IN MEMORIAM : JUDITH REISMAN

IN MEMORIAM : JUDITH REISMAN

Hommage de Marion Sigaut à Judith Reisman

En 1966 Judith Reisman, âgée de 32 ans, menait une vie heureuse d’épouse et de mère comblée, quand le ciel lui tomba sur la tête. Constatant que sa fille Jenny, âgée de dix ans, semblait perdre le goût à la vie, elle la pressa de questions et dut, pour qu’elle accepte de parler, lui jurer qu’elle ne dirait rien à la police. La petite lui avoua alors que le voisin du dessus l’avait violée de façon répétitive, en lui assurant qu’elle finirait par aimer ça. Le violeur avait 13 ans.

Là ne s’arrêta pas la série des mauvaises nouvelles. Judith voulut s’épancher auprès d’une vieille tante assez collet-monté, et d’une ancienne copine de fac de son âge. Les deux femmes, de deux générations différentes et séparées géographiquement par des centaines des kilomètres, lui assurèrent toutes deux que, sans aucun doute, la petite l’avait cherché : Judith ignorait donc que les enfants sont sexuels dès leur naissance ?

La vie de Judith ne revint jamais à la normale : elle venait d’entrer dans le monde terrifiant de la réalité qui se cache derrière la façade. Elle découvrait le monde selon Kinsey. Kinsey l’imposteur, le père de la révolution sexuelle, l’auteur de rapports pseudo scientifiques qui firent le tour du monde et, en l’espace d’une génération, réussit à totalement renverser les valeurs. Dans le monde selon Kinsey, les enfants violent d’autres enfants et les parents qui s’en offusquent sont des ringards qu’il faut remettre dans le droit chemin puisque, Kinsey nous l’affirme, les enfants sont sexuels dès leur naissance.

Judith Reisman sillonna la planète, de colloques en congrès, de conférences en interviews pour dénoncer ce qu’elle avait découvert : les autorités (américaines et internationales, médicales, éducatives, politiques ou autres), cautionnaient, divulguaient et promouvaient les faux travaux d’un vrai pervers qui, après avoir fait violer des centaines de gosses par des prédateurs pédophiles, partit assurer à la face du monde que les évanouissements, les hurlements et convulsions des malheureux étaient des orgasmes.

La sexualité infantile fit ainsi son entrée fracassante dans la norme, il fallait tout revoir : l’éducation sexuelle, la définition du viol, la notion de consentement, la norme sexuelle également. Les faux travaux de Kinsey, financés par la fondation Rockefeller et protégés par la CIA, allèrent de par le monde assurer la promotion de l’homosexualité, la notion de genre en lieu et place de l’identité sexuelle, de l’avortement comme un bienfait, du vagabondage et l’infidélité comme la norme. L’apparition de la pilule et l’invasion monstrueuse d’une pornographie de plus en plus violente ont, l’espace d’une génération, relégué l’amour, le respect de l’autre, l’intimité et la fidélité au rang des vieilles lunes. Désormais le sexe c’est pour jouir, jouir est un droit, honni soit qui mal y pense.

Dans tout le combat que mènent, depuis quarante ans, les citoyens alertés par l’horreur du danger qui guette les enfants, on trouve à un moment ou un autre, les travaux de Judith Reisman. Elle a eu beau déclencher les foudres des lobbies de la honte et des plus puissants relais médiatiques qui la traitent de tous les noms, imperturbablement son message a traversé les frontières, atteint les associations familiales, les gouvernements, les dissidents, les combattants…

C’est en la voyant un jour brandir le poing en direction d’un collaborateur de Kinsey goguenard qui lui faisait face sur un plateau de télévision, que j’ai décidé qu’il fallait que je la rencontre. Ce fut l’une des plus belles rencontres de ma vie. Je l’ai rejointe à Zagreb où des associations catholiques croates l’avaient invitée à présenter son dernier livre et là, j’ai vu l’une des scènes les plus émouvantes qui soient.

Judith avait été élevée dans une famille d’origine juive qui avait quitté l’Allemagne pour l’Amérique juste avant la catastrophe (le reste de sa famille disparut dans la tourmente). Chez ses parents on professait un athéisme tout jacobin et imprégné de marxisme. La religion, c’était l’opium du peuple !

Seulement voilà : ça, c’était avant de voir le diable. Comment appeler autrement la découverte de ce monstre pédocriminel qui corrompt, année après année, toutes les institutions en charge des enfants et permet qu’on les enlève, qu’on les maltraite, qu’on les viole et qu’on les tue… Quand elle prit la mesure de l’épouvante, Judith comprit que le diable était à la manœuvre. Et, du même coup, que ce n’était pas lui qui avait créé le monde. Judith est venue à Dieu par la découverte du diable. Et je suis le témoin que cette découverte la traversa au tréfond de son âme.

À Zagreb, devant un petit sanctuaire marial chéri des habitants dans l’encoignure d’une ruelle, quelques centaines de Zagrébois récitèrent un rosaire autour de Judith qui vécut là un moment d’extase. « C’est le plus beau moment de mon existence » » m’avoua-t-elle à la fin.

 En France, ce sont deux éditeurs aussi dissemblables que Kontre Kulture et les éditions Saint-Rémi qui la publièrent pour la première fois en français. Récemment, elle me fit parvenir une étude d’une centaine de pages montrant la collusion entre la Cia, Kinsey et l’institut Rockefeller qui menèrent à bien d’épouvantables expériences sur des cobayes humains. Jusqu’à son dernier souffle Judith Reisman travailla à découvrir l’indicible, à démonter les réseaux, et à œuvrer à les faire connaître au plus grand nombre.

