Maurras et le Maréchal

Maurras et le Maréchal

Maurras et le Maréchal

Un certain nombre de ceux qui se réclament d’Action Française ont été scandalisés pour l’hommage que nous rendions le 23 juillet à celui que Maurras appelait le « Maréchal – Régent », l’occasion de revenir sur un certain nombre de points…

Quand il envisageait le processus de rétablissement de la monarchie, Charles Maurras faisait intervenir “le général Monk”, c’est-à-dire un militaire qui jouerait le rôle de celui qui avait restauré la dynastie des Stuart en Angleterre au XVIIe siècle après la dictature de Cromwell. Le maréchal Pétain n’avait jamais été considéré par Maurras comme un “Monk” possible, même s’il était devenu son confrère à l’Académie française en 1938. Après une glorieuse carrière militaire, Philippe Pétain était resté républicain. Il avait été ministre de la Guerre durant quelques mois dans le gouvernement Doumergue constitué après le 6 février 1934. En 1939, il avait été envoyé comme ambassadeur en Espagne après la victoire de Franco sur les Rouges. Il avait ainsi contribué à rétablir des relations cordiales avec notre voisine d’outre-Pyrénées.

Le bouclier des Français

Si l’Action Française soutient le maréchal Pétain appelé au pouvoir en juin 1940 dans des conditions dramatiques, c’est parce que les circonstances le désignent comme le plus à même de défendre les intérêts français face à l’Allemagne victorieuse, tandis que l’Angleterre a lâché la France. Maurras invite les Français à lui faire pleinement confiance, à soutenir son action, à participer à l’œuvre de rénovation nationale qu’il entreprend par delà les vieux clivages partisans qui divisent le monde politique. Cependant, à Vichy où le gouvernement s’est installé, en zone libre – les deux-tiers de la France étant occupés par l’envahisseur – une tendance favorable à une collaboration étroite avec l’Allemagne se manifeste. L’Action Française ne tarde par à dénoncer ceux qui 1) veulent instaurer un parti unique, à l’image des régimes fascistes répandus alors en Europe ; ce parti n’eût pas manqué de tomber sous l’influence de l’Occupant, 2) cherchent à entraîner la France dans une guerre contre l’Angleterre et tirent notamment argument de l’agression de la flotte française par la marine anglaise à Mers-el-Kébir le 3 juillet 1940. Pour contrer la tendance progermanique, influente notamment dans l’entourage du président du Conseil Pierre Laval, Charles Maurras et Maurice Pujo se rendent plusieurs fois à Vichy durant l’été 1940. Ils rencontrent le Maréchal ainsi que le général Weygand. L’Action Française sera considérée comme à l’origine du renvoi de Pierre Laval le 13 décembre suivant. Les rencontres entre le Maréchal et Maurras durant le reste de l’Occupation seront rares. Elles se comptent sur les doigts d’une main. Pourtant Maurras est de ceux qui auront le mieux compris l’action du chef de l’État français. Il exista entre eux jusqu’au bout une grande communion de pensée.

La seule France

La ligne suivie par l’A.F est alors définie par les formules de « la seule France » et de « la ligne de crête ». Elle rejoint la politique du Maréchal. Elle comporte d’abord le refus d’une collaboration active avec l’Allemagne. Entre la France et l’Allemagne il ne convient pas de dépasser les relations obligées d’État à État qui résultent de la présence de l’occupant sur le sol français. Le Maréchal et Maurras seront l’un et l’autre vilipendés par la presse de Paris, inféodée aux Allemands, qui leur reprochera de ne pas vouloir entrer dans la « nouvelle Europe » conçue par les nazis et de pratiquer « l’attentisme ». Par ailleurs, l’A.F condamne le parti gaulliste qui brise l’unité française. Les collaborationnistes et les gaullistes affaiblissent le Maréchal dans ses négociations avec les autorités allemandes.

