Encyclopédie des colères : la mort du père ou la mort sociale

Encyclopédie des colères : la mort du père ou la mort sociale

L’homme moderne est un enfant. Depuis la déclaration des Droit de l’Homme et du Citoyen, l’homme est un être sans racines, sans attaches, en perpétuelle situation de mineur. Il demande des autorisations pour tout : pour faire construire, pour conduire, pour chasser, pour instruire ses enfants chez lui, pour monter une école et aujourd’hui même pour aller au restaurant ou prendre un train.

Cette situation de mise sous tutelle des citoyens tient au fait que la figure du Père est confisquée par l’Etat. L’homme moderne n’est jamais père. Ni socialement, ni civiquement, ni politiquement. C’est si vrai, que la paternité moderne n’a pas de définition. La paternité d’un père se résume à la place que lui concède sa compagne, un rôle par défaut, qui ne recouvre de réalité qu’administrative.

L’Etat est allé très loin dans l’arasement de la notion du «père ». Ce qui est vu par les féministes comme la disparition tant souhaitée de « l’autorité paternelle », est surtout la mort du père en tant que pierre angulaire du Politique.

Avec la mort du Père – initiée par la mise à mort du Roi, a débuté l’explosion du rempart protégeant les familles : la disparition de la notion de « bon père de famille » dans notre droit en est le signe tangible. La Gestation Pour Argent en sera la déroute définitive. Chaque fois que l’Etat légifère intrusivement dans ce qui est des libertés familiales, la ruine progresse toujours plus : abolition de la fessée, quasi interdiction de l’instruction en famille, obligations vaccinales, partage des congés parentaux…

Les féministes ont préféré la mise sous tutelle de l’Etat de tous plutôt que de s’interroger sur la mise en œuvre des libertés. Elles ont préféré voir mourir le Politique contre des carnets de chèques bancaires et un droit de vote fallacieux, mensonger et inutile.

Pourtant la paternité – comme la maternité – est une caractéristique de notre commune humanité. Mais il y a une différence fondamentale dans la mise en acte de la paternité. La maternité est un état, elle se vit ; la paternité, elle, se choisit. Tout enfant est  » reconnu  » par un père, là où il naît d’une mère. Cet acte libre de reconnaissance est le plus souvent le fait du père naturel, parfois par d’un père adoptif ou symbolique.

En ce qu’elle est un acte de la volonté, la paternité est une liberté, elle est une responsabilité : elle est Politique.

La reconnaissance d’un enfant change profondément le rôle social de l’homme qui en fait acte. Par cette décision, il entre, en relation symbolique avec le féminin en vue de la sécurité, de la santé, de la salubrité et de l’éducation de sa progéniture. Autrement dit, il prend sa place d’homme en tant qu’axe anagogique dans le monde. Il prend ainsi sa place en tant que maillon de la chaîne de la transmission. Le père est donc par nature la figure anti droitdelhommiste.

Par l’acte de reconnaissance de ses enfants, l’homme pose dans l’ordre naturel, la pierre de fondation de la cellule prépolitique qu’est la famille. En découlent des devoirs et des responsabilités nombreuses, pour le bon exercice desquels la société lui octroie ses libertés publiques et privées. 

La famille est la grande perdante des choix anthropologiques, juridiques et politiques de ces soixante dernières années du fait de la mort du Père.

Refuser cette figure du père, c’est s’attaquer à l’un des murs porteurs de la famille ; c’est dissoudre la structure même du corps social pour la remplacer par un agrégat d’individus atomisés et sans liens. La disparition du père, c’est la mort à terme de toutes nos libertés.

Sans un retour au pater familias, s’en est fini de la civilisation. Cessons donc d’être des mineurs, halte aux enfantillages pour que nos enfants soient à nouveau libres sur la terre ferme de leurs aïeux.

Monsieur K

Familles

Familles

 

« Avec deux n », précisait voilà quelques années Jean-Marie Le Pen quand on lui demandait l’orthographe de Gilbert Collard. Un avocat bruyant et franc-maçon, dont les nombreux sauts de carpe ambitionnaient surtout de le faire connaître, vient de rejoindre Zemmour, après d’autres. Curieuse méthode pour un opportuniste, la candidature Z ne parvenant pas à décoller : mais beaucoup de chercheurs de places ont rejoint Napoléon juste avant Waterloo. Ce petit événement parisien demande une observation et une question. La remarque, d’abord : ce ralliement confirme, aussi clair que le soleil, la nature du zemmourisme actuel : c’est un cartel de mécontents, une course d’ambitions, un rêve de réussite, sans contenu doctrinal. La question : qu’apportent au courant qu’ils rejoignent ces nouveaux transfuges ? J’aurais tendance à répondre, rien d’autre que l’importance qu’ils se donnent.

On va voir si Marine Le Pen a du caractère. Elle subit aujourd’hui, en cataracte, les conséquences de ses nombreuses erreurs. Erreurs de jugement sur les hommes. On ne promeut pas inconsidérément des ambitieux sans convictions pour leur ôter ensuite les avantages auxquels ils s’étaient habitués. Erreurs de jugement sur la doctrine, génératrice de marches et contremarches. Sans doute le pur libéralisme économique est-il à la fois injuste et infaisable, mais une certaine démagogie simpliste et socialisante n’en est pas moins vaine. Erreur sur la façon de présenter la doctrine. Paraître oublier l’immigration a ouvert un boulevard aux obsédés de la question musulmane. Voilà donc la candidate du Rassemblement National aujourd’hui abandonnée, et pas seulement par des aventuriers en quête de notoriété, mais par de nombreux braves Français qui ne se sentent plus représentés par elle.

Sans déifier le suffrage universel, le réalisme commande de ne pas se priver d’un des rares moyens d’agir qui nous reste, le vote.  » Par tous les moyens, même légaux ! « . Que choisir, ou qui choisir à la présidentielle, est donc une question importante. S’abstenir revient à plébisciter Emmanuel Macron. Mon réflexe serait de voter Marine Le Pen puisque sa famille a porté le drapeau français depuis 1973 (et même bien avant), à des moments où il n’était pas si commode de le faire. Mais il ne lui suffira pas de montrer du caractère, il lui faudra surtout de la jugeote. Du bon sens, dont elle a grandement manqué ces dernières années. Sa première faute capitale, d’où beaucoup d’autres sont nées, fut de chasser son père de son mouvement. Ce fut un crime contre la famille.

Or, toute politique bonne, toute cité solide, se fonde sur la famille, cellule de base de la société. Nier, dans sa pratique, sa propre famille, est signe d’un désordre intellectuel et moral.

Or c’est la marque commune des principaux candidats. Z a quitté son épouse pour fonder une nouvelle famille avec sa conseillère, Marine habite avec ses chats dans la même maison qu’une amie, Macron vit avec une vieille femme sans lui avoir fait d’enfants. Il ne s’agit pas ici de disputer de leurs goûts et voluptés, mais de constater que, comme François Hollande précurseur en la matière, tout ce monde prétend donner le primat aux élans individuels sur la famille. On n’installait pas naguère de célibataire à l’Elysée, et il ne se trouvait d’ailleurs pas de célibataire de plus de cinquante ans : il n’y avait que des pères, des grands pères, mariés ou veufs. Je ne prétendrai pas qu’ils étaient irréprochables, Louis XIV n’était pas un enfant de chœur…

Mais la famille capétienne arrondissait son pré carré au bénéfice des Français. La gauche romantique et moraliste a nommé hypocrisie l’effort que des générations ont accompli pour perpétuer un modèle et transmettre un patrimoine.

On ne saurait prétendre défendre et incarner la France si l’on fait passer la fantaisie de l’individu devant le service des familles.

Martin Peltier

Les erreurs de Louis XVI par Jacques Bainville

Les erreurs de Louis XVI par Jacques Bainville

 

Ces lignes sont parmi les dernières écrites par le grand historien d’Action Française Jacques Bainville, de l’Académie Française. 

Louis XIV avait de l’intelligence et du caractère. Louis XV avait de l’intelligence et manquait de caractère. Louis XVI, avec toutes les vertus, avait une intelligence médiocre et il était indolent. On ne peut pas s’étonner que, malgré les meilleures intentions du monde, il ait perdu la monarchie.

Un hasard malheureux fit encore qu’il avait perdu son père, si bien qu’à Louis XV déjà vieilli succéda un jeune homme de vingt ans, très confit en dévotion, à qui l’on avait surtout appris que le grand-père menait une vie scandaleuse. On imagine bien que les filles du défunt roi avaient Madame du Barry en horreur. Elles avaient endoctriné leur neveu qui ne se contenta pas d’exiler la favorite mais qui se mit à défaire systématiquement tout ce que son prédécesseur avait fait.

