hongrie : Viktor orban remporte la bataille

hongrie : Viktor orban remporte la bataille

La Hongrie de Viktor Orban est-elle devenue une dictature ?
Le parti de Viktor Orban a remporté les élections qui se tinrent hier, dimanche 2 mars en Hongrie. Le Fidesz-KDNP, coalition du premier ministre Viktor Orban, aurait récolté 53,13% des voix – résultat en progression par rapport au scrutin de 2018 où ils eurent 49,27% des voix et 133 sièges au parlement – contre la coalition menée par Peter Marki-Zay qui peine à arriver à 35% des voix et 56 sièges. Quant au parti nationaliste – ou plus simplement patriote, mais sur la droite de Viktor Orban -, Mi Hazank récolterait 6,18% des voix et 7 sièges, résultats encourageants pour une première élection. Rappelons que ce parti est issu du courant Mi magunk et créé au sein du parti Jobbik le 22 mail 2018, date à laquelle le Jobbik commença sa politique de normalisation et de recentrage politique qui le mena de l’extrême droite à une coalition, celle de ces élections, qui rassemble des partis de l’extrême gauche à la droite de trahison. En effet, nous trouvons dans cette coalition menée par Peter Marki-Zay, aussi bien le Jobbik, le parti socialiste hongrois ou encore les partis écologistes ! Ce dut être une des principales faiblesses de cette coalition.
Rappelons que le mode de scrutin hongrois est particulier, laissant une certaine place à la proportionnelle. En effet, l’Assemblée nationale est un parlement d’une seule chambre composée de 199 sièges pourvus pour quatre ans selon un mode de scrutin que l’on nomme parallèle. Sont ainsi à pourvoir 106 sièges au scrutin uninominal à un seul tour dans autant de circonscriptions électorales, auxquels s’ajoutent 93 sièges pourvus au scrutin plurinominal proportionnelle de liste avec seuil électoral de 5 % dans une unique circonscription national.
Il s’agit donc d’une nette victoire pour le parti de Viktor Orban qui se trouve réellement plébiscité par la population hongroise ! Ce dernier se permit même de déclarer, à l’attention des instances dirigeantes de l’Union européenne :  » Nous avons remporté […] une victoire si grande qu’on peut sans doute la voir depuis la Lune, et en tout cas certainement depuis Bruxelles » !
N’oublions jamais qu’aucune solution restauratrice de la nation ne sortira des urnes en France et, si la Hongrie continue de résister quelque peu à la vague destructrice de la modernité, c’est un combat qu’elle ne pourra pas gagner dans le temps long si elle continue à déposer son destin dans les mains de citoyens bien perméables aux attraits de celle-ci ! Un peuple se corrompt plus facilement qu’il ne s’assainit.
                                                                                                                                            Guillaume Staub 
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Gérard Bedel ? Présent !

Gérard Bedel ? Présent !

« Seigneur, endormez-moi dans votre paix certaine
Entre les bras de l’Espérance et de l’Amour.
Ce vieux coeur de soldat n’a point connu la haine.
Et pour vos seuls vrais biens a battu sans retour »

