Inversion de la norme, soutien de l’Etat

Inversion de la norme, soutien de l’Etat

On a beaucoup parlé de l’affiche du planning familial montrant un couple d’homo mâles dont l’un était « enceint » mais on n’a pas tout dit, on a même manqué le plus important. C’est qu’il faut d’abord situer les choses. Nous subissons un phénomène qu’on a nommé improprement Crise, dictature sanitaire, wokisme, Big reset, totalitarisme orwellien, etc., et qui est en fait une révolution à triple drapeau arc-en-ciel, LGBT+, écologisme/santé, nation arc-en-ciel de Mandela/Tutu.

Une révolution dont l’objectif est la création d’un homme nouveau. Cette révolution est une inversion, le haut passe en bas et le faux devient vrai. C’est une religion, avec un nouveau bien, un nouveau mal, une nouvelle foi. De cette révolution, les pauvres malades LGBT+ sont la chair à canon, de cette religion, ils sont inspirateurs, car ils sont les symboles de l’inversion.

Revenons à notre affiche, on y voit deux cloches bobocrates bien confortablement assises sur un canapé, bien arrivées, cela se voit au poil gris de celui qui fait l’homme et aux discrètes lunettes de celui qui fait la femme. Le planning a engagé un dessinateur engagé (le transgenre Laurier The Fox) pour donner le maximum de sens aux éléments du dessin. Aussi nous faut-il noter que « la femme » (qui, selon le chanteur Jean Tennenbaum dit Ferrat citant le poète bolchevique Louis Aragon, est l’avenir de l’homme) est mélanoderme, qu’elle porte une barbe de trois jours à la Gainsbourg, un pantalon bleu (comme un garçon) et des bras pleins de poils ; tandis que « l’homme » arbore, avec sa barbe grise, une longue chevelure de même couleur joliment relevée derrière l’oreille, et porte au-dessous de la ceinture un vêtement qu’on ne peut décrire, jupe ou pantalon, de couleur rose. Sa peau est blanche, et, sur ses mains et ses avant-bras, glabre. En somme, on ne saurait mieux « déconstruire les stéréotypes » ( = nier la nature) : « la femme » est « enceint », mais il a les caractéristiques d’un homme, dominant et noir, tandis que « l’homme » a celle d’une femme blanche – car l’arc-en-ciel s’occupe en même temps de race et de genre.

Jusqu’ici, ça va. Nous sommes plongés dans une inversion soignée, peinte au poil de martre. Voyons la suite, sérieuse et rassurante. Les personnages sont assis devant un mur où sont épinglées des information, peut-être dans une salle d’attente qui ressemblerait à un salon. L’endroit est très cosy. L’atmosphère et la perspective d’un heureux événement portent à l’expression de tendres sentiments. N’étant pas grand cartooniste de l’amour conjugal gay, je ne saurais vous décrire avec la précision suffisante le jeu des regards et des sourires, l’art avec lequel Laurier The Fox s’attache au pli des bouches, aux rides, à la façon de se prendre les mains, pour exprimer la tendresse qu’affichent le « papa » et la « maman » à l’idée d’être bientôt parents. Mais j’ai envie de leur jeter un seau d’eau. De dire : Stop, Holà, les dingues, savez-vous ce que vous profanez ? Je sais bien, chers malades, qu’on vous apprend depuis des décennies à raisonner et sentir à l’envers, mais là, vous passez les bornes !

Ce qui est en jeu, on l’a bien compris, c’est la représentation de la norme, de la normalité. Tout est fait pour « casser les codes » de la représentation des sexes, tout l’est aussi pour utiliser les codes de la représentation de l’abondance tranquille et permise, selon la petite bourgeoisie bobo et ses convenances puériles et honnêtes : tout est suave dans cet intérieur, la pose, le canapé, les matières. La scène se passe dans un décor safe et secure, on ne saurait être plus normie que ce couple, il est hyper mainstream en diable. Ce que ces fous idéologues sont en train de réussir, et il suffit de regarder les pubs à la télé pour le confirmer, c’est l’inversion de la sensibilité publique : on avait l’habitude qu’ils se roulent des galoches, montrent leur derrière et se promènent en laisse à la Gay Pride, mais cela, ce n’est rien, ça existait avant Pétrone : maintenant  ils se sont approprié l’attendrissement un peu bébête devant l’enfant qui paraît. L’affection des familles. L’inversion triomphe. L’arc-en-ciel jubile. Et, vous l’avez noté, le ministre Isabelle Rome en « soutient pleinement l’action ». Ne jamais croire que ce dynamitage est l’œuvre de minorités, de marginaux ou d’extrémistes.

Martin Peltier

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Entretien avec le philosophe Rémi Soulié : Les Âges d’Orphée 

Entretien avec le philosophe Rémi Soulié : Les Âges d’Orphée 

Chers amis, chers lecteurs, nous nous retrouvons aujourd’hui pour un entretien avec le philosophe Rémi Soulié dont le livre Les Âges d’Orphée. La lyre et la Voix, paru aux éditions de la Nouvelle Librairie, vient de sortir. Signalons que notre auteur a déjà publié de nombreux ouvrages, tous extrêmement intéressants, citons : Nietzsche ou la sagesse dionysiaque (Points, 2014), Racination (Pierre-Guillaume de Roux, 2018), Les métamorphoses dHermès (La Nouvelle Librairie, 2021) ou encore l’Ether (La Nouvelle Librairie).

Rémi Soulié est un philosophe dont les écrits méritent d’être connus par le plus grand nombre, et ce malgré la profusion et la diversité de références savantes, et la puissance de sa prose, pleine de sens et de vérité, à-travers laquelle il nous faut savoir induire, des mots couchés sur le papier. Certes, c’est un écrivain exigeant, mais n’est-ce pas le propre de tous ceux qui cherchent véritablement ? Assurément, c’est un écrivain poète, un philosophe comme il en existe peu, un de ceux qui nous enracinent dans ce que nous sommes fondamentalement, un de ceux pour qui le toujours prime sur le nouveau, un de de ceux qui nous amènent à un certain être au monde, c’est-à-dire un être au monde où les cieux ne sont jamais loin de la terre, où le divin n’est jamais loin de l’humain, et qui, de ce fait, interroge notre modernité dans toute sa laideur, dans toute sa bêtise, dans toute sa fausseté.

Dans son nouvel ouvrage, Rémi Soulié s’emploie à présenter la figure d’Orphée, qui, à travers les âges, n’a cessé de marquer notre civilisation de sa voix : « À la fois le yin et le yang, apollinien et dionysiaque, lié au jour et à la nuit, à la croisée du monde des vivants et des morts, Orphée est une voix qui traverse les âges pour nous montrer la voie : celle du chant qui se fait dans le silence, de la puissance créatrice qui infuse notre être pour nous permettre d’atteindre l’immortalité qui nous est due. » (4ème de couverture).

