Les derniers événements survenus en Iran ne peuvent être compris qu’à la condition de les replacer dans leur contexte géopolitique global. Toute lecture qui se limite à une opposition binaire entre un « peuple » et un « régime » autoritaire relève d’une simplification excessive, largement nourrie par un narratif médiatique occidental dominant, aligné sur les priorités stratégiques des États-Unis et de leur allié israélien. Cette grille de lecture, si commode soit-elle, empêche de saisir les dynamiques profondes à l’œuvre.
Des manifestations réelles, anciennes et d’abord économiques
Il ne s’agit pas de nier l’existence de manifestations populaires en Iran. Celles-ci sont bien réelles, mais elles durent depuis des mois, voire des années, et s’inscrivent dans une conflictualité sociale de long terme. Leur origine est avant tout socio-économique : inflation persistante, dévaluation de la monnaie nationale, perte de pouvoir d’achat et difficultés quotidiennes dans un pays soumis depuis de nombreuses années à des sanctions américaines et européennes sévères.
Ces mobilisations visent principalement à dénoncer la cherté de la vie et la crise économique. En cela, elles ne diffèrent pas fondamentalement de mouvements observés dans d’autres pays, y compris en Europe. Elles ont d’ailleurs été autorisées par les autorités, le droit de manifester étant garanti par la Constitution iranienne. Présenter ces rassemblements comme une insurrection soudaine et homogène relève donc d’un contresens.
De la contestation sociale à l’émeute : infiltration et violences organisées
Comme cela se produit fréquemment ailleurs, des groupes organisés ont infiltré ces manifestations, détournant un mécontentement social légitime pour provoquer des émeutes violentes. Des attaques ont visé les forces de l’ordre, parfois avec des moyens décrits comme largement disproportionnés pour une simple contestation, causant des morts parmi ces dernières.
Plus préoccupant encore, et très peu relayé dans les médias occidentaux, des tireurs embusqués auraient été observés sur certains toits d’immeubles, visant indistinctement forces de sécurité et manifestants. Ce type de configuration n’a pas pour objectif de faire avancer des revendications sociales, mais de créer le chaos, d’alimenter la peur et d’accélérer une crise politique.
Un scénario déjà observé : Syrie, Irak, Libye
Ce schéma rappelle fortement les premières manifestations en Syrie en 2011. Présentées à l’époque comme des demandes de réformes, elles se sont rapidement transformées en guerre civile, sous l’effet de l’intervention de groupes armés extérieurs disposant d’un arsenal militaire incompatible avec un simple mouvement populaire. En Syrie comme en Iran aujourd’hui, des groupes se sont comportés comme de véritables forces combattantes face à l’État.
Le parallèle n’a rien d’anecdotique. En France même, lors de certaines mobilisations, des casseurs viennent régulièrement semer le trouble. Certains observateurs avaient d’ailleurs évoqué, lors du mouvement des Gilets jaunes, des tentatives d’ingérence ou d’amplification extérieure. Pourquoi ce qui est jugé possible en Europe serait-il impensable en Iran, pays placé au cœur d’enjeux stratégiques majeurs ?
Une séquence de tensions militaires régionales
Ces événements s’inscrivent dans une période de tensions extrêmes entre l’Iran, les États-Unis et Israël. En juin dernier, des agressions militaires ont eu lieu, suivies d’une guerre de douze jours : frappes israéliennes puis américaines sur l’Iran, représailles iraniennes par missiles balistiques en Israël, causant des dégâts importants et une panique réelle au sein de la population israélienne, poussant Tel-Aviv à demander l’aide directe de Washington.
Cette confrontation militaire ne semble pas avoir produit les résultats stratégiques escomptés. Dans ce contexte, le basculement vers une déstabilisation intérieure apparaît comme une option classique. En période de crise économique, acheter des relais, encourager des fractures internes et activer des réseaux clandestins devient plus aisé. Les services israéliens disposent de longue date d’un maillage opérationnel dans la région, souvent en coordination avec l’appareil américain. Des déclarations publiques ont d’ailleurs laissé entendre un soutien explicite aux groupes cherchant à pousser la contestation jusqu’au renversement du pouvoir.
Pourquoi l’Iran dérange
L’Iran dérange parce qu’il a profondément évolué depuis la révolution de 1979. Sur les plans technologique, militaire et stratégique, il est devenu un acteur incontournable du Moyen-Orient. Il a contribué à préserver les institutions syriennes en intervenant à la demande du gouvernement syrien reconnu, avant l’intervention russe.