Maurras, la prière de la fin

Le samedi 19 mars, jour de la solennité de Saint Joseph, à l’âge de 78 ans, notre ami Gérard Bedel rendait sa belle âme à Dieu. Gérard Bedel était un Français exemplaire, membre du Comité Directeur de l´Action Française et vice-président de l´ADMP, il s’est vigoureusement opposé à la dédiabolisation de l’AF. Né le 17 février 1944 sous l’Etat français, Gérard Bedel était professeur de Lettres. Il démissionna de l’Éducation Nationale en 1981, par intégrité intellectuelle et morale. Il reprit alors la boutique des cahiers de Charles Péguy en 1985. Il continuera toujours à enseigner jusqu’après la retraite en 2016. Engagé depuis toujours et jusqu’au bout dans le combat national, il était un monarchiste convaincu, un royaliste de raison et, par voie de conséquence, un catholique fervent, thomiste, traditionaliste. Il était défenseur de tout ce qui est français, à commencer par la langue. Attaché à toutes les traditions, religieuse, politique, il participa à de nombreuses publications, collabora notamment à Lectures françaises et à L’Echo d’Action française. Il consacra son temps et son énergie au combat qui était le sien jusqu’à ses derniers instants, jusqu’à son dernier souffle puisqu’un énième ouvrage sur Jacques Bainville (sujet qui lui tenait très à cœur) est actuellement chez un éditeur. Gérard Bedel était en effet un écrivain prolifique. On lui doit un grand nombre d’ouvrages dont voici la liste non exhaustive : Monseigneur Trochu, maître de l’hagiographie (2005), Le latin par la messe : un itinéraire linguistique et religieux suivi de Les chrétiens dans l’empire romain : langue, littérature et art (2007), 9 histoires de Noël (2008), Merveilleux Noëls du Moyen Age (2009), Louis XVI, ou la tragédie de la vertu (2010), Le général de Sonis (2012), Qui suis-je ? Pétain (2014), Le Cardinal Pie. Un défenseur des droits de Dieu (2015), Le gaullisme : maladie sénile de la droite (2018), Précis d’histoire de l’Action française (2021). 

Converti par Bossuet et les auteurs du XVIIe siècle dans sa seizième année, il fut pour résumer un honnête homme, un grand Français et un vrai chrétien. Ses obsèques religieuses ont eu lieu le jeudi 24 mars au Bois, il repose désormais au cimetière de Mérigny. 

La devise de Gérard Bedel pourrait être celle-ci : « intransigeant avec les idées, tolérant avec les hommes »

L’Action Française présente à sa veuve Jacqueline, à ses enfants et petits-enfants, à ses proches et à ses amis, ses sincères et attristées condoléances.  

Requiescat in pace ! 

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International : l’Artsakh est attaqué !

International : l’Artsakh est attaqué !

Alors que tous les regards semblent tournés vers l’Ukraine, que le potentiel d’empathie occidental est pleinement concentré sur son peuple, l’Azerbaïdjan attaque à nouveau le Haut-Karabakh – ou Artsakh -, terre arménienne, dans la plus totale indifférence ! En effet, il semble que les troupes musulmanes profitent de la situation internationale explosive pour agresser des terres chrétiennes ; d’autant plus que la Russie, pays protecteur de la région, se trouve déjà bien occupée plus à l’ouest. Cette agression, comme la précédente, s’apparente de plus en plus à un nouveau nettoyage ethnique… Mais silence ! Celui-ci est bien autorisé, les papiers sont en règle ! Les crétins solennels de la démocratie ne sauraient le déplorer.

Revenons aux faits. Comme le rapporte le journal Présent du mardi 29 mars 2022 : << En effet, alors que les troupes de Bakou ne cessent de multiplier les accrochages à la frontière depuis des mois dans l’indifférence la plus complète de la communauté internationale, le ministre arménien des Affaires étrangères a dénoncé samedi une << invasion azérie >> survenue jeudi dernier et marquée notamment par << des tirs d’artillerie constants >> ayant causé la mort de deux soldats arméniens et fit une quinzaine de blessés >>. Un rassemblement pacifique eut lieu le 26 mars à Stpanakert pour exiger une solution, les organisateurs, craignant un nouveau génocide d’Arméniens par l’Azerbaïdjan, exigent que les expulsions d’Arméniens du Haut-Karabakh cessent. Ils pleuraient, la veille 25 mars, 3 soldats arméniens qui perdirent la vie – nous donnons le nom de ces combattants : Davit Robert Mirzoyan, Ishkhan Serjik Ohanyan et Ararat Tosyan. Ces derniers ont trouvé la mort après une attaque où fut constatée la présence de drones turcs Bayraktar TB-2. Ces soldats décédèrent dans le village arménien de Paroukh, aujourd’hui aux mains de l’ennemi.