Judith vient de nous quitter. Elle s’est éteinte chez elle le 9 avril dernier, deux jours avant son 86e anniversaire. Nous n’entendrons plus sont rire clair, elle ne nous fera plus ses facéties irrésistibles. Judith était un océan d’amour, de bonté, de gentillesse et d’intelligence. Judith n’est plus.

Dieu l’accueille en son royaume.

Marion Sigaut 

 

Ses deux livres disponibles en français

  • Kinsey, la face obscure de la révolution sexuelle, Saint-Denis, éd. Kontre Kulture, 2016. Préface Marion Sigaut
  • Judith Reisman (trad. François Thouvenin, préface. Marion Sigaut), La subversion sexuelle née des rapports Kinsey, Paris, Saint-Rémi, 2017

La vidéo de Zagreb

https://www.youtube.com/watch?v=JoGHQGDpMUw&t=3s

L’article sur la troïka diabolique

https://strategika.fr/wp-content/uploads/2020/12/Kinsey-Rockefeller-et-la-CIA-philanthropie-et-r%C3%A9volution-sexuelle-au-service-du-Nouvel-ordre-mondial..pdf

La vidéo qui va avec 

https://www.youtube.com/watch?v=emKX8pd42aY&t=430s

 

FOLIES ET ILLUSIONS PRESIDENTIELLES : C’EST REPARTI POUR UN TOUR

FOLIES ET ILLUSIONS PRESIDENTIELLES : C’EST REPARTI POUR UN TOUR

https://media.medias-presse.info/wp-content/uploads/2020/03/bourbon-rivarol-mars20.jpg

Bien que le Royaume-Uni soit une monarchie constitutionnelle et que le pouvoir et l’influence de la famille royale soient plus que limités sur les destinées du pays, la mort du duc d’Edimbourg, le prince Philip, à quelques semaines de son centième anniversaire et après 73 ans de mariage avec la Reine, a suscité une forte émotion et une forme d’unanimisme en Grande-Bretagne qui est loin des querelles électorales habituelles et des questions d’ego. Non que la royauté britannique soit un modèle pour nous, tant s’en faut, vu la décadence de ses mœurs et ses positions judéo-protestantes, politiquement correctes et mondialistes (le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a d’ailleurs été le premier chef de gouvernement au monde à rendre hommage à la dépouille de l’ex-époux d’Elisabeth II, en saluant dans le prince défunt « un ami d’Israël » de longue date, c’est tout un symbole, on est vraiment loin d’un saint Louis !), mais, en dépit de tout ce qu’il faut à bon droit lui reprocher, la monarchie britannique, malgré la déliquescence continue de la Grande-Bretagne, incarne une certaine continuité historique dans le pays et reste le seul élément unissant encore aujourd’hui les Britanniques, le dernier et fragile ciment de leur unité. La distinction et l’élégance parfaites de la Reine, sa discrétion aussi, la longévité exceptionnelle de son règne (qui atteindra soixante-dix ans le 6 février 2022 ; elle pourrait battre la durée de règne de Louis XIV — 72 ans ! — courant 2024, faisant d’elle alors le souverain ayant régné le plus longtemps en Europe, sauf que le règne du Roi-Soleil était, lui, personnel et a assuré la grandeur de la France tandis que le long règne essentiellement symbolique d’Elisabeth II correspond à la décadence du Vieux Continent en général et du Royaume-Uni en particulier) sont très appréciées des Britanniques.

Même s’il s’agit essentiellement d’un symbole, d’une image, d’une apparence (mais après tout les apparences aussi comptent dans la vie des peuples, et dans la vie tout court), on ne peut nier qu’un discours de la Reine, en partie à cause de sa rareté, mais aussi à cause de la dignité qu’elle dégage, de son maintien, de sa longévité, de la solennité de ses propos, en impose davantage qu’une vulgaire allocution d’un Macron ou de tout autre politicien. Et c’est là qu’on voit que, malgré tout, une monarchie, même constitutionnelle, même abâtardie et en grande partie dévoyée, présente mieux et unit mieux un peuple que la République. Elle suscite davantage de respect et de considération que n’importe quel politicien élu. Car dans l’inconscient des peuples la monarchie, la royauté riment avec la grandeur, le prestige, la vertu, le sacré, le beau, le bien. Même si ces nobles principes, ces magnifiques réalités se conjuguent hélas au passé.

Dans un an presque jour pour jour devrait en principe avoir lieu le premier tour de l’élection présidentielle en France. Le quinquennat adopté en septembre 2000 a encore renforcé l’importance et la fréquence de l’élection-reine de la Ve République, mettant fin au septennat adopté en 1875 par une Assemblée nationale alors majoritairement monarchiste. L’élection présidentielle au suffrage universel est pourtant une novation relativement récente dans nos institutions puisque la Constitution de 1958 donnant naissance à la Ve République ne le prévoyait pas. C’est le général De Gaulle, un mois après l’attentat manqué du Petit-Clamart qui annonce, dans une allocution télévisée, le 20 septembre 1962, sa volonté d’inscrire dans la Constitution l’élection du président de la République au suffrage universel, remplaçant l’onction sacrée et divine des rois de France par l’onction populaire. Près de soixante ans après son adoption, on ne dira jamais assez combien cette réforme a eu des conséquences dévastatrices aggravant le poids des partis politiques, le culte de la personnalité avec la création d’écuries présidentielles, l’importance de l’image, de l’apparence et de l’ego au détriment des idées, d’un corpus doctrinal, de l’élaboration d’un grand dessein, de la recherche du bien commun. RIVAROL s’était fermement opposé à l’époque à cette réforme, prévoyant et prédisant que, loin de résoudre les problèmes se posant à notre nation, elle les aggraverait considérablement. C’est exactement ce qui s’est passé.

