Avortement et colonisation

Avortement et colonisation

La situation des Etats-Unis d’Amérique, avant l’abrogation de l’arrêt Roe contre Wade, était meilleure que celle de la France : une jurisprudence mal fondée et flottante fixée par la Cour suprême y interdisait aux Etats fédérés d’interdire l’avortement, quand chez nous c’est une loi qui légalise et rembourse l’avortement. Les choses se sont améliorées (pour combien de temps ?) aux Etats-Unis, elles peuvent empirer en France. En tout cas, la campagne d’opinion lancée dans les médias, à l’Assemblée nationale et prolongée dans la rue montre, à tout le moins, combien notre pays est aujourd’hui colonisé.

Rappelons qu’au terme d’une procédure lancée par une jeune femme, Norma Mac Corwey, ayant choisi le pseudonyme de Roe, contre le procureur de Dallas, Wade, la Cour suprême des Etats-Unis, a décidé en janvier 1973 que le « droit au respect de la vie privée » s’étendait à la décision d’une femme d’avorter, les trois premiers mois. Ensuite, les exigences de santé publique pouvaient s’opposer à son désir d’avorter. Cela explique que les lois sur la question varient selon les Etats : avant la nouvelle décision, sept Etats autorisaient l’avortement « à tout moment » (C’est-à-dire jusqu’à la naissance), alors que les restrictions dans les autres s’étalaient dans le temps.

L’arrêt Roe contre Wade souffrait d’une faiblesse insigne : il était contraire à la constitution américaine. Les juges Byron White et William Rehnquist l’avaient d’ailleurs clairement établi à l’époque. En effet, la Cour avait prétendu s’appuyer sur le 14ème amendement de la Constitution pour étendre le « droit au respect de la vie privée » à la décision d’avorter. Mais ce montage rompait avec la tradition constante de l’Union, qui était de laisser aux Etats la responsabilité de décider en la matière. Surtout, il s’opposait au dixième amendement. Celui-ci dispose en effet explicitement que l’éducation, le droit pénal, la santé publique, compétences non réservées à l’Etat fédéral, reviennent aux Etats fédérés – et l’avortement relève de la santé publique. La Cour, par l’arrêt Roe contre Wade, avait donc commis un abus de droit, conséquence d’un « activisme judiciaire » dû au militantisme politique de certains de ses membres.

Le nouvel arrêt ne supprime ainsi aucun droit, qui n’existait pas, c’est un simple retour à l’orthodoxie constitutionnelle. Mais, étant donné l’état des esprits et la force de la propagande en faveur de l’avortement, cela n’est majoritairement pas perçu . Quelles en seront les conséquences ? Aux Etats-Unis, certains Etats ont déjà choisi ou choisiront une loi plus restrictive. D’autres maintiendront la leur. Même la plus extrême, la plus folle : l’avortement « à tout moment ». Le débat public, qui n’a jamais baissé de ton sur la question, sera sans doute vif et l’on ne sait ce qui peut en sortir. Une overdose de « progressisme », de culture de mort, peut ramener les républicains au pouvoir, ou au contraire, si les démocrates parviennent à imposer l’idée qu’une « liberté » a été lésée, un boulevard s’ouvrira devant les plus radicaux.

En France, c’est de ce côté qu’on s’achemine. Tablant sur l’ignorance du droit et de l’histoire américaine, médias et politiques ont persuadé l’opinion que la décision que vient de prendre la Cour suprême américaine est un abus et une régression scandaleuse. En même temps, des sondages opportuns (qui sont une manière d’influencer le mouton) affirment que neuf Français sur dix sont « attachés au droit à l’avortement ». Et le président de la République a exprimé son intention d’inscrire dans la constitution ce fameux « droit ». Reste à trouver la majorité nécessaire (les trois cinquièmes des deux chambres réunies ou la majorité simple sur un texte identique dans les chambres séparées), ce qui n’est pas évident, étant donné les réticences de Bayrou, Le Pen et du Sénat. Il est toutefois probable que la chose permettra de faire diversion d’autres questions et de pousser un peu plus les populations à juger souhaitable le « droit à l’avortement », qui n’est ni plus ni moins qu’un permis de tuer : quinze millions de Françaises  changées en James Bond se sentiront libres de massacrer à répétition les rejetons dont elles ne voudront pas. Déjà défilent les banderoles, « l’IVG c’est sacré », et un syndicat d’enseignants a appelé à manifester contre la décision de la Cour suprême des Etats-Unis. Cela montre à la fois le degré de colonisation de notre pays et la nature planétaire de la révolution arc-en-ciel que nous subissons.

Martin Peltier

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Nouvelle attaque contre l’agriculture française

Nouvelle attaque contre l’agriculture française

Le coup est rude, ce n’est nullement le premier et ce ne sera pas le dernier, l’oligarchie apatride aime s’attaquer à ceux qui incarnent au mieux le pays. Qu’on ne l’oublie jamais: pas de pays sans paysans ! Ils sont à la base de tout système économique, ils sont à la base de toute société, ils sont à la base de toute structure humaine ! Et c’est pourquoi ils ne peuvent être qu’exécrés par ceux qui nous gouvernent, ces êtres déracinés qui ne vivent qu’entre eux dans des milieux liquides et uniformisés.