Quelle réponse des occidentaux ? Quelle réaction ? Aucune. Seule la Russie répondit à cette agression en envoyant un contingent militaire pour le maintien de la paix dans cette région et en exigeant le retrait immédiat des troupes de Bakou. Le 29 mars, le porte-parole de la présidence russe, Dmitry Peskov, a déclaré : « La Russie déploie des efforts très énergiques pour poursuivre les efforts visant à maintenir la paix dans la région du Haut-Karabakh et pour que les parties remplissent leurs obligations respectives. ». Pourquoi un tel silence des occidentaux ? Jean-Christophe Buisson avance quelques raisons pour Le Figaro (18/03/2022). Premièrement, la principale raison doit être trouvée du côté de la Turquie qui participe activement à cette guerre contre l’Arménie, ennemi de toujours, en envoyant armes et hommes sur place. Or cette Turquie est, d’une part, membre de l’OTAN et, d’autre part, retient sur son territoire des centaines de milliers de migrants qui pourraient être lâchés sur l’Europe et semer une nouvelle fois le chaos. C’est pourquoi les gouvernements occidentaux marchent sur des œufs avec la Turquie et ne souhaitent pas l’affrontement direct. A ces raisons, nous pourrions ajouter le peu d’intérêt que représente l’Arménie – quels seront nos enjeux dans cette région si périphérique? Qui donc peut se soucier encore en Europe de défendre cette terre ancestralement chrétienne contre les assauts de peuples musulmans ? Ou plutôt, ne serait-ce pas par peur d’être accusé d’islamophobie – indicible horreur ! – que nos dirigeants ne souhaitent pas s’opposer de front à l’Azerbaïdjan ? Qu’importe les raisons, les Arméniens sont abandonnés une nouvelle fois.

Quand nous voyons au quotidien nos pseudo-élites tenir des discours hystériques contre la Russie – à l’instar d’un Bruno le Maire désirant « provoquer l’effondrement de l’économie russe » – pour son attaque de l’Ukraine et le silence absolu concernant cette guerre-ci, nous ne pouvons que constater la totale hypocrisie de nos sociétés ! Qui décide quelle guerre doit être déplorée ? Qui sélectionne les victimes incarnées et celles qui ne le sont que secondairement ?

Il semblerait bien que la défense des nations et des peuples contre des ennemis extérieurs dépende fortement de la géostratégie américaine ! Le maître désire, le maître exige : mourrez pour Kiev, ne perdez pas votre temps avec l’Artsakh !

Guillaume Staub

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L’AF expliquée par le marquis Marie de Roux 

L’AF expliquée par le marquis Marie de Roux 

La doctrine d’Action Française est si forte que ses détracteurs, plutôt que d’en discuter les thèses, ont souvent préféré se fabriquer une idée de l’Action Française à laquelle ils ont attribué des idées philosophiques et religieuses qu’elle n’a jamais professées. C’est cette malhonnêteté intellectuelle que dénonce le marquis de Roux, grand avocat des causes nationales, dans un petit mais substantiel ouvrage paru en 1927 sous le titre Charles Maurras et le nationalisme de l’Action Française. Sa lecture reste indispensable à quiconque veut se débroussailler l’esprit des idées toutes faites et des calomnies sans cesse déversées sur notre école de pensée.