Un de ses premiers actes fut de rappeler les Parlements orgueilleux qui tenaient tête à la couronne. Comprit-il très bien ce qu’il faisait ? c’est douteux. Il obéit surtout aux influences qui s’exercèrent sur lui. Mais, dès ses débuts, il s’enfonçait dans une contradiction insoluble et destinée à devenir mortelle. En effet il appelait au ministère un réformateur qui s’appelait Turgot, et les Parlements, défenseurs des droits acquis, s’opposaient à toutes les réformes. Pour réformer le royaume et supprimer les abus, il eût fallu que le roi agît par voie d’autorité. Il avait, d’emblée, entamé la sienne en rétablissant celle de ces magistrats qui s’étaient arrogé le pouvoir de repousser les lois qiu étaient contraires à leurs idées ou à leurs intérêts, bien que la puissance législative fût censée appartenir au souverain.

Combattu et paralysé par les Parlements, ne pouvant faire aboutir ses projets, Turgot dut se retirer. Entre son ministre et les magistrats, le malheureux Louis XVI avait dû choisir et ne pouvant plus revenir sur le mal qu’il s’était fait, ce fut le ministre qu’il sacrifia. Par une contradiction non moins absurde le public lui en fit le reproche, tandis qu’il applaudissait ces parlementaires privilégiés et défenseurs des privilèges qui parlaient un langage insolent et factieux et se présentaient comme les défenseurs de la liberté.

Dès lors Louis XVI s’épuisa dans la vaine recherche d’une amélioration impossible. Il y perdit peu à peu sa popularité. A la fin, impuissant devant les parlementaires unis à la noblesse et au clergé, il se résolut à sauter le grand pas et à convoquer les États Généraux, espérant trouver dans le Tiers État l’appui qui lui était refusé ailleurs.

C’est pourquoi il voulut que la représentation du Tiers État fût doublée. Mais le troisième ordre, ayant autant de députés que les deux premiers, demanda et devait demander à voter par tête. De plus le roi, pour faire entendre la voix de la bourgeoisie, avait invité tous ceux qui avaient des idées à les exposer librement. Ce fut une pluie d’écrits de toutes sortes parmi lesquels figura la célèbre brochure de Sieyès : «  Qu’est-ce que le Tiers État ? Rien. Que doit-il être ? Tout. ».

Louis XVI avait semé le vent. Il récolta la tempête et de plus, faisant ce qu’il avait déjà fait avec Turgot et avec le Parlement, au lieu de suivre la voie qu’il avait lui-même tracée, il vint se mettre en travers. Lorsque les députés du Tiers, forts de leur nombre et de l’autorité qu’il leur avait donné, voulurent transformer les États Généraux en assemblée, il prétendit de son côté maintenir la distinction des trois ordres, conformément aux traditions, aux usages et à l’ancienne constitution du royaume. C’est ainsi que de ses propres mains, Louis XVI fit la Révolution. Pouvait-elle être évitée ? Nous répondrons « Oui, certainement ».

La France avait besoin de réformes. Il fallait y procéder d’autorité et brisant les coalitions d’intérêt qui s’y opposaient. C’est ce que les rois de France avaient toujours fait, ce qu’avait fait encore Richelieu puis Louis XIV. Sans cela la monarchie n’eût pas duré aussi longtemps. Pour être un roi réformateur, il fallait être un roi autoritaire.

N’était-ce pas ce que la France attendait ? Le XVIIIe siècle, dans la personne du plus illustre de ses interprètes c’est à dire Voltaire, avait exalté des souverains qui étaient de purs despotes, comme Frédéric II et Catherine, mais qui imposaient le progrès par le despotisme.

Au fond les Français, en 1789, n’aspiraient pas à la liberté mais à l’égalité, qui en est d’ailleurs exactement le contraire. C’est si vrai que, dix ans plus tard, dix ans seulement, la dictature de Bonaparte était acclamée. Il était vraiment inutile pour en venir là, de mettre la France sens dessus dessous et de faire couler des torrents de sang. Avec des intentions excellentes, l’infortuné Louis XVI avait fait un mal immense. Il l’a expié si durement qu’on ne peut pas avoir la dureté de lui en vouloir. Mais il serait faux de voir en lui une victime de la fatalité.

Supposons un roi qui eût continué la politique commencée par Louis XV dans les derniers jours de son règne. On fût arrivé, sans bouleverser le pays et sans tout détruire, à un état des choses fort semblable à celui que créa le premier consul, lequel, du reste, rétablit et restaura une partie de ce qui avait été détruit dans l’anarchie révolutionnaire.

Finalement, Louis XVIII, qui était fort intelligent, prit la France telle que Napoléon l’avait laissée. Pour en venir là, il était bien inutile d’avoir fait couper la tête d’un roi, d’une reine et d’une quantité de braves gens sans compter tous ceux que vingt ans de guerre avaient tués.

Jacques Bainville, de l’Académie Française

Pour un bioconservatisme intégral, contre les biotechs et le transhumanisme

Pour un bioconservatisme intégral, contre les biotechs et le transhumanisme

La lutte contre l’avortement, la procréation médicalement assisté (PMA), la gestation pour argent, le dépistage anténatal ou encore la « castration » féminine généralisée, mais encore le combat pour la liberté d’accoucher à domicile (AAD ou ANA) sont un seul et même combat : la lutte pour la vie. Non, nos enfants de sont pas des objets !

Sous couvert de science, les biotechnologies progressent et accaparent le vivant.
Les biotechnologie sont définie par l’OCDE comme « les applications de la science et de la technologie à des organismes vivants ou à leurs composantes, produits ou modélisations, dans le but de modifier des matériaux, vivants ou non, à des fins de production de connaissances, de biens ou de services. » Derrière ces prétendues avancées de la science, se cache le contrôle biopolitique sur le vivant. Le corps humain devient un objet comme les autres. Là se situe l’alpha et l’omega du projet transhumaniste. Dans cette bio-économie transhumaine, inhumaine, nos libertés d’action sont annihilées et la possibilité de voir naitre à l’avenir des enfants échappant à cette nouvelle industrie est éclipsée.

La naissance, elle-même, est attaquée, nous privant collectivement de la capacité de nous extraire de la tyrannie sanitaire du « bio-marcher ».

Le contrôle est partout : 71,1 % des femmes en âge d’enfanter sont sous contraceptifs hormonaux ou mécaniques, comme le stérilet, 217 291 avortements ont eu lieu en 2019, 7 000 couples ont eu recours à la PMA, 1 enfant sur 30 nait par FIV, 1 grossesse sur 10 fait l’objet d’une amniocentèse, 98% des naissances ont lieu en structures médicales et les autres formes d’accouchement tendent à être interdites.

Les femmes « se font faire » un enfant par les biotechnologies de pointe. Nos techniciens – cachés sous le titre ronflant de médecins – les rendent alternativement fertiles ou infertiles. Ils fabriquent les bébés en laboratoire ; ils se prononcent tel des devins sur leur avenir, les conduisant parfois à la mort ; puis les sortent du ventre maternel par des moyens non physiologiques. Enfin, ils attestent de leurs naissances en lieu et place du Père. Toutes les pratiques qui sortent du cadre vanté par les services publics sont calomniées… Et si nos femmes voulaient autre chose ?

En France, une femme sur dix utilise aujourd’hui les méthodes naturelles[1] de régulation des naissances. Ces femmes ont la volonté de se réapproprier leur corps et de ne pas compromettre leur santé et leur fertilité.

Selon un sondage IFOP  de janvier 2021, 17% des femmes de 18 à 45 ans déclarent vouloir ”tout à fait” accoucher à domicile et 19% disent ”plutôt oui”[2].
Cette pratique naturelle, physiologique et traditionnelle de mettre au monde a fait un bon de 115% cette année. S’il est théoriquement possible en France d’accoucher librement, dans la pratique, cette liberté est terriblement restreinte : seulement 80 sage-femmes font encore courageusement ce travail, malgré le fallacieux décret de 2014 sur les assurances professionnelles qui les empêche d’exercer. Quant aux femmes qui accouchent seules – l’accompagnement d’une accoucheuse traditionnelle ou doula étant interdit en France, elles risquent de faire l’objet de l’attention et des poursuites des organismes « sociaux ». 

