par les géants de l’industrie « culturelle » et de divertissement jouissant d’une position de quasi-monopole. 

Qui ? Qui sont ces gens qui se réveillent ? On entend, on lit, pour rendre compte de ce phénomène, que « les gens » se réveillent, que le Peuple se mobilise, que les peuples se mettent en marche et quantité de ce genre de sottises. Les peuples sont distincts les uns des autres, on peut dire ceci ou cela d’un peuple en particulier et ce n’est pas cela qui est en cause.

Mais LE Peuple, cela n’existe pas: chaque peuple considéré est composé de quatre groupes bien distincts et parfaitement identifiés. Cela vaut pour la terre entière, excepté peut-être quelques tribus de chasseurs-cueilleurs, comme celle qu’on devine sur l’Île d’Andaman.

Le Peuple, les Français, les gens, cela n’existe pas et ces mots doivent cesser d’être employés pour décrire ce qui est produit médiatiquement.

Je laisse de côté la question de l’immigration de remplacement qui viendrait tout compliquer, encore qu’il est assez aisé de comprendre Qui ? sert cette immigration de masse.

Les groupes qui composent chaque peuple considéré sont les suivants: l’Oligarchie, dont on peut dire qu’elle ne craint rien de plus que la mort physique.

Elle tient à son pouvoir et à son argent plus qu’à tout le reste, si l’on excepte la santé et la vie biologique. Elle est essentiellement matérialiste et existentialiste. Elle représente moins de 1 % de la population. Par commodité nous les désigneront comme le firent les mouvements Occupy par le 1 %. On peut dire que leur mot d’ordre est Domination.

Les chiens de garde. Ils sont au service de l’oligarchie. Leur fonction est de veiller sur le cours des choses. Ils tiennent à leurs fonctions de chiens de garde souvent plus qu’à leur propre vie ou à celle de leurs enfants. Imaginez comme ils considèrent vos vies ou celles de vos enfants, qui ne sont pas les leurs.

Évidemment, entrent dans cette catégorie les flics, les gendarmes, les militaires, de très nombreux fonctionnaires, presque toutes les professions ayant un uniforme ou en ayant eu un par le passé : infirmières, médecins, facteurs… À la notable exception des pompiers qui ont été une des très rares professions à avoir vu et dit la vérité du C19, y compris de façon collective, dans leurs organisations professionnelles.

Nous avons pu confirmer que les vigiles les plus obscurs, des directrices d’écoles, des sages-femmes, des concierges étaient le plus souvent des chiens de garde. Tous ceux ou presque qui sont en relation avec l’État, même à des échelons très modestes, sont susceptibles d’être des chiens de garde. Le Chien de garde croit en sa mission qu’il assimile à un capital de prestige. Le Chien de garde est attaché aux avantages matériels que lui confère sa position, à commencer par sa solde. Les chiens de garde représentent à peu près 8% du peuple. Leur mot d’ordre est Obéissance.

Le Cheptel. Le cheptel est composé de tous ceux qui trouvent qu’il est plus important d’être en accord avec le groupe, ses gardiens et sa direction oligarchique, plutôt que d’être en accord avec eux-mêmes ou bien pire encore, avec la vérité.

S’ils doivent choisir entre une vérité désagréable, si mince soit-elle,  et leur tranquillité, ils optent toujours pour celle-ci.

Les retraités étant des conformistes, les ‘boomers’ rentrent très largement dans la catégorie de ceux qui trouvent qu’on doit se battre pour que ce meilleur des mondes possibles reste aussi inchangé que possible. Malgré la vie moderne devenue une immense chaîne d’aliénations et de nuisances, le Cheptel considère que le cours des choses n’est pas si mauvais. Tant qu’il peut continuer de jouir de sa vie organique – manger, dormir, s’adonner à ses addictions aux écrans, au sucre raffiné, aux médicaments ou aux drogues, à l’alcool, au porno ou bien encore à n’importe quelle jobardises que propose cette société spectaculairement capitaliste, le Mougeon trouve que, finalement son sort n’est pas si mauvais.

Le Cheptel est matérialiste et vulgaire, même lorsqu’un Mougeon croit pouvoir se compter au nombre des croyants.