Mais de quel coup parle-t-on ? De l’accord de libre-échange entre notre pays – par le truchement de l’Union européenne – et la Nouvelle-Zélande ! Parmi les nombreux points de cet accord, il en est un particulièrement dramatique : cet accord prévoit la suppression des droits de douane sur les exportations et importations entre l’Union européenne et la Nouvelle-Zélande sur des produits tels que les produits laitiers ou la viande, et plus particulièrement la viande ovine ! Le Monde (01/07/22) rapporte cette réaction de Michèle Boudoin, présidente de la fédération nationale ovine, :

« Mais où est le commerce durable quand on transporte de la viande d’agneau trempée dans de l’azote liquide par bateau pendant douze semaines pour parcourir 22 000 kilomètres ? ».

En 2022, seulement 47% de la viande ovine consommée en France est de production française, chiffre en baisse constante !  Et c’est pourquoi ce nouvel accord soulève de vives inquiétudes chez les représentants de cette filière. Comme le souligne monsieur Fabien Gay, dans une question posée au ministre de l’agriculture : « Ils pointent aussi notamment des problèmes en matière de normes environnementales appliquées par les éleveurs néozélandais comparés à leurs homologues français. Il en va par exemple de pesticides utilisés dans les prairies d’élevage néozélandaises mais interdits sur le sol européen. De plus, dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique, apparaissent des incohérences entre les discours et les objectifs fixés par la France et l’Union européenne en matière environnementale et ce nouvel accord qui, d’une part, ne prévoit pas de bannir dans l’alimentation des animaux les tourteaux de soja dont la culture accélère la déforestation, mais d’autre part qui favorise l’importation de dizaines de milliers de tonnes de viande venues de l’autre bout du monde, trempées dans l’azote liquide pour être conservées, impliquant un transport par bateau de plus de 22 000 kilomètres. ». Les Français vont-ils consommer de telles viandes ? Je le crains. Quand un peuple voit son niveau de vie diminuer, il essaye de maintenir son niveau de vie en achetant des produits similaires, mais moins chers.

Avons-nous une plus belle illustration de l’absurdité avec laquelle nos gouvernants dirigent la France ? Mais, nous ne croyons nullement à leur incompétence, à leur bêtise crasse, nous croyons à leur volonté de tout détruire, de tout déconstruire ! Leur haine de tout ce qui est naturel, de tout ce qui est sain, de tout ce qui est le réel le plus concret, les pousse à prendre de telles décisions ! Il ne s’agit pas d’ignorance coupable, il s’agit d’idéologie mortifère !

Revenons à des notions simples ! La France doit rester une puissance agricole, une puissance qui sait produire des produits de qualité, qui font honneur à notre culture française. Aucune autre nation ne peut s’enorgueillir de posséder un tel savoir faire ! Une telle richesse agricole ! Il est temps de redonner ses lettres de noblesse à l’élevage français, que de jeunes gens s’investissent et retournent à la terre ! Mais pour ce faire, il nous faut un Etat digne d’une telle tâche, qui accompagne, qui guide, qui programme ! La République apatride ne pourra jamais donner ce cadre, il nous faut refonder de nouvelles institutions propices à ce ré-enracinement nécessaire. Tant que mentalement les Français ne seront pas enracinés dans un pays concret, dans un sol donné, ils ne pourront réinvestir la terre proprement dite. Et c’est pourquoi de tels accords peuvent passer ! Le peuple accepte de consommer selon son nouveau mode d’existence, une existence hors-sol, une existence standardisée, mondiale, liquide. Bref, se réenraciner politiquement dans notre terre française, pour mieux cultiver celle-ci. Où se trouve celui qui portera un tel projet ? Où se trouve ce Roi, protecteur des paysans de France ?

Guillaume Staub

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Ni rouge, ni mort

Ni rouge, ni mort

Comme une déferlante démesurée et terrifiante « le communisme bolchevique et athée » s’est répandu à travers le monde, à partir de la Russie soviétique. Partout des hommes libres, chrétiens très souvent, ont rejoint des maquis anticommunistes, pour délivrer les peuples enchaînés.
 
Communisme — Wikipédia

Du Sud-Vietnam dans les années soixante-dix, à la Croatie dans les années quatre-vingt-dix, en passant par le Nicaragua, le Cambodge, l’Éthiopie etc…, il n’est pas un seul continent, où, à un moment ou à un autre, des hommes et des femmes ne se soient dressés –et se dressent toujours– contre le bolchevisme, dans toutes ses composantes et autres travestissements. Du nord de l’Europe (pensons à la courageuse Finlande), à l’extrême sud de l’Afrique, de l’est asiatique, à l’ouest du continent américain, des peuples ont refusé l’abomination marxiste-léniniste. Rappelons, à ce propos, que le concept d’anticommunisme est apparu très vite, au XIXe siècle : dès 1842. La Révolution d’Octobre, qui conduira à la naissance du premier régime communiste, va susciter la première grande résistance au bolchevisme avec les armées blanches qui, et c’est à méditer,  ont davantage  été vaincues par leurs querelles de personnes, que par les Rouges.