L’Iran, comme la Russie, a également combattu l’État islamique et le Front Al-Nosra, organisations responsables d’attentats terroristes internationaux, notamment en France. Ces attentats ont contribué à tétaniser l’opinion publique et à nourrir des théories du « choc des civilisations », alimentant des fractures internes dans les sociétés occidentales. Dans le même temps, il est rappelé que des combattants liés à Al-Nosra ont été soignés en Israël, élément régulièrement évoqué pour illustrer les ambiguïtés régionales.
La Syrie comme laboratoire du chaos
La prise de pouvoir en Syrie, le 8 décembre 2024, par Ahmad al-Sharaa, connu sous le nom d’Abou Mohammed al-Jolani, ancien cadre du Front Al-Nosra, s’inscrit dans cette logique de recomposition brutale. Ce basculement aurait été rendu possible grâce à l’aide de la Turquie et surtout d’Israël, ce dernier ayant neutralisé l’armée syrienne par des bombardements massifs. Un discours de remerciement public à Israël aurait suivi.
La rapidité avec laquelle ce dirigeant a été réhabilité sur la scène internationale, reçu au plus haut niveau dans certaines capitales occidentales, a profondément choqué, notamment au regard du traumatisme encore vif des attentats islamistes en Europe. Dans le même temps, l’extension du contrôle territorial israélien en Syrie, sans réelle opposition du nouveau pouvoir, renforce l’impression d’une nouvelle architecture régionale imposée par la force.
Une stratégie de morcellement des États
L’ensemble de ces évolutions s’inscrit dans une thèse plus large : celle d’un affaiblissement délibéré des États du Proche et du Moyen-Orient par leur fragmentation en entités confessionnelles ou ethniques rivales — kurdes, sunnites, chiites, alaouites, druzes. L’Irak depuis 2003 et la Syrie en offrent des exemples frappants.
Cette dynamique servirait plusieurs objectifs : empêcher l’émergence d’États forts, multiplier les lignes de fracture internes et créer une dépendance sécuritaire durable. Elle permettrait également de justifier le caractère ethno-national de l’État israélien, renforcé par une loi fondamentale récente, et de légitimer l’idée qu’aucune coexistence plurielle n’est viable dans la région.
Séparatismes et risque de dislocation iranienne
Dans ce contexte, l’Iran est à son tour exposé à des revendications séparatistes : kurdes, Arabes du Khuzestan, Baloutches et, dans une moindre mesure, certains courants azéris favorables à un rattachement à l’Azerbaïdjan. Ces dynamiques, souvent encouragées de l’extérieur, font peser un risque majeur : celui d’un morcellement du pays, plutôt que d’une transition politique ordonnée.
Le mirage d’une restauration monarchique
Contrairement à certaines attentes, l’effondrement de l’État iranien ne conduirait vraisemblablement pas à une restauration monarchique. Le prince Reza Pahlavi, fils de Mohammad Reza Pahlavi, apparaît pour certains comme une figure d’espoir. Mais sa proximité affichée avec Israël, au moment même où ce pays bombarde l’Iran, pose un problème symbolique et politique majeur. Il est difficile d’imaginer qu’un prétendant au trône puisse incarner une légitimité nationale en s’affichant aux côtés d’un État en guerre contre son propre pays.
Cette question de légitimité est d’autant plus sensible que la dynastie Pahlavi elle-même est issue d’un coup d’État : Reza Khan, officier de la brigade cosaque, renverse la dynastie qajare en 1921, dans un contexte d’influence britannique, avant de devenir Reza Shah Pahlavi. En 1941, sous la pression des Alliés, il est contraint d’abdiquer au profit de son fils. Cette généalogie rend toute prétention à une continuité nationale incontestable profondément discutable.
Un enjeu mondial et une responsabilité française
L’Iran est aujourd’hui intégré dans une architecture multipolaire associant la Russie, la Chine, l’Inde, le Pakistan, ainsi que de nombreux pays d’Amérique latine et d’Afrique. Cet ensemble constitue une alternative à l’hégémonie américaine qui s’est imposée depuis la fin de la guerre froide. Un effondrement iranien aurait des répercussions bien au-delà de la région, fragilisant les équilibres globaux.
Dans ce contexte, l’intérêt de la France n’est ni l’alignement aveugle ni la moralisation sélective. Il réside dans une politique étrangère indépendante, fidèle à une tradition de diplomatie d’équilibre. L’expérience des vingt dernières années au Proche-Orient invite à la prudence : la destruction des États n’a produit ni démocratie ni stabilité, mais le chaos, l’exode et la radicalisation.
Critiquer un régime étranger depuis Paris est aisé. En comprendre la complexité et mesurer les conséquences d’une déstabilisation l’est beaucoup moins. L’histoire récente montre pourtant que, dans cette région du monde, les récits simplificateurs finissent toujours par se fracasser sur le réel.
