La langue française, fruit d’une histoire millénaire, est bien plus qu’un outil de communication : elle est un héritage, un trésor, un acte de civilisation. Elle est le fil conducteur de notre histoire, le miroir de notre culture et le pont vivant entre les peuples qui partagent notre mémoire, nos valeurs et notre vision du monde. Pourtant, ce trésor est aujourd’hui en péril. Son influence décline, sa présence s’efface, et son avenir est menacé par l’indifférence, l’oubli, et parfois même la honte.
Ce que révèle, entre les lignes, le rapport au Parlement sur la langue française remis en mars 2025 par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France, c’est une forme de résignation officielle. On y constate les reculs, mais on les accompagne avec des mots prudents. Or, c’est d’un sursaut dont nous avons besoin. Ce rapport illustre que la République ne défend plus activement sa langue ; elle la laisse vivre… ou mourir. L’anglicisation croissante des institutions, des entreprises et de l’enseignement supérieur est le symptôme le plus visible de ce déclin. Dans les instances européennes, la proportion de textes rédigés en français est passée de 40 % à moins de 5 % en deux décennies. Dans nos universités, il n’est plus rare que les masters s’intitulent en anglais, que les cours se donnent en anglais, et que l’on exige des étudiants français qu’ils rédigent leur mémoire dans une langue qui n’est pas la leur. Ce phénomène n’est pas un progrès : c’est une abdication.
On invoque l’international, on invoque la modernité, mais au fond, c’est le symptôme d’un effacement. Le monde du travail lui aussi s’aligne. Il ne suffit plus de parler un français impeccable : il faut aujourd’hui « pitcher », « manager », « networker ». Ces glissements ne sont pas anecdotiques. Ils nous habituent à penser que le français serait incapable d’exprimer la complexité du monde contemporain, comme si notre langue — celle de Pascal, de Montesquieu, de Hugo, de Senghor ou d’Albert Camus — était devenue obsolète.
La science, la technologie, la recherche : tous ces champs d’excellence cèdent à l’uniformisation anglophone. Un chercheur qui publie en français, aujourd’hui, limite sa carrière ; un étudiant qui ose s’exprimer dans sa langue à l’oral est perçu comme provincial. Et dans ce contexte, comment s’étonner que le niveau général de maîtrise du français recule chez les jeunes générations ? À force de le reléguer, nous le perdons. À force de croire qu’il se défendra seul, nous le laissons s’effacer.
Il est tentant de se tourner vers l’Afrique, continent francophone d’avenir, pour se rassurer. Mais même là, les signaux sont fragiles. L’enseignement du français y subit la concurrence croissante de l’anglais, du mandarin, ou de langues vernaculaires réhabilitées à juste titre. Dans de nombreux pays africains, le français reste langue d’élite, langue d’examen, mais perd en ancrage populaire. Et dans les pays francophones du Nord, les signes sont tout aussi inquiétants. Au Québec, le recul du français est désormais chiffrable. Sur l’île de Montréal, le français n’est plus que la langue maternelle d’un habitant sur deux. La loi ne suffit plus : c’est une culture du respect de la langue qu’il faut rétablir.
Ce que nous vivons n’est pas un simple phénomène d’évolution linguistique. C’est un effacement organisé, encouragé par une forme d’impérialisme linguistique globalisé. On présente l’anglais comme une langue neutre, universelle, naturelle. Mais elle est d’abord la langue d’un empire économique et culturel qui ne dit pas son nom. Accepter sa domination sans condition, c’est consentir à la disparition progressive de notre propre imaginaire, de nos subtilités, de nos nuances, de notre manière de dire le monde.
Et comment ne pas s’indigner des propos de Jean-Luc Mélenchon, pour qui “le français n’est pas la langue de la République” ? Cette déclaration, indigne d’un ancien élu de la Nation, trahit non seulement une méconnaissance flagrante de notre histoire, mais surtout un renoncement coupable à ce qui fait le socle même de notre contrat social. La République française s’est construite par la langue, autour de la langue, grâce à la langue. C’est elle qui a unifié les provinces, transmis les lois, structuré l’école et façonné l’imaginaire républicain. La réduire à un simple “instrument colonial”, comme il l’a laissé entendre, c’est confondre héritage et oppression, c’est jeter l’opprobre sur ce qui a permis l’émancipation de millions d’hommes et de femmes. La francophonie n’est pas une forme de néo-impérialisme : elle est une communauté de destin, un espace de pensée, de création et de liberté. Quand un responsable politique attaque sa propre langue, c’est sa propre nation qu’il mine. Et c’est le peuple qu’il trahit.