AF : Cher monsieur, avant que nous nous intéressions au fond de votre livre, permettez-nous de vous poser une question préliminaire. Nous croyons aux rencontres et aux initiations, alors comment cette figure d’Orphée s’est-elle imposée à vous ? Pourquoi l’avoir poursuivie à travers les siècles ? Que faisait-elle résonner en vous, avant cette chasse ?

Orphée m’est présent depuis longtemps – disons, depuis l’adolescence – en raison même de la présence de la poésie dans ma vie. Orphée fut d’abord, à mes yeux, le poète par excellence. En un sens, il le demeure d’ailleurs, indépendamment de ses autres visages, tant j’entends la poésie, le chant poétique, dans une acception (et une audition !) que d’aucuns jugeront très ou trop larges mais qui me paraît la plus certaine : une manifestation du sacré, tant d’un point de vue religieux que métaphysique donc initiatique ou, évidemment, esthétique. Ceci, je l’ai vécu et éprouvé très tôt mais ne me suis mis à le « penser » et à le réaliser, au sens spirituel, qu’assez tard en m’avisant que cette expérience à la fois intérieure et extérieure, presque innée, relevant quasiment de la respiration et du réflexe, avait constitué une vision du monde, aujourd’hui éparse, que je pouvais m’employer à rassembler. Les Âges d’Orphée sont donc une forme de rassemblement, à partir même du déchirement des Ménades. Au bout du compte, on s’avise qu’il n’y a jamais eu de déchirement et qu’il n’y a donc rien à reconstituer : il n’y a qu’à célébrer.

AF : Orphée incarne le poète par excellence comme vous nous le rappelez, un poète aux multiples faces ! Est-ce que sa généalogie ne le prédestinait pas à être ce qu’il fut, c’est-à-dire cet être aux multiples visages ? Que peuvent nous enseigner ses origines et ce qu’il portait en lui à sa venue au monde ?

En effet : là comme ailleurs, l’origine est significative, ce pourquoi le moderne, niant l’archè et l’eschaton, ne veut rien savoir du sens et ignore ce que sont à la fois le temps et l’éternité. Orphée est né de Calliope, Muse de la poésie épique et de l’éloquence – elle-même née de Mnémosyne (Mémoire) et de Zeus –, et du roi de Thrace Oeagre (ou d’Apollon, moins certainement), lequel a accompagné Dionysos aux Indes et a été initié à ses mystères. Orphée a donc partie liée avec le divin (le spirituel) et le temporel, le sacerdoce et la royauté, mais aussi avec les éléments apolliniens et dionysiaques. A proprement parler, son destin n’est pas « tout thracé (sic) » mais il est enclos entre deux doubles pôles qui, d’une certaine manière, se recoupent : d’une part, il est prêtre, sanctificateur, médiateur, initiateur, vates oraculaire (mage) mais, aussi, civilisateur, ce dont Horace, en particulier, se souviendra ; d’autre part, il est harmonie (le poète solaire) et discordance (échec à ramener Eurydice des Enfers ; démembrement par les Ménades). En ceci, il témoigne de ce que fut le monde grec : la lumière et les ténèbres n’y sont pas conçus comme des opposés irréductibles, éventuellement dépassables par un troisième terme synthétique, mais comme une coïncidentia oppositorum à partir de laquelle il est possible de penser et de vivre un ajustement à l’ordre cosmique, lequel est foncièrement bel et bon : Zeus fait ainsi de la lyre d’Orphée une constellation.

AF : Permettez que nous nous attardions sur un point qui revient tout au long de votre ouvrage, celui de l’initiation. Pourriez-vous, pour nos lecteurs, lier d’un trait Orphée l’initié, à l’orphisme initiateur ?

La question de l’initiation est en effet fondamentale, tant d’un point de vue communautaire (rites de passage à l’âge adulte et/ou d’intégration) que spirituel (possibilités d’actualisation et de réalisation ; nouvelle naissance parfois suivie de l’adoption d’un nouveau nom). Dans ce dernier cas, l’enjeu repose sur la transmission régulière d’une influence spirituelle grâce à un certain nombre de rites et de symboles opératifs à partir d’une chaîne ininterrompue d’initiés depuis, disons, « une » origine ou « un » commencement. Dans la tradition catholique, songeons par exemple au sacrement du ministère apostolique et, dans la tradition islamique, à l’initiation soufie.

Essentiellement, Orphée peut être considéré comme un initié, puis, un initiateur parce qu’il est descendu aux Enfers (il a accompli l’Œuvre au noir, pourrait-on dire dans la tradition alchimique) et il en est revenu riche – comme Pluton ! – d’un savoir sur la mort, l’âme et les dieux. En quelque sorte, il a franchi une barrière et accédé à un autre état ou à un autre plan de conscience. L’initié est l’homme lié (à la terre et aux ciels) et délié (de sa nature « initiale ») ; il s’est engagé sur les degrés de l’échelle et les couleurs de l’arc-en-ciel : il est descendu (aux Enfers) et il est monté (aux étoiles, par la lyre constellée, dans la demeure des dieux). L’orphisme reprendra ce schéma à travers un certain nombre de rituels et de textes.

Plus encore, d’un point de vue plus directement métaphysique, l’œuvre du « divin Platon » peut être lue, notamment, comme un couronnement de la tradition orphico-pythagoricienne. Avec le néo-platonisme de Plotin, Porphyre, Proclus, Jamblique, nous avons là le plus haut sommet de l’intellectualité occidentale.

AF : Si vous le voulez bien, poursuivons dans cette voie. Vous nous dites : « L’initié est lié (à la terre et aux ciels) et délié (de sa nature » initiale ») « , comment comprendre dans cette perspective l’ascèse orphique ?

Quelles que soient ses modalités (en l’occurrence, elles sont pour l’essentiel alimentaires et vestimentaires), l’ascèse est un exercice qui vise à la transformation de soi : il s’agit, en un sens, de se dépouiller pour se revêtir (ou se dénuder), d’abandonner un vêtement pour un autre, lequel correspond à la véritable nature de l’initié, qui est, au moins virtuellement divine (ici, la mémoire de Dionysos Zagreus). Si l’on exclut les déviations masochistes et puritaines (qui consistent, en fait, à retourner les vieux habits), la perte – superficielle, « épidermique » – est engagée au prix ou en vue, d’un gain supérieur, comme l’est le passage du matériel au spirituel ou, sous un autre rapport, du visible à l’invisible. L’ascèse subvertit moins le « jeu » de la vie et de la mort qu’elle n’en dévoile la nature réelle : ni la vie ni la mort ne sont ce que nous croyons spontanément, victimes que nous sommes de l’illusion (Maya, dans la métaphysique hindoue). « Mourir au monde » – si, encore une fois, on exclut les pratiques…mortifères – c’est non seulement philosopher (« apprendre à mourir ») mais c’est surtout s’ouvrir à une autre dimension du monde, même et autre, qui correspond assez bien, me semble-t-il, à ce qu’est l’Autre Monde des Celtes : une dimension à la fois immanente et transcendante que le monde manifesté cache et révèle en même temps. Les Grecs sont ceux qui ont vu – comme les druides, d’ailleurs –, ce que Guénon appelle les « états multiples de l’être » – d’où leur sens très aigu de la lumière et des ténèbres, donc, des dieux.

