Les incertitudes du Général Desportes

Les incertitudes du Général Desportes

Après les « médecins de plateau », lors de la crise du Covid, nous voilà forcés de subir les « Généraux de plateau » avec la guerre en Ukraine.  La plupart d’entre eux se montrent soucieux de justifier leurs honoraires en se limitant à la plus plate propagande antirusse. Il est vrai qu’en temps de guerre, la première victime, dit-on, est la vérité. Il existe cependant un Général qui sort de l’ordinaire de médiocrité qui nous est imposé par les grands médias : le Général Vincent Desportes. Non que cet officier conteste frontalement l’engagement de la France, (non belligérant mais jusqu’à quand ?), mais il se permet cependant certaines incartades par rapport à la doxa atlantiste. Nous allons tenter de décrire les étapes logiques de la pensée stratégique qu’il défend avec courage depuis qu’il fut sanctionné en 2010 par le ministre de la Défense d’alors, Hervé Morin, pour avoir critiqué la stratégie américaine en Afghanistan. Par la suite, il n’aura plus de commandement et passe en 2° section, entendez qu’il est mis à la retraite. Cela ne le dissuade pas d’adresser une lettre ouverte à Alain Juppé en 2016, dans laquelle il soutenait le devoir des militaires de faire connaître leur opinion, appuyée sur la connaissance de leur métier, sans pour autant cesser de rester loyal au pouvoir politique. Sans doute mais que se passe-t-il quand les enjeux idéologiques s’opposent radicalement aux intérêts nationaux ou européens ? C’est là toute l’ambiguïté de ses prises de position.

Ainsi, quand il est interrogé par Élise Blaise sur TVL sur la guerre en cours (1), Desportes commence par affirmer « L’Ukraine ne doit pas et ne peut pas perdre. La question n’est pas de savoir si la Russie doit perdre, mais Jusqu’où peut-on laisser l’Ukraine gagner. » Et il ajoute : « il est clair que si un pays comme la Russie, doté de l’arme nucléaire, comme l’est la Corée (du nord), comme le sont l’Inde et le Pakistan, comme le seront assez rapidement de nombreux pays, peut gagner une guerre simplement parce qu’elle possède l’arme nucléaire, eh bien ce serait parfaitement déstabilisant et cela entraînerait une prolifération horizontale de l’arme nucléaire ». Voilà un raisonnement quelque peu étrange, nous semble-t-il.
 
En réalité, la Russie de Poutine a jusqu’à présent évité (en dehors de déclarations sans suite) d’user, non seulement de l’arme atomique, mais de ses produits dérivés, comme les missiles à l’uranium appauvri, ou des armes chimiques. La question nucléaire n’est donc pas posée dans ce conflit. Doit-on comprendre que si la Russie n’était pas dotée de l’arme atomique, il pourrait être envisagé de la laisser gagner ? Et de son côté, le Général Desportes n’a jamais émis une telle opinion lorsque les USA, dotés d’un arsenal nucléaire inégalé, ont agressé l’Irak et la Yougoslavie. En réalité, cette argumentation est défectueuse car elle cache une autre préoccupation que Desportes ne peut dévoiler car elle apparaîtrait trop alarmante : comme la Russie a la bombe atomique, l’OTAN ne peut pas l’attaquer directement car cela déclencherait une guerre mondiale dans laquelle le genre humain courrait le risque de son extinction.
 
Cette déclaration liminaire bancale n’empêche pas le Général de développer une vision pertinente et audacieuse des rapports de force stratégiques internationaux. Rappelons quelques thèmes, éclairés, non seulement par sa connaissance militaire, mais par celle de l’histoire et de la culture.
 
  • D’abord, il met en lumière le fait que les États-Unis d’Amérique ont une conception de la guerre fort différente de celle des Européens. Alors que nous considérons que la guerre est une manière parmi d’autres de mener une politique (Clausewitz : la politique par d’autres moyens), permettant une paix de compromis, éventuellement, les USA considèrent que la seule conclusion d’une guerre est la capitulation sans conditions parce que la guerre n’est pas l’expression de la politique, mais de la morale. Leur victoire n’est pas celle d’une nation mais celle du Bien contre le Mal. Le vaincu doit, non seulement rendre les armes, mais devenir autre. Cette conception téologicomorphiste de la guerre, carrément messianique, exclut toute paix négociée. Il y a là une grave différence d’approche (2)
  • Ensuite, Desportes n’hésite pas à montrer combien nos intérêts vitaux sont différents de ceux de l’Amérique du nord : « il est parfaitement déraisonnable pour l’Europe de lier son destin stratégique à une puissance dont les intérêts stratégiques sont de plus en plus divergents des siens. (3
  • De même, il est parfaitement lucide sur le fait que l’Europe est profondément divisée entre les États de l’ouest (France, Allemagne, Italie) dont les intérêts sont de ne pas se couper de la Russie, pour de multiples raisons, principalement économiques, mais non exclusivement, les États du nord-est, tout investis par leur ressentiment à l’égard de l’ancienne URSS (Pologne, États baltes, Roumanie, Géorgie, et bien entendu Ukraine), Les petits et moyens États du continent, qui ont renoncé à toute géopolitique, et enfin la Grande Bretagne qui suit l’Amérique et même la précède quelquefois.
  • Enfin il est conscient que les sanctions économiques, si elles ont été parées par la Russie, frappent de plein fouet l’Europe de l’ouest, au point de la conduire à la pénurie, à la récession et à des troubles gravissimes, profitent aux USA de façon scandaleuse, en provoquant une voie de plus pour augmenter leur puissance à nos dépens, et que cette situation risque de durer fort longtemps.
  • Il est forcé de reconnaître que les mesures prises par les institutions européennes pour éviter à l’Allemagne d’asphyxier son industrie sont essentiellement une charge insupportable pour notre pays, la France.
 