 

L’implication des chrétiens – catholiques, orthodoxes, protestants – dans ces résistances est une constante historique. Quand le pape Pie XI nous livre, en 1937, l’encyclique Divini Redeniptoris, il condamne sans équivoque « le communisme bolchevique et athée » (1), c’est une dimension spirituelle qui vient renforcer la résistance temporelle au Mal absolu. Que, plus tard, de mauvais clercs (en Afrique noire, en Algérie française et en métropole, en Amérique latine), aient pactisé  avec les communistes, n’a jamais empêché – je pense à l’héroïcité des Contras du Nicaragua – le référencement chrétien des maquis anticommunistes. Mais, pour des raisons géopolitiques évidentes, c’est en Europe de l’Est que, pendant plus de sept décennies, les résistances nationales seront les plus nombreuses et les plus sauvagement réprimées.

 

À défaut de pouvoir être exhaustif dans le cadre d’un seul article, citons quelques exemples emblématiques de ces combats, menés – et à quel prix – par des paysans, des écrivains, des étudiants, de simples citoyens. En Albanie, le Comité exécutif national albanais, créé en 1949 sous l’égide du roi Zog Ier, installera une guérilla de 250 hommes. Trahis par l’espion Kim Philby, tous seront capturés et exécutés.

En Arménie, on évoquera la mémoire de Dastramat Kanayan, alias général Dro, qui participa en qualité de chef suprême des armées, à la résistance contre les Rouges (1920-1921). Il fera ensuite partie du Conseil National arménien, créé en 1942. Il émigrera en 1951 aux États-Unis où il décédera en 1956. En 2000, sa dépouille a été transférée en Arménie et inhumée au mausolée de Bach-Aparan en présence du catholicos Mgr Karekin II.

Mais aussi, l’Azerbaïdjan, avec un Conseil national azéri créé lui aussi en 1942 ; la Biélorussie, avec la résistance – jusqu’au martyre – de l’Église orthodoxe autocéphale biélorusse ; la Bulgarie, avec le Front National bulgare fondé en 1947 ; la très catholique Croatie au sein de laquelle un Conseil National croate avait été créé en 1974 à Toronto (depuis, au prix d’une guerre, Zagreb s’est libérée du joug communiste), etc. Tous ces pays ont payé de lourds tributs au Moloch bolchevique, ce qui a été occulté en Occident, jusqu’en 1991.

 

Une mention spéciale pour les États baltes qui n’ont jamais accepté leurs envahisseurs. À l’honneur, en Estonie, la Ligue de la Jeunesse estonienne, fondée en 1956, formée d’étudiants et de lycéens (certains seront emprisonnés jusqu’en 1987 !). En Lituanie, la résistance sera animée par La Chronique, un samizdat de l’Église catholique (malgré une féroce répression, ce journal clandestin comptera 80 numéros) qui renforcera la création,  par des prêtres,  d’un Comité catholique pour la défense des droits des croyants. À l’honneur, en Lettonie, les Frères de la Forêt : ce mouvement de résistance à l’invasion soviétique tiendra le maquis jusqu’en 1957.

Il faut encore saluer la Finlande avec le Mouvement national patriotique de Lapua, la Géorgie toujours sous la menace russe, soit dit en passant, la Hongrie (son abandon fut la honte – une des hontes – de l’Occident), la Slovaquie  où le Comité de libération slovaque fut fondé en 1946, la Serbie, qui finira par être « yougoslavisée », la Slovénie avec l’Organisation des anticommunistes slovènes, la Tchéquie et son héroïque Légion tchèque, la Tchétchénie, qui avait fourni des combattants d’élite aux armées blanches et le paiera par des déportations et des massacres, l’Ukraine, qui continue de dézinguer les statues de Lénine, etc. (2).

En ce qui concerne la Roumanie, je voudrais évoquer la mémoire d’une héroïne de la résistance anticommuniste, Elisabeta Rizea (1912-2003). À partir de 1945, et pendant quatre années successives, cette modeste paysanne va apporter toute son aide (transport de vivres, de fonds, de messages) aux maquis anticommunistes (Haiducii Muscelului) du colonel Georges Arsenescu et des frères Toma et Petre Arnautolu. Arrêtée en 1949 par la Securitate, elle est battue et tor­turée, puis condamnée à sept ans de prison. En 1958, elle est libérée avec le statut d’ennemie du peuple. En 1961, elle est de nouveau appréhendée et condamnée à vingt-cinq ans de prison. Après la chute de Ceausescu, elle expliquera à la Radiodiffusion roumaine venue l’interviewer : « Je ne suis pas une femme politique, je suis une femme juste (…). Quand on me torturait, je faisais le signe de croix à l’aide de ma langue et je priais Dieu de me donner la force de ne rien lâcher ». Et aussi : – Je n’ai rien déclaré, ils n’ont pas réussi à me faire parler. Je me rappelle avoir juré, la main sur un Évangile et sur une croix qui se trouvait dans la chambre. J’ai pris la croix dans la main et j’ai juré sur la Bible (…). J’ai juré que je n’allais jamais trahir. J’ai tenu mon serment. Honneur, aussi, aux ultimes maquis de résistance anticommunistes au Sud-Vietnam (occupé par les communistes tonkinois) et au Laos. Au Sud-Vietnam, ils ne sont plus qu’une poignée (certains résistent depuis 1975 !). Au Laos, les Hmong, ethnie montagnarde rebelle, continuent de se battre avec les moyens du bord, ignorés par l’Occident, contre le gouvernement marxiste de Ventiane. 