Le 8 mai 1943, le Maréchal décerne la francisque à Maurras; Il lui envoie le recueil de ses messages avec cette dédicace « À Charles Maurras, le plus français des Français ». Maurras restera fidèle jusqu’au bout au Maréchal qui, malgré une liberté d’action de plus en plus réduite demeure un bouclier pour les Français face à l’occupant.

L’A.F n’approuve pas pour autant – loin de là – toutes les initiatives prises par les ministres du gouvernement de Vichy. Le 24 janvier 1945, lorsque Maurras comparaît devant la Cour de justice du Rhône sous l’accusation d’intelligence avec l’ennemi” (!) il arbore la francisque au revers de son veston. Suprême défi lancé aux épurateurs et à la Révolution triomphante.

Michel Fromentoux

La maçonnerie à l’oeuvre 

La maçonnerie à l’oeuvre 

Dans un entretien, Le grand maître du Grand Orient de France Georges Serignac déclare :  

 
[…] La liberté de conscience a été beaucoup travaillée à la fin du 19e siècle et au début du 20e dans les loges. Il y a eu également tout le progrès sur les droits de la femme de disposer de son corps, la contraception, l’abolition de la peine de mort. Tout cela a été travaillé en loge.
Aujourd’hui, nous travaillons sur tout ce qui est la bioéthique, le transhumanisme, le développement durable. Nous travaillons sur le temps long. Nous avons des commissions et des loges qui travaillent sur toutes ces questions. Dans le cadre de l’égalité hommes-femmes, nous travaillons sur la lutte contre la violence faite aux femmes, la prise en compte de la problématique des migrants. Il y a aussi les problèmes écologiques. Il faut que les sociétés prennent en compte d’une manière à la fois humaniste et généreuse ces questions. On ne peut pas faire comme si c’était un non-sujet. Les francs-maçons doivent s’en saisir et faire des propositions à travers le travail dans les loges. […]

Quels sont vos rapports avec l’Eglise catholique ?

Aujourd’hui, l’épiscopat français a parfaitement admis la laïcité républicaine. À travers ce qu’on a pu ressentir, elle n’en est plus un adversaire. Plus du tout. Il n’y a plus de conflit. Il y a quand même certains éléments de l’Église plus à droite, même très extrême, qui la remettent en question. La position officielle de l’archevêque de Paris, le primat des Gaules, les grands leaders qui ont toujours eu un discours sans ambiguïté tiennent aujourd’hui des discours tout aussi sans ambiguïté qui ne sont plus en conflit avec la laïcité, et même avec la franc-maçonnerie. […]

On ne prend pas position politiquement. Jamais sauf contre l’extrême-droite, le totalitarisme, la xénophobie, ce qui se trouve dans nos règlements généraux. Il est inconcevable que nous prenions des positions partisanes puisque nous avons parmi nos membres des gens de toutes les tendances politiques, au nom de leur liberté de conscience, donc également politique. La franc-maçonnerie n’est pas un parti politique. C’est, en revanche, un rempart républicain par rapport aux grands principes, l’idée maçonnique étant indissociable de l’idée républicaine.

Au-delà de cela, les grands principes républicains peuvent s’appliquer partout parce qu’ils sont universels. Liberté, égalité, fraternité sont la devise républicaine, et celle du Grand Orient. Ce sont des principes universels. Nous faisons un effort considérable pour garder notre indépendance par rapport aux partis politiques. Nous considérons que nous sommes plus forts lorsque nous sommes libres. […]

La messe est dite, maçonnerie doit être dénoncée et combattue.

Avortement et colonisation

Avortement et colonisation

La situation des Etats-Unis d’Amérique, avant l’abrogation de l’arrêt Roe contre Wade, était meilleure que celle de la France : une jurisprudence mal fondée et flottante fixée par la Cour suprême y interdisait aux Etats fédérés d’interdire l’avortement, quand chez nous c’est une loi qui légalise et rembourse l’avortement. Les choses se sont améliorées (pour combien de temps ?) aux Etats-Unis, elles peuvent empirer en France. En tout cas, la campagne d’opinion lancée dans les médias, à l’Assemblée nationale et prolongée dans la rue montre, à tout le moins, combien notre pays est aujourd’hui colonisé.