« La liberté et l’égalité ne sont que l’amour de la domination et la haine de toute autorité qu’on n’exerce pas. » Louis de Bonald
C’est une idée largement reçue de nos jours que la démocratie serait la meilleure forme de gouvernement, voire la seule qui soit légitime et respectable. Toute autre forme de pouvoir ne serait qu’oppression et tyrannie, contre lesquelles on aurait le droit, et même le devoir, de se révolter. Cette étrange philosophie a été soutenue notamment par Jean-Jacques Rousseau dans son Contrat social.
Mais qu’est-ce, au juste, que la démocratie ? Qu’en ont pensé les Grecs, à qui on en attribue l’invention ? À ce sujet, il est bon de relire Platon qui, dans le livre VIII de La République, a proposé une théorie complète des différentes formes de gouvernement. On y apprend avec étonnement que Platon tient la démocratie pour l’une des pires constitutions qui soient. Il n’y a de pire, selon lui, que la tyrannie, dont elle n’est d’ailleurs pas si éloignée qu’on pourrait le croire.
La méthode suivie par Platon consiste à décrire, pour commencer, un État idéal dans lequel règne une parfaite justice, un État où chacun fait son travail, comme dans un organisme en bonne santé où chaque organe remplit correctement sa fonction. Cet État parfaitement organisé, dans lequel chacun accomplit la tâche correspondant à ses aptitudes, Platon l’appelle aristocratie, c’est-à-dire gouvernement des meilleurs, des plus vertueux. Cet État est sujet à une multitude de maladies, qu’on peut ramener à quatre formes principales : la timocratie (mot inventé par Platon), l’oligarchie, la démocratie et la tyrannie.
La démocratie s’établit généralement sur les ruines de l’oligarchie, qui est le gouvernement des riches, gouvernement qui porte en lui les germes de la guerre civile. C’est la guerre des pauvres contre les riches qui fait passer l’État de l’oligarchie à la démocratie :
« la démocratie apparaît lorsque les pauvres, ayant remporté la victoire sur les riches, massacrent les uns, bannissent les autres, et partagent également avec ceux qui restent le gouvernement et les charges publiques. »
L’un des caractères de l’État démocratique, c’est la liberté ou plutôt la licence qui y règne, et qui fait que « chacun organise sa vie de la façon qui lui plaît ». Aussi trouve-t-on des hommes de toute sorte dans cet État, et c’est ce qui en fait la beauté si particulière : « comme un vêtement bigarré qui offre toute la variété des couleurs, offrant toute la variété des caractères, il pourra paraître d’une beauté achevée. Et peut-être beaucoup de gens, pareils aux enfants et aux femmes qui admirent les bigarrures, décideront-ils qu’il est le plus beau. »
Platon énumère, dans des lignes pleines d’ironie, les avantages de cette liberté propre à la démocratie. Dans cet État, on est libre de ne pas faire la guerre quand les autres la font, mais aussi de la faire quand les autres ne la font pas. On est libre d’exercer les fonctions de juge, même lorsqu’on n’y est pas appelé par la loi. On peut être condamné à mort ou à l’exil, et rester néanmoins dans sa patrie et y circuler en public. L’homme politique n’y est pas tenu d’avoir suivi une formation spéciale : il lui suffit d’affirmer sa bienveillance pour le peuple et de se montrer docile aux volontés de celui-ci. Car, dans les États démocratiques, « on loue et on honore les gouvernants qui ont l’air de gouvernés et les gouvernés qui prennent l’air de gouvernants. »
Cet étrange renversement, dont l’origine se trouve dans la haine de toute autorité, s’étend à tout et pénètre jusque dans l’intérieur des familles. L’amour de la liberté se prolonge en amour de l’égalité. « Le père s’accoutume à traiter son fils comme son égal et à redouter ses enfants ; le fils s’égalise à son père et n’a ni respect ni crainte pour ses parents, parce qu’il veut être libre ; le métèque devient l’égal du citoyen, le citoyen du métèque, et l’étranger pareillement. » La même chose arrive dans les écoles : « Le maître craint ses disciples et les flatte, les disciples font peu de cas des maîtres et des pédagogues. »
Le même renversement se montre aussi, plus généralement, dans les rapports entre les générations. Tandis que, dans une société saine, les jeunes imitent leurs aînés et cherchent à leur ressembler, c’est l’inverse qui se produit dans la société démocratique : « les vieillards s’abaissent aux façons des jeunes gens et se montrent pleins d’enjouement et de bel esprit, imitant la jeunesse de peur de passer pour ennuyeux et despotiques. » Cette égalité et cette liberté, ajoute Platon, se retrouvent également dans les rapports mutuels des hommes et des femmes.