 

 

On aura une pensée pour l’Afrique avec, notamment, le souvenir de la guérilla anticommuniste de la Renamo au Mozambique (jusqu’en 1992) et le baroud d’honneur de vétérans qui reprirent le maquis avec leur chef historique, Afonso Dhlakama en 2013 ; seulement équipés de quelques AK-47, ils ne purent jamais dépasser les lisières du massif dit Gorongoza (à plus de mille kilomètres de la capitale, Maputo).

Une anecdote significative qui remonte à l’époque où nous étions, Thibault de La Tocnaye et moi-même, avec un commando de Contras (les contre-révolutionnaires antisandinistes) sur les bords du Rio Coco, dans la jungle entre le Honduras et le Nicaragua, ces Contras, qui portaient autour du cou une croix façonnée dans une balle de M-16. Un soir, alors que nous profitions de la nuit pour nous cacher des hélicos soviétiques, un des combattants, un simple paysan, un campesino, m’a dit :
 
« Paraît qu’il y a aussi des communistes en France… Des gens qui haïssent notre foi. Alors, quand tu rentreras, tu diras à tes amis, à ceux qui nous soutiennent, que c’est aussi pour eux, pour leur liberté, que nous nous battons ». 
 

Pour terminer, un mot sur Ronald Reagan ou, plus exactement, sur ce qu’on a appelé la « doctrine Reagan ». Elle consista à fournir un appui officiel (ou officieux) aux mouvements de résistance et de guérillas anticommunistes, en Afrique, en Asie, en Amérique latine. Il y eut quelques ratés (mais rien de comparable au fiasco cubain de Kennedy, à la Baie des Cochons). Il y eut surtout de grands succès.

 

Reagan et Jean-Paul II auront été les artisans majeurs du recul du communisme, même s’il bouge encore. Tout au long des années 1980, Michael Johns, défenseur de la doctrine Reagan au sein de la très anticommuniste Heritage Foundation, rencontra les combattants de la liberté en Angola, au Cambodge, au Nicaragua, etc. Avec des effets immédiats : soutien de l’Unita de Jonas Savimbi en Angola, soutien des Contras au Nicaragua, soutien aux opposants du Négus rouge Mengistu en Éthiopie. La « doctrine Reagan » marqua un véritable tournant dans la politique étrangère américaine d’après-guerre. On passait d’une politique de containment « endiguement » à une politique de roll back (refoulement) qui consiste à afficher une opposition ouverte à l’égard des gouvernements soutenus par les Soviétiques, en soutenant les mouvements de rébellion. Au Nicaragua, la pression armée des Contras provoqua la chute… électorale des sandino‑communistes en 1990. En Angola, après la bataille de Cuito Cuanavale, Cuba, allié du MPLA marxiste, abandonna le terrain (3). En 1997, Margaret Thatcher saluera en ces termes la « doctrine Reagan » : « Cette doctrine a suscité la fin de la trêve avec le communisme. L’Ouest ne regarderait plus, dès lors, aucune région du monde comme irrémédiablement destinée à renoncer à sa liberté pour la seule raison que les Soviétiques affirmeraient qu’elle fait partie de leur sphère d’influence. Nous allons mener une bataille idéologique contre le communisme et soutenir matériellement ceux qui se battent pour délivrer leur pays de la tyrannie. »

 

Il y a encore du pain sur la planche ? Oui. La Chine, la Corée du Nord, le Laos, le Vietnam, le Venezuela, Cuba, certaines « républiques » de l’ex-URSS, etc. Et pas grand monde, il est vrai, pour venir à l’aide de ces peuples aux liens.
 
 
Alain Sanders
__________________________________________
(1) Réitérant ainsi les condamnations contenues dans Quanta Cura (1864) et Quadrtigesimo Anno (1931). Rappelons que Pie XII, en 1949, a approuvé un décret du Saint-Office excommuniant les communistes (et les catholiques qui leur apporteraient leur concours).
(2) Dans plusieurs pays ex-communistes européens – Hongrie, Lituanie, Estonie, Lettonie – l’usage des symboles communistes est désormais puni par la loi.
(3) En 1991, le leader des Contras, Enrique Bermudez, fut assassiné par balles à Managua. En 2002, Jonas Savimbi tombera dans une embuscade mortelle dans l’est de l’Angola. Preuve que les communistes restent longtemps aux aguets…
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14 juillet, fête nationale ?

14 juillet, fête nationale ?

« Le 14 juillet », une imposture partisane devenue une pseudo-fête nationale.

Il faut dire toute la vérité sur la révolution française de 1789, en signalant aussi tous les clichés mensongers qui s’y rapportent, notamment celui du « 14 juillet, anniversaire de la prise de la Bastille, symbole de l’arbitraire » selon la version officialisée contraire à la réalité historique.

Il n’y a pas eu prise de la Bastille, mais entrée autorisée par la porte ouverte, vers cinq heures du soir. Précédemment, une délégation des émeutiers avait pris son déjeuner à l’intérieur de la forteresse, sur invitation et en compagnie de son gouverneur Bernard de Launay.

La Bastille était un vieux bâtiment militaire, dont la destruction était prévue. C’était une ancienne forteresse, édifiée quatre siècles auparavant pour la protection de Paris et devenue prison d’État en voie de désaffection. Du 1er janvier 1789 au 14 juillet, il n’y était entré qu’un seul prisonnier. « Le Grand Larousse du XXème siècle », en six volumes, précise : « D’autre part, à cause du confort dont les prisonniers s’étaient entourés et à cause des traitements élevés des officiers de l’état-major, la Bastille coûtait très cher au gouvernement.