Alors, que propose-t-il pour répondre à cette situation tragique ? Il exhorte l’Europe à militer pour un règlement pacifique du problème ukrainien, permettant d’esquiver une destruction de la Russie, réduite dans les plans polono-baltes, à une petite nation de 40 millions d’habitants, en faisant valoir notre intérêt jusque-là méprisé. Il croit à un ressaisissement de l’Europe pour réaliser cette politique une fois la guerre terminée.
 
      Tout en respectant le courage de ce brillant officier, nous nous permettons de dire qu’il se trompe, et que, s’il voulait bien faire appel à des connaissances dont il ne manque pas, il verrait bien en quoi ses idées sont incohérentes.
 
  • D’abord parce qu’il est beaucoup trop tard. Il eût fallu s’opposer au plan américain dès 2010, plan que Washington ne cachait pas, en exigeant l’application des accords de Minsk, et si cela s’avérait impossible, en dénonçant leur violation éhontée. La suite des choses en eût été fort différente.
  • En effet, la guerre, selon l’expression de Daniel Halévy, est un accélérateur de l’histoire, et depuis février 2022, une évolution irréversible s’est mise en place. Desportes souligne avec raison que l’unité européenne s’est installée, mais sous la bannière américaine et sans possibilité d’indépendance.
  • Dès lors, seule l’issue de la guerre peut permettre de déboucher sur une solution acceptable. Soit les hostilités donnent l’avantage à l’Ukraine et à l’OTAN, et alors, Desportes le sait bien, toute voix discordante sera étouffée, car la dynamique de la victoire provoquera un épouvantable chaos dans toute l’Asie centrale, et une soumission abjecte des nations historiques de l’Europe. Il est absolument vain de croire que la France puisse faire dans un tel contexte prévaloir ses choix dans une Union européenne où elle sera ultra-minoritaire. Soit l’Ukraine recule, malgré le soutien occidental, et dans ce cas la seule solution sera de se retirer de cette alliance agressive, avec en prime l’effondrement des institutions de Lisbonne. Pourquoi attendre, dans ces conditions, au nom des prétendues valeurs démocratiques ? Le temps presse. Le Général Desportes est sans doute un bon stratège. Il aurait intérêt à compléter ses réflexions par la lecture de Bainville.
 
 
Robert Divoz
Centenaire de la mort de Marius Plateau

Centenaire de la mort de Marius Plateau

Né le 8 juillet 1886 à Paris, et ingénieur de profession, Marius Plateau fut un militant engagé aux côtés de la Ligue d’Action Française, une grande figure des camelots du Roi. Il fit partie des grands noms de l’Action Française pour son dévouement à la cause ainsi que pour son courage durant la Grande Guerre.

Dès 1908 alors qu’il n’a que 22 ans il commence à vendre le journal de l’Action Française tous les dimanches dans le quartier des Batignolles. En cette même année il devient secrétaire général des camelots du Roi et celà jusqu’à sa mort. Il participe à l’affaire Thalamas, qui lui vaut d’être arrêté le 10 février 1909 et condamné à deux mois de prison.

En 1910, lors de la crue de la Seine il est présent avec les équipes de camelots du Roi auprès des familles ouvrières sinistrées, abandonnées par la République, pour leur apporter aide et soutien.
Il fut très impliqué dans l’organisation des manifestations, notamment de celles des camelots du Roi, et nous lui devons dès 1908 la création de la Fédération Nationale des Camelots du Roi qui rassemble tous les groupes de Camelots de France. Il en est nommé secrétaire général.