N’est-il pas étonnant de lire, sous la plume d’un auteur qui écrivait il y a vingt-cinq siècles, un portrait si fidèle de ce que nous avons sous les yeux ?
Ce « gouvernement agréable, anarchique et bigarré, qui dispense une sorte d’égalité aussi bien à ce qui est inégal qu’à ce qui est égal » porte en lui-même le mal dont il est condamné à périr. La liberté démocratique est comme un vin qui enivre. À mesure que l’ivresse s’empare des citoyens, ces derniers ne supportent plus aucune forme d’autorité, et « à la moindre apparence de contrainte, s’indignent et se révoltent. » La démocratie est une marche vers l’anarchie : « Ils en viennent à la fin, tu le sais, à ne plus s’inquiéter des lois écrites ou non écrites, afin de n’avoir absolument aucun maître. »
Mais la nature ne permet pas à la société de se dissoudre. De même que le désir insatiable de la richesse a causé la perte de l’oligarchie, le désir insatiable de liberté va perdre la démocratie et donner naissance à la dernière maladie de l’État, qui est la tyrannie.
La tyrannie trouve donc son origine dans la démocratie, à laquelle elle ressemble plus qu’on ne croit : le tyran réalise pour lui-même le rêve du démocrate : faire absolument tout ce qui lui plaît.
Jean-Luc Mélenchon est l’un des politiciens les plus arrivistes de la Cinquième République. Obscur rédacteur d’un journal local du Parti socialiste, il a grimpé tous les échelons de l’apparatchik modèle, non sans passer par le rocardisme, avant de se découvrir, une fois sénateur et propriétaire, des envies de tribun du peuple. Encore lui fallait-il trouver un peuple, puisque le peuple français avait depuis longtemps quitté une gauche qui, non contente de le tromper, l’avait abandonné. C’est alors qu’il se fit l’apôtre et le chantre de la nouvelle France, le petit Brésil créole à domicile. Tel est le premier des deux points sur lesquels il a raison, contre tout le camp républicain : sauf remigration massive, la France, telle que l’ont faite l’Histoire et la géographie, ses quarante rois, ses milliers d’évêques, ses peuples cousins soudés par la langue et la religion, son art de vivre, ses arts, ses armes, ses lois, n’existera bientôt plus ; elle a une durée de survie de moins d’un demi-siècle.
Sur tout le reste il a tort, gravement tort, complètement tort, tort en principe et en fait, tort jusqu’au trognon. Ses vues en politique étrangère sont sommaires quand elles ont quelque chose de juste ; elles sont plus souvent fausses et désastreuses. Sa façon de voir la société et l’économie est à la fois irréelle et démagogique ; ses propos et propositions sont dangereux. Même sa façon de diriger son parti est, à en croire ceux qui l’ont approché, catastrophique. Sans doute a-t-il acquis, à force, une certaine facilité d’orateur qui se remarque dans le désert d’aujourd’hui, mais cela ne remplace pas une idée juste ou une remarque utile : dans n’importe quel débat, il a tort.
Sauf quand il dénonce le chantage mafieux qu’exerce le système à travers les juges. Vous vous souvenez de cette séquence qui a fait le tour des réseaux sociaux, quand la police, après avoir perquisitionné chez lui, était venue perquisitionner au siège de La France insoumise. Il s’en était pris, en roulant des yeux et tordant la bouche, aux malheureux exécutants, en hurlant : « La République, c’est moi ! » Il était parfaitement ridicule, mais il avait parfaitement raison. Pas de gesticuler, ni de se poser en victime, ni d’affirmer que le procureur et les policiers violaient la loi. Mais de s’inquiéter d’un empiètement des juges sur la politique. Le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire sur les comptes de campagne de LFI et les conditions d’emploi des assistants des députés européens du parti mélenchoniste. Cette perquisition, toute légale qu’elle était, participait d’une intimidation des élus par le judiciaire. Il y a d’autres moyens d’obtenir des documents, d’une part. Et surtout, une fois qu’on admet par hypothèse l’élection au suffrage universel et le pouvoir des parlementaires, alors, dans le cas où le Parlement européen s’estime lésé par tel député ou tel parti, il peut traiter avec eux, sans faire du juge pénal français l’arbitre d’un litige privé : c’est une pression inadmissible sur l’indépendance des députés.