La langue française n’est pas une survivance du passé. Elle est un levier pour penser l’avenir. Elle offre une alternative à la brutalité de certaines logiques économiques, à l’utilitarisme pur qui domine aujourd’hui les échanges internationaux. Elle porte une vision du monde faite de mesure, de clarté, de rigueur et de beauté. Refuser sa marginalisation, c’est refuser une vision appauvrie de la mondialisation.
Mais il ne suffit pas de déplorer. Il faut agir. Il faut investir massivement dans l’enseignement du français en France comme à l’étranger. Il faut faire du français une langue de travail dans tous les secteurs, y compris les plus innovants. Il faut exiger des institutions européennes et internationales qu’elles respectent la diversité linguistique. Il faut cesser de penser que la technologie impose l’anglais : les outils numériques doivent être francophones aussi, et même d’avant-garde. Il faut aussi que l’État lui-même cesse de se contredire : on ne peut pas promouvoir la francophonie à l’UNESCO et imposer des intitulés en anglais dans les ministères.
La langue française est un trésor que nous devons chérir et protéger. Elle n’est ni dépassée, ni ringarde, ni repliée : elle est moderne, vivante, précise, inventive. Elle est une clef de lecture du monde, une manière de vivre ensemble, un héritage universel. Elle est un projet collectif.
Je suis, par ma naissance, l’héritier d’une tradition millénaire. Mais je crois que l’héritage n’est pas une nostalgie : c’est une responsabilité. Avec mon épouse, la Princesse Naomi, nous avons voulu faire du Prix Hugues Capet un lieu où l’on célèbre non seulement les figures de l’histoire, mais aussi ceux qui, aujourd’hui, défendent la langue, la littérature et la culture françaises. Car c’est dans la langue que se tient le cœur vivant d’un peuple. La France sans sa langue ne serait plus tout à fait la France. Et sans la France, le monde perdrait une voix singulière, une conscience vigilante, une promesse de liberté.
Cette tribune est une invitation à réfléchir sur l’importance de la langue française, et à agir, enfin, pour sa préservation et son rayonnement. Il est encore temps. Mais il ne faut plus attendre.
« Une patrie, ce sont des champs, des murs, des tours et des maisons ; ce sont des autels et des tombeaux ; ce sont des hommes vivants, père, mère et frères, des enfants qui jouent au jardin, des paysans qui font du blé, des jardiniers qui font des roses, des marchands, des artisans, des ouvriers, des soldats, il n’y a rien au monde de plus concret.
Le patriotisme n’est pas seulement un devoir. C’est un plaisir.
« Pour ma part, disait Ulysse aux bons Phéniciens, je ne sais rien de plus agréable à l’homme que sa patrie. » Il le disait d’un pauvre rocher sur la mer. Comment parlerons-nous de la nôtre ? En est-il de plus belle, plus digne d’être défendue ?
Qui, un jour se penchant dans l’embrasure d’une haute colline ou vers quelque vallon ouvrant sur le fleuve et la mer, ne s’est pas arrêté, suspendu, presque sidéré par un chœur imprévu de couleurs et de formes demi-divines ?…
La patrie est une société naturelle ou, ce qui revient absolument au même, historique. Son caractère décisif est la naissance. On ne choisit pas plus sa patrie – la terre de ses pères – que l’on ne choisit son père et sa mère. On naît Français par le hasard de la naissance. C’est avant tout un phénomène d’hérédité.
Les Français nous sont amis parce qu’ils sont Français ; ils ne sont pas Français parce que nous les avons élus pour nos amis. Ces amis sont reçus de nous ; ils nous sont donnés par la nature… Rien ne serait plus précieux que d’avoir des Français unis par des liens d’amitié. Mais, pour les avoir tels, il faut en prendre le moyen et ne pas se borner à des déclarations et à des inscriptions sur les murs.
Certes, il faut que la patrie se conduise justement. Mais ce n’est pas le problème de sa conduite, de son mouvement, de son action qui se pose quand il s’agit d’envisager ou de pratiquer le patriotisme ; c’est la question de son être même, c’est le problème de sa vie ou de sa mort… Vous remercierez et vous honorerez vos père et mère parce qu’ils sont vos père et mère, indépendamment de leur titre personnel à votre sympathie.