AF : Au quatrième chapitre de votre livre, nommé « Myste » – c’est-à-dire « le muet, l’initié qui se tait, qui a juré de faire silence sur le secret initiatique (p.47) – vous abordez la question de l’Orphée-Christ. Quels traits orphiques retrouve-t-on dans l’Évangile et le Christ selon vous ? Est-il possible de voir le Christ comme un nouvel Orphée ou est-ce une vue critiquable ?

L’étude comparée des religions, dans une perspective traditionnelle en tout cas, est riche d’un sens métaphysique profond. Ni l’Histoire ni l’exclusivisme, inhérents aux exotérismes monothéistes (« notre » religion est l’unique récapitulation plénière de la Révélation) n’y ont leur part. Il devient donc possible d’être attentif à la trame symbolique et imaginale qui court dans les spiritualités et les sagesses, qu’elles soient monistes (non duelles) ou plus ou moins dualistes, théistes ou non théistes.

De ce point de vue, Orphée et le Christ présentent des traits communs, dont certains relevés par Clément d’Alexandrie dès le IIe siècle, auxquels s’en ajoutent d’autres : l’ascendance davidique de Jésus (David, joueur de psaltérion, souvent représenté au milieu des troupeaux de son père), la jeunesse, le caractère performatif de la parole, les liens avec le mundus muliebris, le supplice, etc. Où le bât blesse, c’est lorsque l’on prétend récapituler, parachever et clore : tout ce qui précède l’Incarnation peut avoir valeur de « figures » ; tout ce qui lui succède ou qui persiste a valeur de survivance ou d’imposture (il est d’ailleurs significatif et dommageable, que dans la perspective catholique romaine – c’est beaucoup moins vrai dans la perspective grecque orthodoxe – la théologie de l’Esprit-Saint soit aussi peu développée, l’Esprit Saint pouvant d’ailleurs être compris, me semble-t-il, comme une « figure » de l’Âme du Monde, et inversement, à condition d’avoir une juste entente de ce qu’est une « figure » – ce qui est possible, d’un point de vue chrétien, par la Sainte Face et la théologie de l’icône).

Plus généralement, je n’accorde pas une grande importance à ce qui se présente comme « nouveau » ; je suis au contraire attentif à ce qui est « de toujours » et qui se répète : tout a toujours été donné et perdu (paradis perdu, parole perdue, etc.). Ce que diverses traditions appellent l’éveil ou l’illumination consiste à se rendre compte, à « savoir », à avoir la co-naissance des retrouvailles qui, en fait, n’en sont pas. Celui qui co-naît est le re-né – le ressuscité, en langue chrétienne (celui qui se souvient, en langue platonicienne). Nietzsche le savait, d’ailleurs, qui invitait les chrétiens à avoir « une gueule de ressuscité », ce qui est la moindre des choses.

AF : Vous écrivez au dernier chapitre de votre livre : << A l’inverse, le saisissement du poète par le dieu (mania, furor) montre à l’homme qu’il est possible d’habiter poétiquement cette terre (…). Leçon d’Orphée >>. J’aimerais que nous finissions cet entretien en évoquant cette habitation poétique du monde, l’Homme capable de poésie comme il est capable de Dieu (capax dei). La divinisation de l’Homme ne passe-t-elle par la poésie, par une vie poétique de l’homme sur terre ? Quelle leçon Orphée nous livre-t-il ultimement ?

L’habitation poétique de la terre – affirmation de Hölderlin et interrogations de Heidegger – est doublement problématique à l’ère technicienne et mercantile des Vaishyas et des Shudras alors qu’elle ne l’était en rien et qu’elle allait donc de soi, quand un monde ou une multitude de mondes existaient (Péguy mentionne les mondes païen, hébraïque, chrétien), c’est-à-dire, comme vous le laissez entendre dans votre question, lorsque la proximité du divin était une évidence – absolue pour le monde païen, relative pour les autres, selon les écoles théologiques – au sein d’une communauté organique (cité, royaume, empire). Le « monde » moderne n’en est évidemment pas un, ce qui le rend proprement inhabitable (ne songeons pas même à un mode poétique de l’habitation !). Quand on pense à l’inhabitation divine de Dieu dans l’âme qui préoccupa tant, à juste titre, les hautes époques ! Sans le savoir, comme les humbles, ou en le sachant, comme les lettrés et les spirituels, chacun habitait alors poétiquement la terre, le poïen (fût-il celui de l’artisan ou du laboureur, donc) étant un analogue du « Fiat ! » créateur (ou des logoï spermatikoï des stoïciens, entre cent autres références dans toutes les traditions) ; chacun savait où, pourquoi et comment il demeurait (significativement, le moderne « ne sait plus où il habite ») tout en se sachant homo viator, pèlerin, voire, Noble Voyageur. Le chaos moderne, appelé progressisme par ses sectateurs (mais son nom est légion, comme celui de l’Ennemi : démocratie, liberté-égalité-fraternité, transhumanisme, wokisme, totalitarisme, libéralisme, etc.) proscrit quant à lui tout sédentarisme et tout nomadisme qui ne seraient ni déviés, ni maléficiés.

Néanmoins, en vertu des lois de l’Être, cosmiques et divines, il est impossible que la perte soit absolue (autrement, tout serait anéanti). Le néant triomphe à peu près partout, certes, mais il y a forcément des « petits restes » ou, si l’on use du langage kabbalistique, des « étincelles ». Parmi eux, précisément, les poètes, qui « font mémoire » (anamnèse ou réminiscence), actualisent (les possibles) et présentifient (dévoilement, révélation). Voilà pourquoi « ce qui demeure, les poètes le fondent ». Les poètes persistent à…demeurer les hommes du salut, non pas tant au sens sotériologique, qu’au sens marial de la salutation angélique ; ils persistent donc à demeurer les hommes de la lou-ange (sic) et de la gratitude. C’est pourquoi Orphée, même après sa décollation, continue de vaticiner (il en est de même, évidemment, de tous les saints céphalophores). Peut-être est-ce là la manière ultime d’habiter poétiquement la terre : le savoir de l’infini.

 

Propos recueillis par Guillaume Staub

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Continuons hardiment le combat !

Continuons hardiment le combat !