Le fait est que plus l’on vote, plus l’on fait voter les gens, plus les choses vont mal. Ces dernières décennies trois nouveaux scrutins ont été créés : l’élection présidentielle au suffrage universel direct instituée en 1962 et mise en œuvre concrètement depuis 1965, tous les sept ans, puis tous les cinq ans depuis 2002, les élections européennes tous les cinq ans depuis 1979 et les élections régionales tous les six ans depuis 1986. Et l’on a ajouté des tours de scrutin : les régionales qui étaient initialement au scrutin proportionnel à un tour sont désormais un scrutin à deux tours avec prime de 25 % à la liste arrivée en tête au deuxième tour.

Dans sont dernier ouvrage intitulé Une nouvelle ère : le coronalithique (aux éditions de Chiré pour 19 euros), consacré à l’absurdité de notre temps de coronalithique où l’on ne sait plus penser grand et où tout est étriqué, le coruscant Jean-Claude Martinez explique en conclusion que le premier des clusters dont il faudrait se débarrasser vu sa nocivité, c’est l’élection présidentielle au suffrage universel. Il n’est plus question désormais de choisir un chef qui va présider aux destinées de la nation et qui doit avoir les compétences et la vista nécessaires mais un morne politicien aux ordres de l’oligarchie financière et cosmopolite. Il faut se débarrasser du virus électoraliste et des illusions de l’élection présidentielle. Une nation a besoin de durée, de stabilité, de calme pour pouvoir perdurer, se développer, prospérer. Sa grandeur, sa pérennité sont radicalement incompatibles avec le choc des ambitions individuelles, les intérêts antagonistes des factions rivales, la fugacité des mandats électifs, les variations des programmes, les mensonges des carriéristes, la démagogie outrancière et répugnante des candidats et des partis, la puissance des forces anonymes et vagabondes qui agissent comme des marionnettistes faisant s’agiter des pantins pour tromper des nigauds pendant qu’elles font prospérer leurs affaires si peu catholiques mais ô combien lucratives et nuisant gravement à l’intérêt général.

Si les peuples européens pouvaient ne plus du tout s’illusionner au sujet de la démocratie et de l’électoralisme, et ne plus communier en rien à ces rites, ni croire à ses faux dogmes, ni applaudir ses personnages prétendument providentiels, et en fait choisis et cooptés par l’oligarchie à travers le filtre des 500 signatures, la sélection médiatique, le tri opéré par le financement public des partis politiques, alors un premier et grand pas serait fait vers leur délivrance, la lucidité étant l’un des principaux et plus nobles outils de l’intelligence humaine. Un instrument hélas généralement peu et mal utilisé en politique.

Jérôme BOURBON, RIVAROL

Leur Europe, nos identités

Leur Europe, nos identités

 

 

I – Le contast, volet 1

Notre identité nationale, et notre souveraineté, qui est à une nation ce que la liberté est à une personne, sont attaquées.

Physiquement d’abord, par l’effet conjugué de la dénatalité, d’une immigration massive et incontrôlée et de la prégnance chez les « élites » en France, comme au Parlement européen, de la « culture de mort », ainsi que le démontre aujourd’hui la loi dite de « bioéthique ».

Moralement ensuite, par la guerre psychologique visant, par des repentances à répétition à désarmer notre peuple, et spécialement les plus jeunes, en leur inculquant un sentiment de dégoût de leur nation et de culpabilité collective, comme « l’affaire » Adama Traoré l’a montré.

Sur le plan institutionnel, c’est la dissolution de l’État français dans l’Union Européenne. Une Union discréditée, mais que le récent « plan de relance » vise désespérément à renforcer. Car il n’y a d’autre raison qu’idéologique à ce marché de dupes, dans lequel la France versera beaucoup plus qu’elle ne recevra, et ne sera même pas libre de l’usage de sa portion congrue !

 Contre l’Europe ?

Il est fait grief aux Nationaux d’être « contre l’Europe ». À tort : il serait aussi stupide pour les patriotes d’un pays d’Europe d’être « contre l’Europe » qu’il le serait pour des Africains d’être « contre l’Afrique », ou pour des Asiatiques d’être « contre l’Asie », etc. Nous ne sommes pas contre l’Europe, puisque nous vivons en Europe. Nous reconnaissons aussi un patrimoine commun aux peuples d’Europe, même s’ils sont très divers. Et comme le voisinage impose des relations, nous préférons naturellement que celles-ci soient pacifiques et fructueuses, plutôt qu’agressives ou stériles. Les nationaux ne sont donc ni « contre l’Europe » en tant que réalité géographique, humaine et culturelle, ni même contre toute forme de coopération européenne.

Super-Etat Eurocratique

Mais nous sommes résolument contre l’escroquerie qui consiste, sous couvert de cette coopération, à instaurer un Super-Etat destructeur de nos identités particulières, de nos  souverainetés, de nos libertés. Et cela sans même édifier un  ensemble véritablement européen, mais un espace euro-mondialiste  ouvert à tous les vents.

Car cet espace est ouvert à tous les flux de personnes, et même à l’avant-garde d’une colonisation de peuplement venue  d’autres continents, d’autres ethnies, d’autres cultures. Il est ouvert à toutes les marchandises, même fabriquées à vil prix, en Asie, en Afrique ou ailleurs, par les nouveaux esclaves des temps modernes : ouvriers surexploités ne disposant d’aucun droit social ou syndical. Il est ouvert à tous les capitaux, même si ce sont  des instruments de domination et de contrôle de ce qu’il nous reste d’industrie par des puissances étrangères, ou des fortunes anonymes et vagabondes.