L’intérêt national

L’essentiel s’y trouve, à commencer par l’affirmation que l’Action Française n’est pas un parti : elle se refuse « à ce rôle de faction organisée qui dominerait l’État. Elle déclare à l’avance que le roi, restauré par elle, devra gouverner avec le concours de tous et en employant les plus compétents ». De même, elle met en garde contre tout parlementarisme, « même tempéré par la couronne », car c’est toujours un gouvernement de partis. Première condition pour être d’Action Française : « éliminer de la discussion politique nos goûts, penchants ou répugnances, partis-pris de sentiment ou habitudes d’esprit ». Alors, s’étant ainsi libéré, savoir s’appuyer sur l’expérience historique montrant ce qui réussit ou échoue, ce qui produit des effets heureux ou malheureux : c’est « l’empirisme organisateur ». La première leçon de l’observation objective des faits est que « les intérêts particuliers doivent être non sacrifiés mais subordonnés à l’intérêt général » qui est pour nous Français « l’intérêt national », lequel requiert le bienfait de « l’autorité ». Celle-ci doit être désignée de façon qu’elle puisse « réaliser l’unité du commandement, avoir l’indépendance, la durée et la continuité » et que « l’intérêt de celui qui l’exerce coïncide avec l’intérêt de ceux sur qui et pour qui elle s’exerce ». C’est la monarchie héréditaire. Une monarchie respectueuse de la foi catholique, dont toute l’Histoire atteste les bienfaits. Une monarchie en outre assez forte pour ne pas avoir besoin d’entretenir une clientèle de fonctionnaires, donc pour décentraliser, faire revivre les petites « républiques locales » et les organisations professionnelles. Au bout de ce résumé de la méthode propre à notre mouvement, le marquis de Roux précise que les royalistes d’Action Française n’ont pas à attendre la restauration pour servir : « Ils ne sont royalistes que parce qu’ils sont patriotes : ils se sentiraient donc inexcusables de ne pas défendre de tout leur pouvoir l’héritage en l’absence de l’héritier. » Langage toujours actuel.

Définitions

Restent alors à bien définir trois locutions que la mauvaise foi a si souvent travesties : Le « nationalisme intégral » est « celui qui sacrifie au bien de la nation les préjugés révolutionnaires », donc celui qui conclut « à la monarchie » ; le « politique d’abord » exprime tout simplement la « priorité (et non la primauté) du moyen politique », étant bien entendu qu’il s’agit ici de l’ordre des moyens purement humains ; le « par tous les moyens » veut dire tous les moyens légaux ou illégaux, mais honnêtes et avouables, comme par exemple, même sans avoir encore la force de remplacer le mauvais législateur, tout mettre en œuvre pour faire échec à une mauvaise loi. Il faut lire attentivement les pages où le marquis de Roux parle de la nécessaire collaboration des croyants et des incroyants. Il en précise les conditions : se réunir au nom de l’intérêt national, dans un but donc temporel, qui ne suppose ni interconfesionnalisme, ni spiritualisme syncrétiste, ni libéralisme mettant toutes les religions sur le même plan. Voilà donc l’Action Française telle qu’elle est, telle qu’elle se définit, telle que l’honnêteté commande de la considérer, qu’on l’approuve ou non.

On a malheureusement voulu en faire un mouvement aux préoccupations philosophiques ou religieuses suspectes. Les diffamations de prétendus bien-pensants, démocrates chrétiens pour la plupart, aboutirent en 1926 à la mise à l’index de L’Action Française par Rome. C’est à eux que répond le marquis de Roux.

Le bienfait catholique

D’abord l’agnosticisme de Maurras. Notre maître avait eu en effet le malheur de perdre la foi au sortir de l’adolescence, mais il en souffrait et restait assoiffé de vérité.

« Ce n’est pas assez dire, écrit le marquis, de constater que la politique de Maurras ne se déduit pas de son agnosticisme. Loin d’en découler, elle est psychologiquement une réaction contre lui. »

Nul danger de paganisme, ou de panthéisme, ou d’immoralité à fréquenter Maurras ; sa façon de dénoncer les faux dieux que le monde moderne fait souvent passer pour le vrai a ramené plus d’un de ses amis à retrouver la foi de leur enfance (à commencer par Henri Vaugeois). Et si Maurras a montré qu’il existe « une physique politique qui étudie légitimement les conditions et les résultats de nos activités d’un point de vue qui n’est pas celui de la morale », il a toujours reconnu que la morale reprend ses droits « pour nous dicter notre devoir d’état de citoyen ». Il va même plus loin, reconnaissant que « non seulement l’obligation morale, mais l’obligation juridique n’a de sens et de force que par référence de l’Absolu ».