Appartenant à la 22e compagnie du 355e régiment d’infanterie, il participa en tant que sergent à la Grande Guerre comme beaucoup d’hommes de sa génération, dont beaucoup seront morts en martyrs sur les champs de bataille pour que nous ne tombions pas sous le joug allemand comme avaient pu l’être l’Alsace et la Moselle après la défaite de 1870. Sa conduite héroïque à l’attaque de Fort-Fontenoy dans l’Aisne, lui vaut une citation à l’ordre de l’armée pour son courage et à être inscrit dans le livre d’or de son régiment. Touché à la tête par une balle allemande, il s’en sort miraculeusement après avoir passé plusieurs jours entre la vie et la mort. À la sortie de la guerre, après sa convalescence, il devient secrétaire général de la Ligue d’Action Française en 1919.

Le 22 janvier 1923, alors âgé de 36 ans, il est assassiné par balle au siège de la Ligue d’Action Française, rue de Rome, par l’anarchiste Germaine Berton. Elle déclara lors de son procès qu’elle voulait venger l’assassinat de Jean Jaurès et qu’elle considérait Léon Daudet et Charles Maurras comme responsables de l’occupation de la Ruhr. Ne pouvant les atteindre, elle s’était rabattue sur Marius Plateau. Peu de temps après cet assassinat, l’amant de Germaine Berton était retrouvé mort le jour même où il suggéra des pistes aux enquêteurs. Un policier du nom de Joseph Dumas fut également retrouvé mort alors qu’il enquêtait sur cette affaire. L’anarchiste Germaine Berton fut finalement acquittée et il devint alors évident que cet assassinat était à caractère politique et que cette anarchiste n’était que le bras armé de la République, qui assassina bon nombre des nôtres au fil des années, jusqu’à faire tuer le propre fils de Léon Daudet en cette même année 1923, Philippe Daudet, alors âgé de 14 ans.

À l’occasion des obsèques de Marius Plateau, le talentueux sculpteur et futur dirigeant des Camelots du Roi, Maxime Real Del Sarte, réalisa un monument en mémoire de Marius Plateau au cimetière de Vaugirard, visible encore aujourd’hui. Une immense foule de plus de 100 000 parisiens étaient présent aux funérailles en l’église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou et celà jusqu’au cimetière de Vaugirard, avec la présence notable de Maurice Barrès et Henry de Montherlant, ou encore d’anciens combattants venus dire un dernier au revoir à leur camarade.

En ce 22 janvier 2023, souvenons-nous de cet homme exemplaire, modèle pour chacun d’entre nous, qui fut assassiné par la Gueuse il y a maintenant 100 ans.

REQUIESCAT IN PACE

 

DROITS DE L’HOMME : Les aberrations d’une philosophie

DROITS DE L’HOMME : Les aberrations d’une philosophie

 
Depuis le 26 août 1789, date de la première déclaration par l’Assemblée constituante, les Droits de l’Homme ne cessent d’imposer l’idée que l’individu est l’alpha et l’oméga de toute réflexion politique, ce qui revient à poser tout problème en termes de droits, donc en termes conflictuels, et débouche sur des luttes stériles et suicidaires entre clans, entre partis, entre lobbies. Puisque l’individu tant flatté est lui-même le fondement du droit, ses moindres désirs peuvent s’ériger en absolus et doivent alors, même s’ils sont contre-nature, être reconnus par la loi. Et malheur à quiconque s’y oppose au nom des lois non écrites ! Voilà donc la plus antipolitique des idéologies, espèce de théocratie sans Dieu, devenue la seule norme d’une société qui ne veut plus de normes ! Véritable histoire de fou. Et si encore lesdits Droits avaient amélioré l’espèce humaine ! En fait depuis deux siècles on a connu les pires guerres, massacres et génocides, nullement empêchés, parfois même justifiés par cette croyance laïque et obligatoire.
L’ordre naturel
Que voulait dire le serment du sacre des rois de France, parlant de « rendre justice à chacun selon ses droits » ? Tout simplement que dans l’ancienne France, chaque Français jouissait de libertés, donc de droits en tant que membre de telle communauté dans laquelle son bien propre s’ordonnait au bien général selon toute une hiérarchie de droits et de devoirs (familiaux, communautaires, professionnels, provinciaux, nationaux…) que couronnait le roi incarnant le bien commun, reliant le temporel au surnaturel. On savait alors, avec Aristote et saint Thomas, que l’homme « animal politique » n’a pas de besoin plus pressant que d’être membre du corps politique pour y recevoir, proportionnellement à sa place, à sa fonction, ce qui est juste, ce qui est son droit. Peut-on croire que dans une telle société l’individu était étouffé ? Ce serait oublier que sous quelque régime que ce soit, est inscrite dans le cœur de chacun de nous la loi naturelle, la loi de la raison droite. Cette donnée immédiate de la conscience doit être cultivée par l’éducation, par la formation de l’intelligence et de la volonté, afin d’assurer l’articulation entre la liberté du sujet et son ordonnancement au bien objectif. Elle ne peut être soumise aux options d’aucun législateur ici- bas. Elle est la source de ce que les sociétés chrétiennes ont toujours appelé les droits fondamentaux, naturels, imprescriptibles de chaque homme.
Le père de Clorivière, dans ses Études sur la Révolution (1793) les définissait ainsi :
1) la connaissance de la Vérité ;
2) la poursuite du bien nécessaire à son bonheur et à sa fin ;
3) la liberté ou le pouvoir de faire tout ce qui n’est pas contraire au devoir ;
4) la conservation de sa personne et de ses biens.
Les deux premiers sont absolus, les deux derniers le sont dans la mesure où l’on n’a pas mérité de les perdre par quelque crime. Voilà des droits qui n’érigent nullement l’individu en absolu ; ils l’ordonnent au bien et chacun a le devoir de les défendre même au prix de sa vie, quand, par exemple, une autorité abuse de ses prérogatives, ou quand un État brade une nation ou lui impose une législation contraire à la religion et à la morale. L’objection de conscience est alors légitime défense.
Pour apprendre à résister à tous les Néron, Staline ou Hitler, à tous les avorteurs, à tous les violeurs des âmes et des corps en ce bas monde, une bonne et vigoureuse formation de la conscience suffit, il n’y avait nul besoin d’une Déclaration tonitruante de Droits qui, le plus souvent, abandonnent les consciences à tous les vents médiatiques.