Rappelons qu’au terme d’une procédure lancée par une jeune femme, Norma Mac Corwey, ayant choisi le pseudonyme de Roe, contre le procureur de Dallas, Wade, la Cour suprême des Etats-Unis, a décidé en janvier 1973 que le « droit au respect de la vie privée » s’étendait à la décision d’une femme d’avorter, les trois premiers mois. Ensuite, les exigences de santé publique pouvaient s’opposer à son désir d’avorter. Cela explique que les lois sur la question varient selon les Etats : avant la nouvelle décision, sept Etats autorisaient l’avortement « à tout moment » (C’est-à-dire jusqu’à la naissance), alors que les restrictions dans les autres s’étalaient dans le temps.

L’arrêt Roe contre Wade souffrait d’une faiblesse insigne : il était contraire à la constitution américaine. Les juges Byron White et William Rehnquist l’avaient d’ailleurs clairement établi à l’époque. En effet, la Cour avait prétendu s’appuyer sur le 14ème amendement de la Constitution pour étendre le « droit au respect de la vie privée » à la décision d’avorter. Mais ce montage rompait avec la tradition constante de l’Union, qui était de laisser aux Etats la responsabilité de décider en la matière. Surtout, il s’opposait au dixième amendement. Celui-ci dispose en effet explicitement que l’éducation, le droit pénal, la santé publique, compétences non réservées à l’Etat fédéral, reviennent aux Etats fédérés – et l’avortement relève de la santé publique. La Cour, par l’arrêt Roe contre Wade, avait donc commis un abus de droit, conséquence d’un « activisme judiciaire » dû au militantisme politique de certains de ses membres.

Le nouvel arrêt ne supprime ainsi aucun droit, qui n’existait pas, c’est un simple retour à l’orthodoxie constitutionnelle. Mais, étant donné l’état des esprits et la force de la propagande en faveur de l’avortement, cela n’est majoritairement pas perçu . Quelles en seront les conséquences ? Aux Etats-Unis, certains Etats ont déjà choisi ou choisiront une loi plus restrictive. D’autres maintiendront la leur. Même la plus extrême, la plus folle : l’avortement « à tout moment ». Le débat public, qui n’a jamais baissé de ton sur la question, sera sans doute vif et l’on ne sait ce qui peut en sortir. Une overdose de « progressisme », de culture de mort, peut ramener les républicains au pouvoir, ou au contraire, si les démocrates parviennent à imposer l’idée qu’une « liberté » a été lésée, un boulevard s’ouvrira devant les plus radicaux.

En France, c’est de ce côté qu’on s’achemine. Tablant sur l’ignorance du droit et de l’histoire américaine, médias et politiques ont persuadé l’opinion que la décision que vient de prendre la Cour suprême américaine est un abus et une régression scandaleuse. En même temps, des sondages opportuns (qui sont une manière d’influencer le mouton) affirment que neuf Français sur dix sont « attachés au droit à l’avortement ». Et le président de la République a exprimé son intention d’inscrire dans la constitution ce fameux « droit ». Reste à trouver la majorité nécessaire (les trois cinquièmes des deux chambres réunies ou la majorité simple sur un texte identique dans les chambres séparées), ce qui n’est pas évident, étant donné les réticences de Bayrou, Le Pen et du Sénat. Il est toutefois probable que la chose permettra de faire diversion d’autres questions et de pousser un peu plus les populations à juger souhaitable le « droit à l’avortement », qui n’est ni plus ni moins qu’un permis de tuer : quinze millions de Françaises  changées en James Bond se sentiront libres de massacrer à répétition les rejetons dont elles ne voudront pas. Déjà défilent les banderoles, « l’IVG c’est sacré », et un syndicat d’enseignants a appelé à manifester contre la décision de la Cour suprême des Etats-Unis. Cela montre à la fois le degré de colonisation de notre pays et la nature planétaire de la révolution arc-en-ciel que nous subissons.