Tout à l’opposé de la morale kantienne, Maurras pense que « transformer en accord les oppositions de l’intérêt et du devoir c’est le chef-d’œuvre de la politique », en quoi il se trouve en plein accord avec les plus grands politiques catholiques qui avaient avant lui étudié les institutions secourables à la faiblesse humaine.

Accord qui se manifeste éminemment dans le domaine de la doctrine sociale de l’Église, si bien exposée et approfondie par le marquis de La Tour du Pin et que l’Action Française a faite sienne.

Universalité

Dans sa critique de la démocratie, dans son anti-libéralisme et dans sa conception du catholicisme, Maurras a toujours insisté « sur l’universalité du bienfait catholique, sur la situation privilégiée qui est due entre toutes les confessions, entre tous les cultes, à l’Église catholique sur la terre de France et sur toute la terre habitée ». On sait en effet où la « séparation » de la république d’avec la foi qui a fait la France nous mène aujourd’hui… Ce sens catholique de l’universalité, d’un juste et d’un bien communs à l’humanité inspire aussi le nationalisme de l’Action française, pour lequel « le génie national correspond aux façons qui nous sont le plus naturelles et faciles de nous élever à un type supérieur d’humanité ». Ce ne sont là que quelques exemples de la richesse de l’ouvrage du marquis de Roux. Un livre que le temps n’a pas usé, qui confirme les adhérents dans leur choix et qui guérit les hésitants de leurs états d’âme.

Michel Fromentoux, membre du Comité Directeur de l’Action Française

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Après la Nouvelle-Calédonie, Macron essaie-t-il aussi de brader la Corse ?

Après la Nouvelle-Calédonie, Macron essaie-t-il aussi de brader la Corse ?

A L’OCCASION de la cérémonie organisée le 20 mars pour les dix ans des attentats de Toulouse et de Montauban, Emmanuel Macron a osé déclarer dans son allocution : « L’antisémitisme et l’antisionisme sont les ennemis de notre République ». Au moins les choses sont-elles claires. En tenant ces propos, le chef de l’Etat candidat à sa succession inscrit ses pas dans ceux de Manuel Valls qui, alors ministre de l’Intérieur de François Hollande, avait affirmé en 2014, en marge de l’affaire Dieudonné, que « les juifs sont l’avant-garde de la République ». On ne saurait mieux illustrer à quel point la synagogue est consubstantielle à la République comme le catholicisme l’était à la France royale et traditionnelle. Et cette réalité est de plus en plus prégnante car il y a quelques décennies il était encore possible de critiquer fortement l’entité sioniste, voire de remettre en question sa légitimité historique, politique et juridique sans être accusé d’antisémitisme. 

Nous évoquions la semaine dernière la dissolution en Conseil des ministres de plusieurs organisations pro-palestiniennes, simplement coupables de dénoncer les crimes de l’Eretz à l’égard des Palestiniens, l’association Comité Action Palestine et le Collectif Palestine vaincra. L’Exécutif ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin et pourrait interdire prochainement, à la demande expresse du lobby judéo-sioniste toujours aussi insatiable, d’autres associations comme CAPJPO EuroPalestine (Coordination des Appels pour une Paix juste au Proche-Orient), l’Association France Palestine Solidarité, l’Union juive française pour la paix, BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) qui milite pour le boycott de l’Etat d’Israël en tant qu’occupant et colonisateur. Après la criminalisation du révisionnisme historique, on franchit une étape supplémentaire dans l’oppression avec la diabolisation de la cause palestinienne, de l’antisionisme officiellement assimilé désormais à l’antisémitisme. Renaud, dont l’anticonformisme n’est pas la principale vertu, ne se risquerait plus à chanter aujourd’hui « Palestiniens et Arméniens témoignent du fond de leur tombeau qu’un génocide c’est masculin » (Miss Maggie, 1985). En trente-sept ans les choses ont bien changé et les libertés fortement reculé.