Le 14 juillet il y avait sept incarcérés en tout, mais aucun prisonnier politique. Quatre détenus de droit commun furent libérés par la populace au milieu des réjouissances, et réincarcérés par la suite. Deux fous, dont un Anglais qui fut porté en triomphe puis renfermé a l’asile de Charenton ; l’autre fou étant transféré cinq jours plus tard dans le même asile d’aliénés. Le septième interné était un jeune noble du Languedoc, dévoyé et débauché, enfermé à la demande de sa famille, lequel s’empressa de disparaître.

La garnison était composée de 82 invalides de guerre, avec un renfort récent de 32 soldats. Le soir du 14 juillet, ces militaires sont menés sous escorte à l’Hôtel de Ville proche. En chemin, les menaces et les injures pleuvent sur eux. Le gouverneur de la Bastille est assassiné en cours de route. On confie le soin de décapiter son cadavre à un boucher, qui s’escrime d’abord avec un sabre qu’on lui a tendu, mais doit finir à l’aide de son couteau de poche. La tête fixée au bout d’une pique est promenée à travers la ville pendant deux jours. Trois officiers et trois invalides sont également mis à mort par la populace. Les auteurs de ces forfaits se déclarèrent « vainqueur de la Bastille ».

Près d’un siècle après, la IIIème République décide d’en faire la fête nationale de la France que les Américains appellent le « Bastille Day » (le jour de la Bastille). À partir du 14 juillet 1880, cet épisode particulièrement sanguinaire de la Révolution, — cette journée d’émeute dont l’anniversaire fût déjà stupidement célébré en 1790 sous le nom de Fête de la Fédération –, devient la fête nationale légale avec la paradoxale obligation de service pour les militaires français de parader a cette occasion.

Il convient de fixer une autre date plus convenable comme fête nationale  française. À la place de l’anniversaire d’une affaire déplorable, dont le symbolisme est plus que douteux, le choix de la date du 15 août, fête de l’Assomption de la mère du Christ, patronne principale de la France, paraît le plus opportun. Sous le Premier et le Second Empire, le 15 août était jour de fête nationale. Les Français doivent se reconnaître le « 15 août » comme la véritable fête nationale de la France.

                                                                                                                                                    Pierre Sidos

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Actualités céliniennes : entretien avec Émeric Cian-Grangé

Actualités céliniennes : entretien avec Émeric Cian-Grangé

Nous nous retrouvons aujourd’hui pour évoquer Louis-Ferdinand Céline, figure incontournable de la littérature française, en compagnie d’Émeric Cian-Grangé qui eut l’extrême amabilité de nous accorder cet entretien. Profitant de l’actualité littéraire célinienne, l’Action Française voulut revenir sur les différents travaux et contributions à l’étude de cet auteur maudit, c’est-à-dire sulfureux, mais génial ! Pensons aux nombreuses recensions que fit LéoN Daudet, que ce soit pour Voyage au bout de la nuit ou pour ses pamphlets, à l’instar de Bagatelles pour un massacre pour lequel il eut cette appréciation : « Le livre de Céline [Bagatelles pour un massacre], à mon avis, recommence aujourd’hui l’aventure de l’Assommoir, avec un degrésupérieur, non de talent, mais de virulence dans l’invective. C’est la pression supérieure des circonstances qui commande cette hausse de ton » (Léon Daudet, Les Nouvelles littéraires, 19 février 1938). Continuons modestement cette aventure littéraire et plongeons à nouveau au cœur du délirant génie de Louis-Ferdinand Céline !

AF : Cher monsieur, nous vous remercions d’avoir bien voulu accorder cet entretien pour l’Action française. Avant que nous nous intéressions à vos différents travaux et à l’actualité célinienne, pourriez-vous nous raconter votre rencontre avec l’œuvre de Louis- Ferdinand Céline ? Pourquoi vous être tant attaché à cet auteur ?

Émeric Cian-Grangé : Cher monsieur, Céline a fait irruption dans ma vie au début des années 90, dans une salle de classe de lycée. Mon professeur de français nous avait donné un extrait de Voyage au bout de la nuit à étudier. J’en ai conservé un souvenir très précis, puisqu’il s’agissait de la scène de troc entre autochtones africains et colons français. Embarqué par la lecture de ce passage, j’ai acheté l’édition Folio du livre. Ce n’est pas compliqué, il y a pour moi un avant et un après Voyage au bout de la nuit. Parcouru, trituré, craquelé, le bouquin est dans le tiroir de mon bureau, toujours à portée de main. Pourquoi m’être « tant attaché à cet auteur » ? Tout simplement parce qu’il m’a chambouleversé. Céline m’a rendu libre, c’est l’homme de ma vie.

AF : Pourriez-vous brièvement nous dresser un tableau du monde célinien ? Céline provoque-t-il toujours de l’intérêt ? Des travaux voient-ils encore le jour en nombre ? Bref, y avait- il un véritable dynamisme avant que ne surgisse la divine surprise des manuscrits perdus et retrouvés ?