PENDANT DES ANNÉES, le magazine de gauche StreetPress, sans doute pour mieux se vendre et donner des sueurs froides à ses lecteurs bourgeois bohèmes, a consacré une rubrique régulière intitulée « Le pire de la presse d’extrême droite » aux publications imprimées de la droite dite nationale. Il s’agissait d’extraits plus ou moins longs d’articles minutieusement sélectionnés dans les quatre titres phares et historiques de la presse papier de la mouvance nationale : L’Action française 2000, Minute, Présent et RIVAROL. Cette rubrique n’existe plus aujourd’hui, non plus que trois des quatre titres qui étaient systématiquement cités (à charge évidemment). Le bimensuel L’Action française 2000 a disparu définitivement le 1er février 2018 après 70 ans et 8 mois de parution ininterrompue (même si le titre s’est très longtemps appelé Aspects de la France), l’hebdomadaire Minute a coulé corps et bien le 5 février 2020 après 47 ans et 10 mois de parution quasiment ininterrompue (hormis quelques mois en 1999 après une première faillite), ce qui n’est pas rien car ce titre, né le 6 avril 1962 vers la fin de la guerre d’Algérie, a été longtemps le plus connu des journaux de la presse nationale et celui dont la diffusion fut de loin la plus importante. Enfin, et cet événement est tout récent, le quotidien Présent a cessé sa parution le jeudi 30 juin 2022 après 40 ans et 6 mois de parution et 10 153 numéros papier. Le tribunal de commerce de Paris prononcera la liquidation judiciaire de la SARL Présent dans quelques semaines, la société éditrice ayant déposé le bilan. C’est encore une aventure de presse qui s’achève.

Comme on le voit, tous les deux ans, un titre phare du camp dit national a disparu. Ne reste aujourd’hui de ces quatre publications imprimées, ayant vécu et paru de longues décennies, que RIVAROL, le journal à la fois le plus ancien et le plus radical de la mouvance, celui qui a manifestement réussi jusque-là à fidéliser le plus ses lecteurs, à susciter de l’adhésion et de l’enthousiasme, peut-être précisément parce qu’il est celui qui a la plus grande liberté de ton et d’analyse et qu’il n’est inféodé à aucun groupement ni à aucune personnalité, qu’il s’astreint de toutes ses forces à chercher, à dire et à défendre la vérité dans tous les domaines : en histoire, en politique, en morale, en religion.

LES ENNEMIS d’une presse libre, indépendante et insolente, espéraient que RIVAROL mourrait de sa belle mort, faute de renouvellement de ses acheteurs au numéro et de ses abonnés. A l’instar de tant de ses confrères. A l’image de L’Action française, de Minute et de Présent. Et, avant eux, de tant de titres connus, de National-Hebdo (disparu en juin 2008 après 24 ans de parution) au Libre journal de la France courtoise (mort en octobre 2007 après 14 ans d’existence) en passant par Magazine Hebdo (disparu en 1985), La Lettre de Magazine hebdo (disparue en 1999), Le Français (disparu en juin 1995), Le Crapouillot (définitivement disparu à l’été 2017 après plusieurs faillites), le mensuel Français d’Abord (au printemps 2008) Le Choc du mois (disparu une première fois en 1993, relancé en 2006, disparu définitivement fin 2011), le magazine Flash (disparu à l’automne 2011), Daoudal hebdo (disparu en juin 2012), La Nouvelle Revue d’histoire (en décembre 2017), la revue Sous la Bannière (en janvier 2018), etc. Quelle hécatombe !

Il est difficile aujourd’hui de faire vivre et d’inscrire dans la durée une presse d’opinion indépendante de tous les pouvoirs et des puissances d’argent. Le Bulletin d’André Noël, ne pouvant plus continuer par lui-même, bien qu’il parût sans discontinuité depuis 1949, a ainsi fusionné en 2020 avec les Quatre vérités hebdo. De même, une des deux revues historiques de Chiré-en-Montreuil, Lecture et Tradition, créée en 1966, a été contrainte récemment de fusionner avec Lectures françaises. Quant au trimestriel identitaire Réfléchir et Agir, tout en poursuivant sa parution et en s’ouvrant à la vidéo, il a pris la douloureuse décision de ne plus paraître en kiosque à partir de la rentrée à cause de la hausse des coûts du papier et de la distribution et donc de n’être désormais vendu que sur abonnement. D’évidence les temps sont durs pour nos modestes publications.

TOUTEFOIS, comme les lobbys qui nous persécutent ont vu que RIVAROL continuait régulièrement à paraître, qu’il maintenait son nombre d’abonnés et de ventes en kiosque, que les dix derniers exercices comptables ont de plus tous été bénéficiaires, de 2012 à 2021 inclusivement, que nous n’avions aucune dette, que la situation du journal était parfaitement saine et viable, que l’on ne pouvait pas de surcroît s’en prendre à notre budget publicité puisque nous n’en avons pas, qu’on ne peut donc pas faire pression sur d’éventuels annonceurs, la seule solution qui restait à nos persécuteurs pour essayer de nous faire taire, de nous liquider, était la perte de l’agrément de la commission paritaire qui donne droit au régime économique de la presse avec un taux réduit de TVA (de 2,1 au lieu de 20 %) sur toutes les ventes et des tarifs postaux avantageux (3 à 4 fois moins onéreux que le prix normal). Des campagnes sur les réseaux sociaux se sont donc multipliées depuis environ deux ans, à travers essentiellement les Sleeping Giants et Conspiracy Watch de Rudy Reichstadt et Tristan Mendès France, afin de parvenir à ce but.
Mais déjà, dès 2018, comme le rappelait François-Xavier Rochette dans notre précédent numéro, peu après la mort du professeur Robert Faurisson, « le spécialiste de l’extrême droite » Jean-Yves Camus, sans avoir l’air d’y toucher, avait appelé à l’interdiction pure et simple de RIVAROL au nom du combat contre le révisionnisme historique assimilé comme toujours depuis trente ans à la haine et à l’antisémitisme. Par la suite, le député macroniste du Rhône, Jean-Louis Touraine, déposa, quant à lui, le 16 novembre 2021, une question écrite au ministre de la Culture d’alors, Madame Roselyne Bachelot, pour obtenir du gouvernement l’expulsion de RIVAROL des registres de la commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP).

NE VOYANT toujours rien venir, le Lobby décida d’enclencher la vitesse supérieure pour obtenir enfin ce qu’il voulait absolument. C’est ainsi que le quotidien Le Monde (qui est toujours dans les mauvais coups, c’est sa marque de fabrique !) publia le 7 mars une tribune de 34 personnalités dont les époux Klarsfeld, Tristan Mendès France, Rudy Reichstadt, le président de la LICRA, Mario Stasi, et de SOS Racisme, Dominique Sopo, ainsi que d’autres Likoudniks fanatisés, exigeant du ministère de la Culture et de la présidente de la CPPAP, en termes vifs et peu amènes, la réunion d’urgence de la commission paritaire pour acter l’exclusion immédiate et définitive de l’hebdomadaire de l’opposition nationale et européenne qualifié par ces 34 délateurs de journal « le plus raciste, le plus antisémite et le plus négationniste qui soit ». Ce qui est un compliment car plus l’on est attaqué, insulté et caricaturé par ses ennemis, plus cela signifie qu’on ne lâche rien, qu’on ne trahit rien, qu’on mène le bon combat sans abandon ni compromission.