L’affaire vient de se répéter sous une autre forme, et, là encore, Jean-Luc Mélenchon a eu tort et raison. Une commission parlementaire vient de le convoquer le 2 décembre afin qu’il comparaisse devant elle pour s’expliquer sur les liens de LFI avec l’islamisme. Sur ces liens je n’ai aucune espèce d’information ni d’avis. Mais Manuel Bompard, le bras gauche du líder máximo français, a estimé que, cette commission ne comportant pas de membre d’extrême gauche, elle ne respecte « pas les règles » parlementaires et que « les insoumis ne doivent (donc) pas répondre à ses invitations ». Mais Jean-Luc Mélenchon, qui n’a malheureusement pas vu, dit-il, la convocation dans le fouillis de sa boîte aux lettres, propose une autre date. Il s’affirme « prêt à répondre à cette invitation bien que cette commission d’enquête ne respecte pas le règlement de l’Assemblée nationale » et bien qu’il ne soit plus député, ni responsable du mouvement, ni président du groupe parlementaire. C’est « en tant que coprésident de l’Institut La Boétie » qu’il se propose d’éclairer « la commission sur l’histoire de la pensée républicaine en matière de relations entre religion et politique ». Il a tort de penser, avec Bompard, que la commission parlementaire ne respecte pas les règles parlementaires, mais il a raison de se moquer de ses membres en affirmant son désir de profiter de l’occasion pour s’en faire une tribune gratuite et y vendre sa soupe.
Seulement, ce faisant, il annule le bon mouvement de 2018 contre l’usurpation des juges. La Chambre des députés, incapable de remplir son objet social, qui est de voter l’impôt, le budget et de produire quelques bonnes lois peu nombreuses, compense par un glissement vers le judiciaire qu’elle copie sur les États-Unis : ce sont des commissions d’enquête à tout va, pour un oui, pour un non, sur n’importe qui, chef d’entreprise ou candidat à la présidentielle. C’est la confusion totale : le législatif qui se fait juge et policier. Les robins qui veulent se faire aussi puissants que le roi, on a vu cela au XVIIIᵉ siècle, et ce fut catastrophique. Louis XV eut le bon sens de les renvoyer, son successeur le malheur de les rappeler, et ce fut la Révolution. Mélenchon a paru un moment s’opposer à leur prétention, mais c’était par simple intérêt tactique de démagogue révolutionnaire. Il aurait pu avoir exceptionnellement raison ; il a ordinairement tort.
Il a beaucoup plu en France ces derniers mois. Les nappes sont saturées sauf dans les Pyrénées Orientales. L’an dernier les Hauts de France ont été inondés plusieurs fois. Cette année, c’est la Bretagne. Normal, avec les tempêtes qu’il y a eu. Et cela continue. Chez moi, il y a de ces vagues, je ne vous dis pas! Dans le nord des Etats-Unis, il a fait un froid polaire, du jamais vu depuis des décennies. Même Trump a dû prêter serment à l’intérieur du Capitole, et non sur les escaliers comme la tradition le veut. A Los Angeles au contraire, il a fait plutôt doux, mais surtout très sec, et hyper-venté. C’est la Californie qui veut ça.
Quand les marchands de peur, au tournant des années soixante-dix, ont choisi de se renouveler un peu, levant le pied sur la bombe atomique et la surpopulation pour forcer sur le climat (U Thant, secrétaire général de l’ONU déclarait à New York en 1969 : « il nous reste dix ans pour sauver la terre »), ils ont fait preuve d’un profond sens psychologique. Qu’on soit surfeur, SDF, agriculteur ou concierge, on aime parler du temps qu’il fait. Cela apaise des angoisses profondément ancrées. Nostradamus, dans ses almanachs et pronostications, n’oubliait jamais, parmi ses prédictions effroyables, à côté des pestes, incendies, guerres, révolutions, de nommer les pluies, grêles, sécheresses et vents épouvantables. L’historien Denis Crouzet, qui a étudié ce qu’il nomme le réenchantement du monde, montre comment les humains de notre XVIe siècle décelaient, dans les catastrophes qu’ils étaient prompts à exagérer, autant de signes de la colère du ciel, autant de punitions pour les méfaits de l’humanité : c’est exactement ce que font aujourd’hui, avec les militants écologistes, les institutions internationales et les Etats signataires de l’accord de Paris, leur transition énergétique et leur Net Zéro.