Les architectes de l’enfant comme objet voient ces tentatives d’émancipation comme une régression qu’ils combattent sans merci. Il en est ainsi du Juif Israël Nisand, gynécologue obstétricien de l’Hôpital Américain de Paris, président du collège Nation des gynécologues et obstétricien de France de 2017 à 2020, décoré officier de légion d’honneur. Ce « héros de la nation » a fait de ses combats mortifères des spécialités médicales : IVG, diagnostics prénataux ou encore PMA.

Pourtant mouillé dans le scandale de la pilule de 3ème génération[3] en 2013, ce qui aurait dû le conduire à une certaine discrétion, Nisand n’hésite pas à déplorer le retour des méthodes naturelles[4] de régulation des naissances, lors d’un colloque qui s’est tenu à l’Assemblée « nationale ». Pour lui, les femmes usant de ces méthodes sont des adolescentes inconscientes, qui font augmenter le nombre d’avortements.
Magnifique inversion accusatoire quand on pense qu’une Française sur dix est concernée !

Israël Nisand s’est prononcé également contre la possibilité d’accoucher à domicile sur France culture[5], tandis que la journalalope qui l’interroge clôture son intervention sur des menaces à peine voilée à l’intention des femmes accouchant seules. Il a répété sur BFM[6] qu’il s’agit d’une régression et multiplie les allocutions médiatiques en ce sens. L’inénarrable Laurent Alexandre, fondateur de Doctissimo, pense quant à lui que cette pratique « doit être interdite ». Hostiles à ces pratiques millénaires, les Nisand et les Alexandre nous proposent cependant de charmantes innovations comme la PMA post-mortem, la PMA pour les malades mentales dites « transgenres[7] », ils se prononcent pour le clonage thérapeutique[8] ou encore pour « l’encadrement » de la Grossesse Pour Argent.

Refusons la culture de mort que représentent l’avortement et ses corolaires, la pilule abortive – faussement présentée comme contraceptive. Refusons l’eugénisme que suppose la PMA ! Battons-nous pour le droit d’accoucher librement, pour la propagation des méthodes naturelles de régulation des naissances et pour que les méthodes alternatives naturelles à la PMA – qui existent ! soient proposées aux couples en situation d’infertilité. Il en va du devenir moral de la nation, il en va de son avenir démographique, c’est-à-dire Politique.

Face à la tyrannie biopolitique transhumaniste, monstre né de la rencontre de la toute-puissance techno-capitaliste de Big Pharma, des fictions juridiques devenues folles, et de société libérales effondrées, opposons l’immense et exaltant projet d’un bioconservatisme intégral : faisons des bébés bio, dans des mamans bio, dans nos maisons bio !

Monsieur K

 

[1]  étude Ined-Inser : https://presse.inserm.fr/la-contraception-en-france-nouveau-contexte-nouvelles-pratiques/3674/

[2] https://drive.google.com/file/d/1JWsFTatGtMlbxD-gI8E7X2KVIl5oyPMN/view

[3] https://www.lemonde.fr/societe/article/2013/01/10/pilule-enquete-sur-ces-medecins-lies-aux-laboratoires_1814864_3224.html

[4] https://www.leparisien.fr/societe/sante/50-ans-apres-sa-legalisation-le-desamour-des-francaises-pour-la-pilule-contraceptive-08-02-2017-6663984.php

[5] https://www.franceculture.fr/emissions/le-reportage-de-la-redaction/elles-seraient-de-plus-en-plus-nombreuses-a-accoucher-seules-chez-elles-et-sans-assistance

[6] https://rmc.bfmtv.com/emission/c-est-une-regression-le-professeurisraelnisand-denonce-l-augmentation-des-accouchements-a-domicile-2047319.html

[7] https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-27-juillet-2020

[8] S’il déclare le clonage comme un « crime contre l’humanité », il ne l’écarte pas à des fins thérapeutiques, il s’est prononcé favorablement à un encadrement de la gestation pour autruit

RIP R.P Jean-Jacques Marziac

RIP R.P Jean-Jacques Marziac

C’est avec tristesse que nous apprenons le décès 

du Révérend Père Jean-Jacques MARZIAC

pieusement décédé ce dimanche 9 janvier.

Prédicateur infatigable, il était né le 2 juillet 1924 à Strasbourg et ordonné prêtre le 11 février 1954 pour les Missions Africaines de Lyon, il fut missionnaire en Côte d’Ivoire et au Dahomey (Bénin), avant d’être chassé de sa communauté pour ses positions traditionnelles.

Le Révérend Père Marziac fonda la Maison Saint-Joseph de Caussade la Communauté des Coopérateurs du Christ-Roi, qui dispensent les Exercices de Saint-Ignace.

Il demeura toujours un soutien fidèle de Monseigneur Lefebvre et de la Fraternité Saint-Pie X.

Le Père Marziac fut un grand ami de l’Action Française et s’était félicité de voir des jeunes refuser la dédiabolisation et continuer l’oeuvre de Maurras, confiant en cette parole de saint Pie X : « son oeuvre aboutira ». 

La messe de funérailles sera célébrée
par Monseigneur Bernard Tissier de Mallerais,
ce mercredi 12 janvier, à 14h30,
au Monastère Saint-Joseph de Caussade (82300).

R.I.P

L’antidémocratisme intégral

L’antidémocratisme intégral

À l‘Action Française, nous eûmes et avons sans cesse à cœur de combattre cette lèpre contagieuse qu’est la démocratie et plus encore son enfant bâtard qu’est le démocratisme. Pour deux raisons nous y revenons encore une fois.

Premièrement, comme nous le rappelle Jean Haupt : “tant qu’il y aura des parents conscients de leur mission, ils ne cesseront de répéter à leurs enfants : « faites bien attention ; couvrez-vous, n’attrapez pas froid », même s’ils sont traités de vieilles badernes et de « croulants ». De même, ne devons-nous jamais nous lasser de crier aux peuples « casse-cou ! » et, à la propagande intensive, sans scrupule, de la démocratie, qui, sous le couvert de slogans idéalistes, exploite en fait les passions des hommes, leurs faiblesses, leur tendance naturelle à la facilité, nous devons opposer les arguments de la Contre-Révolution” (Jean Haupt, Le procès de la démocratie).

Deuxièmement, parce que nous nous inquiétons des populismes. Expliquons-nous. Derrière ce mot de démocratie peuvent se cacher quatre réalités politiques, quatre acceptions du terme. La première cache derrière le mot de démocratie le système politique issu de la Révolution française et de son corpus idéologique – philosophie dite des Lumières, Droits de l‘Homme, vision rousseauiste du Contrat social, etc. La deuxième acception désigne simplement le système politique pur, c’est-à-dire une organisation de la cité fondée sur le pouvoir d’un peuple donné. La troisième consiste à reconnaître la seconde à un échelon donné – démocratie communale tempérée par un pouvoir national royal par exemple, id est une forme mixte de gouvernement politique. Enfin, la quatrième acception peut être apparentée à la démophilie, c’est-à-dire l‘amour du peuple.

Que les nationalistes aiment le peuple, qu’ils soient démophiles, est un sain sentiment car nous ne nous battons jamais que pour le peuple à travers la nation – celle-ci n’étant jamais une déesse à laquelle nous devons tout sacrifier – ; nous combattons pour le bien commun qui est le moyen nécessaire pour que chaque personne puisse réaliser ce pour quoi elle est faite. C’est ainsi que nous avons pu avoir quelques tendresses pour les Gilets jaunes qui ont tenté, vainement, de se dresser contre l‘ennemi oligarchique. Mais entre la démophilie et le démocratisme, il n’y a qu’un pas que nous ne devons jamais franchir. Voir dans le soulèvement des peuples, dans les révolutions populaires un bien en soi qui permettrait une restauration nationale ou l‘instauration d’une France enfin libérée du joug des Etats confédérés est d’une naïveté coupable ! D’aucuns nous diraient qu’il ne s’agit nullement d’une fin en soi, mais d’une occasion pour les nationalistes de renverser le pouvoir, un instrument aux mains des antidémocrates que nous sommes !  Impossible. Pensez-vous qu’un peuple ayant conscience de sa force pourrait tolérer qu’on lui ôte son pouvoir