On connaît la suite : la CPPAP nous a retiré à l’unanimité son agrément lors de la séance plénière du 4 mai dernier, nous informant de sa décision par courrier recommandé le 30 mai. Nous avons alors saisi le tribunal administratif de Paris, à la fois sur le fond (l’audience aura lieu dans un à deux ans) et en urgence avec un référé suspension qui a été instruit le 4 juillet et rejeté dès le lendemain au motif que, si l’urgence est certes bien caractérisée, la décision de la CPPAP ne peut être suspendue car elle a été prise, d’après le juge Laurent Gros, pour des motifs sérieux liés à l’antisémitisme du journal. Nous nous sommes pourvus en cassation à la mi-juillet. Nous en sommes là pour le moment. Mais, ne nourrissant guère d’espoir dans les tribunaux, qu’ils soient administratifs ou judiciaires, nous avons décidé de prendre les devants.

L’IDÉE est de créer un modèle économique totalement autosuffisant. Sans aucune aide extérieure. Car si nous n’avons jamais touché, ni d’ailleurs demandé, la moindre subvention ou aide directe de l’Etat, contrairement à la plupart des journaux et revues, nous avons en revanche bénéficié, comme hebdomadaire d’information politique et générale (IPG), du régime économique de la presse pendant 71 ans en étant immatriculé à la commission paritaire. Ce qui peut s’apparenter à une forme d’aide indirecte dont profitent aujourd’hui la quasi-totalité des publications. Mais, à la réflexion, cette perte, aussi scandaleuse soit-elle sur le fond, est sans doute un mal pour un bien. En n’ayant plus ces aides indirectes, nous serons finalement encore plus libres. Nous ne dépendrons que de nos lecteurs, qu’ils achètent le journal au numéro ou qu’ils soient abonnés. A nous de construire et de faire durer, si Dieu veut, ce modèle économique. Pour quelques euros de plus par mois, nous ferons vivre et perdurer un hebdomadaire 100 % libre, 100 % nationaliste, 100 % insolent. Sommes-nous capables de réussir cette entreprise ? Nos adversaires et nos faux amis pensent ou espèrent que non. A vous et à nous de leur donner tort. A vous et à nous de briser leur espoir, de mettre à mal leur certitude. Bien que nous ne soyons pas d’une nature spécialement optimiste, nous pensons que c’est parfaitement possible, que c’est tout à fait jouable. Nous avons en effet résisté à tant de tempêtes, à tant de saisies (sous De Gaulle !), à tant de procès, à tant d’adversité depuis plus de 71 ans que l’on peut, à notre avis, parfaitement poursuivre dans la durée l’aventure rivarolienne.
Certes, il y a dans la vie ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas. Nous pouvons et nous devons tout mettre en œuvre pour poursuivre cette audacieuse et magnifique aventure de presse qui est aussi une belle aventure humaine où tant de liens se sont tissés au fil des décennies entre la rédaction et les lecteurs. Quelle joie ainsi de savoir que nous avons encore une petite poignée de lecteurs de fondation aujourd’hui nonagénaires, voire centenaires, qui nous lisent encore ! Toute leur vie d’adulte, depuis leur jeunesse dans les années cinquante jusqu’à leur plus grand âge, a été ponctuée, jalonnée, éclairée, agrémentée par la lecture assidue de RIVAROL. Ils ont goûté les articles prophétiques et polémiques, magnifiquement ciselés, d’un Pierre-Antoine Cousteau, apprécié l’érudition d’un Rebatet et d’un Poulet, les éditoriaux précis et documentés d’un Dominique, d’un Gaït et d’une Galic (et auparavant ceux, si clairs et pédagogiques, de notre fondateur René Malliavin, dans Ecrits de Paris, sous le pseudonyme de Michel Dacier). Et aujourd’hui encore ils apprécient la plume et la pensée de tel ou tel rédacteur dans lequel ils retrouvent une semblable liberté de ton, un même rejet du mensonge et de l’injustice, une similaire dénonciation de toutes les carabistouilles, de toutes les vilenies, de toutes les impostures d’un régime corrompu, honni et failli, et d’un personnel politique misérable, lâche et vendu.

IL Y A CE qui dépend de nous, disions-nous, et il y a ce qui n’en dépend pas. Compte tenu de la répression qui ne cesse de se renforcer, et qui va jusqu’à dissoudre sans aucune raison sérieuse des mouvements, des associations, des groupements qui n’ont pas l’heur de plaire aux puissants, il est hélas possible qu’un jour, peut-être moins lointain qu’on ne l’imagine, RIVAROL soit interdit par les pouvoirs publics. Il suffit en effet d’un décret pris en Conseil des ministres. Si tel est le cas, nous verrons comment il nous sera alors possible de réagir et de riposter. Mais en attendant cet éventuel jour funeste, nous continuons et continuerons hardiment le combat. Sans ne rien renier. Sans ne rien céder. Ni sur la doctrine, ni sur les principes, ni sur l’idéal, ni sur l’analyse froide, objective et dépassionnée de la situation. Nous continuerons à dénoncer crânement le lobby de la Mémoire, la coterie LGBT et abortive, le laïcisme fanatique, la subversion moderniste, le sionisme assassin, la révolution cosmopolite, climatiste, covidesque, immigrationniste et arc-en-ciel, ses mythes, ses dogmes, ses interdits, ses tabous, ses mensonges, ses crimes, ses folies.

Car si un jour nous devions disparaître, ce qu’à Dieu ne plaise, à tout prendre, nous préférerions que ce soit sous les coups de la répression plutôt que parce que nous n’avons plus de lecteur, que nous ne les intéressons plus tant il est vrai qu’on ne fait pas la queue devant un cinéma qui ne passe pas de film ni devant une boulangerie qui ne vend pas de pain. De même, à choisir, préférerions-nous mourir debout au combat, le drapeau fièrement déployé, en étant soudés, plutôt que de disparaître, comme notre confrère Présent, à cause hélas d’une exécrable gestion des ressources humaines en interne qui a conduit à six procès aux prud’hommes (dont cinq perdus par le journal) et à 600 000 euros de dettes prud’homales (sans compter près de 100 000 euros de dettes imprimeur qui ne seront sans doute jamais réglées, bien que le quotidien ait bénéficié jusqu’au bout d’aides directes annuelles de l’Etat et de l’agrément de la commission paritaire, ce qui n’empêche pas Bergeron d’annoncer à la rentrée un Nouveau Présent hebdo tout beau, tout neuf, se conduisant ainsi comme les fripiers sans scrupule qui mettent en faillite leur société pour ne pas avoir à payer leurs créanciers et qui rouvrent peu de temps après, quelques rues plus loin, une échoppe, au nom légèrement différent, en gardant les manettes en coulisses mais en choisissant comme gérant de paille sur le devant de la scène leur frère, leur neveu ou leur cousin, ou agissant à l’instar du client indélicat qui, refusant d’acquitter sa lourde ardoise dans une boucherie, va se servir sans vergogne dans celle d’en face !) à la suite de la brusque mise en coupe réglée du journal par le clan “familial” Parmentier-Bergeron, éjectant ou poussant au départ tous les autres journalistes, y compris des piliers historiques du quotidien, comme l’ex-directrice Jeanne Smits, Rémi Fontaine ou Olivier Figueras. Une Jeanne Smits que Bergeron, qui est la fourberie faite homme, a attaquée en première instance puis en appel devant le tribunal de commerce de Paris pour de supposées fautes de gestion (il a perdu les deux procès), au moment même où il faisait paraître un petit texte dans Présent, plein de fausse compassion, où il assurait Jeanne Smits, qui venait de perdre son père, de toute sa sympathie !