La croyance professée étant sans effet sur l’attitude du bétail, on peut donc parler ici de superstition. Le Cheptel représente 71% de la population. Son mot d’ordre est Conformité.

Les Réfractaires. Les Réfractaires sont réfractaires en raison de leur capacité à dire non au groupe. Ils trouvent en eux la force d’affirmer des options différentes voire contraires aux directives de l’Oligarchie, aux ordres des Chiens de gardes ou aux platitudes morbides du Cheptel.

Les réfractaires sont tels pour de bonnes ou pour de mauvaises raisons : il peut s’agir de personnalités border ayant un problème avec l’autorité, il peut même parfois s’agir d’une sociopathie, qui leur fait préférer leurs impulsions intérieures à des consignes sociales. Le plus souvent, il s’agit de personnes qui pour des raisons de tempérament, de caractère, d’éducation ou en raison des expériences et des épreuves qu’elles ont traversées, jouissent d’une confiance en elles et/ou de ressources intérieures qui leur permettent de prendre une distance salutaire vis-à-vis des attentes et des pressions conformistes du groupe social et de leur préférer des principes supérieurs : vérité, libertés, charité, compassion, etc.

Les Réfractaires représentent 20% de la population. Leur mot d’Ordre est « Non ! ».

Qui se réveille donc ?

 

Personne d’autre que des réfractaires, qui menaient des vies semblables à celles du Cheptel et qui activent en eux le réfractaire qui sommeillait. On ne réveille pas un membre du Cheptel. On ne débauche pas un Chien de garde, on ne fait pas d’entrisme dans l’Oligarchie. D’abord, parce que on naît ce que l’on est.

On naît Réfractaire, Bétail, Chien de garde ou Oligarque. On ne le devient pas.

Le cas s’est trouvé d’une réfractaire, identifiée et confirmée, qui était policière. Elle était vraiment réfractaire, mais elle avait choisi sa profession dans le contexte de la « normalité d’avant ». Elle avait opté pour cette dégradante profession avant son réveil comme réfractaire, devant la maltraitance de ses enfants.

Avant la folie et la tyrannie présentées comme la « nouvelle normalité ». Elle était écartelée par un dilemme: elle vivait très douloureusement l’insoluble contradiction entre le conformisme et le zèle de ses collègues, le silence dans lequel elle devait se murer pour ne pas se dénoncer comme réfractaire et sa certitude de vivre une expérience d’emprise totalitaire sur le corps social, la maltraitance sur ses enfants à l’école, la pression de la hiérarchie pour qu’elle se fasse injecter, etc., et sa vocation de policière.

On peut donc parfaitement être un réfractaire égaré au milieu du Cheptel ou pire, des Chiens de garde, mais on ne change pas de catégorie.

Chacun a fait l’expérience de l’intangibilité des Quatre catégories. Sûrement avez-vous tenté « d’éveiller » un être cher, un parent, un ami, un collègue, un conjoint parfois… Sans y parvenir.

Parce qu’on ne convainc personne de changer de catégorie.

On est Bétail, Chien de garde ou Réfractaire. Et on le reste.

Quelques mouvements seulement sont possibles: le réveil d’un réfractaire.

Si on parvenait à en réveiller beaucoup, on pourrait parler du Réveil des Réfractaires. Autres mouvements possibles, le renversement de l’Oligarchie, le « retournement » des Chiens de Garde, juste avant ou juste après la chute de l’Oligarchie, en fonction des rapports de forces qui auront été réalisés. L’anéantissement pur et simple des Réfractaires par les Chiens de Garde, sur ordre de l’Oligarchie, sous les applaudissements du Cheptel.

Il est très important de comprendre ces catégories essentielles pour qui veut vaincre l’agenda mondialiste.

Cette science nous permet « d’identifier l’ennemi », premier critère du Politique. L’ennemi, c’est l’Oligarchie, les 1%.

Les Chiens de garde, ceux qui donnent leur nom à toute la catégorie, entendue cette fois stricto sensu, les forces du désordre institutionnalisé – armée, gendarmerie, police, milices privées – sont les seuls obstacles entre les Réfractaires et une éventuelle prise du pouvoir.