Vous respecterez et vous honorerez la patrie parce qu’elle est elle, et que vous êtes vous, indépendamment des satisfactions qu’elle peut donner à votre esprit de justice ou à votre amour de la gloire. Votre père peut être envoyé au bagne : vous l’honorerez. Votre patrie peut commettre de grandes fautes : vous commencerez par la défendre, par la tenir en sécurité et en liberté. Le patriotisme n’a pas besoin d’un idéal, socialiste ou royaliste, pour s’enflammer ; car il naît de lui-même, du sang et du sol paternels. Ce qu’il faut saluer, c’est le suprême sacrifice de la vie fait sur le sol qu’il s’est agi de défendre. Ce sol sacré serait moins grand, moins cher, moins glorieux, moins noble et moins beau si les Français de toute origine et de toute obédience n’y payaient pas en toute occasion nécessaire la juste dette de leur sang. Plus haut que l’armée et que le drapeau, plus haut que la plus fière conscience de la patrie, vit la patrie même, avec les saintes lois du salut public. Ce sont elles qui font consentir à de durs sacrifices pour défendre l’intégrité du reste et préserver son avenir. Qu’elle vive d’abord ! »
Voici un livre indispensable pour libérer à tout jamais les esprits bourrés par « l’école de la République». Plus possible de voir dans la « glorieuse » Révolution dite française l’irrésistible mouvement de révolte d’un peuple opprimé et de croire que les massacres de 1793 n’ont été que des bavures dans un élan sublime et spontané… Les faits sont connus, les textes abondent, les témoignages s’imposent.
Pierre Gaxotte les a méticuleusement étudiés: dès la première édition de sa Révolution française en 1928, l’ouvrage fut salué par Léon Daudet comme un « livre-bombe », et la critique historique de l’événement de 1789 s’en trouva transformée, mais l’auteur, sans cesse à l’affût des progrès de la recherche, a retravaillé son texte, et c’est un livre amplement remanié et richement argumenté qui parut sous le même titre en 1962 chez Fayard dans la collection des Grandes Études historiques. Depuis lors, si la science historique s’est encore enrichie, elle n’a nullement contredit les conclusions de Pierre Gaxotte.
SITUATION DIFFICILE NON INSOLUBLE
À lui tout seul déjà, le premier chapitre, tableau à la fois précis et très vivant des institutions monarchiques, envoie dans les poubelles de l’Histoire toutes les idées reçues. D’abord il faut bien savoir que « ce n’est pas dans un pays épuisé, mais dans un pays florissant et en plein essor qu’éclata la Révolution ». Le pays le plus peuplé d’Europe respirait à pleins poumons au rythme de ces républiques aristocratiques ou populaires que constituaient les provinces, les villes, les métiers, et que fédérait, tout en respectant leurs usages, la personne du Roi. Existaient aussi depuis Louis XV les grands services publics « que Napoléon n’aura qu’à relever pour faire figure de créateur »…
Toutefois Gaxotte n’idéalise pas l’Ancien Régime: certaines parties de l’édifice menaçaient ruine, d’autres, devenues pesantes, étaient ressenties comme inutiles et vexatoires, tels les droits féodaux. Et surtout, si le pays était riche, l’État, lui, était pauvre; la misère existait, quoique moins qu’ailleurs en Europe, mais le plus grave résidait dans un système fiscal devenu aberrant dont beaucoup avaient des raisons de se plaindre et que les privilégiés n’entendaient pas laisser réformer. Tel était le grand problème qui se posait à la monarchie; il n’était nullement insoluble.
Seulement voilà: « une crise intellectuelle et morale » avait atteint « L’âme française jusqu’en ses profondeurs». Là est le vrai drame du XVIIIe siècle: non « dans la guerre, ni dans les journées de la Révolution, mais dans la dissolution et le retournement des idées. Émeutes et massacres n’en seront que la traduction éclatante et sanglante. Quand ils auront lieu, le mal sera depuis longtemps accompli. »
CRISE DE L’AUTORITÉ
Gaxotte expose alors la « doctrine » révolutionnaire dont Fénelon, en inspirant aux rois le dégoût de leur propre pouvoir, avait été le précurseur (« Le roi de Fénelon est condamné au Ciel et à la guillotine, après avoir, la main sur la conscience, fait le malheur de ses sujets et conduit son peuple à la défaite et à l’anarchie. ») Ce fut ensuite la prédication individualiste des « Philosophes » insinuant le doute sur toutes les traditions, propageant la naturalisme et l’athéisme, se gargarisant d’abstractions et de formules déclamatoires, exaltant la vertu telle qu’elle devrait parler en chaque homme dépouillé de l’acquis de la civilisation et revenu au merveilleux « état de nature »… Il fallait en somme « régénérer » le citoyen, au besoin l’y contraindre, car alors « sa mauvaise volonté est un crime contre la Vertu ». Outre le fait que ces apprentis-sorciers justifiaient dès 1750 la Terreur de 1793-94, Gaxotte, à la suite de Taine, montre que ces « beaux esprits » étaient organisés: loges, sociétés littéraires, acadé-mies, plus tard les clubs, fabriquaient sans cesse des initiés inventant la dynamique de groupe et « faisant » l’opinion.