Qui est l’Homme ?
« Libérer » l’homme de tout ordre naturel, l’arracher aux rapports nécessaires entre individus et communautés, à tout agencement de finalités liées à des situations données : tel fut le but des auteurs de la Déclaration de 1789. Chacun n’a plus qu’une destinée personnelle, la société n’est qu’une juxtaposition d’individus cohabitant par hasard, et le droit se rapporte uniquement à ceux-ci, sans référence au bien commun ; il n’a plus sa source qu’en l’homme lui-même et les droits deviennent subjectifs.
L’absurdité de cette construction philosophique purement rationaliste est ainsi exposée par le professeur Michel Villey : « Le droit est un rapport entre des hommes, multilatéral. Comment pourrait-on inférer une relation couvrant plusieurs termes d’un terme unique, l’homme ? »
(Le Droit et les Droits de l’homme, PUF, 1983)
L’Homme des Droits de l’Homme est un homme abstrait, « libéré » de tout ce qui le caractérise, de toute attache à une famille, à un métier, à une région, à une nation, à une religion, voire aujourd’hui à un sexe… En somme un homme qui n’existe pas, mais qu’il importe de créer : un homme nouveau (caricature de l’Évangile) qui refera le monde à son image, un homme devenu simple atome social, coupé de toute transcendance, afin de renaître en s’autodivinisant. Les Droits de l’Homme constamment martelés aboutissent à une confusion des ordres : changer l’homme, cela relève non de la politique, mais de la morale !
Théocratie
 
Les vigoureuses libertés traditionnelles des forces vives du pays survivent comme elles le peuvent dans cette permanente incitation aux revendications individualistes qui aboutit à la déification de tous les désirs voire de toutes les pulsions. Et malheur à celui qui, au risque de se faire remarquer par les officines de vertu républicaine, oppose la Vérité, l’héritage historique, les lois naturelles et surnaturelles, le respect de la vie à naître, la défense de la famille…, à toutes ces pressions entretenues dans et par les médias pour faire entrer dans la loi leurs propres fantasmes ! On est en pleine « démocratie des mœurs » : l’État s’arroge le droit de légiférer en matière de mœurs. Est moral ce qui est légal, la démocratie sert de « substitut à la morale », comme le déplorait Jean-Paul II. Cela s’appelle la tyrannie. Sur le plan international aussi, les grands prêtres des Droits de l’Homme portent d’énormes responsabilités dans bien des guerres et bien des interventions catastrophiques, comme, par exemple, les deux guerres faites à l’Irak pour lui apprendre la démocratie… Il ne faut toutefois pas croire que cette théocratie sans Dieu puisse s’éterniser. Puisqu’elle n’est que subjectivisme, moralisme et bourrage de crânes, lui barreront un jour la route ceux qui diront Politique d’abord. Il n’y a pas de plus grand remède aux rêvasseries droits-de-l’hommistes que le réalisme, l’observation objective des lois naturelles et de l’expérience séculaire, en somme que l’empirisme organisateur que nous a enseigné Charles Maurras.
                                                                                                                                                                                                                           Michel Fromentoux

Réflexions sur la Révolution de 1789

Réflexions sur la Révolution de 1789

Lorsque Charles Maurras se lance dans la vie publique et commence à mûrir sa pensée politique, cela fait juste cent ans que la Révolution a éclaté. En 1889, il atteint vingt et un ans, il vote pour la première fois, et c’est pour un candidat boulangiste, le juif Alfred Naquet ! Au cours du siècle écoulé, la critique de la Révolution a été faite par les penseurs les plus divers. Les uns, Joseph de Maistre, Louis de Bonald, se placent d’un point de vue principalement religieux, et opposent les vérités de la Foi à la « Raison » déifiée par les révolutionnaires. D’autres adoptent un point de vue positiviste, tels Auguste Comte et Ernest Renan. D’autres encore, comme le sociologue Frédéric Le Play et l’historien Hippolyte Taine, s’attachent empiriquement à analyser les faits, leurs causes et les conséquences.