Cette science permet également d’assigner des objectifs politiques réalistes, réalisables et chiffrés: puisqu’on ne convainc personne, qu’on ne « converti » personne, seuls les Réfractaires endormis ou isolés doivent être visés par les initiatives de propagande en vue de les réveiller, de les coaguler, de les cohérer et de les organiser. C’est à dire les structurer géographiquement – c’est le rôle des collectifs – de les hiérarchiser, c’est-à-dire qu’ils se donnent des chefs, de les mettre en mouvement, c’est-à-dire les amener à réaliser des objectifs dans le réel, dans l’action, en vue de modifier la situation, car le Politique c’est essentiellement l’agir.

Objectif réaliste et chiffré: coordonner le 0,1% réfractaires mobilisés dans les manifestations et les collectifs pour organiser les 8% de réfractaires conscients, pour éveiller les 12% de réfractaires assoupis ou isolés, persuadés d’être les seuls de leur espèce. Grouper les 20% de réfractaires en une force socio politique, pour créer les conditions d’une prise de pouvoir.

Il ne s’agit donc pas de « réveiller tout le monde », mais de grouper les réfractaires. 20% de « tout le monde », c’est un objectif atteignable, sachant leurs dispositions favorables. La tâche reste immense, mais elle devient réaliste, quand on la compare aux propositions océaniques ou à l’absence totale de pistes de travail que proposent les intellos, les géopoliticiens en cabinet, les influenceuses dissidentes ou les instagrameurs droitardés.

Nous verrons bientôt, si vous le voulez,  la question des moyens.

Monsieur K.

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Avortement : les chiffres de 2021

Avortement : les chiffres de 2021

Selon les statistiques annuelles de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), publiées ce mardi matin, 223 300 avortements ont été enregistrés en France, en 2021. Un chiffre et un taux de recours stables par rapport à 2020.

Le taux de recours à l’avortement se maintient à 14,9 pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans en 2021 contre 15,6 ‰ en 2019.

C’est parmi les femmes âgées de 20 à 29 ans que les avortements restent les plus fréquentes : le taux de recours s’élève à 24,8 ‰ parmi les jeunes femmes âgées de 20-24 ans et atteint 27,2 ‰ pour celles âgées de 25-29 ans. En 2021, les taux de recours diminuent pour toutes les femmes âgées de moins de 30 ans, tandis qu’ils augmentent légèrement pour celles de 30 ans ou plus.

La baisse du nombre des avortements réalisés dans les établissements de santé s’est poursuivie (146 700 en 2021, contre 154 200 en 2020 et 171 000 en 2019), tandis que les avortements hors établissements continuent leur progression (76 600 en 2021 contre 62 100 en 2019). 76 % du total des suppressions de l’enfant à naître sont médicamenteuses, qu’elles soient réalisées en établissement ou non. Parmi ces avortements, 76 % sont réalisées à moins de huit semaines d’aménorrhée.

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« Lire sous les Pommiers » le 9 octobre 2022 à TROUVILLE

« Lire sous les Pommiers » le 9 octobre 2022 à TROUVILLE

Notre amie Anne Brassié qui sera présente à la journée d’Action Française le 29 octobre prochain en Provence, vous convie à cet événement original où seront présents beaucoup d’amis : Marion Sigaut, Stéphanie Bignon, Projet KO…
Vous y trouverez nos deux premiers livres : Le petit monde de Léon Daudet, florilège des souvenirs pour le quatre-vingtième anniversaire de sa mort par Philippe Champion avec une préface de Anne Brassié, Jacques Bainville, la sagesse politique d’un gentilhomme des lettres, de Gérard Bedel.
Une cure d’altitude mentale à ne pas manquer. 
 
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Écho d’Action Française

Écho d’Action Française

Edito du nouveau numéro

Chers amis d’AF,
La fin de l’été sonne et la reprise est rude. Nous aurons dans les semaines qui viennent de nombreuses activités et nous serons là, mobilisés comme toujours, pour défendre tant que faire se peut les intérêts du pays, au milieu du chaos général géré par le président de la « start up nation » et son personnel. Nous aurons à nous battre sur des sujets aussi grave que l’euthanasie ou le grand remplacement déjà en cours et nous aurons à nos côtés de nombreux Français de bonne volonté certes, mais qui pensent mal. Notre responsabilité est grande, notre devoir est de convertir à la monarchie les « nationaux » qui pensent possible une bonne république.