Ainsi bien vite, les détenteurs de l’autorité, et jusqu’au roi lui-même, se mirent à douter de l’utilité du commandement et, dès lors, la crise financière de l’État devint, à la veille de la Révolution, insoluble. Une réforme s’imposait; on préféra l’aventure d’une révolution… Le mélange de prétentions archaïques chez les privilégiés et d’inepties philosophiques chez les intellectuels ne pouvait que devenir explosif. Dure réalité qui éclata dès l’ouverture des fameux Etats généraux où les représentants du peuple – des phraseurs, des idéologues, des hommes de salon, des avocats sans cause, des curés athées – élus hors des réalités vivantes, s’érigeant bientôt en représentants de la nation face au roi qui en avait toujours été la tête, mirent en moins de six semaines tout l’édifice financier par terre. Ils avaient bien d’autres soucis…
L’ENCHAINEMENT DES CONSÉQUENCES
Les chapitres suivants, impeccablement charpentés, toujours précis, jamais rébarbatifs, ne font que révéler de 1789 à 1799 l’inexorable enchaînement des conséquences du dévergondage intellectuel et moral.
De l’émeute en quelque sorte légitimée par le roi lui-même qui par bonté se lia les mains en saluant le Paris révolté trois jours après le 14 juillet, aux déclamations sentimentales et larmoyantes des orateurs de la Constituante qui allaient devenir des bêtes assoiffées de sang sous la Convention…, Pierre Gaxotte, au rythme des Journées où s’enterraient les illusions, montre que la terreur et ses atrocités ont été, non seulement en 1793, mais dès juillet 1789, le développement implacable des idéologies désincarnées ayant toute liberté pour fondre sur le peuple démoralisé, dès lors que son protecteur naturel, le Roi, était ligoté, paralysé, avant d’être immolé sur l’autel du « peuple souverain »; « Sur le grand peuple qui se tait, règne le petit peuple qui parle, les Jacobins. »
On peut lire et relire ces pages sans jamais se lasser; nous les recommandons tout spécialement aux étudiants. Elles sont un modèle de clarté, de concision, parfois d’ironie mordante, car l’auteur ne craint pas de tremper sa plume dans l’encre de Voltaire (pour le style seulement, bien sûr…).
Quand, à la fin du cataclysme, survint le 18 brumaire, début de la dictature napoléonienne visant à concilier le besoin (enfin revenu) d’autorité et l’idéologie démocratique, ce fut, dit Gaxotte, un « expédient de théoriciens aux abois ». C’est, hélas, sur cet expédient que la France vit depuis plus de deux siècles, titubante et jamais satisfaite, faute d’avoir eu le courage de chasser définitivement les idéologies mortelles et de revenir à son Roi.
Quelle souffrance d’entendre, à longueur de journée, d’entendre des mots qui n’existent pas, et qui sont tous plus laids et plus ridicules les uns que les autres.
«Je vais à la médiathèque, pour préparer l’exposé sur l’homophobie que m’a donné à faire ma professeure d’EMC !-D’accord !»
Cette invasion des néologismes, cette manie de faire des mots, est un mal dont on ne parle pas assez. C’est l’une des manifestations de la «démangeaison d’innover sans fin »1 qui caractérise l’homme moderne.
Puis, leur laideur. Où êtes-vous, bibliothèques municipales ? Où êtes-vous, vieux bâtiments ? Qu’êtes-vous devenu, par exemple, hôtel Dupanloup d’Orléans, avec votre escalier de pierre, vos hautes croisées, votre beau parquet grinçant ? Quelle fatalité a voulu que vous fussiez remplacé par un hideux assemblage de béton et de métal ? Puis, leurs livres !