Croire au peuple, c’est croire au pouvoir que celui-ci a de se guider lui-même, or le peuple n’est jamais qu’une masse errante, proie de toutes les puissances organisées !
Car enfin, croire que le peuple souverain puisse se soulever souverainement, c’est croire au principe démocratique même, c’est croire qu’une multitude parvienne à structurer consciemment un projet politique qui sache séparer le bon grain de l‘ivraie, c’est-à-dire qui connaisse sa finalité, les moyens d’y parvenir et même les embûches ! Le peuple en est incapable et ce n’est nullement sa vocation. Et si encore notre peuple était sain ! Mais regardons-le : en pleine dégénérescence, victime d’un viol démocratique depuis plus de deux cents ans et d’un antichristianisme qui le fait se rouler dans la fange des plus répugnantes idées et se complaire dans l‘assouvissement de ses plus bas instincts ! Pensez-vous qu’un peuple asservi et perverti par la pornographie, le métissage, la bestialisation, la dévirilisation, le consumérisme, l‘esprit bourgeois et le matérialisme puisse connaître le bon, le beau et le vrai ? Comme le disait Lucien Rebatet, « il n’y a pas une seule fissure dans l‘énorme bloc de sa bêtise » (Les Décombres).
Notre peuple, s’il devient souverain, creusera non pas sa tombe, mais sa fosse commune.
Regardez la dernière votation suisse qui autorise le mariage des invertis, regardez les préoccupations des français et osez espérer en notre peuple. Le peuple n’est pas fait pour guider, il est fait pour être guidé. Quelle solution ? Quelle issue ? Un roi pour nous guider, une aristocratie pour préparer sa venue. Que les jeunes générations et les plus anciennes n’aient aucun espoir de restauration par le nombre, mais qu’elles s’efforcent de devenir cette nouvelle aristocratie qui guidera le peuple et préparera la venue du Roi qui sauvera le nombre de lui-même.
 
Guillaume Staub
Il y a 50 ans Xavier Vallat rendait sa belle âme à Dieu

Il y a 50 ans Xavier Vallat rendait sa belle âme à Dieu


Il y a 50 ans, le 6 janvier 1972 disparaissait à Annonay (Ardèche), Xavier Vallat. C’était le Jour des Rois, comme il convenait à cette âme de vaillant serviteur de la cause capétienne. C’est avec émotion que je rends hommage à ce compagnon de captivité de Charles Maurras, qui fut aussi un grand politique et un grand écrivain et qui, bien que mon aîné de plus de cinquante ans, m’honorera, au cours de mes bien lointaines jeunes années sur notre terre commune et tant aimée du Vivarais (département de l’Ardèche), d’une amitié dont je mesure encore chaque jour tout le prix.

                                                                                          L’âme du Vivarais         

Bien que né le 23 décembre 1891,par suite des hasards des nominations de son père maître d’école, à Villedieu, petit village de Provence, Xavier Vallat appartenait à une solide lignée paysanne implantée à Pailharès, en haute Ardèche. En lui je voyais s’irradier l’âme ardente, passionnée, courageuse, que le contact familier avec un sol âpre et avare ramène sans cesse aux réalités. Comme pour tous les grands sages du Vivarais, comme pour jadis Olivier des Serres, comme pour son contemporain et ami Gustave Thibon, le patriotisme était chose concrète, sentie, charnelle et trouvait tout naturellement sa plus haute expression dans la fidélité à son père, à un être de chair et de cœur, héritier d’un domaine à faire prospérer, en somme dans la fidélité au roi de France. Enfin il avait hérité du catholicisme de ses ancêtres (« Catholique et français toujours ») sans cesse ravivé par les humbles pèlerinages qui parsèment les monts où vint mourir, après les avoir rechristianisés, entre d’impressionnantes forêts de sapins le 31 décembre 1640, à la Louvesc, le grand saint Jean-François Régis…..

Cette personnalité si riche de sève, de caractère et d’âme, était douée d’une franche gaieté et d’une verve de bon aloi, comme en témoignent les contes qu’il publia en 1923 aux Editions du Pigeonnier fondées par son ami d’enfance le délicieux poète Charles Forot. Vallat se mit très tôt au service de la France. Dès la Grande Guerre sa conduite fut celle d’un héros: revenu deux fois au front après avoir été blessé, il dut le 30 mai 1919 dans la Somme être amputé d’une jambe dans d’atroces souffrances. Mais conscient de ne faire que son devoir, il garda toujours un optimiste communicatif. Les électeurs de la circonscription de Tournon-Annonay le désignèrent le 16 novembre 1919 comme député sous le signe de l’Union sacrée. Réélu en 1928, devenu en janvier 1940 vice-président de la Chambre des députés, il ne cessa de lutter contre l’individualisme athée. Il était alors l’orateur talentueux de la Fédération nationale catholique, mais il gardait des relations toujours cordiales, même enjouées, avec ses collègues députés de tous bords.                                                                                     

                                                                                            La question juive 

Pragmatique plutôt qu’idéologue, il prit conscience d’un problème juif comme beaucoup de Français au fur et à mesure que grandissait l’influence de cette communauté dans les années 1930. Dans son livre point du tout complaisant mais honnête et intelligent, consacré à Xavier Vallat. Du nationalisme chrétien à l’antisémitisme d’Etat (Grasset 2001), Laurent Joly reconnaît que son discours du 5 juin 1936 déplorant qu’avec Léon Blum « pour la première fois ce vieux pays gallo-romain (serait) gouverné par un juif » ne déclencha guère de réactions hostiles dans l’opinion. Vallat, explique Laurent Joly, voyait la question juive comme un aspect d’un danger autrement plus grave: le péril communiste. Il lui apparaissait que les Juifs, par leur appartenance au peuple élu, étaient avides de domination et des biens de ce monde et pouvaient faire le lit autant de « la fortune anonyme et vagabonde » que de l’esprit de dilution et de révolution, ce que disait d’ailleurs aussi l’israélite Bernard Lazare.
Et dans une démocratie qui ne cesse d’émietter la société, il lui apparaissait que cette communauté pouvait facilement devenir un Etat dans l’Etat. Survint la débâcle de 1940, Vallat se retrouva tout naturellement aux côtés du maréchal Pétain qui, face à une guerre que d’autres avaient voulue et si mal préparée, agissait courageusement pour épargner aux Français les pires malheurs. En tant que secrétaire général des Anciens combattants ou fondateur de la Légion française des Anciens combattants destinée à opérer le redressement civique et moral de la France, ou encore en tant que Commissaire général aux questions juives, ou en tant que rédacteur d’un statut des juifs, jamais Vallat, héritier des plus hautes traditions catholiques et françaises, ne montra une attitude de soumission envers l’Occupant national-socialiste qui en vint à exiger son départ le 19 mars 1942. Laurent Joly, qui ne tombe pas dans le travers de ceux qui jugent les comportements de 1942 en fonction d’une « Solution finale » dont on n’entendit parler qu’en 1945, relève les efforts qu’accomplit Vallat en faveur des juifs anciens combattants de même que sa véhémente protestation après la rafle de décembre 1941, de même que les conseils insistants de prudence qui permirent à son ami juif le docteur Nora d’en sauver plusieurs milliers.


L’Action Française 

 

1944 : victoire de la bêtise, du mensonge et de la haine. Vallat qui venait de prendre, à Radio-Journal, la succession de Philippe Henrio assassiné, fut arrêté en août. Traîné de prison en prison, il s’entendit condamné le 10 décembre 1948 par la Haute Cour à dix ans d’emprisonnement et à l’indignité nationale. Les « libérateurs » traitaient ainsi ceux qui, lors de la tourmente, n’avaient pas fui leurs responsabilités. Mais les occasions de servir allaient encore se présenter. A la maison centrale de Clairvaux, il retrouva son ami Charles Maurras, et naquit entre les deux hommes faits pour s’attirer et se comprendre une amitié extraordinaire, si bien qu’à sa libération en mars 1950, par une grâce signée Vincent Auriol, président de la République, Vallat devint le collaborateur assidu d’Aspect de la France créé trois ans plus tôt. En 1960, il en assurait la codirection avec Georges Calzant. A la mort de ce dernier, en 1962, il en devint le directeur et commença, pour cet ami du président Antoine Pinay et de bien d’autres hommes politiques en exercice, une période d’activité intense.
Installé alors à Annonay, il venait chaque semaine à Paris, et sa chronique sereine, joviale, nourrie de vastes connaissances, n’avait d’égale que le charme de sa conversation. C’était pour le journal qui ne pouvait pas encore s’appeler L’Action Française, la période faste de Pierre Chaumeil, Bernard Faÿ, Henri Massis, Jacques Perret, Louis-François Auphan, Philippe Roussel, François Léger, Jacques Ploncard d’Assac, Jean Brune… Mais la santé de Vallat s’altéra vite. 