L’indépendance en héritage

Ce que nous combattons donc, ce sont les évolutions actuelles de l’Union européenne. Et ce refus du Super-État Eurocratique ne fait pas de nous des anti-européens. Au contraire ! Nous nous inscrivons dans la vraie tradition européenne. Géographiquement, l’Europe n’est qu’une petite péninsule à l’extrémité de l’immense continent asiatique. Mais politiquement, c’est elle qui a inventé la liberté et l’égalité des nations. Modèle unique sans équivalent ailleurs : ni le modèle chinois traditionnel, avec ses cercles concentriques de subordination à l’empereur « fils du Ciel », ni le modèle islamique du Khalifat, confondant pouvoir religieux et politique, ni le modèle marxiste de domination de la « patrie des travailleurs » sur ses  satellites n’en offrent d’exemples.

Ce modèle européen de nations libres, égales, souveraines et donc indépendantes, se gouvernant sans ingérence extérieure, puise ses plus anciennes racines dans les Cités grecques, distinguant dans leur ligues et amphictionies l’hegemon du despotès, pratiquant entre elles l’arbitrage ; il est le fruit de l’émergence des États dotés de la summa potestas chère au grand juriste et philosophe français du seizième siècle Jean Bodin ; il repose sur les principes juridiques du droit des gens européen (le droit international), et sur le principe politique du justum potentiae equilibrium : le « juste équilibre des puissances ».

Or, ce droit international est en constant recul. L’arrogance des forces mondialistes, la substitution de la sensiblerie à la raison, la manipulation des opinions, tout y concourt.

Les effets de cette décomposition sont terrifiants. L’abandon de notre souveraineté a pour effet la soumission de notre droit, même le plus élevé (la constitution, les lois), à la réglementation bruxelloise, même la plus subalterne. Cela va très au-delà de ce que prévoyait l’article 55 de la constitution, qui ne subordonne les lois françaises qu’aux traités, et encore, sous réserve de leur application par nos partenaires, clause de réciprocité jamais invoquée !

Strasbourg menacé

Un symbole éclatant de ces abus, parmi d’autres, est la question du siège du Parlement européen : depuis des années, les Eurocrates et leurs alliés veulent transférer ce qui reste des activités de Strasbourg à Bruxelles, où siègent déjà la Commission et le Conseil. Ceci dans le but de faire de Bruxelles le « district fédéral » du nouvel Empire. Mes collègues députés européens français, flamands, allemands de la Coordination des droites européennes étaient, eux, unanimes dans leurs défenses du siège de Strasbourg. Nous avons, avant tous autres, tiré la sonnette d’alarme. Or, sous prétexte de réunion du Bureau du Parlement « étendu à tous les députés », concept absurde et illégal créé pour la circonstance, le Président socialiste Baron Crespo a réussi à imposer des réunions plénières à Bruxelles. On y a construit parallèlement, sur fonds privés, en totale illégalité, un hémicycle qui fut, sitôt achevé, loué à prix d’or au Parlement, dans les dernières heures du mandat de ce Président !

Au delà des clivages partisans, les responsables politiques français auraient dû s’opposer à ces violations des traités et du règlement. À commencer par l’ancienne mairesse socialiste de Strasbourg, Mme Trautmann, alors euro-député. Ils auraient dû mobiliser contre ces manœuvres tous ceux qui, comme nous, étaient prêts à les épauler. Par faiblesse, aveuglement, complicité ou sectarisme, ils n’ont rien fait. Les votes contre Strasbourg s’additionnent au Parlement européen, et, si celui-ci (et non les États-membres) était maître du choix de son siège, Strasbourg serait balayé en un quart d’heure. Je n’exagère rien.

Boulimie totalitaire

Cette affaire résume, soit l’incurie, soit la soumission , des élites politiques, notamment françaises. Mais il y a beaucoup plus grave. Je recommandais en 2005 de visionner sur YouTube le message de l’ancien dissident russe Boukovski, qui  allait jusqu’à parler d’Union Soviétique Européenne. Il concluait sans équivoque : « J’ai vécu votre futur, et ça n’a pas marché ».

Ce dont parlait Boussovski, c’est un ensemble dont les dirigeants ne peuvent être ni choisis, ni révoqués par les peuples, ni même connus d’eux. Des dirigeants qui cependant tendent à régir tous les domaines de la vie politique, économique, sociale, et jusqu’aux aspects les plus intimes de la vie de plus de quatre cents millions d’européens. Car ce « Super-État », qui n’est plus, ni confédéral ni fédéral, agit désormais comme un État centralisé.

L’Eurocratie légifère sur tout. Sur la largeur des béquilles des cyclomoteurs ; sur le point de savoir si le corbeau freu, la pie grièche, le choucas des clochers, doivent ou non être protégés, par une réglementation unique, applicable de l’Algarve à la Laponie et de Brest à Nicosie (Directive « Oiseaux ») ; sur le changement de prénom des transsexuels ; sur la teneur en graisse du chocolat, etc. En quatre jours de session à Strasbourg : plus de textes qu’en six mois à l’Assemblée Nationale française.