Émeric Cian-Grangé : Grâce au cinquième volume de la Bibliographie générale des droites françaises (Alain de Benoist, Éditions Duapha, 2021), il est possible de se faire une idée assez précise du nombre de travaux universitaires, français et étrangers, consacrés à Céline et à son œuvre. De 1939 à 2021, ce sont près de sept-cents-soixante études qui ont été réalisées, ce qui fait une moyenne de neuf par an. Combien d’écrivains sont-ils capables de susciter autant d’effervescence intellectuelle ? Il semble pourtant devenu difficile pour les étudiants de trouver un directeur de thèse. Saturation ou bien-pensance ? Le dynamisme que vous évoquez ne saurait pourtant se limiter à ces travaux qui, il faut bien le dire, n’intéressent que le microcosme universitaire. Il existe en dehors de ce landerneau une dynamique éditoriale constante qui se traduit par une production célinienne à tout le moins quantitative, à défaut d’être toujours qualitative. À titre d’exemples, pas moins de quatorze ouvrages sur Céline ont été publiés en 2019, neuf en 2020 et dix en 2021. L’année 2022 compte déjà douze publications. Il existe par ailleurs un périodique dédié à cet écrivain (Le Bulletin célinien, dirigé par Marc Laudelout depuis plus de quarante ans), deux sociétés céliniennes – la Société d’études céliniennes (SEC) et la Société des lecteurs de Céline (SLC) – et une collection littéraire célinienne (« Du côté de Céline », aux Éditions de La Nouvelle Librairie). On ne compte plus les groupes Facebook consacrés à l’auteur de Mort à crédit. En somme, Céline est toujours vivant, et la récente découverte de 6 000 feuillets manuscrits inédits montre qu’il est plus vivant que jamais.

AF : Selon vous, en quoi réside le génie de Céline ?

Emeric Cian-Grangé : Une faculté créatrice hors normes, transcendante, capable de toucher un lectorat étonnement varié, multiple, panaché. Qui peut en effet se targuer d’avoir un public aussi composite, bigarré, disparate que Céline ? N’est-il pas un cas unique dans la littérature française ?

AF : Permettez que nous nous arrêtions sur ses pamphlets. Quelle place tiennent-ils pour vous dans l’œuvre célinienne ? Peuvent-ils être retranchés de celle-ci ? La question de la réédition de ceux-ci est plus que d’actualité, François Gibault, dans un entretien qu’il vous a accordé pour la revue Éléments, déclarait, après avoir rappelé qu’il s’était initialement opposé à cette réédition : « Je ne vois donc pas pourquoi les pamphlets de Céline, accompagnés d’un appareil critique conséquent, devraient être interdits de réédition. »

Emeric Cian-Grangé : Vouloir, pour des raisons idéologiques ou de confort moral, retrancher Bagatelles pour un massacre, L’École des cadavres et Les Beaux Draps de l’œuvre célinienne, me semble dénué de sens, pour ne pas dire aberrant. Il est naturellement légitime que certaines personnes ne veuillent pas les lire, mais sont-elles pour autant en droit d’empêcher les autres de le faire ? Qu’on le veuille ou non, les écrits pamphlétaires de l’écrivain font intrinsèquement partie de son œuvre. En effet, si « la littérature se caractérise, non par ses supports et ses genres, mais par sa fonction esthétique, la mise en forme du message l’emportant sur le contenu », toute l’œuvre célinienne appartient à la littérature. Il est vrai que la réédition de ces trois ouvrages constitue un point de crispation qu’il faudra bien dénouer, avant qu’ils ne tombent dans le domaine public. C’est Gallimard qui a les droits et François Gibault s’est effectivement engagé à ce qu’ils sortent des presses avant 2031. Mais c’est « remonter les chutes du Niagara à la nage », pour reprendre l’expression du natif de Courbevoie. En attendant, le lecteur intéressé pourra se tourner vers le Québec qui, depuis 2012, propose à la vente une édition critique des pamphlets, sous le titre : Écrits polémiques (Éditions Huit, édition critique établie, présentée et annotée par Régis Tettamanzi).

AF : Vous êtes à l’initiative de la Société des lecteurs de Céline, pourriez-vous nous parler de cette aventure et de ses objectifs ?

Emeric Cian-Grangé : Je suis en effet à l’initiative de la création de la Société des lecteurs de Céline (SLC), le 1 er juillet 2021, à l’occasion des soixante ans de la mort de Céline. Sa naissance découle de la mise en chantier d’un prix littéraire célinien. C’est en mai 2020 que j’ai eu l’idée de ce prix. Et c’est au détour d’une conversation électronique avec Alain de Benoist, un an plus tard, qu’il devint évident qu’il devait être décerné par un organisme associatif. C’est ainsi que la SLC a vu le jour. Étoffée, elle s’est aussi fixé pour objet de réunir, sans passion partisane ni politique, les amateurs de l’auteur de Mort à crédit, d’œuvrer pour la promotion et la diffusion de l’actualité célinienne et de contribuer à la recherche célinienne. Mon ambition était de représenter le plus légitimement possible la communauté des lecteurs de Céline et de lui permettre de s’exprimer de façon décomplexée. Vous le savez, les sociétés littéraires s’épuisent et finissent par mourir d’anémie. Les lecteurs, eux, restent bien vivants. Je partais donc du principe que la SLC appartenait à ses membres – dont le rôle ne se limite pas à envoyer un chèque une fois l’an – et qu’elle vivait à travers et pour eux. Je terminais d’ailleurs mon allocution inaugurale à Meudon par ces quelques mots : « Lecteur débonnaire, apprivoisé, bienveillant, peigne-cul, verbeux, stratosphérique, persifleur, bravache, franc-maçon, impétueux, mutique, « faux diable », tartuffe, bienheureux, alchimiste, « d’en haut », « d’en bas », belge, furibond, versificateur, pyromane, enjôleur, efféminé, juif ou binoclard, osez dire votre admiration pour l’œuvre de Céline et ses formidables chambardements littéraires. » J’en parle au passé car j’ai quitté mes fonctions de président et d’administrateur de la SLC début janvier. À la faveur de certains évènements, je me suis rendu compte que je n’étais plus en adéquation avec le reste de l’équipe et qu’il était devenu nécessaire que je reprenne mon indépendance.