Dans un monde réenchanté, on ne met jamais en doute ce que disent les sorciers. On craint la fonte des glaciers des Alpes, même si l’on sait qu’ils s’étendent aujourd’hui sur des hameaux jadis habités. On a oublié que Dunkerque était sous la mer du temps de Charlemagne. Que le Groenland que convoite Trump signifie pays vert. On assure que les optima climatiques signalés par l’histoire ne concerneraient que l’hémisphère nord – sans prendre garde que ledit hémisphère comprend les deux tiers des terres émergées et neuf humains sur dix. On tremble devant la température moyenne de la planète, même si l’on ne sait pas comment la définir ni la mesurer. On est sûr que le changement climatique fait de main d’homme provoque toujours plus de phénomènes météo extrêmes, sécheresses, cyclones, pluies diluviennes, alors même qu’un rapport scientifique déposé par un collectif de grands physiciens sous la direction de Richard Lindzen, cofondateur du GIEC, climatologue auteur de découvertes importantes, établit que ces phénomènes ne sont ni plus nombreux ni plus intenses que par le passé. En somme, on rêve et on se plonge volontairement dans un cauchemar.
Les terribles incendies de Los Angeles illustrent cet état d’esprit. La Californie est un laboratoire de l’arc-en-ciel. Le vert y est particulièrement militant. Le maire de L.A. a coupé les crédits des pompiers, le gouverneur interdit le débroussaillage. Or il a beaucoup plu en 2023 et 2024, ce qui a fortement accru la végétation, puis les précipitations se sont arrêtées, ce qui l’a fait sécher sur pied, puis il a venté, et, quelques mégots par-ci par là, sans doute pas tous accidentels, ont fait le reste. Ce que la malignité de quelques-uns et la sottise psittacisante de beaucoup ont provoqué, on le met ensuite sur le dos du changement climatique.
Donald Trump n’est pas le messie. En beaucoup d’occurrences, il décevra sûrement ceux qui l’adulent. Mais sortir de l’accord de Paris, exiger que les ayatollahs verts nous disent sur quoi ils se fondent pour condamner le CO2, tordre le cou au canular du réchauffement du climat par l’homme, c’est bien, important et fort. Sur cette imposture, comme sur l’imposture des genres, il est donc possible de faire quelque chose. Ploutocrate épaulé par l’autre ploutocrate, Elon Musk, Trump se comporte en l’affaire en monarque absolu, c’est-à-dire, comme l’enseignait Maurras, indépendant. Louis XIV était indépendant des féodaux qu’il avait matés et des puissances d’argent qui allaient bientôt peser sur tous les dirigeants. Le tandem Trump-Musk est de même indépendant, pour un temps (combien d’heures ou de mois ?) de ce composé philanthropique d’argent et d’idéologie qui décide de tout depuis que les démocraties se sont établies en Europe et en Amérique.
Avec Les Monstres, Dino Risi donnait en 1963, aux excentricités significatives de la société des trente glorieuses vert-blanc-rouge, le visage burlesque de Vittorio Gassmann et Ugo Tognazzi. En 1977, il accentua le trait, aidé de Scola, Monicelli, Ornella Muti et Alberto Sordi dans Les nouveaux monstres. Il creusait ainsi, à l’italienne, l’étymologie du mot monstre : sous le rire, l’excessif, le laid, le caricatural, le maladif, le grimaçant, l’inquiétant, l’anormal, est un signe, qui nous renseigne sur une vérité, en nous et au-dessus de nous. C’est ce que rappellent aussi nos faits divers, c’est pourquoi ils retiennent tant l’attention. On s’est écharpé et l’on continue de le faire autour de Pierre Palmade. Tuer un bébé dans le ventre de sa mère alors qu’on est saoul, sous drogue, et à la recherche de nouvelle drogue pour continuer une orgie homosexuelle dont la drogue est un élément déterminant, n’est pas défendable, le coupable en convient. Cela dit, que nous montre cette monstruosité ? Rien, ou presque : une société complètement noyée sous sa médiocrité et sa lâcheté. Car tout cela était toléré sous divers noms, liberté individuelle, plaisir, progrès, tant qu’il n’y avait pas mort d’homme. Ce fut même activement promu dans les années soixante-dix par une foule d’individus et d’associations qui se sont refait depuis une virginité morale.
Comme le café et le saucisson en temps de disette, ce qui touche au sexe occupe beaucoup de place dans les cerveaux des êtres humains de l’ère post-moderne. Les féministes et les LGBTQIA+ le savent et s’en servent, en particulier depuis 2017, l’affaire Weinstein et Metoo. Tout ce qui fait le buzz est bon pour monter à l’assaut du patriarcat et du mâle blanc, réputés responsables de tout ce qui va mal en la matière. Gérard Depardieu et l’abbé Pierre en ont fait les frais. Cela participe d’un spectacle de casse-boîtes où l’on doit dégommer un maximum d’idoles, qu’elles figurent des saints politiques ou des héros de cinéma. Beaucoup plus intéressant et révélateur de notre monstruosité est le procès des viols de Mazan.