« Oui ou non l’institution d’une monarchie traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée est-elle de salut public ? » : la question que pose Maurras dans l’Enquête sur la Monarchie est plus que jamais d’actualité. Nous répétons à satiété les mêmes vérités depuis plus de 120 ans, 120 années qui nous donnent raison !
Nous nous adressons à tous les Français. Il nous arrive très souvent d’être confrontés à des catholiques qui sans le vouloir, sans le savoir, participent à l’absence de progression de cette révolution nationale à laquelle nous aspirons tant. Beaucoup, dans ces milieux persistent à accuser l’Action Française de rabaisser les hautes finalités religieuses à un dessein bassement politique, de faire de l’Église un instrument politique. À ces « ralliés », nous opposons l’enseignement de Saint Thomas d’Aquin : « si la fin est première selon l’intention, elle est seconde selon l’exécution. Trop de traditionnalistes refusent l’action politique pourtant essentielle, visant le régime, cet État fauteur de toutes les aberrations qui sape les fondements de la Cité. »

À propos des inventaires de 1905, Maurras rapporte la réponse de simple bon sens d’une militante d’AF à ceux qui, en pleine lutte contre les exactions anticatholiques des forces de l’ordre de l’époque, n’en répétaient pas moins : « pas de politique !  » : « Ils m’amusent avec leur « pas de politique » -disait-elle-, est-ce qu’on se battrait à la porte des églises si nous avions le roi ? « . Poser la question c’est y répondre. Y aurait-il eu légalisation de l’avortement, si nous avions le roi ? Y aurait-il eu mariage pour tous, invasion migratoire, islamisation, abdication de la souveraineté de la France, oppression administrative, manipulations génétiques si nous avions eu le roi ?

Or, si nous possédons la doctrine du salut national, le travail est gigantesque : il s’agit comme aux premiers temps de l’AF de répandre en France un état d’esprit royaliste, seule condition d’un renouveau Français.
Alors aidez-nous sans tarder, donnez un peu de votre temps ou de votre argent à l’Action Française, personne ne le fera à votre place. Continuons le combat coûte que coûte, dans la fidélité à nos principes.
Nous vous attendons nombreux en Provence le 29 octobre prochain, à la grande journée d’amitié et d’Action Française « Pour un réveil Français », organisée à l’occasion de l’anniversaire des 70 ans de la disparition du Maître de Martigues.

Vive le Roi !

Le Comité Directeur de l’Action Française

L’Écho d’Action Française, bulletin du nationalisme intégral, est une publication bimestrielle qui permet aux amis d’Action Française de garder un lien avec le mouvement. Il a été lancé en 2019, à la suite de la disparition de l’Action Française 2000 et est appelé à devenir un périodique important fidèle aux idées du nationalisme intégral.

Avec Philippe Champion, Gérard Bedel, Guillaume Staub, Jean-Pierre Papadacci, Michel Fromentoux, le Docteur Charles, l’abbé Thierry Roy, Guillaume Staub, Victor Legras, Anne Brassié, Monsieur K, Marion Sigaut, Stéphanie Bignon…

SOMMAIRE :

  • Editorial : « La France, la France seule »
  • Les chiens de gardes ne sont pas des nôtres par Monsieur K
  • Anti-France par Philippe Champion
  • Le libéralisme ou l’abandon du bien par Joël Hautebert
  • Trois livres : Charles Maurras, du félibrige au nationalisme intégral (Philippe Campion), Jacques Bainville, la sagesse politique d’un gentilhomme des Lettres  (Gérard Bedel) et Le petit monde de Léon Daudet (Philippe Champion)
  • Votre bel aujourd’hui par Michel Fromentoux
  • Entretien avec le philosophe Rémi Soulié : Les Âges d’Orphée par Guillaume Staub

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La corrida ou l’euthanasie ?

La corrida ou l’euthanasie ?

Mes poules et leur coq vivent en liberté le jour et la nuit ils se protègent dans le poulailler. Le risque de me faire prendre des volailles par le renard en journée est très élevé surtout au printemps.