Bruno Gollnisch

MACRON POURRAIT NE PAS SE REPRESENTER EN 2021

Macron pourrait ne pas se représenter aux prochaines élections présidentielles car il n’est pas sûr d’un scénario lui assurant sa victoire : un face-à-face avec Marine Le Pen au second tour du scrutin. Il attendra l’évolution de la scène politique interne et notamment la course aux candidatures surtout à droite, pour le faire. Ses démarches en vue de l’annulation ou du report des élections régionales n’ayant pas abouti jusqu’à présent, le résultat de ces élections mais aussi les sondages feront émerger soit un candidat fort à droite ou bien l’émergence de plusieurs candidatures : celle de Xavier Bertrand, de Bruno Retailleau ou de Christian Jacob.

 La candidature de ce dernier semble être soutenue par Nicolas Sarkozy, ainsi que celle de François Baroin. L’ancien Chef de l’État pense que ces derniers sont dépourvus d’une chance de passer au second tour. Ainsi, en multipliant les candidatures à droite, avec le maintien de celle de Xavier Bertrand, le passage d’Emmanuel Macron au second tour pourra être possible. Il sera donc opposé à Marine Le Pen à l’instar des dernières élections, ce qui lui assurerait sa victoire.

Mais rien n’est clair pour le moment. Une primaire au sein du parti Les Républicains à l’issue des prochaines régionales pourrait avoir lieu, à la demande de plusieurs membres de cette formation. Cette démarche risque de faire émerger un candidat fort, à droite, qui passerait au second tour et s’opposerait à la présidente du Rassemblement National.

Mais cette course aux présidentielles n’exclut pas une surprise, surtout si le Chef de l’État sortant ne se représente pas : l’annonce de la candidature de l’ancien Premier ministre, Edouard Philippe, qui multiplie ses apparitions, concomitamment à l’annonce d’Emmanuel Macron qui soutiendra alors ce dernier. Ce scénario permettra à Edouard Philippe de ratisser large pour receuillir les voix de la droite jusqu’au centre, et à Emmanuel Macron de faire passer ses réformes, de se retirer pour redorer son image vis-à-vis de l’opinion publique, de reconstruire son parti et rebondir en 2027.

Cette course aux présidentielles met en exergue les compromissions, l’opportunisme, le jeu des partis politiques et la mise en avant des intérêts personnels au détriment de l’intérêt national : attitudes propres à la Marianne… « La démocratie… c’est le mal » !

DICTATURE SANITAIRE

DICTATURE SANITAIRE

Face à la tyrannie sanitaire qui bat son plein, l’unité d’action est de mise et nous encourageons nos amis à participer à toutes les initiatives dont le but est de faire cesser cette folie. Nos gouvernants n’ont absolument aucune intention de mettre fin au contrôle néo-soviétique des Français et comptent instaurer cette folie sanitaire de manière permanente en racontant n’importe quoi. Il en va de nos libertés et de la survie de ces milliers de commerçants et d’artisans acculés à la ruine pour des motifs délirants. Nous rappelons au sujet du vaccin anticovid (que certains sont si pressés de se faire injecter), qu’il ne nous garantit pas de ne pas attraper le virus, qu’il ne nous empêche pas de le transmettre et qu’il ne nous exonère pas du port du masque et des sacro-saints gestes barrières.

MILLI GORUS, UN DANGER POUR LA FRANCE

MILLI GORUS, UN DANGER POUR LA FRANCE

Cette association est le prolongement d’un mouvement politico-religieux turc, créé dans les années 70 par Necitin Erbakan qui était devenu Premier Ministre en Turquie. Ce mouvement s’est ensuite développé sous l’égide des Frères musulman et s’est répandu en Europe, notamment en Allemagne depuis les années 2000, en devenant une composante de l’Islam politique qui veut imposer une idéologie islamisante d’obédience turque. Millï Görüs contrôle plus de 500 mosquées en Europe occidentale. En France, ce mouvement s’est érigé en association loi 1901, dénommé « Confédération Islamique Millî Görüs » chapeautant 70 mosquées et comportant une dizaine de milliers d’adhérents, soumis à cette idéologie politico-religieuse proche du Président turc Erdogan. Elle recevrait des fonds du Qatar qui soutient les Frères musulmans. C’est ce qui lui a permis de développer des projets de construction immobilière et de procéder à un prosélytisme politico-religieux. Parmi ces projets nous avons dénombré la construction d’écoles coraniques et de mosquées dans les banlieues de la capitale : à Sevran, Creil, Sarcelles, Mantes la Jolie, Poissy, Grigny, Clichy-sous-Bois, Fontenay-sous-Bois, Ris-Orangis ou encore Corbeil-Essonnes. Membre du Conseil Français du Culte Musulman (l’un de ses membres, Fatih Sariki, étant devenu le Secrétaire du CFCM), la Conférération Islamique Millî Görüs a refusé la signature de la Charte relative à l’organisation du Culte musulman.

Cette association n’est pas la seule dans notre pays à être inféodée à l’Islam politique. Il existe un malaise au sein de cette République qui reconnaît implicitement sa responsabilité dans l’émergence d’Etats dans l’État et l’ingérence accrue des étrangers dans nos affaires internes. Il est temps de remettre en cause l’origine de cette situation provenant de la laïcité républicaine et du chaos que la république a favorisé en créant un fossé entre le pays légal et le pays réel. « La république en France, c’est le règne de l’étranger » disait le maître ! A bas la Gueuse !

LES RELATIONS ENTRE LA FRANCE ET LA SYRIE

LES RELATIONS ENTRE LA FRANCE ET LA SYRIE

Les sanctions édictées tant contre la Russie que la Syrie ou l’Iran sont de nature politique. Elles démontrent l’instrumentalisation du droit international à des fins purement politiques, pour affaiblir non seulement les Etats sanctionnés (en prenant d’ailleurs en otage leurs citoyens), mais aussi pour porter atteinte à la liberté du commerce international puisqu’elles atteignent des Etats tiers qui sont appelés à avoir des relations commerciales ou d’affaires avec ces entités sanctionnées. Curieusement d’autres Etats qui commettent des actes internationalement illicites échappent à cette logique de sanctions, lorsque ces Etats font preuve d’une inféodation aux Etats – Unis et à ses alliés, à l’instar de la Turquie qui a sérieusement menacé la sécurité en Méditerranée orientale.