Au début de 1966 il céda sa charge à Pierre Pujo tout en restant directeur honoraire. Il occupa ses dernières années à ajouter à une oeuvre littéraire déjà bien fournie:

– Charles Maurras n° d’écrou 8321 (Plon,1953),
– Le nez de Cléopâtre (Les Quatre fils Aymon,1957),
– La Croix,les Lys et la peine des hommes (Les Quatre fils Aymon,1960),
quelques autres ouvrages de souvenirs:

– Lettres passemurailles,
sa correspondance avec Maurras de mars 1950 à novembre 1952 (La Table Ronde,1966),
– Feuilles de Fresnes 1944-1948 (Lienhart,Aubenas,1971) et,
– Le grain de sable de Cromwell (Lienhart,Aubenas,1972).

Revenons sur La Croix, les Lys et la peine des hommes, son livre essentiel (réédité en 1982 avec une préface de votre serviteur par les éditions Ulysse à Bordeaux) où il montre le parfait accord entre les encycliques pontificales, les déclarations des princes et les actions des élus catholiques et monarchistes sur la question sociale, aussi loin du libéralisme effréné que du socialisme concentrationnaire. A le lire, plein de compassion pour la « misère imméritée » des travailleurs consécutive à la Révolution dite française, on voit l’erreur de ceux qui parlent de Vallat comme de l’homme d’une idée fixe, obnubilé par la seule question juive.

Hospitalisé au cours de l’été 1971, il s’éteignit dans la sérénité et dans une parfaite confiance en Dieu à l’hôpital d’Annonay. Il repose dans une tombe toute simple au cimetière de Pailharès (Ardèche), à l’ombre de son église paroissiale où il avait appris à défendre l’Eglise de l’Ordre.

Michel FROMENTOUX

Ce minable tyran qui jouit d’écraser les Français

Ce minable tyran qui jouit d’écraser les Français

 

Dans un entretien accordé au Parisien, le président Macron a déclaré :

 

“Moi, je ne suis pas pour emmerder les Français. Je peste toute la journée contre l’administration quand elle les bloque. Eh bien là, les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder”. “Donc on va continuer de le faire, jusqu’au bout, c’est ça la stratégie”.

“Je ne vais pas les mettre en prison, je ne vais pas les vacciner de force. Et donc, il faut leur dire : à partir du 15 janvier, vous ne pourrez plus aller au restau, vous ne pourrez plus prendre un canon, vous ne pourrez plus aller boire un café, vous ne pourrez plus aller au théâtre, vous ne pourrez plus aller au ciné”.

Les Français étaient pourtant habitués au ton méprisant de Macron, mais voici que ce président – le plus mal élu de tous les présidents de la Ve république – vient de déclarer la guerre aux non-vaccinés.

En rendant responsables les vaccino-sceptiques de tous les maux de la société, ce minable tyran qui jouit d’écraser les autres, pratique l’inversion accusatoire : « Et ça, c’est l’immense faute morale des antivax: ils viennent saper ce qu’est la solidité d’une nation ».

Celui qui se veut, selon le principe républicain, garant de l’unité de la nation, montre son vrai visage : il divise et assume vouloir faire des non-vaccinés des citoyens de seconde zone.

La désobéissance, de plus en plus ferme, s’impose maintenant à tous si l’on ne veut pas basculer définitivement dans un monde de ségrégation et de punitions continuelles.

Macron devra rendre des comptes pour avoir sali la France et méprisé les Français. En ce début d’année, alors que les Français vont une nouvelle fois s’entredéchirer pour élire le successeur de cette ribambelle de présidents tous plus anti-français les uns que les autres, aidons les « nationaux » à prendre conscience de l’urgence d’en finir avec la démocratie.

Le Roi était père de tous les Français, la république les divise et les oppose.

Marche pour la Vie

Marche pour la Vie

Nous relayons ici l’appel urgent des organisateurs de la Marche pour la Vie qui aura lieu le dimanche 16 janvier, départ Paris, place de Catalogne à partir de 13h30 (derrière la gare Montparnasse). Soyez présents : défendre la famille c’est défendre la France.  

Chers amis de la Marche Pour la Vie,

 

Recevez tout d’abord tous nos vœux les meilleurs pour cette nouvelle année, puisse-t-elle être marquée par des victoires dans la défense de la vie humaine !

Nous revenons vers vous en cette rentrée pour vous solliciter une nouvelle fois. Vous êtes déjà des centaines à vous être engagés comme bénévoles ! 

Il nous manque à ce jour quelques centaines bénévoles, ce qui ne nous permet pas d’envisager sereinement l’organisation de la Marche pour la Vie à ce jour. Vous connaissez l’organisation logistique que cet événement représente, alors parlez-en autour de vous, inscrivez-vous comme bénévole, faites inscrire vos proches, amis, famille.

Il y a des besoins en animation sur scène, logistique et Sécurité : il y en a pour tous les goûts et tous les âges !

Alors n’attendez pas ! 

500 bénévoles en 10 jours : c’est possible, mais seulement si vous nous aidez !

Voici le lien pour vous inscrire

https://volunteo.com/fr/r/MPV2022 

N’oubliez pas que vous pouvez demander à être répartis en groupe avec des amis. 

 

PERMANENCE 

N’hésitez pas à passer au 37 rue des Volontaires à Paris (porte verte en face du 36, numéro de téléphone à appeler affiché sur la porte) pour récupérer des tracts, tous les soirs de semaine de  17h à 18h pour la Marche et ainsi diffuser l’information partout ! 

AIDE AVANT LA MARCHE 

Et si vous êtes disponibles pour aider à assurer une permanence à la rentrée ou cette semaine pour la distribution des tracts, contactez-nous à benevoles@enmarchepourlavie.fr, on recherche du monde!

POUR VENIR EN CAR 

Pour les non-parisiens, n’hésitez pas à contacter l’adresse suivante : car@enmarchepourlavie.fr si vous souhaitez prendre part à l’organisation d’un car au départ de votre ville. Pour connaitre la carte complète des départ de cars

Merci d’avance pour votre générosité et votre réactivité qui permettront que cette manifestation puisse avoir lieu dans de bonnes conditions. 

Car sans bénévoles, pas de marche ! Or, plus que jamais, nous devons dire notre attachement à toute Vie et ce dès ses débuts alors qu’elle est toujours plus menacée ! 

Chers amis, sans votre soutien, nous n’arriverons pas à organiser cette Marche. 

à dimanche 16 janvier, 
départ Paris, place de Catalogne 
à partir de 13h30 
(derrière la gare Montparnasse) 

L’équipe de la Marche pour la vie

Léon Daudet, figure rabelaisienne de l’Action française

Léon Daudet, figure rabelaisienne de l’Action française

 

Cet homme fut le personnage le plus haut en couleurs de l’Action française. Exubérant, colérique, fantasque, porté à la polémique, bon vivant, et avec cela, écrivain de grand talent, il ne passa pas inaperçu, à moins dire. D’un tempérament très différent de celui de Charles Maurras, il s’entendit cependant parfaitement avec ce dernier, et imprima sa marque particulière au mouvement néo-monarchiste de la rue de Rome. Il avait cependant en commun avec Maurras d’être doté d’un caractère entier et de charger violemment contre ses ennemis.

Enfant des lettres

Né à Paris le 16 novembre 1867, Léon Daudet est le fils aîné d’Alphonse Daudet (1840-1897). Et son oncle, Ernest Daudet (1837-1921), sera, en son temps, un historien et un romancier réputé. Il grandit donc dans une forte ambiance intellectuelle, et acquiert une vive sensibilité littéraire et une très riche culture, au contact de l’atmosphère des brillantes réceptions organisées à domicile par son père, qui invite les écrivains parisiens de l’époque. Très tôt, il a la passion des livres, qu’il dévore goulûment, et de l’écriture. Il voit défiler, au domicile parental, Flaubert, Maupassant, Edmond de Goncourt, Zola, Maurice Barrès et autres. Les Daudet ont des inclinations républicaines, bien qu’Alphonse ait bénéficié de la protection du duc de Morny, dans sa jeunesse1 . Victor Hugo est une de leurs idoles. Et c’est ce qui explique que Gambetta ait compté quelquefois parmi leurs invités.

 

Léon, jeune, se sent lui aussi républicain, proche des radicaux à la Pelletan ou à la Clemenceau. Il se moque des monarchistes, qui lui paraissent les partisans ridicules d’un monde révolu, et il hue le général Boulanger lorsque celui-ci fait son entrée à la Chambre en juillet 1888. Il découvre également l’antisémitisme, à la faveur de l’amitié entre son père et Drumont.