CE PHÉNOMÈNE n’est pas purement français puisque « l’insupportable police juive de la pensée » (dixit feu Annie Kriegel) n’a de cesse de se renforcer dans tout l’Occident. Dernier exemple en date, le 17 mars, en pleine guerre d’Ukraine, le Conseil de l’Europe n’a rien trouvé de plus urgent que d’appeler « les gouvernements européens à assurer la commémoration de l’Holocauste pour combattre l’antisémitisme ». La recommandation du Conseil de l’Europe, un machin mondialiste et supranational, vise à « prévenir de futurs crimes contre l’humanité (pas moins ! Mais, notez-le, pas ceux commis quotidiennement en Palestine occupée !) Le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a adopté très officiellement une « Recommandation relative à la transmission de la mémoire de l’Holocauste et à la prévention des crimes contre l’humanité ». La “recommandation” invite les 46 Etats membres de l’Organisation à « promouvoir l’enseignement et l’apprentissage de l’histoire de l’Holocauste et à transmettre la mémoire de l’Holocauste et des crimes commis par les nazis, leurs complices et leurs collaborateurs, dans le cadre de l’éducation et des politiques publiques ». Le texte d’un conformisme consternant et d’une judéoservilité non moins absolue souligne « le caractère exceptionnel de la destruction de la communauté juive européenne, tout en reconnaissant les autres victimes du nazisme et des autres crimes de masse du XXe siècle. » Etant donné qu’« il y a de moins en moins de survivants de l’Holocauste (on avait plutôt l’impression contraire !) pour apporter un témoignage direct », le Conseil de l’Europe propose « une approche interdisciplinaire de la mémoire, comprenant les documents historiques, les lieux de mémoire, les médias, la musique, l’art et la littérature ». Saluant la “recommandation” qui témoigne en effet d’un courage inouï, la Secrétaire générale, Marija Pejčinović Burić, a déclaré avec grandiloquence : « Apprendre et enseigner l’Holocauste, c’est vital pour prévenir de futurs crimes contre l’humanité. À l’heure où l’antisémitisme s’aggrave, il ne faut ménager aucun effort pour nous souvenir des victimes et faire en sorte que le souvenir se perpétue à l’avenir. Il s’agit d’une part essentielle de notre responsabilité collective de protéger les Juifs et la vie juive en Europe. Cela fait partie de nos valeurs européennes communes ». 

On le voit, toute critique d’un certain lobby ou de l’entité sioniste est assimilable désormais à un potentiel crime contre l’humanité. La tribune du Monde du 7 mars (voir RIV. numéros 3509 et 3510) contre RIVAROL ne dit pas autre chose puisqu’elle nous accuse, de manière ahurissante et complètement arbitraire (on croit cauchemarder tant l’accusation est stupéfiante et grossière), de « faire le lit des génocidaires, d’insulter les rescapés, les familles des victimes et leur mémoire ». On voit à quel point leur République est une idéologie mortifère qui repose sur le déni du réel et sur la diabolisation, la criminalisation des ennemis de l’intérieur. Il y a une logique épuratrice à l’œuvre dans le discours républicain depuis la Révolution française, et cette dimension qui parfois semble s’estomper finit toujours par rejaillir et légitime à l’avance une répression foudroyante contre ceux désignés comme des ennemis à abattre, des pourvoyeurs de haine, des disciples de la discrimination. On exclut au nom du refus de l’exclusion. On tyrannise au nom du refus de la tyrannie.

QUAND LES POUVOIRS PUBLICS ne récitent pas servilement le catéchisme holocaustique et n’enseignent pas la morale (unilatéralement) antiraciste, ils commémorent, ils glorifient des actes de trahison de gouvernements indignes, comme les accords d’Evian de mars 1962. Macron a décidément fait fort cette semaine. Mais il n’en est pas à sa première initiative dans ce domaine puisqu’il avait déjà déclaré lors de la campagne présidentielle de 2017 que la colonisation française en Algérie avait été un crime contre l’humanité. Notez-le bien : pas même un simple crime, mais carrément un crime contre l’humanité. Ce qui, si les mots ont un sens, ouvre la voie à des réparations morales et financières. On le voit, on reste prisonnier de la jurisprudence de Nuremberg. Laquelle ne cesse de nous pousser au suicide en imposant une autoflagellation mortifère.