La Syrie, en cours de redressement depuis l’intervention de la Russie à sa demande, fait actuellement l’objet d’une nouvelle campagne médiatique en Europe et en France pour ternir son image. Cette campagne tente de présenter « Le régime » syrien comme étant tyranique et comme ayant commis des crimes de guerre. Malgré ces difficultés et la participation de la France à sa déstabilisation, la Syrie entend renouer avec notre pays, notamment sur le plan commercial en trouvant des moyens légaux d’acheter des produits français – notamment laitiers – qui seraient acheminés à travers la Chine.

ELECTIONS PRESIDENTIELLES

ELECTIONS PRESIDENTIELLES

Les racailles politiciennes se bousculent en vue du nouveau « coup d’état électoral » pour les prochaines présidentielles. 

Alors que les sondages sont cencés faire prévaloir les tendances de l’opinion publique, ils provoquent en réalité une manipulation de cette dernière, par leur multiplication et par les analyses médiatiques. 

Jusqu’à une date très récente, les sondages mettaient en exergue deux candidats potentiels qui s’affronteraient au second tour : Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Les autres candidats éventuels étaient présentés comme n’obtenant pas de scores importants au premier tour : Xavier Bertrand, Jean-Luc Mélenchon, Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Benoît Hamon. Néanmoins, la récente annonce de la candidature de Xavier Bertrand dans un entretien publié dans LE POINT change la donne et crée des tensions au sein de la droite, notamment au sein du parti Les Républicains. L’ancien ministre franmaçon de Chirac et Sarkozy avait soutenu Macron en 2017 pour barrer la route à Marine Le Pen. Xavier Bertrand, se réclame candidat de la droite traditionnelle bien qu’ayant quitté Les Républicains depuis la victoire d’Emmanuel Macron.

Son conflit avec Nicolas Sarkozy qui envisageait son retour en politique et la présentation de sa candidature à la magistrature suprême malgré ses déboires judiciaires, ont conduit ce dernier à favoriser l’émergence de la candidature éventuelle de deux de ses proches : l’actuel président des Républicains, Christian Jacob, ou François Baroin. Deux candidatures faibles certes, permettant à Emmanuel Macron de se faire re-élire, et à Sarkozy d’imposer des ministres proches de lui au sein du gouvernement sur lequel il exercera son influence.

Dans cette cacophonie républicaine, l’ancienne ministre et présidente du Conseil régional de l’Ile de France qui a également quitté Les Républicains en 2019, Valérie Pécresse, ambitionne une candidature, à l’issue des prochaines élections régionales.

Selon nos sources, le Chef de l’État, Emmanuel Macron, tente d’empêcher ces élections d’avoir lieu, évitant de ce fait un baromètre électoral qui remettrait en cause sa légitimité et diminuerait ses chances de gagner ces élections.

Le sénateur et membre des Républicains, Bruno Retailleau, compte sur ces élections, à l’issue de celles-ci il appellera à des primaires au sein de son parti pour choisir un candidat de la droite. Ce vendéen, proche de Fillon, avance des idées en faveur de la défense de la famille, de la lutte contre l’immigration clandestine et contre la violence qui surgit dans notre pays. Il s’est insurgé récemmment contre la repentance de la France concernant la guerre d’Algérie et demande de qualifier la dérive islamisante en France de « séparatisme islamiste ».

Enfin, à gauche, malgré le désir exprimé il y a quelques mois par Hollande de revenir dans la course et présenter sa candidature, le Maire de Paris, Anne Hidalgo, tente de multiplier les coups médiatiques pour avoir plus de visibilité et légitimer sa propre candidature. Quant à Hamon, président de Génération socialiste, il présentera la sienne pour rester dans la course et préparer son parti en vue des prochaines élections de 2027, comme alternative à la droite. Les Français seront encore une fois tiraillés par ce jeu des partis politiques, au détriment de l’intérêt supérieur de la Nation. 

Le roi Philippe 1er

Le roi Philippe 1er

Roi Philippe Ier, capétien. Naissance, mort, couronnement, règne. Capétiens

Michel Fromentoux, membre du Comité directeur de l’Action Française continue son travail pour permettre de mieux comprendre la formation de la France. Après Henris I er voici l’histoire du roi Philippe I er. Bonne lecture…

À quinze ans, Philippe 1er était en état de s’emparer personnellement du pouvoir. Roi depuis six ans, il avait été bien formé par son oncle Baudouin, comte de Flandre, lequel lui laissait un royaume relativement calme et une administration en ordre. En plus, Philippe était respecté et très aimé de tous, surtout des humbles ; la jeunesse féodale rêvait d’entreprises audacieuses, les foires et les marchés étaient en pleine floraison.

Partout se fondaient des églises, des abbayes, des monastères… Les routes s’emplissaient de longs pèlerinages. L’Église, sous l’autorité du pape Léon IX avait entrepris dès le milieu du XIe siècle une vaste réforme en vue de s’affranchir du pouvoir temporel, la primauté du pape était de mieux en mieux reconnue, et les moines, notamment les bénédictins de Cluny, avaient une influence croissante tant par l’exemple de leurs vertus que par leur prédication : ils étaient en train de préparer l’essor de la Chrétienté fondée sur l’amour de Dieu, sur l’esprit de pénitence et sur la charité. On assistait à une renaissance intellectuelle et artistique : apparaissaient déjà les grandes légendes épiques, tandis que s’épanouissait en Anjou en Bourgogne, en Aquitaine, dans la vallée du Rhône, l’art roman, l’une des plus harmonieuses réalisations du génie français.