Médecin avorté et écrivain naissant

Après de brillantes études au lycée Louis-le-Grand, il opte pour des études médicales. Il rencontre Jean-Martin Charcot, le fameux neurologue. Ce dernier est un des médecins de son père, atteint de syphilis depuis longtemps. Très bon étudiant, prometteur, Léon sera pourtant recalé au concours de l’internat de Paris en 1891, et ne soutiendra pas sa thèse de doctorat. Il attribuera son échec à la malveillance de Charcot, à la fille duquel il avait refusé de se fiancer2 . Il renonce donc à la carrière médicale, mais sans trop de regrets, car la littérature l’accapare. Il fait paraître son premier roman, L’Héritier, sous la forme d’un feuilleton, dans La Nouvelle Revue de Juliette Adam, en 1892. Son expérience du monde médical lui inspirera un roman, Les Morticoles (1894), acerbe.

Un premier mariage raté

Au début de 1891, il épouse Jeanne Hugo, petite-fille de Victor. Le mariage sera civil, Hugo ayant proscrit le mariage religieux au sein de sa famille, qu’il gouvernait en patriarche. Ce mariage sera un véritable fiasco. Léon se montre autoritaire, coléreux, et, lorsqu’il s’emporte, injurieux. Jeanne, de son côté, se révèle une femme capricieuse et folle furieuse lorsqu’elle se sent contrariée. En outre, Léon, qui devient chaque jour plus réactionnaire et antisémite, n’apprécie pas, à moins dire, Édouard Lockroy, républicain radical, juif, député, et bientôt ministre, beau-père de Jeanne depuis le remariage de la mère de celle-ci. Jeanne quitte le domicile conjugal en décembre 1894. Le divorce sera prononcé en janvier 1895, et Jeanne conservera la garde des enfants3 .

Nationaliste et antidreyfusard

Le 5 janvier 1895, Léon, accompagné de Barrès, assiste à la séance de la dégradation du capitaine Dreyfus, récemment condamné, dans la cour de l’École militaire. Le lendemain, il rend compte de l’événement dans un article du Figaro intitulé « Le Châtiment », hostile au condamné, mais exempt de tout antisémitisme avoué : on n’y relève aucune allusion aux Juifs (le mot même n’apparaît pas dans le texte). Cependant, l’antisémitisme sourd de l’emploi de certaines expressions ou de certaines phrases (« épave de ghetto », « Le misérable n’était pas français. Nous l’avions tous compris, par son acte, par son allure, par son visage »). Léon affiche désormais des convictions nationalistes et antidreyfusardes qui le rapprochent de ceux qui partagent ses convictions (Bourget, Coppée, Lemaître, Barrès) et le font rompre avec les dreyfusards, Anatole France, et surtout Zola, à partir de 18984 . Le 19 janvier 1899, Il assiste à la première grande réunion publique de la Ligue de la Patrie française, à laquelle il adhère aussitôt. Il devient membre du conseil de rédaction du quotidien monarchiste Le Soleil (1899), et, à partir de 1900, du quotidien antisémite La Libre Parole et du quotidien conservateur Le Gaulois, trois périodiques auxquels il collaborait depuis déjà plusieurs années. Il va désormais donner des fournées d’articles contre les dreyfusards, le gouvernement de Défense républicaine de Waldeck-Rousseau, le ministère anticlérical de Combes, et le régime en général. S’il ne remet pas encore en cause la république, il critique violemment la démocratie parlementaire, et incline à un régime autoritaire, s’approchant ainsi des idées d’un Déroulède ou d’un Barrès, ou même de ce général Boulanger, qu’il avait hué en 1889. En 1901, il publie un pamphlet, Le pays des parlementeurs.

L’adhésion à l’Action Française

La Ligue de la Patrie française bat de l’aile. Le suicide de son homme fort, Gabriel Syveton, soupçonné à la fois d’une liaison coupable avec sa belle-fille et de détournements des fonds de la Ligue, dont il était le trésorier (décembre 1904), la plonge dans le chaos. Daudet qui, pour sa part, incline à croire, comme d’autres, au meurtre (déguisé en suicide) de Syveton, va s’éloigner de ce mouvement, si peu et mal organisé qu’il s’achemine vers sa fin. Il se tourne alors vers le groupe de « L’Action française », fondé en avril 1898 par Henri Vaugeois et Maurice Pujo, et doté d’un bimensuel, la Revue d’Action française, à partir de juillet 1899. Là, il fait la connaissance de Charles Maurras, jeune écrivain déjà connu. Il découvre alors la pensée de celui-ci, et lit ses œuvres avec attention. Il lit Trois idées politiques (1898), Dictateur et Roi (1899), et surtout la grande Enquête sur la monarchie (1900-1903), qu’il n’en finira pas de relire et de méditer. Et, lui qui, naguère, moquait les tenants du monarchisme, il se convertit à la cause de la restauration de la royauté en France. En bon disciple de Maurras, il se prononce en faveur de la restauration d’une monarchie héréditaire de droit divin, fondée sur la religion catholique, non parlementaire, et décentralisée. Daudet était déjà nationaliste, anti-parlementaire et anti-démocrate, à l’exemple de son père et de presque toute sa famille5  ; le voici désormais, en outre, monarchiste. La conception maurrassienne de la monarchie lui plaît, car elle procède de la raison, du raisonnement, et qu’elle n’enkyste pas la pensée et les mœurs dans un moralisme jugé étroit et étouffant. En cela, elle coïncide avec son tempérament gaulois, son appétit de vivre et sa tendance à la gaudriole. Elle le séduit également par la jeunesse de la plupart de ses militants et animateurs, leur volonté d’assurer le triomphe de leur cause, et leur sens de l’offensive ; alors que les royalistes de naguère se présentaient comme de vieux gentilshommes ou des grands bourgeois conformistes, austères, politiquement inactifs, repliés dans la nostalgie d’un passé monarchique idéalisé. Cela dit, Daudet ne rejette nullement les caractéristiques du royalisme traditionnel : malgré ses frasques, il affiche sa foi catholique, défend l’Église et la religion contre l’anticléricalisme, et fustige l’immoralité et le pourrissement des mœurs (ce qui ne manque pas d’amuser ou de choquer ses adversaires, qui connaissent son genre de vie).

Maurras et Daudet : au service d’une même cause

Bien des traits de caractère le distinguent de Maurras. Il n’a pas le dogmatisme doctrinaire de son maître, prend parfois des libertés relativement à ses principes (notamment dans ses choix littéraires), et ne condamne pas systématiquement tout ce qui s’y oppose ou y est étranger. Ainsi, il ne rejette pas le romantisme, et lui trouve même des attraits et de la grandeur. C’est qu’il est fou de littérature, et qu’il met la valeur d’un écrivain ou d’un artiste au-dessus de tout. Il dira, un jour : « Quand il s’agit de littérature, la patrie, je m’en fous », propos impensable de la part de Maurras. Il défendra les œuvres d’un Gide ou d’un Proust6 , plus tard d’un Céline7 , ce que le chef de l’Action française n’envisagera pas une seconde. Mais il fait siennes les convictions du maître du nationalisme intégral. Et puis, du point de vue du caractère, il a en commun avec lui le goût immodéré de la polémique, la violence verbale, l’intransigeance politique, le rejet viscéral de la république et de la démocratie, et la haine de ses ennemis. Les deux hommes formeront donc un parfait duo à la tête de l’Action française, un tandem composé de deux brillantissimes plumes, tenues avec un étincelant brio par deux hommes différents : le fin lettré helléniste, amoureux de la Grèce antique et du monde méditerranéen, de la langue et de la littérature provençale, et un émule pittoresque de Rabelais.

Car les deux hommes sont avant tout des écrivains. Maurras s’est déjà imposé comme poète, critique littéraire, conteur et essayiste. Daudet, lui, s’est imposé comme un romancier fécond avec : L’Astre noir (1893), Les Morticoles (1894), déjà cité, et qui rencontra un beau succès, Les Kamtchatka (1895), Le Voyage de Shakespeare (1896), Suzanne (1896), La Flamme et l’Ombre (1897), Sébastien Gouvès (1899), La Romance du temps présent (1900). Et il est l’un des fondateurs et premiers membres de l’académie Goncourt, en tant que fils d’Alphonse Daudet, ami et exécuteur testamentaire d’Edmond de Goncourt. Il a soin d’en interdire l’accès à Zola, devenu son ennemi. Écrivain renommé dès avant trente-cinq ans (et pas seulement en raison de la célébrité de son père), il a, pour la littérature, une passion supérieure à celle qu’il éprouve pour la politique, et qui ne se démentira jamais.