La synthèse
 

 

Charles Maurras réalise la synthèse de ces divers courants. Il écarte les préoccupations métaphysiques. Son souci est de trouver une base d’accord entre tous les Français sur un événement – la Révolution – qui a engendré de profondes divisions dans le pays. Maurras adopte la méthode de Taine qui, le premier, a étudié la Révolution d’une façon scientifique. La pensée de Maurras sur la Révolution est particulièrement développée dans ses Réflexions sur la Révolution de 1789 parues en 1948 aux Éditions des Îles d’Or. Chez le même éditeur, Maurras a publié un autre ouvrage très dense, L’Ordre et le Désordre, les idées positives et la Révolution. Recherchant les causes de la Révolution, Maurras dénonce le mouvement des « Lumières » qui s’est développé au cours du XVIIIe siècle et qui a gagné progressivement toutes les élites de la société d’Ancien Régime. Il dénonce les « idées suisses » développées par « le misérable Rousseau ». Il observe au XVIIIe siècle une défaillance de l’intelligence française qui rejette alors les traditions, les valeurs qui font la force des sociétés et qui vont être balayées par un individualisme sans frein, ferment d’anarchie. 

 

  La défaillance de l’autorité 

Les hommes du XVIIIe siècle ont été grisés par les progrès des connaissances et se sont laissés emporter par leur orgueil en envoyant promener les cadres intellectuels qui avaient jusqu’alors gouverné la pensée. Maurras souligne le rôle de la franc-maçonnerie et celui des sociétés de pensée, ce dernier mis en lumière par Augustin Cochin (cf. L’A.F. 2000 du 3 février 2005). Il ne sous-estime pas non plus le rôle de l’Angleterre et des agitateurs à sa solde. Cependant, il s’attache surtout à analyser le comportement de l’autorité face à cette entreprise subversive. Cette autorité a été défaillante. Louis XVI était lucide et plein de bonne volonté, mais il n’a pas fait son métier de Roi. Il était en effet contaminé par les idées nouvelles. Face à la subversion, il ne faut pas hésiter à user de la force, même si l’on doit faire quelques victimes. En saisissant les occasions favorables pour faire preuve d’énergie – elles se sont présentées – Louis XVI aurait sauvé et la France et son trône. passant par la Terreur. « De l’individualisme absolu à l’État absolu, la chaîne est logique », écrit-il. Au nom d’une liberté abstraite et de la souveraineté de l’individu, l’État révolutionnaire va combattre les libertés concrètes. Il veut en effet créer un homme nouveau, une nouvelle société à base d’individualisme. Il en viendra ainsi à vouloir exterminer tous ceux qui restent marqués par l’ordre ancien, et même ceux qui n’en sont que suspects. 

 

Des « patriotes » cosmopolites 

Maurras passe en revue les principaux événements de la période 1789-1791 et leur donne leur signification profonde : le vote du 23 juin instituant le vote par tête au lieu de la tradition du vote par groupes : la représentation populaire change alors de nature. Le 14 juillet, en abattant la Bastille on a abattu les défenses de l’État, sans pour autant supprimer l’arbitraire. La folle nuit du 4 août s’est déroulée aux dépens du tiers-état, plus encore que de la noblesse et du haut-clergé par suite de la disparition des libertés collectives. La perte des libertés professionnelles a entraîné le règne de l’or et l’oppression des ouvriers. Le 26 août, la Déclaration des Droits de l’Homme fut l’affirmation d’un « droit divin de l’individu ». Maurras critique aussi la conception que les jacobins ont du patriotisme. Pour eux, l’appartenance à la patrie repose sur la seule volonté des citoyens ; elle tend ainsi à se confondre avec l’adhésion à une idéologie. La Révolution était au fond cosmopolite. Maurras tire en fin de compte un bilan largement négatif de la Révolution. Elle a conduit à la guerre civile et à vingt-trois ans de guerre étrangère qui ont saigné le pays. Dans l’ordre politique et moral, elle a été désastreuse. Les idées révolutionnaires imprègnent encore l’enseignement, les grands médias et la législation. Elles ont pénétré chez beaucoup de gens de « droite » qui n’osent les combattre. Mais pour Maurras « toutes les espérances flottent sur le navire d’une contrerévolution » (Pour un jeune Français). 
 