AF : Vous dirigez, par ailleurs, pour les éditions de la Nouvelle Librairie, la collection « Du côté de Céline », pourriez-vous nous présenter les deux derniers ouvrages de celle-ci, Céline à hue et à dia de Marc Laudelout et Elisabeth Craig raconte Céline de Jean Monnier ?

Émeric Cian-Grangé : « Du côté de Céline » est une locomotive célinienne, décomplexée, désinhibée et dynamique que j’ai fondée en 2020. Je lui ai fixé pour objet de contribuer à la connaissance et à l’exploration du continent célinien. Elle se compose d’ores et déjà de quatre ouvrages : Escaliers, d’Évelyne Pollet (préface de Marc Laudelout, postface de Jeanne Augier, novembre 2020) ; Céline à fleur de peau, de Serge Kanony (préface d’Éric Mazet, juin 2021) ; Céline à hue et à dia, de Marc Laudelout (avant-propos de Marc Hanrez et Frédéric Saenen, janvier 2022) ; Elizabeth Craig raconte Céline, de Jean Monnier (préface de Pierre de Bonneville, mai 2022). Dans Céline à hue et à dia, Marc Laudelout épingle les anticéliniens rabiques, évoque

diverses interférences littéraires, dresse le portrait de quelques figures (dont les « céliniens historiques ») et explore quelques faits liés à la biographie ainsi qu’à la réception critique de l’œuvre. Elizabeth Craig raconte Céline est le fruit d’un entretien entre la dédicataire de Voyage au bout de la nuit et Jean Monnier, un universitaire ayant rencontré en 1988 l’ancienne maîtresse de Céline. Ce témoignage place le lecteur au cœur de la vie affective de l’écrivain. À travers les yeux de « l’Impératrice », il découvre la relation intime qu’elle entretenait avec Louis Destouches, une source d’inspiration immense pour l’écriture de Voyage au bout de la nuit. Nous fêterons par ailleurs cette année les quatre-vingt-dix ans de la publication du premier roman de Céline, « du pain pour un siècle entier de littérature ». Pour commémorer cet événement, les Éditions de La Nouvelle Librairie publieront, au cours du second semestre 2022, un ouvrage collectif sur « cette œuvre sans pareille, ce moment capital de la nature humaine ».

AF: Vous avez également coordonné un ouvrage, Céline’s Big Band (paru aux éditions Pierre-Guillaume de Roux), arrêtons-nous un instant sur celui-ci. Il s’agit d’une compilation de courts récits d’expériences de lecture livrés par une centaine de céliniens. Pourquoi vous être lancé dans cette aventure ? Vous attendiez-vous à une telle diversité d’expérience ?

Émeric Cian-Grangé : Je me suis lancé dans cette aventure pour combler l’absence de ce type d’ouvrages dans la pourtant très riche bibliographie célinienne. Et pour tenter de répondre à la question suivante : pour qui écrivait Céline ? J’ai donc contacté un très grand nombre de lecteurs – près de trois cents, en France et ailleurs –, avec pour seul critère de sélection l’intérêt porté à Céline. Capable de captiver un lectorat étonnement varié, composite et disparate (auditeur financier, étudiant, photographe de grand reportage, trapéziste, ancien secrétaire d’Etat, traductrice, médecin, démolisseur en bâtiment, comédien, docteur en philosophie, peintre, enseignant, ouvrier portuaire, psychologue, danseuse, employé, comédien, sociologue…), d’emporter – d’embarquer ! – toute personne sensible à la littérature, l’œuvre célinienne a l’extraordinaire faculté de transcender classes sociales, notoriété, clivages politiques et idéologiques. Qui peut se targuer, au sein de la littérature française, d’avoir un public aussi bigarré que Céline ? Chaque lecteur a sa motivation, son chemin, sa spécialité. Chacun apporte sa pierre, fait part de sa lecture. Aucun ne se ressemble. C’est ce que montre Céline’s Big Band.

AF : Malgré cette diversité, malgré cet ensemble disparate et baroque d’expériences, peut-on en extraire des vues collectives ? Peut-on discerner quelques terrains où tous les céliniens se retrouvent ?

 Émeric Cian-Grangé : Je fais mienne l’analyse faite par Henri Godard dans la préface qu’il a rédigée pour Céline’s Big Band : Céline n’est « pas un écrivain pour écrivains, comme il en a périodiquement existé dans la littérature française, mais un écrivain qui, tout novateur qu’il est, et par là demandant parfois d’abord à son lecteur un effort d’adaptation, est capable de toucher quiconque, pourvu qu’il s’agisse d’un amateur de littérature ».