Martin Peltier

Nouvelle attaque contre l’agriculture française

Nouvelle attaque contre l’agriculture française

Le coup est rude, ce n’est nullement le premier et ce ne sera pas le dernier, l’oligarchie apatride aime s’attaquer à ceux qui incarnent au mieux le pays. Qu’on ne l’oublie jamais: pas de pays sans paysans ! Ils sont à la base de tout système économique, ils sont à la base de toute société, ils sont à la base de toute structure humaine ! Et c’est pourquoi ils ne peuvent être qu’exécrés par ceux qui nous gouvernent, ces êtres déracinés qui ne vivent qu’entre eux dans des milieux liquides et uniformisés.

Mais de quel coup parle-t-on ? De l’accord de libre-échange entre notre pays – par le truchement de l’Union européenne – et la Nouvelle-Zélande ! Parmi les nombreux points de cet accord, il en est un particulièrement dramatique : cet accord prévoit la suppression des droits de douane sur les exportations et importations entre l’Union européenne et la Nouvelle-Zélande sur des produits tels que les produits laitiers ou la viande, et plus particulièrement la viande ovine ! Le Monde (01/07/22) rapporte cette réaction de Michèle Boudoin, présidente de la fédération nationale ovine, :

« Mais où est le commerce durable quand on transporte de la viande d’agneau trempée dans de l’azote liquide par bateau pendant douze semaines pour parcourir 22 000 kilomètres ? ».

En 2022, seulement 47% de la viande ovine consommée en France est de production française, chiffre en baisse constante !  Et c’est pourquoi ce nouvel accord soulève de vives inquiétudes chez les représentants de cette filière. Comme le souligne monsieur Fabien Gay, dans une question posée au ministre de l’agriculture : « Ils pointent aussi notamment des problèmes en matière de normes environnementales appliquées par les éleveurs néozélandais comparés à leurs homologues français. Il en va par exemple de pesticides utilisés dans les prairies d’élevage néozélandaises mais interdits sur le sol européen. De plus, dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique, apparaissent des incohérences entre les discours et les objectifs fixés par la France et l’Union européenne en matière environnementale et ce nouvel accord qui, d’une part, ne prévoit pas de bannir dans l’alimentation des animaux les tourteaux de soja dont la culture accélère la déforestation, mais d’autre part qui favorise l’importation de dizaines de milliers de tonnes de viande venues de l’autre bout du monde, trempées dans l’azote liquide pour être conservées, impliquant un transport par bateau de plus de 22 000 kilomètres. ». Les Français vont-ils consommer de telles viandes ? Je le crains. Quand un peuple voit son niveau de vie diminuer, il essaye de maintenir son niveau de vie en achetant des produits similaires, mais moins chers.

Avons-nous une plus belle illustration de l’absurdité avec laquelle nos gouvernants dirigent la France ? Mais, nous ne croyons nullement à leur incompétence, à leur bêtise crasse, nous croyons à leur volonté de tout détruire, de tout déconstruire ! Leur haine de tout ce qui est naturel, de tout ce qui est sain, de tout ce qui est le réel le plus concret, les pousse à prendre de telles décisions ! Il ne s’agit pas d’ignorance coupable, il s’agit d’idéologie mortifère !