                                                                                                                                                                                           
                                                                                                                                                                                                                             Michel Fromentoux 

Les Droits de l’Homme contre la filiation 

Les Droits de l’Homme contre la filiation 

La déclaration, en son article 1, proclame : « Les hommes naissent libres et égaux. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » Pour donner un sens cohérent à cet article, force nous est de faire violence au vocabulaire, car s’il est quelque chose qui différencie, c’est bien la naissance, qui fait les grands et les petits, les riches et les pauvres et, au sein de chacune de ces catégories, selon l’hérédité ou la combinaison génétique, les forts et les faibles, les surdoués comme les moins doués.

Parler d’égalité dans la naissance, c’est effacer la filiation, pour ne faire acception que de la génération, comme si nous étions davantage les fils de notre temps que les fils de nos pères, chaque nouvelle génération se voulant composée, non d’héritiers, mais de contemporains, en charge de refaire le monde sur la table rase du passé. La naissance ainsi récusée, c’est tradition, transmission, mémoire vive, qui sont emportées, puisque nous n’avons de raisons d’exister que le fait d’être nés en même temps. Ainsi a-t-on pu parler de « génération 68 » ou encore de « génération Mitterrand ». Or une génération ne crée pas des frères, elle est constituée d’individus juxtaposés qui n’en finissent pas de chercher à déterminer ce qui pourrait les rassembler, le lien mécanique qui pourrait tenir ensemble tous ces orphelins. Dès lors, d’entrée de jeu, la fraternité est vide de substance, car on ne saurait être frères sans se réclamer d’un même père, le père naturel pour la famille, le père du peuple, c’est-à-dire le roi pour la nation, le Père des cieux pour l’humanité.

De quelle « fraternité » pouvait se recommander la République, elle qui niait le Père des cieux, mettait à mort le père du peuple et ébranlait l’autorité du père de famille ? On conçoit qu’elle se soit acharnée à détruire ces fraternités ouvrières qu’étaient les corporations et les compagnonnages, ces fraternités pieuses, enseignantes ou caritatives, qu’étaient les ordres religieux. La loi du 13 février 1790, abolissant les vœux religieux, et la loi Chapelier du 14 juin 1791, abolissant les corporations, tuaient cette fraternité que la République, proclamée l’année suivante, devait ériger en idole, c’est-à-dire en dieu mort. 

Professeur Pierre Magnard 

Houellebecq : Cinquante nuances de grisâtre

Houellebecq : Cinquante nuances de grisâtre

Michel Houellebecq est un écrivain médiocre qui a peint en phrases médiocres des personnages médiocres caractéristiques d’une société médiocre, en particulier la misère sexuelle et intellectuelle, le tout médiocrement à temps, de sorte qu’il a passé pour précurseur aux yeux d’une foule d’inattentifs. C’est le reflet grisâtre des cinquante nuances de gris de notre décadence et c’est ce qui a fait son succès.
 
Il a publié huit romans depuis 1994. Le sixième, Soumission, paru en 2015, lui a valu le plus de ventes et de bruit. On lui reproche d’y avoir noté que l’importation de nombreux immigrés musulmans n’est pas sans incidence sur la France et peut provoquer des difficultés. Comme de juste, il a exploité cette veine, et c’est pourquoi il a donné récemment un entretien à Michel Onfray dans sa revue Front populaire, où il décrivait l’état d’esprit de certains Français agacés par les conquêtes de l’islam, qui pourrait les pousser à prendre les armes et commettre « des Bataclan à l’envers ».
 
Il faut comprendre que ce monsieur d’aspect falot muni d’une plume grise vit de scandales, de la lumière et des pétards des controverses parisiennes. Cela lui est servi sur un plateau, un rien suffit aujourd’hui à provoquer, être contre l’euthanasie ou le féminisme vous apparente déjà à Hitler. Cela n’en fait pas un grand rebelle. Au contraire, il s’agit là d’un démagogue madré, chevronné. Il a accepté d’être juré du prix littéraire de trente millions d’amis (très fort, ça), il a voté pour la liste Hidalgo dans le treizième arrondissement de Paris, moqué Hollande et Vals, admiré Trump, il ne croit pas « au vote idéologique mais au vote de classe (et fait) partie de la France qui vote Macron, parce (qu’il est) trop riche pour voter Le Pen ou Mélenchon », il est pro-israélien et favorable au Frexit. C’est pesé comme un gouvernement de la Quatrième.
 