Dans la médiathèque de la petite ville ou J’habite, il n’y a, étrangement, que des livres neufs. N’y avait-il pas autrefois une bibliothèque municipale dans cette vieille cité ? Qu’est-elle devenue. Je l’ignore.
Toujours est-il qu’on ne trouve à la médiathèque que des livres imprimés de nos jours. Plus aucune chance pour le visiteur de voyager dans le temps en ouvrant un volume venu d’un autre siècle !
Que des livres neufs, et quels livres! N’y cherchez pas, a quelques exceptions près, les grands écrivains du passé, ni les rares ouvrages intéressants qui s’écrivent encore quelquefois de nos jours.
N’y cherchez même rien de simplement lisible : vous seriez déçu.
En revanche, si vous êtes à la recherche d’un livre un peu cochon, vous trouverez sans peine votre bonheur. Il y a même des livres cochons pour les enfants ! C’est Sandrine qui les a choisis. Vous ne connaissez pas Sandrine ? C’est l’aimable créature du genre féminin qui préside à l’acquisition des livres. Chaque semaine, elle présente son « coup de cœur »: tantôt un manga, tantôt une histoire d’amour entre deux garçons, tantôt le témoignage d’un rescapé des camps de la mort, ou celui d’une femme iranienne opprimée par les mollahs…
C’est elle aussi qui est responsable de la décoration. Vous verriez le mal qu’elle se donne pour Halloween !
Certes, il m’arrive (entre nous soit dit) de me demander si la nature n’avait pas destiné Sandrine à de tout autres fonctions que celle-là.
Mais qu’importe la nature ? D’ailleurs, si les sages qui nous gouvernent tiennent tant à mettre des bonnes femmes idiotes absolument partout, il doit bien y avoir une raison, n’est-ce pas ?
Je crois que j’ai un peu dévié de mon sujet initial. J’espère que le lecteur me pardonnera.
JULES PUTOIS
Bossuet, Oraison funèbre de Henriette-Marie de France. ↩︎
“Les médias annonçaient que c’était l’hécatombe en Chine parce qu’il y avait 1.500 morts en un mois. Sur un pays d’un milliard et demi d’habitants…. Sachant que nous, en France, on a 2.500 morts tous les jours. Donc, si on avait 1.500 morts en un mois en Chine, ça voulait dire qu’il ne se passait rien” (Pierre Chaillot).
Nous ne pouvons que nous incliner devant le magnifique spectacle qui nous fut offert il y a maintenant 5 ans ! Grandiose ! Louis-Ferdinand Céline disait dans son Voyage au bout de la nuit
“Faire confiance aux hommes c’est déjà se faire tuer un peu”
Bravo ! La tuerie fut sublime ! Le massacre parfaitement orchestré ! Au nom d’un virus qui devait décimer nos vieilles nations, nos gouvernements purent violer nos corps en toute impunité, broyer nos intelligences sans être inquiétés, anéantir notre honneur en nous sachant consentant… Combien de personnes âgées laissées mortes et seules ? Combien d’enfants traumatisés psychologiquement ? Combien de familles détruites ? Sublime ! La corde pour ceux qui nous imposèrent toutes ces absurdités. Toute nation saine fait appel à la corde pour de tels drames.
Et que dire des scientifiques ! Comprenez-nous bien, le courage fut si bien partagé que tous n’en reçurent que très peu ! Léon Daudet disait “Les peintres ne connaissent rien à la peinture et plus encore à leur peinture. Il a fallu toujours quelqu’un pour la leur expliquer”… Peut-être faudrait-il y penser pour nos scientifiques ? Heureusement que certains sauvèrent l’honneur, heureusement que peu à peu les langues se délient et que les chiffres tombent. Intéressons-nous aux derniers qui viennent de nous être fournis par Pierre Chaillot dans son dernier livre : Victimes des vaccins covid 19. Ce que révèlent les chiffres officiels.
Y a-t-il une surmortalité liée au covid :
“En termes d’ordre de grandeur, si on veut dire qu’il se passe quelque chose de grave, il faut annoncer un chiffre qui est inhabituel par rapport à ce qu’on voit d’habitude. De la même manière, lorsqu’on a Monsieur Salomon, qui était DGS, et qui racontait tous les jours à la télévision ‘Aujourd’hui, 300 morts du Covid’… Mais qu’est-ce que c’est quand on a 2.500 morts dans la journée ? C’est trois cents morts de plus ? Si on avait un tant soit peu d’ordre de grandeur en tête, à aucun moment on ne pouvait avoir peur. Voilà, en tordant et en donnant aux gens une espèce d’histoire à raconter sur la base de chiffres, on parvient à raconter n’importe quoi.” (Pierre Chaillot).