Cependant l’ouverture matinale du poulailler provoque toujours la même excitation et le même empressement chez mes gallinacés. Comme si la vie ne valait d’être vécue qu’en liberté… au risque de la perdre. La liberté sans le risque n’existe pas et la vie sans la liberté ne vaut rien, m’enseignent mes poules. Notre choix aujourd’hui, plus crucial que jamais, se situe là : sortons-nous du poulailler ou pas ? Acceptons-nous le prix de la liberté ? Et ne pas l’accepter nous protège-t-il de mourir ? Certains voudraient nous faire croire que rester dans le poulailler est le gage de la sécurité, d’une vie paisible et sans risque de mourir.

Lors de l’épidémie de grippe aviaire (H1N1) en 2009, nos poules devaient rester confinées ou… être abattues. Beaucoup d’entre nous ont abattu leur basse-cour sous les menaces de sanctions financières. Je me souviens avoir refusé ces brimades et bravé les interdits en annonçant que si nous acceptions, bientôt c’est nous que nous confinerions sous les mêmes prétextes fallacieux… J’étais cependant loin d’imaginer qu’ils oseraient et surtout que nous accepterions !

Onze ans plus tard… au mieux l’homme est traité comme un animal, au pire comme une maladie de la terre. Cette gradation dans l’hérésie pagano-écologiste vise à détruire l’homme et finalement la Création tout entière.

Nos lointains ancêtres peignaient des bovins et des chevaux dans des cavernes. A Lascaux, 18 000 ans plus tard nous restons fascinés devant ce que ces fresques expriment de continuité, d’intemporalité, d’humanité. Il nous est rappelé notre place dans la Création, les taureaux dessinent rarement leur admiration et leur gratitude…

L’homme de Lascaux me parle et nous nous comprenons, mais le zombie de notre siècle triple injecté à trottinette électrique m’est totalement étranger, impossible de le comprendre.

Ce nouvel homme, cette anti-créature révolutionnaire ne mange plus de viande et estime qu’il doit « sauver » le climat à tout prix. Dans cet esprit il défend le droit des animaux, il combat l’élevage, la chasse à pied, à courre et la corrida.

Cependant, il ne voit aucun inconvénient à l’abattage rituel des animaux, il milite pour le droit à l’avortement de confort, il prépare l’euthanasie de ceux qui l’encombrent, accepte l’omniprésence de l’Etat dans sa vie jusqu’à la résidence surveillée pour lui et sa famille et tout cela au nom de la liberté, de l’égalité et de… la fraternité !?

Le taureau de corrida d’un noir abyssal, la force pure, la vie dans son exubérance est au milieu de l’arène. Il est la pupille d’un œil de pierre deux fois millénaires. Il est la porte d’entrée vers les racines les plus anciennes, les plus profondes, vers l’âme de l’humanité.

Le torero brave et finalement soumet la bête de combat. Pourquoi le torero risque-t-il sa vie, pourquoi fait-il de ce risque une œuvre d’art et pourquoi les spectateurs vibrent-ils à la beauté, la force, le courage, la virtuosité et la noblesse du combat ? Pour nous rappeler le sens de l’honneur ! Et ce rappel est bien utile quand un simple virus nous fait oublier nos grands-parents dans des mouroirs pour finir dans des sacs en plastiques ou encore quand une fille, une sœur sont repoussées, privées de réunion familiale parce qu’elles sont cas contacts ou ne sont pas injectées.

La corrida n’est pas le sacrifice d’un bouc émissaire, le matador s’expose comme ne s’expose pas le sacrificateur dans un abattoir halal ou cacher.

Il ne s’agit pas de donner la mort mais de confirmer notre vocation d’être humain.

Nier le péché originel c’est nier la mort et l’éternité tout à la fois. En niant l’évidence de la mort, celle-ci furtivement se glisse partout dans un pourrissement généralisé. La corrida nous met à notre juste place d’intendant de la Création et face à notre fugace mais noble existence pourvu qu’elle soit libre.

Nous ne sommes libres que d’aimer. Nous avons oublié d’aimer parce que nous avons progressivement oublié d’être libre.

                                                                                                                                              
Stéphanie Bignon

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