OUI, SI NOUS DEVIONS un jour ne plus paraître, nous préférerions que ce soit pour avoir maintenu intégralement les principes, dit en toutes choses la vérité, quoi qu’il en coûte, combattu le mensonge, plutôt qu’avoir cédé par facilité, carriérisme, intérêt personnel, confort petit-bourgeois, à la pensée unique et renié le combat catholique et nationaliste. Comme c’est hélas notoirement le cas de Caroline Parmentier, longtemps rédactrice en chef de Présent (jusqu’à fin 2018) et l’une de ses plumes les plus connues, et qui aujourd’hui, tout sourire, se fait photographier comme député RN devant l’inauguration du buste de Simone Veil à Béthune (voir la photo et son tweet ci-dessus) alors qu’elle a écrit si longtemps des articles engagés contre l’avortement.
Où sont dans cette détestable évolution la force des convictions, la solidité des principes, la constance des engagements ? Que reste-t-il de l’honneur, de la droiture et de la fidélité quand on se dit prêt aujourd’hui à voter la constitutionnalisation du « droit à l’avortement », ainsi que l’a déclaré la patronne de Parmentier, Marine Le Pen, tandis que Jordan Bardella tweetait, quant à lui, en bon petit toutou mariniste, que l’IVG est « un acquis à protéger », pas l’enfant à naître, non, mais le droit de le tuer dans son sein, de le découper en morceau, de lui fracasser le crâne, de le réduire en bouillie !

LE 2 JUILLET dernier, dans une interview à Breizh Info, Francis Bergeron, directeur et cogérant du quotidien Présent — dont la communication publique depuis des années vis-vis de ses lecteurs peut se résumer en une courte phrase : « on a menti, on ment, on mentira » — osait dire : « Présent est resté parfaitement fidèle à ses invariants : la tradition catholique, le patriotisme, le pas d’ennemi à droite, Dieu premier servi ». Mais sert-on Dieu en premier et la tradition catholique en soutenant de manière active, voire inconditionnelle, une candidate, puis une élue (Parmentier) qui se fait une gloire d’être photographiée dans une cérémonie d’hommage à Simone Veil, qui renie totalement son combat passé pour la défense de la vie et contre le meurtre industriel des tout-petits ? Présent n’a-t-il que ce modèle journalistique et politique à proposer à ses lecteurs dont il a usé et abusé de la patience, de la confiance et de la générosité ? L’abus de confiance, cela existe aussi dans les idées quand on soutient au final des positions contraires à celles qu’on est censé défendre.
Pareillement, sert-on « Dieu, la tradition catholique et le patriotisme » en ayant les yeux de Chimène pour une Marine Le Pen, parée de toutes les vertus, et dont Bergeron, passant la brosse à reluire, avait osé écrire en page une dans Présent, le 7 mars 2017, ce dont il ne s’est jamais expliqué ni excusé : « Il n’y a qu’un seul candidat à droite — et même dans tout l’échiquier politique français qui ait une stature d’homme d’Etat, c’est elle ». Et d’ajouter doctement : « Pour ceux qui ont étudié l’histoire de notre courant politique — le courant identitaire et patriotique, pour faire simple — jamais nous n’avons eu de tête de file de la qualité de Marine Le Pen. Le moment est tout simplement extraordinaire. » Quelle indignité intellectuelle ! Quelle honte ! Quelle bassesse pour le directeur d’un quotidien ayant pour devise « Dieu Famille Patrie » d’oser écrire et publier de telles inepties !

RAPPELONS que la benjamine de Jean-Marie Le Pen a affirmé à maintes reprises qu’elle souhaitait le maintien intégral de l’actuelle législation sur l’avortement, des lois Pleven, Gayssot, Perben (créant un ahurissant délit d’“homophobie”), Taubira sur le “mariage” homosexuel et qu’elle ne reviendrait pas sur l’extension de la PMA aux lesbiennes. La présidente du groupe RN à l’Assemblée a même repris une nouvelle fois ces derniers jours les calomnies du Système sur le Maréchal Pétain (que Présent naguère se faisait fort de défendre) en tweetant le 16 juillet 2022 : « N’oublions jamais l’horreur de la rafle du Vel d’Hiv et les crimes de la collaboration. 13 000 juifs, dont 40 00 enfants, furent envoyés par le gouvernement de Vichy vers les camps de la mort. 80 ans après, le combat contre la haine antisémite ne doit jamais faiblir ». Difficile d’aller plus loin dans le reniement honteux et vomitif des fondamentaux de la droite nationale ! Difficile de se soumettre plus piteusement à la doxa !
Qu’il est loin le temps où le FN défendait le Maréchal et où il y avait un stand de l’ADMP aux BBR ! A quoi sert-il d’avoir 89 députés si c’est pour faire siens le vocabulaire, les réflexes, les mots d’ordre, les tabous et les interdits du Système qui nous opprime et nous écrase ? N’est-ce pas là une épouvantable trahison ? Quel intérêt d’avoir comme vice-président de l’Assemblée nationale un Sébastien Chenu, militant de toujours de la cause homosexualiste et organisateur de Gay Pride, et comme benjamin du groupe RN Pierrick Berthelot, élu en Flandre intérieure, dans la 15e circonscription du Nord et qui, dans Le Monde, affirme vouloir « s’investir pour la cause LGBT et contre le racisme » ! On le voit, la relève est bien assurée dans le camp mariniste !

LE FN DEVENU RN a décidément bien changé sous la houlette de la tenancière de la cage aux folles. Quand on pense que huit militants du FN ont été tués, que d’autres ont été emprisonnés, ruinés, détruits dans leur vie sociale, familiale ou professionnelle pour en arriver là, cinquante ans après la fondation du mouvement, quelle infamie ! Et que dire à ce couple désargenté qui, n’ayant rien d’autre à glisser dans le drapeau tricolore tendu à la sortie des meetings du FN, avait tenu à donner un soir, il y a une trentaine d’années, ses deux alliances de mariage, en or, pour servir la cause ? C’était alors tout ce qui lui restait de précieux et dont il avait accepté de se séparer, de faire le sacrifice pour le combat patriotique, pour le triomphe de la devise de saint Eloi : « Dieu-Famille-Patrie » !