Revenons à des notions simples ! La France doit rester une puissance agricole, une puissance qui sait produire des produits de qualité, qui font honneur à notre culture française. Aucune autre nation ne peut s’enorgueillir de posséder un tel savoir faire ! Une telle richesse agricole ! Il est temps de redonner ses lettres de noblesse à l’élevage français, que de jeunes gens s’investissent et retournent à la terre ! Mais pour ce faire, il nous faut un Etat digne d’une telle tâche, qui accompagne, qui guide, qui programme ! La République apatride ne pourra jamais donner ce cadre, il nous faut refonder de nouvelles institutions propices à ce ré-enracinement nécessaire. Tant que mentalement les Français ne seront pas enracinés dans un pays concret, dans un sol donné, ils ne pourront réinvestir la terre proprement dite. Et c’est pourquoi de tels accords peuvent passer ! Le peuple accepte de consommer selon son nouveau mode d’existence, une existence hors-sol, une existence standardisée, mondiale, liquide. Bref, se réenraciner politiquement dans notre terre française, pour mieux cultiver celle-ci. Où se trouve celui qui portera un tel projet ? Où se trouve ce Roi, protecteur des paysans de France ?

Guillaume Staub

Ni rouge, ni mort

Ni rouge, ni mort

Comme une déferlante démesurée et terrifiante « le communisme bolchevique et athée » s’est répandu à travers le monde, à partir de la Russie soviétique. Partout des hommes libres, chrétiens très souvent, ont rejoint des maquis anticommunistes, pour délivrer les peuples enchaînés.
 
Communisme — Wikipédia

Du Sud-Vietnam dans les années soixante-dix, à la Croatie dans les années quatre-vingt-dix, en passant par le Nicaragua, le Cambodge, l’Éthiopie etc…, il n’est pas un seul continent, où, à un moment ou à un autre, des hommes et des femmes ne se soient dressés –et se dressent toujours– contre le bolchevisme, dans toutes ses composantes et autres travestissements. Du nord de l’Europe (pensons à la courageuse Finlande), à l’extrême sud de l’Afrique, de l’est asiatique, à l’ouest du continent américain, des peuples ont refusé l’abomination marxiste-léniniste. Rappelons, à ce propos, que le concept d’anticommunisme est apparu très vite, au XIXe siècle : dès 1842. La Révolution d’Octobre, qui conduira à la naissance du premier régime communiste, va susciter la première grande résistance au bolchevisme avec les armées blanches qui, et c’est à méditer,  ont davantage  été vaincues par leurs querelles de personnes, que par les Rouges.

 

L’implication des chrétiens – catholiques, orthodoxes, protestants – dans ces résistances est une constante historique. Quand le pape Pie XI nous livre, en 1937, l’encyclique Divini Redeniptoris, il condamne sans équivoque « le communisme bolchevique et athée » (1), c’est une dimension spirituelle qui vient renforcer la résistance temporelle au Mal absolu. Que, plus tard, de mauvais clercs (en Afrique noire, en Algérie française et en métropole, en Amérique latine), aient pactisé  avec les communistes, n’a jamais empêché – je pense à l’héroïcité des Contras du Nicaragua – le référencement chrétien des maquis anticommunistes. Mais, pour des raisons géopolitiques évidentes, c’est en Europe de l’Est que, pendant plus de sept décennies, les résistances nationales seront les plus nombreuses et les plus sauvagement réprimées.

 

À défaut de pouvoir être exhaustif dans le cadre d’un seul article, citons quelques exemples emblématiques de ces combats, menés – et à quel prix – par des paysans, des écrivains, des étudiants, de simples citoyens. En Albanie, le Comité exécutif national albanais, créé en 1949 sous l’égide du roi Zog Ier, installera une guérilla de 250 hommes. Trahis par l’espion Kim Philby, tous seront capturés et exécutés.

En Arménie, on évoquera la mémoire de Dastramat Kanayan, alias général Dro, qui participa en qualité de chef suprême des armées, à la résistance contre les Rouges (1920-1921). Il fera ensuite partie du Conseil National arménien, créé en 1942. Il émigrera en 1951 aux États-Unis où il décédera en 1956. En 2000, sa dépouille a été transférée en Arménie et inhumée au mausolée de Bach-Aparan en présence du catholicos Mgr Karekin II.