En effet, in fine, la surmortalité en 2020 ne fut que très légère, d’autant plus que nous avions les années précédentes une mortalité assez faible. Peut-être même, ne faudrait-il pas inverser les causes et les conséquences ! Cette légère surmortalité – bien loin de la peste et de ses effets – ne pourrait-elle pas plutôt être imputée aux mesures prises pour lutter contre le covid ? Combien de personnes se retrouvèrent sans traitement ? Comment de personnes atteintes de maladies graves eurent peur de se rendre dans les hôpitaux ?
Passons sur le covid… il y eut bien pire ensuite avec leurs fameux vaccins ! Le combat des victimes ne fait que commencer ; la reconnaissance des dégâts engendrés par ces vaccins n’en est qu’à ses débuts. Après trois années de vaccination, 5,7 millions d’effets indésirables ont été remontés à l’OMS, dont 27 000 décès et 6 000 avortements spontanés ! Et, répétons-le, il ne s’agit que des cas remontés à l’OMS ! Combien ont subi des conséquences mais ne se sont pas manifestés auprès des autorités de santé ?
“Cela ne semble pas faire lever un sourcil à cette agence spécialisée de l’Organisation des Nations unies, dont les plus gros donateurs privés sont la Fondation Bill et Melinda Gates pour 751 M$ et l’Alliance pour les vaccins Gavi (détenue majoritairement par le couple Gates) pour 432M$. Ainsi, la plus grosse influence sur l’OMS est celle d’une seule personne, un milliardaire connu pour être un promoteur de toutes les vaccinations possibles et imaginables, et investissant massivement à cette fin, Bill Gates”.
Quand le bourreau paye le juge, ce n’est jamais bon signe.
Une des parties les plus intéressantes de ce livre concerne la relation établie par l’auteur entre mortalité et campagnes de vaccination. Désormais, même le monde de la recherche conventionnelle reconnaît que des vagues de mortalité ont accompagné les campagnes de vaccination anti-covid :
“Dès janvier 2022, Patrick Meyer avait diffusé un preprint pour tirer la sonnette d’alarme. Il avait constaté, comme beaucoup d’autres, une surmortalité des jeunes européens à partir de l’été 2021.”
Globalement, parmi la population de 25 à 79 ans de 22 pays européens, 170 000 décès anormaux ont eu lieu en lien avec les campagnes de vaccination ! Rapporté à l’Europe des 27, nous pouvons estimer le nombre de décès à 225 000 ! Si l’on ajoute à cela les personnes de plus de 80 ans, le chiffre de décès imputables à la vaccination s’élève à 290 000 !
Dans certains pays, les études sont plus nombreuses et plus transparentes. Prenons l’exemple du Danemark :
“Pour les vaccins Pfizer, une étude montre une forte hétérogénéité des effets indésirables selon les lots”
70% des effets indésirables ne sont représentés que par 4% des lots ! Clarifions le propos ! Certains lots de vaccins enregistrent de très nombreux cas d’effets indésirables et d’autres lots aucun ! Quelle conclusion pourrait-on en tirer ?
“Un nombre aussi faible fait penser à une solution saline plutôt qu’à un propos actif”
n’est-ce pas le constat avancé dès les premières semaines du vaccin par les scientifiques qualifiés de “complotistes” ! Ecoutons encore Louis-Ferdinand Céline :
“Sachez avoir tort. Le monde est rempli de gens qui ont raison. C’est pour cela qu’il écœure”.
Beaucoup plus glauque, terrifiant en réalité, fut la conséquence du vaccin sur les grossesses…
“On observe bien une surmortalité des bébés six mois après la période de vaccination. Tout se passe comme si des femmes étaient devenues durablement malades et qu’une partie de celles tombées enceintes malgré cela accouchaient trop tôt. On observe une correspondance des pics entre injection et mortalité des jeunes enfants six mois plus tard”.
Nous pourrions aussi parler de l’incidence sur le nombre de cancer ! On note, par exemple, que depuis les campagnes de vaccination, le nombre de séances de chimiothérapies ont très fortement augmenté ! Etant donné le coup d’une séance de chimiothérapie, l’industrie pharmaceutique a de beaux jours devant elle !