Qu’il est loin le temps où, au terme de son discours, lors du VIIIe congrès du Front national à Nice, en avril 1990, Jean-Marie Le Pen pouvait s’exclamer, sous un tonnerre d’applaudissements, faisant siens les propos d’Henri de La Rochejaquelein aux milliers de paysans vendéens qui le proclamaient leur chef le 13 avril 1793 : « Si j’avance, suivez-moi ; si je meurs, vengez-moi ; si je recule, tuez-moi ». Le recul et les trahisons ont hélas été légion au FN-RN depuis une vingtaine d’années dans tous les domaines. Sans que l’on n’ait jamais eu droit à la moindre explication ni observé la moindre contrition. Au contraire. Ceux qui n’étaient pas contents n’avaient qu’à se soumettre ou à se démettre, à s’extraire ou à se taire, à déguerpir ou à subir.

PREUVE qu’il ne faut pas se confier aux organisations, aux partis ni aux hommes qui peuvent changer, tromper, décevoir, trahir, révéler leur véritable nature, mais d’abord et avant tout aux principes intangibles qui tiennent lieu de boussole, gardent et éclairent, enthousiasment et transcendent, réjouissent et vivifient, donnent sens à la vie et au combat. Feu Henry Coston disait toujours, pour le déplorer : « on crée un journal pour défendre des idées, puis on trahit les idées pour défendre le journal ». Que cela ne soit jamais notre cas !
Quels que soient les épreuves et les tourments, les difficultés et les vicissitudes, — et assurément ici-bas ils ne manquent pas ! —, continuons hardiment à servir cette vérité pour laquelle nous sommes faits, celle, simple, humble, pénétrante, qui nourrit l’intelligence, fortifie la volonté, dilate le cœur et rassasie l’âme.

RIVAROL, <jeromebourbon@yahoo.fr>

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L’Écho d’AF : « Notre force est d’avoir raison »

L’Écho d’AF : « Notre force est d’avoir raison »

Bulletin du nationalisme intégral n° 21 – Juillet/Août 2022

EDITO 

La longue période électorale s’est achevée et nous pouvons nous réjouir. Nous avons gagné et notre parti, celui de la France, est plus puissant que jamais. Avec 54 % d’abstention aux élections législatives, le grand parti du pays réel remporte la bataille de la légitimité. Bien ridicule serait alors le député qui pourrait se targuer de représenter le peuple ! La facture entre les Français et les partis politiques est consommée et la démocratie est malade : grande peut être notre joie !

L’élection de 89 députés du Rassemblement National à l’Assemblée nationale ne saurait nous attrister : l’infâme Macron se trouve désormais face à une résistance, certes très limitée mais significative.
Ces maigres réjouissances ne nous font pas oublier que la république gouverne mal mais se défend bien. Nul doute que le poudré de l’Elysée pourra, le moment venu, compter sur le soutien de la gauche et de la droite pour mener à bien son projet de destruction, déjà très largement entamée tant par lui que par les républiques successives.
L’Action Française s’emploie depuis plus de 120 ans à « fabriquer » des royalistes, consciente que la république en France et le règne de l’étranger. Nous connaissons tous des « nationaux » qui pensent pouvoir bonifier la république avec de bons élus. Ils oublient que c’est Marianne qui corrompt son personnel et non l’inverse. Ce raisonnement, gaspillant le temps, l’argent, les énergies de tant de Français de bonne volonté, aveuglés sans le savoir par les idéologies démocratiques, est la cause de tous nos échecs. 
Aucun élu, aucun parti au pouvoir ne pourra remporter la bataille face régime républicain, artisans du grand remplacement et du grand déracinement, cette entreprise de déconstruction généralisée de l’identité des peuples de France qui se pare des plus nobles mobiles : la paix mondiale et la prospérité matérielle pour le bonheur des peuples. Ici le bien commun et celui de quelques-uns et il est interdit d’en dire davantage. Il est donc de notre devoir de répéter et d’expliquer à satiété nos raisons contre la république et pour la monarchie, « le plus national des régimes ». Ce combat est colossal mais il est le seul qui vaille. Frédéric Mistral s’exprimait ainsi sous la IIIe République : « Il ne s’agit pas seulement de faire une majorité électorale, il s’agit de refaire un peuple ». Ce peuple, déjà diminué à l’époque de l’illustre maître de Maillane, n’a pas encore tout à fait disparu. Outre l’abstention magistrale déjà évoquée, des poches de résistance fleurissent, les écoles hors-contrat se multiplient, des communautés organisent, tout cela malgré les persécutions. Cette résistance française s’est magnifiquement illustrée lors du traditionnel pèlerinage de Chartres qui a rassemblé, les 3, 4 et 5 juin, plus de 17 000 jeunes pèlerins bravant la tempête, la pluie et le Créon clérical. 
A l’image de ces jeunes Français, sachons garder l’espérance et travaillons sans cesse à ce salut national que nous espérons de tout cœur et qui ne passera que par la liquidation de l’immonde Marianne, cinquième du nom. Profitons de l’été pour propager l’Action Française autour de nous et pour nous former davantage, les erreurs de l’intelligence étant les pires de toutes. Profitons de ces temps de repos pour tenir serré les liens d’amitié qui nous unissent. 
Pour que vive la France, vive le roi !
Clément Gautier 

L’Écho d’Action Française, bulletin du nationalisme intégral, est une publication bimestrielle qui permet aux amis d’Action Française de garder un lien avec le mouvement. Il a été lancé en 2019, à la suite de la disparition de l’Action Française 2000 et est appelé à devenir un mensuel important, fidèle aux idées du nationalisme intégral.

Avec Philippe Champion, Marion Sigaut, Anne Brassié, Gérard Bedel, Monsieur K, Guillaume Staub, Jean-Pierre Papadacci, Michel Fromentoux, le Docteur Charles, l’abbé Thierry Roy, l’abbé Bourrat, Victor Legras…

SOMMAIRE :

  • Editorial : « Notre force est d’avoir raison
  • En attendant le Roi par Guillaume Staub
  • Humeur du temps par Philippe Champion
  • Ni woke, ni islamo-gauchisme, ni ordre républicain par Martin peltier
  • Raisons d’un fiasco par Jean-Pierre Papadacci
  • Transhumanisme : liberté ou esclavage ? par l’abbé Philippe Bourrat
  • « Charles Maurras, du Félibrige au nationalisme intégral »
  • Maurras et le maréchal par Michel Fromentoux

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Maurras et le Maréchal

Maurras et le Maréchal

Maurras et le Maréchal

Un certain nombre de ceux qui se réclament d’Action Française ont été scandalisés pour l’hommage que nous rendions le 23 juillet à celui que Maurras appelait le « Maréchal – Régent », l’occasion de revenir sur un certain nombre de points…

Quand il envisageait le processus de rétablissement de la monarchie, Charles Maurras faisait intervenir “le général Monk”, c’est-à-dire un militaire qui jouerait le rôle de celui qui avait restauré la dynastie des Stuart en Angleterre au XVIIe siècle après la dictature de Cromwell. Le maréchal Pétain n’avait jamais été considéré par Maurras comme un “Monk” possible, même s’il était devenu son confrère à l’Académie française en 1938. Après une glorieuse carrière militaire, Philippe Pétain était resté républicain. Il avait été ministre de la Guerre durant quelques mois dans le gouvernement Doumergue constitué après le 6 février 1934. En 1939, il avait été envoyé comme ambassadeur en Espagne après la victoire de Franco sur les Rouges. Il avait ainsi contribué à rétablir des relations cordiales avec notre voisine d’outre-Pyrénées.