Mais aussi, l’Azerbaïdjan, avec un Conseil national azéri créé lui aussi en 1942 ; la Biélorussie, avec la résistance – jusqu’au martyre – de l’Église orthodoxe autocéphale biélorusse ; la Bulgarie, avec le Front National bulgare fondé en 1947 ; la très catholique Croatie au sein de laquelle un Conseil National croate avait été créé en 1974 à Toronto (depuis, au prix d’une guerre, Zagreb s’est libérée du joug communiste), etc. Tous ces pays ont payé de lourds tributs au Moloch bolchevique, ce qui a été occulté en Occident, jusqu’en 1991.

 

Une mention spéciale pour les États baltes qui n’ont jamais accepté leurs envahisseurs. À l’honneur, en Estonie, la Ligue de la Jeunesse estonienne, fondée en 1956, formée d’étudiants et de lycéens (certains seront emprisonnés jusqu’en 1987 !). En Lituanie, la résistance sera animée par La Chronique, un samizdat de l’Église catholique (malgré une féroce répression, ce journal clandestin comptera 80 numéros) qui renforcera la création,  par des prêtres,  d’un Comité catholique pour la défense des droits des croyants. À l’honneur, en Lettonie, les Frères de la Forêt : ce mouvement de résistance à l’invasion soviétique tiendra le maquis jusqu’en 1957.

Il faut encore saluer la Finlande avec le Mouvement national patriotique de Lapua, la Géorgie toujours sous la menace russe, soit dit en passant, la Hongrie (son abandon fut la honte – une des hontes – de l’Occident), la Slovaquie  où le Comité de libération slovaque fut fondé en 1946, la Serbie, qui finira par être « yougoslavisée », la Slovénie avec l’Organisation des anticommunistes slovènes, la Tchéquie et son héroïque Légion tchèque, la Tchétchénie, qui avait fourni des combattants d’élite aux armées blanches et le paiera par des déportations et des massacres, l’Ukraine, qui continue de dézinguer les statues de Lénine, etc. (2).

En ce qui concerne la Roumanie, je voudrais évoquer la mémoire d’une héroïne de la résistance anticommuniste, Elisabeta Rizea (1912-2003). À partir de 1945, et pendant quatre années successives, cette modeste paysanne va apporter toute son aide (transport de vivres, de fonds, de messages) aux maquis anticommunistes (Haiducii Muscelului) du colonel Georges Arsenescu et des frères Toma et Petre Arnautolu. Arrêtée en 1949 par la Securitate, elle est battue et tor­turée, puis condamnée à sept ans de prison. En 1958, elle est libérée avec le statut d’ennemie du peuple. En 1961, elle est de nouveau appréhendée et condamnée à vingt-cinq ans de prison. Après la chute de Ceausescu, elle expliquera à la Radiodiffusion roumaine venue l’interviewer : « Je ne suis pas une femme politique, je suis une femme juste (…). Quand on me torturait, je faisais le signe de croix à l’aide de ma langue et je priais Dieu de me donner la force de ne rien lâcher ». Et aussi : – Je n’ai rien déclaré, ils n’ont pas réussi à me faire parler. Je me rappelle avoir juré, la main sur un Évangile et sur une croix qui se trouvait dans la chambre. J’ai pris la croix dans la main et j’ai juré sur la Bible (…). J’ai juré que je n’allais jamais trahir. J’ai tenu mon serment. Honneur, aussi, aux ultimes maquis de résistance anticommunistes au Sud-Vietnam (occupé par les communistes tonkinois) et au Laos. Au Sud-Vietnam, ils ne sont plus qu’une poignée (certains résistent depuis 1975 !). Au Laos, les Hmong, ethnie montagnarde rebelle, continuent de se battre avec les moyens du bord, ignorés par l’Occident, contre le gouvernement marxiste de Ventiane. 