Le royaume était encore loin de son unité, mais la personne du roi, image du père, justicier suprême, vicaire de Dieu, était considérée comme indispensable tant par les petits qui trouvaient en lui une protection contre les puissants que par les Grands eux-mêmes qui voyaient en lui le sommet de la pyramide féodale. On sentait comme une aspiration, encore bien confuse, à une unité politique, tandis que se concrétisait l’unité spirituelle : le rayonnement des moines de Cluny dépassait de beaucoup le cadre du royaume, la culture chrétienne se répandait sur toute l’Europe, et, avec elle, pour reprendre une expression chère à Charles Maurras « un langage commun pour les communications supérieures des hommes ».

Pour que cette Europe se développât au plus grand profit de la civilisation, il fallait qu’elle fût en paix. C’est pourquoi avaient un grand rôle à jouer désormais les Capétiens, eux qui surent toujours limiter leurs ambitions au seul possible et étaient naturellement amenés à combattre, au dedans comme au dehors, toutes les démesures…

Naissance du monstre anglo-normand

Le plus bouillant des jeunes féodaux était alors Guillaume de Normandie, que l’on appelait encore le Bâtard. L’Angleterre n’allait pas tarder à tomber entre ses mains comme un fruit mûr. En 1 066, mourut le roi Édouard le Confesseur, lequel, n’ayant pas d’enfant, avait promis la succession à Guillaume. Un certain Harold, de la puissante famille des Godwin, osa se mettre en travers et se proclama roi. Guillaume eut vite fait de se venger : il se ménagea l’alliance du pape Alexandre II, de l’empereur germanique, du roi de Danemark et débarqua le 29 septembre 1066 dans le Sussex, sous un soleil radieux. Le 14 octobre il remporta la victoire de Hasting, et, dès le jour de Noël, il fut couronné roi d’Angleterre à Westminster !

Pour le jeune roi Philippe 1er, la situation ne s’annonçait pas de tout repos : Guillaume le Bâtard était devenu Guillaume le Conquérant ; il restait, bien sûr, son vassal, mais il s’était élevé plus haut que lui ! Les rapports entre les deux hommes ne seraient guère faciles…

Pour Philippe 1er, la ligne était tracée : il fallait tout entreprendre pour affaiblir l’autorité de Guillaume en Normandie, et, dès que possible, travailler à détacher la Normandie de l’Angleterre. Aussi attrapait-il toutes les occasions d’intervenir dans les affaires normandes et de soutenir les seigneurs de cette province qui n’aimaient pas Guillaume. En 1 073, il encouragea le comte d’Anjou, Foulque le Réchin, qui disputait le Maine à Guillaume. En 1 076,  il s’allia au duc d’Aquitaine pour contraindre Guillaume à lever le siège de Dol. Ce fut un succès, puisqu’il en profita pour reprendre le Vexin (qu’Henri 1er avait dû naguère céder au père de Guillaume).

Très habilement, Philippe commençait à s’intéresser beaucoup au fils aîné de Guillaume, Robert Courte-Heuse. C’était un imbécile et un viveur, qui ne ferait pas très sérieux sur le trône d’Angleterre : cela, son père le savait ; et il lui avait déjà promis de le dédommager en lui donnant… la Normandie ! Or Robert Courte-Heuse (ce surnom lui venait de ce qu’il était trop court de cuisses) était un garçon capricieux, qui voulait tout et tout de suite. Tant mieux pour le roi de France, qui accueillit Robert et accomplit avec lui des actions de harcèlement sur la frontière du duché normand.

En 1 087, nouvelle guerre. Guillaume s’était mis en tête de reprendre le Vexin et pour ce faire il alla jusqu’à incendier Mantes. Puis il mourut à Rouen, abandonné de tous, après avoir partagé ses biens comme le souhaitait le roi de France : l’Angleterre à son fils cadet Guillaume le Roux, la Normandie à l’aîné, Robert Courte-Heuse, plus quelques terres et un peu d’argent au troisième fils, Henri Beauclerc. Angleterre et Normandie ne formaient plus un bloc : Philippe 1er allait-il pouvoir enfin souffler un peu ?

Cela aurait été compter sans la sottise de Robert Courte-Heuse… Cette tête folle dilapidait ses biens et se laissait dépouiller par ses maîtresses et par des intrigants au point qu’un jour il lui manquait même, disait-on, ses braies et ses chaussures et qu’il ne put se rendre décemment à l’office religieux… Son frère Guillaume le Roux, roi d’Angleterre, ne rêvait, quant à lui, que de réunir à son profit tout l’héritage paternel. Aussi, dès 1 091, il se jeta sur le duché de Normandie bien mal défendu par Robert et s’y tailla une bonne portion, prenant les villes d’Eu, Aumale, Gournay et quelques autres. Philippe, qui, en 1 066, n’était guère content de voir la Normandie conquérir l’Angleterre, l’était encore moins en voyant l’Angleterre conquérir la Normandie !