Or, il était criminel de larguer totalement les possessions françaises. Sans doute des ajustements devaient-ils être faits, des évolutions juridiques, administratives et politiques pouvaient-elles être mises en œuvre mais il eût fallu absolument garder au moins le Sahara avec son pétrole et son gaz naturel. A l’heure où se pose avec gravité la question de notre dépendance énergétique, à l’heure où les prix du gaz et de l’essence explosent, on mesure à quel point ce fut une folie de tout brader comme l’a fait De Gaulle en 1961-1962 sans rien obtenir en contrepartie. On nous parle ad nauseam de la lucidité de l’homme de Colombey, de sa prescience, de sa vision, de sa volonté d’assurer la grandeur de la France mais en réalité c’est tout le contraire qu’il faut dénoncer chez lui. Il a rapetissé notre pays, l’a rétréci au lavage et il n’a nullement œuvré à notre indépendance énergétique qui eût pu être assurée avec le maintien du Sahara dans le giron tricolore. Il y avait 36 façons de traiter l’affaire algérienne, il a fallu que De Gaulle choisisse la 37e, la pire : le bradage total sans rien obtenir en échange pour notre pays. 

SES SUCCESSEURS s’inscrivent résolument dans ses pas : après avoir tout tenté (heureusement en vain jusque-là) pour larguer la Nouvelle-Calédonie riche en nickels et qui, avec les autres confettis d’Empire, nous permet d’avoir le deuxième domaine maritime au monde, voilà que Macron s’est dit prêt à accorder l’autonomie à la Corse, premier pas là aussi vers l’indépendance, et donc vers le largage de l’île de Beauté, ce qui est une infamie. Et pourquoi pas demain l’abandon du Pays basque et après-demain de tout ou partie de la Bretagne ? La faiblesse entraîne d’autres faiblesses, une abdication en suscite d’autres. Il n’est rien de pire qu’un pouvoir faible avec les forts et cruel avec les faibles. 

Un gouvernement digne de ce nom doit veiller jalousement à l’intégrité territoriale du pays dont il a la charge et ne pas participer à son affaiblissement, à son morcellement, à son démantèlement. Il a suffi de quelques manifestations violentes de jeunes Corses indépendantistes protestant contre l’agression en prison par un codétenu allogène d’Yvan Colonna, responsable de l’assassinat le 6 février 1998 du préfet Erignac, pour que Macron, au lieu de rétablir l’ordre et le calme, évoque officiellement l’autonomie de ces deux départements français. C’est un scandale absolu. Il suffit que quelques jeunes excités s’agitent, hurlent, menacent, détruisent et pillent des bâtiments officiels, brûlent ostensiblement des drapeaux français pour que le chef de l’Etat cède à la violence et d’une certaine manière l’encourage, la récompense. C’est insupportable. On est là exactement dans la même politique que De Gaulle avec le FLN algérien, que Rocard, porteur de valises du FLN, avec le FLNKS kanak pour la Nouvelle-Calédonie. Ce sont des comportements antinationaux qui s’assimilent à une véritable traîtrise, à une forfaiture. Las ils ne sont jamais punis. Ni par Thémis ni par le peuple qui reconduit toujours les mêmes. Il est pourtant clair, en politique comme dans la vie, qu’il faut savoir se montrer ferme et inflexible quand l’essentiel est en jeu. Voire conquérant quand on le peut car qui n’avance pas recule, qui n’amasse pas dissipe, qui ne s’impose pas, qui ne se fait pas respecter est immanquablement condamné à la défaite, à la soumission et à la servitude. Comme en atteste invariablement l’histoire des peuples, des nations, des empires et des civilisations.