 

 

On aura une pensée pour l’Afrique avec, notamment, le souvenir de la guérilla anticommuniste de la Renamo au Mozambique (jusqu’en 1992) et le baroud d’honneur de vétérans qui reprirent le maquis avec leur chef historique, Afonso Dhlakama en 2013 ; seulement équipés de quelques AK-47, ils ne purent jamais dépasser les lisières du massif dit Gorongoza (à plus de mille kilomètres de la capitale, Maputo).

Une anecdote significative qui remonte à l’époque où nous étions, Thibault de La Tocnaye et moi-même, avec un commando de Contras (les contre-révolutionnaires antisandinistes) sur les bords du Rio Coco, dans la jungle entre le Honduras et le Nicaragua, ces Contras, qui portaient autour du cou une croix façonnée dans une balle de M-16. Un soir, alors que nous profitions de la nuit pour nous cacher des hélicos soviétiques, un des combattants, un simple paysan, un campesino, m’a dit :
 
« Paraît qu’il y a aussi des communistes en France… Des gens qui haïssent notre foi. Alors, quand tu rentreras, tu diras à tes amis, à ceux qui nous soutiennent, que c’est aussi pour eux, pour leur liberté, que nous nous battons ». 
 

Pour terminer, un mot sur Ronald Reagan ou, plus exactement, sur ce qu’on a appelé la « doctrine Reagan ». Elle consista à fournir un appui officiel (ou officieux) aux mouvements de résistance et de guérillas anticommunistes, en Afrique, en Asie, en Amérique latine. Il y eut quelques ratés (mais rien de comparable au fiasco cubain de Kennedy, à la Baie des Cochons). Il y eut surtout de grands succès.

 

Reagan et Jean-Paul II auront été les artisans majeurs du recul du communisme, même s’il bouge encore. Tout au long des années 1980, Michael Johns, défenseur de la doctrine Reagan au sein de la très anticommuniste Heritage Foundation, rencontra les combattants de la liberté en Angola, au Cambodge, au Nicaragua, etc. Avec des effets immédiats : soutien de l’Unita de Jonas Savimbi en Angola, soutien des Contras au Nicaragua, soutien aux opposants du Négus rouge Mengistu en Éthiopie. La « doctrine Reagan » marqua un véritable tournant dans la politique étrangère américaine d’après-guerre. On passait d’une politique de containment « endiguement » à une politique de roll back (refoulement) qui consiste à afficher une opposition ouverte à l’égard des gouvernements soutenus par les Soviétiques, en soutenant les mouvements de rébellion. Au Nicaragua, la pression armée des Contras provoqua la chute… électorale des sandino‑communistes en 1990. En Angola, après la bataille de Cuito Cuanavale, Cuba, allié du MPLA marxiste, abandonna le terrain (3). En 1997, Margaret Thatcher saluera en ces termes la « doctrine Reagan » : « Cette doctrine a suscité la fin de la trêve avec le communisme. L’Ouest ne regarderait plus, dès lors, aucune région du monde comme irrémédiablement destinée à renoncer à sa liberté pour la seule raison que les Soviétiques affirmeraient qu’elle fait partie de leur sphère d’influence. Nous allons mener une bataille idéologique contre le communisme et soutenir matériellement ceux qui se battent pour délivrer leur pays de la tyrannie. »

 

Il y a encore du pain sur la planche ? Oui. La Chine, la Corée du Nord, le Laos, le Vietnam, le Venezuela, Cuba, certaines « républiques » de l’ex-URSS, etc. Et pas grand monde, il est vrai, pour venir à l’aide de ces peuples aux liens.
 