AF : Passons, si vous le voulez bien, à l’actualité célinienne. L’événement, chers lecteurs, est un séisme, et pour cause ! Combien de fois retrouve-t-on, des dizaines d’années après la mort d’un des plus grands auteurs français, des manuscrits totalement inédits ? Et il ne s’agit pas ici de quelques feuillets, de quelques pages, mais bien de milliers ! Pourriez-vous revenir sur l’histoire de ces manuscrits volés et retrouvés ?

Émeric Cian-Grangé : On le sait, le 17 juin 1944, se sentant menacé, Céline quitte la France en compagnie de son épouse et de leur chat Bébert. Il laisse dans son appartement plusieurs liasses de manuscrits qui auraient été volées par un faux résistant. C’est en août 2021 que les 6 000 feuillets manuscrits, retrouvés dans des conditions abracadabrantesques, sont dévoilés au public. Les faits sont bien connus, la presse a épuisé le sujet, je n’y reviendrai pas. Parmi ces documents figurent des liasses de plusieurs centaines de feuillets, révélant notamment deux inédits : Guerre et Londres. L’action du premier se situe dans les Flandres au début de la Grande Guerre, celle du second à Londres, en 1915. D’après François Gibault et d’autres, ces écrits apporteraient un éclairage exceptionnel sur le projet littéraire que Céline avait imaginé après la publication de son premier roman, à savoir un triptyque sur son enfance, la guerre et son séjour à Londres. Guerre semble être un manuscrit de premier jet, écrit deux ans après la parution de Voyage au bout de la nuit. Londres, le second inédit que Gallimard devrait éditer avant la fin de l’année, serait une ébauche de Guignol’s band (1944), dont on ne sait pas grand-chose pour le moment.

 AF : Pensiez-vous que ces manuscrits existaient réellement et, si oui, qu’ils pouvaient un jour revenir à la surface ?

Émeric Cian-Grangé : Les céliniens savent que l’œuvre de Céline est une transposition romanesque de sa vie et qu’elle repose toujours sur un fond de vérité. Concernant les manuscrits, les lecteurs attentifs avaient pu lire dans Féerie pour une autre fois : « Ils ont volé tout ce qu’ils pouvaient, fracassé tout ce qui était trop lourd !… ils ont brûlé les manuscrits… aux poubelles aussi, Guignol’s, Krogold, Casse-pipe ! mes offrandes ! » Et c’est convaincus de leur existence qu’ils espéraient les voir réapparaître un jour. Je fais naturellement partie de ces lecteurs. Certains spécialistes de Céline, à l’image d’Émile Brami, sont même partis à leur recherche, sans succès.

AF : Quel jugement pouvez-vous porter sur ce premier livre Guerre ? Quelles sont vos premières impressions ?

Émeric Cian-Grangé : Mon jugement n’a strictement aucune intérêt, je ne suis qu’ « un garçon sans importance collective ».

AF : Vous attendiez-vous à un tel succès auprès du public ? En réalité, qui lit Céline et pourquoi le lit-on encore ? Vos travaux et publications portèrent souvent sur cette question des lecteurs !

Émeric Cian-Grangé : Permettez-moi de citer Jean Guenot qui, dans Céline écrivain arrivé (Éditions Guenot, 1993), a écrit ceci : « Céline est un produit. Avec le temps, les conservateurs d’autographes, acheteurs de manuscrits aussi bien que destinataires ou détenteurs de correspondances, sont en droits de penser qu’il y a là des placements à long terme. […] Les manuscrits sont un autre pactole. Céline en a vendu de son vivant. Et il y a ceux qui ressortent on ne sait d’où. Ceux qu’a conservé un relecteur d’épreuves, un type ; ou un éditeur. Des paquets oubliés. Qui en est le propriétaire ? Celui qui détient l’objet avec la preuve d’achat. Il peut le revendre. Qui peut en autoriser la publication ? Seuls les ayants droits, pour la durée de la propriété littéraire. Tous ces manuscrits ont un intérêt scientifique, puisqu’on peut surprendre la petite musique en train de se faire. Mais en termes de produit, ce qui intéresse les chercheurs de papiers portant la griffe de Céline, ce n’est pas le style et la façon de l’approcher, mais principalement les plus-values. » Vous pensez bien que Gallimard a mis les petits plats dans les grands pour que le succès soit au rendez- vous. « Les éditeurs ?… […] acrobates d’arnaque ! leurs filouteries sont si terribles imbriquées au poil ! si emberlifiquées parfaites que ce serait l’Asile, toutes les camisoles que vous tentez d’y voir !… même à adorer… et de très loin !… comment ils s’y prennent !… » Qui lit Céline ? Vous, moi, Depardieu, Jean-Paul Sartre, Sonia Anton, François Bousquet, Nicole Debrie, Yannick Gomez, Serge Kanony, Marcel Aymé, Machin, Éric Mazet, Lucien Combel, Trucmuche, Yankel, le pape… À qui appartient Céline ? Pour qui écrivait-il ? Qui sont ses lecteurs ? Tous ceux qui, en accompagnant Ferdine « de l’autre côté de la vie », ont pris le risque d’aimer la littérature.

AF : Nous vous remercions d’avoir bien voulu répondre à nos questions et espérons que la publication de ces inédits de Louis-Ferdinand Céline puisse augmenter l’intérêt porté à ce géant de la littérature !

Propos recueillis par Guillaume Staub 

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⚜️ 11 heures : cérémonie au cimetière des Gonards


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