Éditorial de Jérôme Bourbon, Rivarol 

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Macron a droit et raison de ne pas débattre

Macron a droit et raison de ne pas débattre

Beaucoup reprochent à Emmanuel Macron son refus de débattre avec ses concurrents avant le premier tour. Ils méconnaissent ainsi et l’histoire et l’esprit de l’élection présidentielle au suffrage universel direct.
Le président sortant jouit de fait d’une sorte de légitimité, reflet abâtardi de la légitimité royale, et ne saurait sans abus être assimilé à ses concurrents, un peu comme le tenant de la coupe Davis, jadis, n’entrait en compétition que pour le challenge round.

Et puis le débat avec l’adversaire n’est pas constitutif de l’élection présidentielle, ni dans l’esprit de son fondateur, le général De Gaulle, ni dans la pratique de son premier successeur, Pompidou, pourtant moins altier. Sans doute a-t-on pris l’habitude, depuis l’élection de 1974 et l’affrontement Giscard/Mitterrand (« Vous n’avez pas le monopole du cœur ») de voir s’affronter au deuxième tour les deux premiers du premier tour : c’est qu’ils y ont acquis une légitimité et qu’on estime qu’ils portent deux projets suffisamment différents.

Mais les débats du premier tour sont une nouveauté de 2017 dont il n’a pas été démontré qu’ils fussent utiles d’une part, et qui font partie d’un caravansérail médiatique visant à donner au peuple le spectacle de la démocratie, l’illusion qu’il juge de son propre sort après avoir entendu les causes qu’on lui soumet. Comme en font aussi partie les primaires, contrefaçon de démocratie diamétralement opposée à l’intention affichée par De Gaulle de s’opposer au régime des partis et, pour le candidat, d’en appeler directement au vote populaire.

D’ailleurs, on n’a jamais su définir avec précision qui est admis à débattre et qui n’y est pas admis. Il semble que certains candidats soient plus invités que d’autres, en fonction des médias et des sondages, qui sont autant d’instruments d’influence de la ploutocratie et des sociétés de pensée faisant écran entre les candidats et les électeurs. Pour conclure, ces débats sont, du point de vue de l’observateur indépendant, extrêmement douteux. Nul n’est donc tenu de s’y soumettre. Emmanuel Macron, qui n’y a aucun intérêt, peut en toute tranquillité d’esprit s’y soustraire.

Bien sûr, il n’en va pas de même pour le deuxième tour. Les Français ont pris l’habitude du face-à-face entre les deux candidats restants, et il a un sens. Se défiler est une forfaiture signe de lâcheté. Un seul candidat l’a commise depuis cinquante ans, Jacques Chirac en 2002, contre Jean-Marie Le Pen, sous couleur de ne pas se commettre avec le fascisme. Prétexte facile et vain, d’ailleurs contraire aux engagements pris. Le soir du 21 avril 2002, Roselyne Bachelot, alors porte-parole du candidat Chirac, lançait à la télévision que le débat aurait « bien entendu » lieu, « la tradition républicaine » l’exigeant. Mais le président sortant se savait fragile. Et Roselyne faisait demi-tour le lendemain matin : « Jacques Chirac ne souhaite pas ce débat (…) Un candidat doit aussi faire ce qu’il veut ». En vain Jérôme Monod, Patrick Stéfanini et Antoine Rufenacht, directeur de campagne adjoint, pressèrent-ils leur poulain de respecter l’électeur et l’élection. En vain Rufenacht déclarait-il le 23 encore : « Le débat du deuxième tour fait partie de nos traditions démocratiques. Le chef de l’État n’a pas l’habitude de se dérober. » Chirac craignait de se faire démolir et eut le courage de fuir, sous le vertueux prétexte de lutter contre la Bête Immonde, transformant le deuxième tour de la présidentielle en Barnum antifa.

La tradition démocratique et républicaine n’engage que ceux qui en sont les victimes.

Martin Peltier

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