La rencontre décisive avec Philippe d’Orléans

Proche de Maurras par les idées et le goût de l’outrance verbale et de la provocation, Daudet l’est aussi d’Henri Vaugeois par le caractère. Les deux hommes ont en commun un caractère difficile, qui les porte à la polémique, et une allure générale et un comportement bohèmes, qui choquent les conformistes. Une différence notable cependant : Vaugeois, longtemps pur rationaliste et sceptique, ne deviendra jamais un catholique fervent, ce que Daudet se targue d’être, malgré sa liberté de mœurs et de manières, et qu’il est effectivement, de par l’éducation reçue au sein de sa famille, très pieuse. Mais autre point commun avec Vaugeois : le besoin de rencontrer le prétendant à la couronne de France pour affermir une conversion récente à la cause du royalisme. Pour Vaugeois, la rencontre avait eu lieu en octobre 1901 à Karlsruhe. Pour Daudet, elle se produit en novembre 1904 à Londres, à l’hôtel Savoy. Habitué à la vie mondaine, mais pas à la fréquentation des altesses royales, Léon se montre intimidé, emprunté, engoncé. Lui, si volubile d’ordinaire, ne parvient qu’à bredouiller des paroles banales et décousues. Mais Philippe d’Orléans se fait accueillant et aimable, l’embrasse sur les deux joues et le prie à déjeuner. Léon reviendra de Londres émerveillé, définitivement conquis et monarchiste de cœur, alors qu’il ne l’était que de raison.

Un des piliers de l’Action française

Il devient l’homme le plus connu de l’Action française, presque à égalité avec Maurras, qui lui, joue le double rôle de maître à penser et de chef d’orchestre, omniprésent, animant avec autorité toute la mouvance du nationalisme intégral et néo-monarchiste.

Les deux compères pensent que leur mouvement ne peut se contenter de la modeste Revue d’Action française, fondée en 1899 par Vaugeois et Pujo, bimensuelle. Ils décident donc de se lancer dans l’aventure d’un quotidien qui, pensent-ils, en accroîtra sensiblement l’audience. Et, ainsi, ils fondent L’Action française, dont le premier numéro sortira le 21 mars 1908. Daudet est rédacteur en chef du nouveau périodique, Maurras est directeur de la publication. Vaugeois et Pujo appartiennent toujours à l’équipe rédactionnelle, et le second sera l’adjoint de Maurras à la direction du journal. Celui-ci réunit tout un bataillon de brillants intellectuels qui contribueront au rayonnement et au prestige de l’Action française, y compris parmi ses adversaires, lesquels seront conscients de la valeur de leurs ennemis, sous le rapport de l’intelligence, du sérieux des analyses et de la rigueur des raisonnements de leurs ennemis. Citons, parmi les plus belles plumes du quotidien : Léon de Montesquiou, Lucien Moreau, Jacques Bainville, Louis Dimier, Bernard de Vesins, Robert de Boisfleury, Pierre Lasserre, puis Henri Clouard, Eugène Marsan et autres8 .

Léon Daudet va multiplier à l’envi, durant des années, les articles critiques et polémiques dans les colonnes de son quotidien. Cela lui vaudra maints duels avec certaines de ses cibles, notamment — entre beaucoup d’autres — Gaston de Maizière, journaliste au Gaulois, en 1910, et Martin Nadaud, écrivain, l’année suivante.

Il ne borne pas son activité journalistique au seul domaine politique. Une bonne partie de ses articles sont consacrés à la critique littéraire, et, dans ce registre, il se révèle un lecteur averti et un analyste fin, subtil, pénétrant et original.

Un personnage haut en couleurs

Son personnage, qu’il se plaît lui-même à outrer, joue un rôle important dans sa renommée : Léon Daudet acquiert très vite la réputation, ô combien justifiée, d’un homme truculent, au verbe haut, grand mangeur et grand buveur, colérique et gouailleur. Il participe aux bagarres de rue qui opposent, notamment dans la Quartier latin, les étudiants d’Action française et les Camelots du Roi à leurs adversaires, ce qui le mène souvent au poste de police, où il passe quelquefois la nuit.

Toujours prolifique, il multiplie les romans : Les deux Étreintes (1901), Le Partage de l’Enfant (1905), Les Primaires (1906), Un sauvetage (1907), La Lutte (1907), La Mésentente (1911), Ceux qui montent, Le Lit de Procuste (1912), La fausse Étoile (1913). Les relations entre les personnes, leur complexité et leurs vicissitudes, les problèmes de couple, les sentiments, les émotions, sont au centre de ses romans, largement inspirés par ses propres expériences. Son hostilité à l’Allemagne, la guerre et la politique lui inspireront La Vermine du monde (1916, relatif à l’espionnage allemand), et Le Cœur et l’Absence (1917).

Il publie également des essais : L’Avant-guerre (1913), Contre l’esprit allemand. De Kant à Krupp (1915), Hors du joug allemand. Mesures d’après-guerre (1915), Le stupide XIXsiècle (1922). Mais il se montre un essayiste d’un niveau très inférieur à celui de Maurras, de Bainville ou de Montesquiou, trop polémique pour être profond, et incapable d’avoir la distance passionnelle indispensable à une saine analyse des faits qu’il étudie. Cependant, tous ses livres sont de véritables succès de librairie, et leur auteur est l’un des plus lus du premier quart du XXsiècle.

Les cibles politiques de Daudet sont nombreuses ; toutefois, sa favorite est Briand, symbole à ses yeux, de la “démocrassouille”, qu’il ne cesse de vilipender, tant dans ses articles que dans ses livres.

Durant la Grande Guerre9 , il s’attaque à tous ceux qu’il considère comme des traîtres ou, tout au moins, des saboteurs de l’effort de guerre national : l’anarchiste Miguel Almereyda, les anciens ministres Louis Malvy et Joseph Caillaux, Aristide Briand. Ses articles incendiaires exercent une influence certaine sur le gouvernement, et c’est en partie du fait des campagnes de Daudet que Almereyda, Caillaux et Malvy seront arrêtés. Ses outrances lui valent non seulement des duels et des haines solides, mais aussi des ennuis judiciaires, et il se voit condamné pour diffamation en 1920.

Député de Paris, le temps d’une législature

Au lendemain de la guerre, l’Action française semble à son zénith. Ayant soutenu sans réserve l’effort de guerre du pays et le cabinet Clemenceau, elle jouit, dans toute l’opinion publique et une grande partie de la classe politique, d’une faveur exceptionnelle (Poincaré la félicite). Aussi, ses dirigeants décident-ils de déroger à leur refus absolu des élections et de la démocratie parlementaire, et de présenter des candidats aux législatives des 16 et 30 novembre 1919, à Paris et dans une vingtaine de départements. Si bien que l’Action française anime bientôt à la Chambre un groupe de 29 députés, dits « Indépendants de droite », composé de quatre des adhérents de sa Ligue, de divers monarchistes plus ou moins proches d’elle, et de catholiques ralliés. Daudet est député de Paris, élu sur une liste « d’Action française et d’Union nationale », dans le XVIarrondissement. Comme on pouvait s’y attendre, il se montre véhément. L’Action française est alors à la croisée des chemins. Portée par la vague de l’Union sacrée des années de guerre et la victoire de 1918, elle a une position flottante vis-à-vis de la majorité de droite républicaine du Bloc national, louvoyant entre soutien (pour le maintien de l’ordre, la lutte contre les syndicalistes et la gauche socialiste et communiste, et les économies budgétaires) et critique (à l’encontre de la politique pacifiste de Briand, en 1921-1922). Elle hésite également entre la persévérance dans son attitude de rejet systématique de la république et son intégration de fait à la droite nationaliste républicaine, dans le sillage de Barrès, de Louis Marin et de la Fédération républicaine. Appréciées par presque toute la droite de l’hémicycle lorsqu’il fustige Briand, les attaques de Daudet ne le sont plus du tout quand elles visent Millerand, devenu le plus intransigeant des patriotes10 . Ses attaques contre les communistes, les syndicalistes et les banquiers, tous accusés de collusion contre les intérêts français, sous l’égide des capitalistes juifs, des francs-maçons et de l’URSS, lui sont vivement reprochées, et il se voit discrédité ; il ne retrouvera pas son siège de député lors des législatives de juin 1924.

Le temps des épreuves cruelles

 

 

Dès lors, Daudet entre dans sa période de déclin. Et les années qui suivent vont lui être particulièrement pénibles, l’amenant à affronter l’épreuve cruelle du deuil et de sérieux ennuis judiciaires.