Or, soudain, les deux fils du Conquérant se réconcilièrent. Ils avaient entendu l’appel du pape à aller délivrer le tombeau de Notre-Seigneur des mains des Turcs Seldjoukides. C’était la Croisade. Philippe était tranquille pour quelques années…

La première Croisade

Première croisade — Wikipédia

C’était un magnifique élan de foi qui se manifestait alors dans tout l’Occident ; il était urgent d’unir les forces de la Chrétienté. Le 15 août, le pape Urbain II, devant une immensité  de pèlerins, dressait un tableau de la situation. Quelques mois plus tard, en novembre 1 095, au concile de Clermont, il lança un appel pathétique : que ceux qui gaspillaient leurs forces en querelles inutiles, que ceux qui n’avaient pas la conscience tranquille, que ceux qui se s’étaient comportés en brigands se rachetassent en devenant les « hérauts du Christ ! Ils y gagneraient le Ciel et sauveraient l’honneur de l’Occident ! A l’instant même, un grand nombre de seigneurs firent le vœu de partir, l’évêque du Puy reçut du pape la mission de diriger les opérations, des envoyés de Raymond de Saint Gilles, comte de Toulouse, vinrent dire que tout était déjà prêt, des messages partaient dans toutes les directions diffuser l’exhortation pontificale. On assistait à des scènes bouleversantes.

Même les classes populaires étaient ébranlées. Elles étaient suspendues aux lèvres de Pierre L’Ermite, un moine originaire d’Amiens qui parcourait, vêtu d’une tunique de laine et d’un manteau de bure, les villes et les villages. Le zèle de ces foules était tel qu’elles voulaient se mettre en route tout de suite sans attendre le signal de l’évêque du Puy. Dès le mois d’avril, les voici en marche derrière un pauvre chevalier, Gautier-Sans-Avoir. L’arrivée de cette cohue à Constantinople fit trembler l’empereur Alexis Comnène et sa fille Anne. Personne ne viendrait en aide à ces miséreux déjà décimés par la faim. Ils tombèrent dans une embuscade le 21 octobre 1 096 et furent tous massacrés par les Turcs. Il ne resta plus que des monceaux d’ossements sur la route de Constantinople à Nicée…

Une expédition grandiose

Pendant ce temps les seigneurs préparaient soigneusement leur expédition. Les plus grands barons européens s’étaient croisés : Godefroy de Bouillon, duc de Basse-Lorraine, – un personnage légendaire -, Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, Bohémond et Tancrède de Tarente, Normands de Sicile, Robert II, comte de Flandre, fils du Frison, Étienne-Henri, comte de Blois et de Chartres, Hugues de Vermandois, frère du roi de France, Robert Courte-Heuse, duc de Normandie, de nombreux chevaliers allemands et des foules de gens de toutes conditions. Par quatre itinéraires différents, les armées se rejoignirent à Constantinople. L’empereur Alexis Comnème souhaitait rester étranger à l’affaire, ce qui est tout de même singulier car, héritier de l’empire de César et de Constantin, il aurait dû se sentir le premier intéressé par la sauvegarde de la civilisation.

Le 19 juin 1 097,  les croisés réussirent à prendre Nicée, mais leur victoire fut escamotée par Comnène qui intriguait avec les Turcs. Qu’importe ! Il fallait avancer  malgré la chaleur et la faim : en juin 1 098 ils supportèrent bravement l’atroce siège d’Antioche. Leurs souffrances ne furent pas vaines : le 15 juillet 1 099, après une bataille acharnée, ils étonnèrent le monde entier en prenant enfin Jérusalem ! Quelle belle manifestation d’héroïsme et de foi chrétienne ! N’oublions jamais que c’était pour un idéal spirituel que ces chevaliers avaient agi. Même si leur trop plein d’énergie se révéla parfois dans l’anarchie, l’idée du salut éternel ne les quitta jamais.

Maintenant qu’il étaient à Jérusalem, plusieurs d’entre eux, estimant avoir accompli leur vœu rentraient en France. Mais beaucoup demeurèrent, sous l’autorité de Godefroy de Bouillon, qui prit le titre d’« avoué du Saint-Sépulcre », ne voulant pas se proclamer roi, sur les lieux où Jésus-Christ porta la couronne d’épines….

Que faisait le roi ?

Le roi n’avait pas bougé et beaucoup le lui reprochèrent. Un roi de France avait sa place dans cette belle page d’Histoire.

Il voyait les choses autrement. Aurait-il été prudent de laisser sans chef, pour un temps indéterminé, et sans garantie de revenir un jour, un royaume qui commençait à peine à tenir debout ? Le principal devoir d’un roi n’était-il pas de songer à l’avenir de son royaume ? Luchaire décrit Philippe 1er comme « un prince intelligent, pratique, doué d’un sens politique difficile à contester ». Il n’empêcha personne de partir, mais lui, pendant ce temps,  continuait de faire la France ; il œuvrait pour la pérennité des familles de ses sujets autant que pour le bien de la Chrétienté où la France était est un élément essentiel d’équilibre

Son sens de l’économie des forces se doublait chez lui d’une aptitude remarquable à utiliser les circonstances. Il ne lui déplaisait pas de voir les jeunes nobles dépenser là-bas leur énergie ; au moins il ne chahutaient plus ici. Et le roi pouvait travailler, avec la patience et la ruse d’un paysan à arrondir son domaine, se tenant à l’affût des successions vacantes.

Le malheur était que Philippe 1er contribuait à donner de lui-même l’idée d’un personnage sensuel, mou, indolent. Il faut bien se résoudre à dévoiler son secret : en contradiction totale avec l’élan de jeunesse qui secouait tout le pays, il s’était laissé engourdir par l’amour. Et, qui plus est, par un amour coupable ! Si Dieu le veut, nous le découvrirons la semaine prochaine.

Article paru dans le journal Rivarol

Michel FROMENTOUX