Pour finir, laissons la parole à Pierre Chaillot qui a recensé de nombreux témoignages de vie détruites à cause de ces vaccins :
“Un système qui n’a fait que détruire, quand il promettait de protéger. S’il s’est autant fourvoyé que la question du vaccin, quel crédit devons-nous lui accorder sur notre sort ? Aucun. C’est une des leçons les plus douloureuses de cette crise : on ne peut pas donner sa confiance à un système. On doit rester responsable de son destin. Alors, quand le système vous annonce une impasse, c’est que le bon chemin est ailleurs”.
Ajoutons tout de même un élément… Il est de bon ton de s’attaquer au système… Mais comment s’attaquer à une chose si celle-ci n’est point nommée ? Le système, c’est la République démocratique et parlementaire, pourrie par les coteries. Si l’industrie pharmaceutique a tant de pouvoir, ce n’est pas seulement à cause des hommes politiques, c’est parce que la République – qui n’est jamais qu’une ploutocratie – n’a pas les moyens politiques de ne pas succomber sans cesse sous les assauts secrets des puissances financières. En République, celui qui a l’argent gouverne. Qui, aujourd’hui, possède l’argent ? La réponse est bien simple.
Le règne du Christ Roi est lié au mystère de Jésus dans son acception totale.
« Jésus est pour la terre quelque chose de plus que le Dieu du Ciel ; Jésus c’est Dieu dans son œuvre, c’est Dieu avec nous, c’est Dieu chez nous, c’est le Dieu de l’humanité, le Dieu de la nation, le Dieu du foyer domestique, le Dieu de notre première communion, le Dieu de notre cœur. » (3einstruction synodale)
Plus qu’une politique, la doctrine du cardinal Pie représente une théologie de la politique : « Nous appartiendrons toujours au parti de Dieu ; nous emploierons tous nos efforts, nous consacrerons toute notre vie à la cause divine. Si nous devions apporter un mot d’ordre, ce serait celui-ci : Instaurareomnia inChristo ». 1ère lettre pastorale. St Pie X, Mgr Lefebvre reprendront la formule.
L’État respecta les droits de l’Église sur les individus et sur les sociétés jusqu’à la rupture de la Révolution. L’idée de Règne social se trouve dans la suite de la pensée catholique, chez saint Ambroise, chez saint Augustin, chez saint Thomas. Tout le monde connaît l’Encyclique Quanta cura et le Syllabus. Il faut ajouter Immortale Dei de Léon XIII sur Église/État, Ubi arcano de Pie XI, « la paix du Christ dans le règne du Christ » et Quas primas qui instaura la fête du Christ Roi.
Le mérite du cardinal Pie fut de proclamer cette doctrine au moment même où elle était pratiquement rejetée partout. Il semble être le premier à utiliser l’expression Christ-Roi, empruntée à l’Office du Saint Sacrement : Christumregemadoremusdominantemgentibus. Gentibus, pas hominibus, c’est-à-dire les hommes en société, en nations et non pas seulement considérés comme des individus. Le Christ est Roi par droit de nature et par droit de conquête.
Il reviendra à plusieurs reprises sur sa doctrine du Christ Roi, par exemple dans le Panégyrique de saint Louis en 1847 (il est alors vicaire général) à la demande de l’évêque de Blois : il montre le règne de Dieu dans la guerre comme dans la paix: « Ainsi ce n’est plus Louis qui règne ; c’est Jésus-Christ qui règne par Louis : Christus regnat, vincit, imperat »
Dans le même esprit le cardinal Mercier dira pendant le carême de 1918 : « Le principal crime que le monde expie c’est l’apostasie officielle des États »]
Vers un ordre social chrétien
Le cardinal Pie favorise l’enseignement et fera beaucoup pour les classes laborieuses, surtout pour la formation des jeunes filles car il connait la place de la mère dans la société : « C’est le chef-d’œuvre de Dieu. Cette femme peut, par d’autres côtés, être une femme vulgaire ; en tant qu’elle est mère, elle a presque toujours une grandeur, une abnégation, une distinction d’esprit et de cœur qui captivent mon admiration et la transportent. » Il avait établi à Poitiers l’Association des mères chrétiennes
Mais les œuvres de charité, la défense de la famille et du repos dominical ne sauraient suffire pour édifier une société chrétienne : il faut un ordre social chrétien. « Si l’Église ne refait pas une autorité, une société parmi nous, nous avons devant nos yeux les horreurs de la dissolution et les transes prochaines de l’agonie. » (Instruction pastorale sur l’importance religieuse et sociale des conciles, 1850). La Royauté chrétienne sera le couronnement de l’ordre social. Les journées révolutionnaires de 1848 avaient fait réfléchir l’abbé Pie sur la question sociale. Il consacra à la propriété les sermons du premier et du quatrième dimanche de carême 1849. La première prédication porta sur le droit de propriété, la seconde sur les devoirs qui sont attachés à ce droit, devoirs envers les autorités qui se trouvent au-dessus de la propriété, Dieu, l’Église, l’État ; devoirs aussi envers ceux qui dépendent d’elle, les serviteurs, les ouvriers, les employés. Le respect de l’ordre chrétien peut seul protéger la société « car, sachez-le bien, mon Frère, le droit de l’insurrection contre l’autorité contient implicitement le droit de l’insurrection contre la propriété… Et nous vivons en France dans le pays des conséquences ! »
Il y aura au XIXe siècle un mouvement social catholique illustré par des hommes comme Armand de Melun, Le Play, La Tour du Pin, Albert de Mun. Citons deux livres : La Croix, les lys et la peine des hommes, de Xavier Vallat et La Tour du Pin en son temps d’Antoine Murat.