Le bouclier des Français

Si l’Action Française soutient le maréchal Pétain appelé au pouvoir en juin 1940 dans des conditions dramatiques, c’est parce que les circonstances le désignent comme le plus à même de défendre les intérêts français face à l’Allemagne victorieuse, tandis que l’Angleterre a lâché la France. Maurras invite les Français à lui faire pleinement confiance, à soutenir son action, à participer à l’œuvre de rénovation nationale qu’il entreprend par delà les vieux clivages partisans qui divisent le monde politique. Cependant, à Vichy où le gouvernement s’est installé, en zone libre – les deux-tiers de la France étant occupés par l’envahisseur – une tendance favorable à une collaboration étroite avec l’Allemagne se manifeste. L’Action Française ne tarde par à dénoncer ceux qui 1) veulent instaurer un parti unique, à l’image des régimes fascistes répandus alors en Europe ; ce parti n’eût pas manqué de tomber sous l’influence de l’Occupant, 2) cherchent à entraîner la France dans une guerre contre l’Angleterre et tirent notamment argument de l’agression de la flotte française par la marine anglaise à Mers-el-Kébir le 3 juillet 1940. Pour contrer la tendance progermanique, influente notamment dans l’entourage du président du Conseil Pierre Laval, Charles Maurras et Maurice Pujo se rendent plusieurs fois à Vichy durant l’été 1940. Ils rencontrent le Maréchal ainsi que le général Weygand. L’Action Française sera considérée comme à l’origine du renvoi de Pierre Laval le 13 décembre suivant. Les rencontres entre le Maréchal et Maurras durant le reste de l’Occupation seront rares. Elles se comptent sur les doigts d’une main. Pourtant Maurras est de ceux qui auront le mieux compris l’action du chef de l’État français. Il exista entre eux jusqu’au bout une grande communion de pensée.

La seule France

La ligne suivie par l’A.F est alors définie par les formules de « la seule France » et de « la ligne de crête ». Elle rejoint la politique du Maréchal. Elle comporte d’abord le refus d’une collaboration active avec l’Allemagne. Entre la France et l’Allemagne il ne convient pas de dépasser les relations obligées d’État à État qui résultent de la présence de l’occupant sur le sol français. Le Maréchal et Maurras seront l’un et l’autre vilipendés par la presse de Paris, inféodée aux Allemands, qui leur reprochera de ne pas vouloir entrer dans la « nouvelle Europe » conçue par les nazis et de pratiquer « l’attentisme ». Par ailleurs, l’A.F condamne le parti gaulliste qui brise l’unité française. Les collaborationnistes et les gaullistes affaiblissent le Maréchal dans ses négociations avec les autorités allemandes.

Le 8 mai 1943, le Maréchal décerne la francisque à Maurras; Il lui envoie le recueil de ses messages avec cette dédicace « À Charles Maurras, le plus français des Français ». Maurras restera fidèle jusqu’au bout au Maréchal qui, malgré une liberté d’action de plus en plus réduite demeure un bouclier pour les Français face à l’occupant.

L’A.F n’approuve pas pour autant – loin de là – toutes les initiatives prises par les ministres du gouvernement de Vichy. Le 24 janvier 1945, lorsque Maurras comparaît devant la Cour de justice du Rhône sous l’accusation d’intelligence avec l’ennemi” (!) il arbore la francisque au revers de son veston. Suprême défi lancé aux épurateurs et à la Révolution triomphante.

Michel Fromentoux

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La maçonnerie à l’oeuvre 

La maçonnerie à l’oeuvre 

Dans un entretien, Le grand maître du Grand Orient de France Georges Serignac déclare :  

 
[…] La liberté de conscience a été beaucoup travaillée à la fin du 19e siècle et au début du 20e dans les loges. Il y a eu également tout le progrès sur les droits de la femme de disposer de son corps, la contraception, l’abolition de la peine de mort. Tout cela a été travaillé en loge.
Aujourd’hui, nous travaillons sur tout ce qui est la bioéthique, le transhumanisme, le développement durable. Nous travaillons sur le temps long. Nous avons des commissions et des loges qui travaillent sur toutes ces questions. Dans le cadre de l’égalité hommes-femmes, nous travaillons sur la lutte contre la violence faite aux femmes, la prise en compte de la problématique des migrants. Il y a aussi les problèmes écologiques. Il faut que les sociétés prennent en compte d’une manière à la fois humaniste et généreuse ces questions. On ne peut pas faire comme si c’était un non-sujet. Les francs-maçons doivent s’en saisir et faire des propositions à travers le travail dans les loges. […]

Quels sont vos rapports avec l’Eglise catholique ?

Aujourd’hui, l’épiscopat français a parfaitement admis la laïcité républicaine. À travers ce qu’on a pu ressentir, elle n’en est plus un adversaire. Plus du tout. Il n’y a plus de conflit. Il y a quand même certains éléments de l’Église plus à droite, même très extrême, qui la remettent en question. La position officielle de l’archevêque de Paris, le primat des Gaules, les grands leaders qui ont toujours eu un discours sans ambiguïté tiennent aujourd’hui des discours tout aussi sans ambiguïté qui ne sont plus en conflit avec la laïcité, et même avec la franc-maçonnerie. […]

On ne prend pas position politiquement. Jamais sauf contre l’extrême-droite, le totalitarisme, la xénophobie, ce qui se trouve dans nos règlements généraux. Il est inconcevable que nous prenions des positions partisanes puisque nous avons parmi nos membres des gens de toutes les tendances politiques, au nom de leur liberté de conscience, donc également politique. La franc-maçonnerie n’est pas un parti politique. C’est, en revanche, un rempart républicain par rapport aux grands principes, l’idée maçonnique étant indissociable de l’idée républicaine.

Au-delà de cela, les grands principes républicains peuvent s’appliquer partout parce qu’ils sont universels. Liberté, égalité, fraternité sont la devise républicaine, et celle du Grand Orient. Ce sont des principes universels. Nous faisons un effort considérable pour garder notre indépendance par rapport aux partis politiques. Nous considérons que nous sommes plus forts lorsque nous sommes libres. […]

La messe est dite, maçonnerie doit être dénoncée et combattue.

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