Cet habile bateleur sait prendre les postures qui séduisent le lecteur bougon tout en ménageant les puissances qu’il faut ménager, mais quand il aborde un sujet sérieux, il se vautre dans le conformisme comme le goret dans sa soue. Un exemple ? « Les textes fondamentaux monothéistes ne prêchent ni la paix, ni l’amour, ni la tolérance. Dès le départ, ce sont des textes de haine ». On doit en déduire que l’Evangile n’est pas un texte fondamental du christianisme, donc que celui-ci n’est qu’une excroissance du judaïsme. Houellebecq épargne d’ailleurs celui-ci : « La Bible, au moins, c‘est très beau, parce que les juifs ont un sacré talent littéraire, ce qui peut excuser beaucoup de choses ».
Et il va au bout de sa pensée : « Heureusement, (l’islam) est condamné. D’une part, parce que Dieu n’existe pas, et que même si on est con, on finit par s’en rendre compte. (…) D’autre part (il) est miné de l’intérieur par le capitalisme. Tout ce qu’on peut souhaiter, c’est qu’il triomphe rapidement. Le matérialisme est un moindre mal. Ses valeurs sont méprisables, mais quand même moins destructrices, moins cruelles que celles de l’islam. »
 
Nous avons maintenant en main les clefs pour comprendre la polémique qui l’a opposé au recteur de la Grande mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz. Celui-ci ayant porté plainte pour « provocation à la haine », le grand rabbin de France Haïm Korsia a réuni les deux hommes : l’un a retiré sa plainte, l’autre ses propos.
 
Notre confrère le Point l’en juge « sage ». Tout est bien qui finit bien dans la meilleure des républiques maçonnes possibles. Et le vrai rôle de l’islam, d’Houellebecq et de ses controverses apparaît : on enrôle la religion de Mahomet pour discréditer ceux qui croient en Dieu et se débarrasser du christianisme, puis on dissout l’islam dans le « capitalisme » pour produire la société du vivre-ensemble. On s’aperçoit ainsi que Houellebecq promeut et produit ce qu’il prétend critiquer, le tout sous les auspices des « autorités morales ». Pendant ce temps-là, on n’a pas du tout traité la question fondamentale de l’immigration. Cela vaut bien un fromage, sans doute.
 
                                                                                                                                                                                                                                        Martin Peltier

les voeux de rivarol

les voeux de rivarol

DEPUIS LE 31 DÉCEMBRE 1960, le président de la République en exercice (il y en a eu huit en tout de De Gaulle à Macron) a présenté chaque année ses vœux aux Français à la télévision à l’occasion de la Saint-Sylvestre. Cet exercice convenu, qui en était à sa 63e édition consécutive, et où se mélangent platitudes, lieux communs, autosatisfaction, vagues promesses et mensonges actifs a pris un tour particulier avec Macron qui a fortement allongé la durée de la prestation télévisuelle annuelle tant il est incapable de faire une allocution de moins de 15 à 20 minutes, même pour la présentation de vœux, là où un Pompidou par exemple ne parlait que trois à quatre minutes à peine. C’est une évolution fâcheuse car la parole d’un chef de l’Etat se doit d’être rare, brève et forte, sinon ce qu’il dit perd de sa gravité et de sa solennité. Mais qu’attendre, il est vrai, d’un président de la République qui s’est souvent comporté de manière indigne, abaissant sa fonction, apparaissant il y a quelques semaines seulement, en bras de chemise, comme le plus excité des supporters avinés lors de la coupe du monde au Qatar où il avait fait le déplacement, le sport occupant désormais une place et une importance tout à fait déraisonnables dans notre société, recevant lors de la Fête de la musique en 2018 au Palais de l’Elysée des travestis de couleur dénudés, se flattant explicitement d’être « immigrés, noirs et pédés » ou se faisant complaisamment enlacer aux Antilles par un prisonnier mélanoderme au torse nu ?

Le président de la République a fortement insisté lors de ses vœux sur la nécessaire unité du pays, employant ce mot, unité, à maintes reprises. Mais qui porte régulièrement atteinte à cette unité nationale en insultant et en menaçant les millions de Français qui ne se sont pas fait injecter le “vaccin” anti-Covid (Macron, dans son allocution, a encore exhorté à se faire vacciner, évoquant sans rire le succès massif de la vaccination et taisant bien sûr les catastrophiques effets secondaires, parfois mortels, engendrés par la piqûre qu’on dit pourtant sans danger) ? Qui diabolise la colonisation, condamne l’être historique de la France, méprise les Pieds-Noirs et évoque les prétendus crimes contre l’humanité censément commis par notre pays en Algérie ? Qui s’en prend régulièrement au camp national et nationaliste en fustigeant ceux qu’il appelle les fauteurs de haine et de division, allant, dans certaines diatribes, jusqu’à les retrancher (ainsi que les non-vaccinés) de la communauté nationale ?