Nous citerons pour finir un texte sur l’aumône qui est absolument prophétique car certains passages semblent se rapporter aux tares de la société où nous vivons. Les idées chrétiennes détournées par un monde sans Dieu, perverties par lui, mènent au totalitarisme anarchique de l’État-providence.
On admirera la rigueur du raisonnement :
« La fin de tous les gouvernements de la terre, a dit Bossuet, c’est de rendre la vie commode et les peuples heureux. A plus forte raison, sont-ils tenus de contribuer à la subsistance des citoyens moins aisés par les moyens légitimes qui sont à leur disposition. Mais ce serait nous tromper grossièrement nous-mêmes, de croire que nous avons accompli le précepte évangélique de l’aumône quand une ordonnance administrative a prélevé sur les fonds de l’Etat, ou sur les ressources particulières d’une province ou d’une ville, une somme quelconque à répartir entre les pauvres pour leur rendre plus accessibles les aliments de première nécessité. Outre l’insuffisance bien démontrée de semblables secours, il est un point de la plus haute gravité qu’il importe de ne jamais perdre de vue ; c’est que la substitution absolue de l’aumône publique à l’aumône individuelle serait la destruction complète du christianisme, et l’atteinte la plus considérable au principe de la propriété. Le christianisme n’existe pas sans la charité ; et la distinction fondamentale entre la charité et la justice, c’est que la dette de justice est celle qui peut être exigée ou par le recours aux lois, ou par le recours à la force, selon les circonstances, tandis que la dette de la charité ne peut être commandée par aucun tribunal que par celui de Dieu et de la conscience. Or, si l’assistance à donner aux pauvres devient une des charges du fisc, dès lors l’assistance ne procède plus de la charité, mais de la justice, puisque la contribution fiscale est une dette rigoureuse des citoyens. Et l’histoire nous apprend, à cet égard qu’un des plus grands malheur qui puisse fondre sur une nation, c’est que la charité y perde son véritable caractère, et qu’une cruelle nécessité, résultant de l’affaiblissement de la foi religieuse et de la rareté de l’aumône volontaire, la dénature et la transforme en un impôt forcé. Car, dès lors tout le plan providentiel de Dieu est renversé. L’aumône n’étant plus libre, ne procédant plus d’un mouvement du cœur, perd à peu près entièrement son mérite devant Dieu, et ne devient plus pour le riche le canal de la grâce divine et l’instrument le plus assuré de son salut. Mais l’aumône ainsi faite cesse aussi d’être méritoire aux yeux de ceux qui la reçoivent. Bientôt ils murmureront les mots de droit à l’assistance, de droit au travail. Le lien d’amour qui rattachait le pauvre au riche étant rompu, tout sentiment de reconnaissance disparaît. La pauvreté devient une sorte de fonction publique, moins rétribuée que les autres, mais qui attend fièrement l’échéance de son traitement… »
Première instruction pastorale sur l’urgente nécessité de l’aumône dans les temps de détresse publique, carême 1854.
Albert de Mun était reconnaissant aux Instructions synodales du Cardinal Pie qui, avec la lettre du Comte de Chambord aux ouvriers (20 avril 1865) l’avaient rendu sensible aux questions sociales dans la perspective d’un ordre social chrétien.
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