Ces événements tournent autour de Philippe, fils né de son second mariage11 . Cet adolescent instable et fugueur, entretenant des rapports difficiles avec son père, tenté par l’anarchisme, fut trouvé tué d’une balle dans la tête, dans un taxi, le 24 novembre 1923. Bien qu’une enquête ait conduit au suicide, Léon veut y voir un meurtre. Ses actions judiciaires se révèlent infructueuses, et se terminent par un non-lieu. Il se lance alors dans une campagne de presse mettant en cause la police et le ministère de l’Intérieur. Condamné, en 1926, à 1 500 francs d’amende et cinq mois de prison ferme, il voit cette peine confirmée en appel. Après s’être barricadé dans les locaux de l’Action française, il se rend, à la demande de Jean Chiappe, nouveau préfet de police de Paris, et est incarcéré à la Santé dans des conditions déplorables12 .

Il n’y restera pas longtemps. Dès le 25 juin, deux Camelots du Roi, se faisant passer au téléphone pour le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur et le ministre lui-même, ordonnent au directeur de la Santé sa remise en liberté, sachant se montrer très convaincants.

Le déclin

Daudet, libéré-évadé, se réfugie en Belgique, où sa famille le rejoint. Il bénéficiera d’une grâce du président Doumergue, le 31 décembre 1929, et sera de retour à Paris le 2 janvier 1930.

Il retrouve son poste de rédacteur en chef de L’Action française. Apparemment, rien n’est changé : il a toujours son bel appétit, multiplie les articles contre le régime et les ministères successifs, fustige le Front populaire, les Juifs et la haute banque, prend parti pour les franquistes durant la guerre d’Espagne13 , participe aux défilés de l’Action française, aux côtés de Maurras, Pujo, Réal del Sarte, Schwerer. Mais son monde s’écroule peu à peu. Et ce, depuis déjà un moment. Marius Plateau en 1923, Ernest Berger en 1925 sont tombés sous les balles de leurs ennemis politiques, le journal et divers livres de Maurras ont été condamnés par le pape Pie XI le 29 décembre 192614 , Maurras lui-même fait près de dix mois de prison en 1936-1937, et son mouvement, dont l’équipe dirigeante, vieillissante, n’est pas renouvelée, perd de son aura auprès de la jeunesse nationaliste, séduite par le fascisme. Daudet lui-même vieillit, connaît des problèmes de santé.

Au cours des années 1930, c’est encore en littérature que Daudet conserve toute sa force. Sa production ne faiblit pas. Le roman reste son genre favori ; il donne : L’amour est un songe (1920), L’Entremetteuse (1921), Sylla et son destin (1922), Le Drame des Jardies (1924), Le Napus, fléau de l’an 2227 (1927, œuvre futuriste), Le Cœur brûlé (1929), Les Bacchantes (1931), Un amour de Rabelais (1933), Médée (1935), Les Lys sanglants (1938). Critique littéraire averti, il publie, entre 1927 et 1929, huit volumes d’une série, Écrivaine et artistes, consacrés aux maîtres les plus fameux des lettres et des arts en France et à l’étranger. Il publie aussi des pamphlets : Le Nain de Lorraine (contre Poincaré), Le Garde des Sceaux contre Barthou), Le Nain de passage (contre Briand), tous livres parus en 1930. Il livre aussi ses mémoires et autres livres de souvenirs.

La fin

Lorsqu’ éclate à nouveau la guerre, en 1939, l’Action française n’est plus qu’un rafiot vermoulu et à la dérive, piloté par une brochette de vieillards dépourvus de successeurs. Au printemps 1940, la France est envahie et connaît sa plus cinglante défaite depuis le début du XVe siècle. La république s’effondre, et le maréchal Pétain instaure le régime de l’État Français. Comme Maurras, Daudet approuve ce changement, mais se sent trop patriote et anti-allemand pour s’en réjouir. D’autant plus que les Allemands saccagent les locaux de l’Action française et interdisent beaucoup de livres de Maurras. Ce dernier se voit contraint d’installer, dans des conditions précaires, son journal à Lyon. Daudet reste à ses côtés avec Pujo. Puis, malade, il se retire dans sa propriété de Saint-Rémy-de-Provence, dans les Bouches-du-Rhône, où il reçoit d’ailleurs la visite de Maurras. Il succombera à une hémorragie cérébrale le 30 juin 1942, âgé de presque 75 ans. Il est inhumé au cimetière de Saint-Rémy-de-Provence.

À la différence de Maurras, Montesquiou, Dimier, Bainville ou Marie de Roux, Léon Daudet n’a pas été un des théoriciens de l’Action française. Il était avant tout romancier, et ne concevait pas d’écrire quelque ouvrage théorique. En dehors du roman, il n’excella guère que dans le pamphlet, et, en tant que journaliste, dans la polémique. Sa personnalité différait de beaucoup de celles de ses amis, tous aristocrates d’esprit, férus de belle langue et de littérature classiques. Lui, malgré un style de facture classique, était plutôt rabelaisien, usait d’une grande liberté de langage. Et, bien qu’immergé dans le beau monde depuis son enfance et doté d’une éducation des plus policées, il avait une grande liberté de comportement et de manières, et étalait des travers que les autres dissimulent tant bien que mal. Il figure Rabelais ou Mathurin Régnier au milieu de la Pléiade, auprès de Malherbe et Racan, ou dans un salon du XVIIsiècle animé par Boileau. À lui seul, cet homme haut en couleurs et brillant représente une face particulière de l’Action française, différente de celle de Maurras et autres, mais tout aussi féconde.

Paul-André DELORME.
 
RIVAROL 3478 du 30 juin 2021

1 Et bien que les Daudet eussent traditionnellement été catholiques et légitimistes.
 
2 Ainsi, Léon aurait contrarié les ambitions matrimoniales de Charcot, qui aurait vu d’un bon œil l’union de sa famille avec celle des Daudet, devenus célèbres grâce à Alphonse surtout, et Ernest, et se serait senti blessé de voir sa fille repoussée par un possible prétendant. Cette version de Léon reste cependant incertaine. Certes, Charcot n’apprécia sans doute pas le refus de Léon, mais il était tout de même un médecin universitaire conscient de ses devoirs, et il ne décidait pas seul, malgré son autorité, de l’admission des candidats à l’internat. De plus, Léon, bien qu’ayant fait une provision importante de livres et autres manuels en vue de réussir au concours de l’internat, ne semble pas avoir sérieusement préparé ce dernier, et paraît s’être dispersé dans ses activité littéraires.
 
3 Pendant treize ans, elle les empêcha de voir leur père. Jeanne devait confier à l’abbé Mugnier, un ami de sa famille, n’avoir jamais aimé Léon. Ce dernier, comme il le disait lui-même, lui conseillait ironiquement, durant leur mariage, afin de rompre l’ennui dont elle se plaignait, de faire des ménages, de poser nue pour un peintre, ou même de prendre un amant.
 
4 Désormais, la haine de Daudet à l’égard de Zola, pourtant ami de son père, ne se démentit jamais. Il surnommera « le grand Fécal » l’auteur de « J’accuse ».
 
5 À l’exception de son jeune frère Lucien (1878-1946), qui, lui, ne fut jamais anti-démocrate ni antisémite.
 
6 Il décida l’académie Goncourt à couronner À l’ombre des jeunes filles en fleurs, en 1919.
 
7 Auquel il s’efforça, en vain, de faire attribuer le Goncourt, pour Voyage au bout de la nuit, en 1932.
 
8 Le journal fut le phare lumineux de l’Action française. Mais l’éclat du mouvement tint aussi à la Ligue d’Action française, fondée en 1905, à l’Institut d’Action française, créé en 1908, et aux Camelots du Roi.
 
9 Pendant laquelle il n’est pas mobilisé en raison de son âge (déjà 47 ans en 1914). Il tenta de s’engager volontairement en août 1914, mais sa demande fut refusée en raison de sa condition physique.
 
10 Transfuge de la gauche socialiste, Alexandre Millerand (1859-1943), remporta tous les suffrages de la droite lorsqu’en tant que président du Conseil (janvier-septembre 1920), il décida du rétablissement de l’ambassade de France auprès du Saint-Siège, puis, lorsqu’à la conférence de Spa (5-16 juillet), il parvint à faire attribuer à la France 52 % du montant total des réparations de guerre allemandes.
 
11 En 1903, Léon Daudet avait épousé, en secondes noces, sa cousine, Marthe Allard (1878-1960). Le couple eut cinq enfants, dont Philippe était l’aîné.
 
12 Il trouva une souris morte dans sa pitance !