 
Alain Sanders
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(1) Réitérant ainsi les condamnations contenues dans Quanta Cura (1864) et Quadrtigesimo Anno (1931). Rappelons que Pie XII, en 1949, a approuvé un décret du Saint-Office excommuniant les communistes (et les catholiques qui leur apporteraient leur concours).
(2) Dans plusieurs pays ex-communistes européens – Hongrie, Lituanie, Estonie, Lettonie – l’usage des symboles communistes est désormais puni par la loi.
(3) En 1991, le leader des Contras, Enrique Bermudez, fut assassiné par balles à Managua. En 2002, Jonas Savimbi tombera dans une embuscade mortelle dans l’est de l’Angola. Preuve que les communistes restent longtemps aux aguets…
14 juillet, fête nationale ?

14 juillet, fête nationale ?

« Le 14 juillet », une imposture partisane devenue une pseudo-fête nationale.

Il faut dire toute la vérité sur la révolution française de 1789, en signalant aussi tous les clichés mensongers qui s’y rapportent, notamment celui du « 14 juillet, anniversaire de la prise de la Bastille, symbole de l’arbitraire » selon la version officialisée contraire à la réalité historique.

Il n’y a pas eu prise de la Bastille, mais entrée autorisée par la porte ouverte, vers cinq heures du soir. Précédemment, une délégation des émeutiers avait pris son déjeuner à l’intérieur de la forteresse, sur invitation et en compagnie de son gouverneur Bernard de Launay.

La Bastille était un vieux bâtiment militaire, dont la destruction était prévue. C’était une ancienne forteresse, édifiée quatre siècles auparavant pour la protection de Paris et devenue prison d’État en voie de désaffection. Du 1er janvier 1789 au 14 juillet, il n’y était entré qu’un seul prisonnier. « Le Grand Larousse du XXème siècle », en six volumes, précise : « D’autre part, à cause du confort dont les prisonniers s’étaient entourés et à cause des traitements élevés des officiers de l’état-major, la Bastille coûtait très cher au gouvernement.

Le 14 juillet il y avait sept incarcérés en tout, mais aucun prisonnier politique. Quatre détenus de droit commun furent libérés par la populace au milieu des réjouissances, et réincarcérés par la suite. Deux fous, dont un Anglais qui fut porté en triomphe puis renfermé a l’asile de Charenton ; l’autre fou étant transféré cinq jours plus tard dans le même asile d’aliénés. Le septième interné était un jeune noble du Languedoc, dévoyé et débauché, enfermé à la demande de sa famille, lequel s’empressa de disparaître.

La garnison était composée de 82 invalides de guerre, avec un renfort récent de 32 soldats. Le soir du 14 juillet, ces militaires sont menés sous escorte à l’Hôtel de Ville proche. En chemin, les menaces et les injures pleuvent sur eux. Le gouverneur de la Bastille est assassiné en cours de route. On confie le soin de décapiter son cadavre à un boucher, qui s’escrime d’abord avec un sabre qu’on lui a tendu, mais doit finir à l’aide de son couteau de poche. La tête fixée au bout d’une pique est promenée à travers la ville pendant deux jours. Trois officiers et trois invalides sont également mis à mort par la populace. Les auteurs de ces forfaits se déclarèrent « vainqueur de la Bastille ».

Près d’un siècle après, la IIIème République décide d’en faire la fête nationale de la France que les Américains appellent le « Bastille Day » (le jour de la Bastille). À partir du 14 juillet 1880, cet épisode particulièrement sanguinaire de la Révolution, — cette journée d’émeute dont l’anniversaire fût déjà stupidement célébré en 1790 sous le nom de Fête de la Fédération –, devient la fête nationale légale avec la paradoxale obligation de service pour les militaires français de parader a cette occasion.

Il convient de fixer une autre date plus convenable comme fête nationale  française. À la place de l’anniversaire d’une affaire déplorable, dont le symbolisme est plus que douteux, le choix de la date du 15 août, fête de l’Assomption de la mère du Christ, patronne principale de la France, paraît le plus opportun. Sous le Premier et le Second Empire, le 15 août était jour de fête nationale. Les Français doivent se reconnaître le « 15 août » comme la véritable fête nationale de la France.

                                                                                                                                                    Pierre Sidos