De la première des victimes présumées (il n’est pas établi que ses fille, belle fille et petit-fils soient restés indemnes), Gisèle Pélicot, il n’y a rien d’autre à faire qu’à la plaindre, en déplorant qu’elle ait refusé le huis-clos, amenant ainsi, pour un illusoire bénéfice politique, un surcroît de malheur sur sa famille. Le bénéfice politique espéré est le suivant : informer vraiment le public, lui mettre sous les yeux, lui faire toucher du doigt, en somme lui faire ressentir et comprendre vraiment, en quoi les faits sont monstrueux et significatifs. Cette intention en soi n’est pas mauvaise, même si elle suppose des révélations et des images souvent répugnantes, sans exclure un certain voyeurisme. Mais là où cela devient vraiment moche et contre-productif, c’est quand la victime et les associations qui la soutiennent se trompent (volontairement) d’analyse et transforment le procès des viols de Mazan en le contraire de ce qu’il est.
Premier contre-sens, le procès de l’ancien mari Dominique Pélicot et des 51 individus qui sont venus l’aider pendant dix ans à déshonorer son épouse serait celui de “Monsieur tout le monde”. Cela a été écrit et répété, et veut dire que le monstre post-moderne a changé de face : ce n’est ni Jack l’éventreur ni l’immigré qui rafle par dizaines les jeunes Allemandes la nuit de la Saint-Sylvestre. Le nouveau monstre, ce serait vous et moi, l’époux, le père, le frère, le fils. Eh bien, c’est un premier mensonge, et grave, et fondateur. 23 des 51 accusés ont été condamnés par la justice, et il suffit de consulter la fiche Wikipédia du sieur Pélicot pour constater que ce n’est pas Monsieur tout le monde. On juge ici des malades et des repris de justice, nullement représentatifs du Français moyen.
Le deuxième contre-sens est lié au premier. Si l’on prétendait faire le procès de Monsieur tout le monde, c’est pour mieux faire dans la foulée celui du “patriarcat” et de la “culture du viol” pour laquelle notre société aurait censément toutes les faiblesses. La défense de Dominique Pélicot se résume d’ailleurs à dire que tous ses co-accusés savaient qu’ils allaient perpétrer un viol, afin de dégager sa propre responsabilité (il a eu le culot d’évaluer le partage des torts, comme si on lui demandait quelque chose, à 60 %- 40 %) d’une part, et de l’autre de satisfaire ceux qui instrumentalisent l’affaire, afin d’en tirer quelque indulgence. Or, bien que le président ait mené les débats comme s’il ne fallait pas élucider les faits, on voit bien, au détour d’un interrogatoire que c’est une fausse piste. Le dossier « ma fille à poil », les vidéos des belles-filles nues, la proposition de “jouer au docteur” avec un petit-fils, les photos et vidéos osées de Gisèle réveillée, tout cela montre un pervers sans frontières et suggère tout autre chose que le patriarcat ou la culture du viol : un dérèglement général où le “narratif du film porno” et les « soirées libertines » semblent le plus important. Disons les choses simplement : le procès des viols de Mazan est en fait le procès de la chienlit d’après 68, enfant banal et atroce du péché et de la sottise. Voilà ce que montrent de notre société nos nouveaux monstres, Dominique Pélicot et ses « invités ».
Emmanuel Macron et Michel Barnier (alors négociateur pour la Commission européenne) à l’Élysée le 31 janvier 2021. Ludovic Marin/AFP
Dans le cadre de la Nuit du Droit1 , la fédération française de débat et d’éloquence organisait le 3 octobre dernier, au Sénat,un « procès fictif » portant sur la révision de la constitution de 1962
La question était la suivante : cette révision constitutionnelle voulue et instaurée par le président de la République d’alors, Charles de Gaulle, doit-elle être qualifiée de « forfaiture » comme l’affirma le président du Sénat d’alors, le radical Gaston Monnerville ? De jeunes talents oratoires étaient appelés à plaider sur le sujet. Rappelons rapidement les faits : l’attentat du petit Clamart (22 août 1962) qui le visait offrit au Général une fenêtre de tir pour lancer une réforme qui lui tenait particulièrement à cœur ; celle de l’élection du président au suffrage universel direct. Il demanda au peuple de l’approuver par referendum. Il avait été lui-même élu par un collège de 80.000 grands électeurs et désirait donner au chef de l’État une légitimité populaire. Les oppositions, de l’extrême gauche à l’extrême droite, voyaient dans ce projet une rupture de l’équilibre entre exécutif et législatif, ouvrant la porte au « pouvoir personnel » et à « l’aventure ». Elles jugeaient que la procédure par referendum violait gravement la Constitution – d’où l’emploi du mot « forfaiture ». Dans ses Mémoires d’espoir qu’il faut lire, De Gaulle explique longuement qu’il était bon juge des intentions de la Constitution et que ses opposants lui avaient donné leur aval lors de sa rédaction. Eux développèrent une argumentation juridique copieuse pour démontrer le contraire. Le Conseil d’Etat attaqua De Gaulle pour l’affaiblir. Une motion de censure fut déposée à l’assemblée nationale et largement approuvée. A ce jour, c’est la seule fois où cela s’est produit sous la V e république. Pompidou présenta sa démission. L’assemblée fut dissoute. Il fut renommé. Le referendum eut lieu et la réforme fut approuvée à une majorité de 62 %. Des élections législatives organisées dans la foulée accordèrent une nette majorité aux gaullistes et aux républicains indépendants de Giscard qui avaient fait campagne pour le oui. Monnerville saisit le Conseil, constitutionnel pour faire annuler le referendum, le Conseil se déclara incompétent par sept voix contre deux, celles des deux anciens présidents de la République, Vincent Auriol et René Coty.
Cette réforme est fondamentale à plusieurs égards :
Appelé en 1958 par des élites républicaines en marmelade, incapables de faire face aux événements, comme le maréchal Pétain l’avait été en 1940, De Gaulle se trouvait menacé, une fois sa besogne accomplie, d’être congédié par les partis requinqués. Il lui fallait les mettre au pas et placer l’exécutif à l’abri des fantaisies des chambres et des partis. Sa réforme fut un peu l’équivalent du renvoi des Parlements par de Maupeou2.
La deuxième raison explique le choix du referendum. A l’automne 1962, le général De Gaulle n’avait pas plus de majorité parlementaire que Macron aujourd’hui. Le sénat lui était hostile et l’assemblée nationale ne le suivait plus. Au début de la première mandature de la V e République, au premier janvier 1959, l’UNR (le parti gaulliste) ne comptait que 206 députés sur les 579 élus en Métropole, dans les outremers et en Algérie. Pourtant, tout au long de la guerre d’Algérie, le Général a bénéficié d’une solide majorité de fait. D’abord, sur sa politique Algérie française, avec une grosse part des Indépendants et le groupe Unité de la République. Puis, sur sa politique Algérie algérienne,avec une grosse part des indépendants, le MRP, les socialistes, et le centre laïc. Mais une foi l’indépendance algérienne acquise, ne demeuraient fidèles que 205 UNR sur 551 sièges en exercice. Ce qui restait du groupe Unité de la République, renommé extrême droite pour sa fidélité à l’Algérie française, lui était violemment hostile et tout le reste de l’arc républicain, à part un petit groupe d’indépendants groupés autour de Giscard qui pensait à son avenir, attendait tranquillement que le gaullisme tombe comme un fruit mûr. A l’automne 1962, Le Monde titra d’ailleurs sur la « crise de régime », et c’est pour sauver son régime et trouver la majorité qu’il n’avait plus que le général De Gaulle lança sa réforme.
Comme on le voit, Macron n’est pas dans une situation inédite. A cet égard, on peut noter deux différences capitales. Un : De Gaulle a pu trancher en sa faveur parce qu’il disposait d’une grosse majorité populaire qui s’était exprimée lors du referendum. Une écrasante majorité populaire s’est au contraire déterminée contre Macron lors des Européennes, sorte de plébiscite inverse. Deux : De Gaulle était prêt à s’en aller en cas d’échec (ce qu’il allait faire d’ailleurs sept ans plus tard après le referendum manqué de 1969), ce qui n’est pas le cas de Macron qui multiplie les échappatoires pour s’en sortir, le gouvernement Barnier apparaissant comme sa dernière carte. Il apparaît surtout que les objectifs de ces deux présidents sont radicalement opposés. Quels qu’aient été les fautes ou les crimes de De Gaulle, il avait le sens de l’Etat et la volonté de renforcer la souveraineté nationale à travers un Exécutif fort : Emmanuel Macron au contraire agit en promoteur de l’Europe mondialiste et multiplie les excentricités à la limite de l’abus de pouvoir pour discréditer la fonction présidentielle et saper la souveraineté nationale.
Martin PELTIER
Notes de bas de pages
1 La Nuit du Droit existe depuis 6 ans. A l’occasion de cette évènement annuel, les citoyens ont la possibilité de rencontrer les professionnels du droit et de s’entretenir avec eux, en toute liberté (théorique) de leurs pratiques respectives et du fonctionnement de la justice en général. 2 Magistrat et homme politique français sous Louis XV puis Louis XVI (garde des sceaux et Chancelier), il est resté célèbre pour sa réforme de la justice et des parlements, en 1771.
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