PAR AILLEURS,  dans son allocution, la sixième consécutive depuis qu’il a été élu une première fois en mai 2017, il a osé déclarer qu’il faut « protéger nos enfants, protéger notre information libre et indépendante, l’ordre libre et juste qui permet aux citoyens d’être heureux : voilà quelques-uns des combats de notre époque. » Il faut une sacrée dose de cynisme pour oser déclarer de telles choses dans la présentation de ses vœux au pays pour l’année 2023 alors même que l’Assemblée nationale a déjà voté en novembre 2022 la constitutionnalisation du « droit à l’avortement » et que l’objectif du gouvernement est précisément d’inscrire dans la Constitution courant 2023 « le droit à l’interruption volontaire de grossesse », c’est-à-dire le droit d’éliminer froidement dans le ventre de sa mère un être humain innocent et sans défense. Comment, dans ces conditions, peut-on parler de la nécessité de protéger l’enfance, laquelle est de surcroît la proie de la massification et de la banalisation de la pornographie, un phénomène encore considérablement aggravé par la consultation intensive des réseaux sociaux et des smartphones ?

Dans le même ordre d’idées, qu’entend le président Macron quand il évoque le devoir de « protéger notre information libre et indépendante » ? De quelle liberté parle-t-il ? Quelle indépendance souhaite-t-il garantir ? Quand on voit qu’en 2022 l’agrément de la commission paritaire a été retiré coup sur coup, à six mois d’intervalle, à deux organes d’opposition, RIVAROL en mai et  France-Soir en novembre, et cela sans le moindre fondement sérieux et objectif, on se dit que le chef de l’Etat se moque vraiment du monde. Car c’est précisément à l’espace de liberté laissé aux différentes oppositions et contestations que l’on mesure la bénignité d’un régime politique. Jugé à cette aune, le Système politique actuel est particulièrement répressif et liberticide alors même, et c’est un comble, qu’il se réclame sans cesse du pluralisme et de la liberté d’opinion et d’expression.

EMMANUEL Macron a par ailleurs fait l’apologie de la laïcité, qui est précisément l’idéologie mortifère qui détruit notre nation, la coupe de ses racines, de son être historique, de son héritage. Il en a profité pour évoquer brièvement la mort à 95 ans le jour même, le 31 décembre 2022 à 9h34, de Benoît XVI qui lui-même, en sectateur de Vatican II, s’est régulièrement fait le champion de la laïcité (nous reviendrons assez longuement sur cette personnalité, sur son parcours et sur son œuvre dans notre prochain numéro, après ses funérailles qui auront lieu au Vatican le jeudi 5 janvier, veille de l’Epiphanie).

Sans crainte de des contredire, et dans un clin d’œil aux électeurs et partis dits de droite, l’Elyséen a appelé à lutter contre l’immigration illégale et à protéger nos frontières tout en vantant l’Union européenne et en appelant au renforcement de cette structure supranationale et de son unité. C’est un non-sens. Ou, pire encore, c’est un fieffé mensonge. Car comment peut-on sauvegarder, protéger des frontières que l’on a perdues en intégrant l’Union européenne et en signant les accords de Schengen qui ouvrent notre pays aux capitaux, aux marchandises et aux hommes ? Et ce qui vaut pour les frontières physiques vaut également pour les frontières morales, l’Union européenne promouvant à outrance le LGBTisme, la contraception et l’avortement de masse. Parler de lutte contre l’immigration illégale est une vaste plaisanterie. On nous fait le coup régulièrement depuis une quarantaine d’années et rien jamais concrètement ne se fait. Il s’agit seulement de rassurer (faussement) et d’anesthésier les électeurs mais chacun sait ou devrait savoir que les étrangers entrés illégalement sur le territoire national ne sont jamais, sauf rares exceptions, renvoyés dans leur pays d’origine. Dès qu’ils ont posé le pied sur le sol national, ils sont quasiment certains de ne plus jamais avoir à le quitter effectivement, et ce quels que soient les délits ou les crimes qu’ils commettent.

PAREILLEMENT, lorsque Macron parle de planification écologique et d’agenda 2030, on peut à bon droit craindre le pire. C’est en effet la porte ouverte à de nouveaux impôts, de nouvelles taxes et de nouvelles restrictions de libertés. Ne parle-t-on pas ici et là de l’instauration d’un « pass carbone » comme il y a eu un pass sanitaire et un pass vaccinal ? Ces derniers n’étaient-ils pas des ballons d’essai pour peut-être nous conduire à accepter demain ou après-demain de nouvelles et effrayantes restrictions de liberté ? De toute façon, lorsque Macron apparaît à la télévision, c’est presque toujours pour annoncer, commenter ou analyser des crises et des catastrophes. Et cette fois-ci n’a pas fait exception à la règle puisqu’il a évoqué, fût-ce brièvement, en passant, l’air de rien, de possibles coupures d’électricité en 2023 dans notre pays, tout en restant vague et en se voulant rassurant, une hausse des prix de l’énergie, une montée de l’inflation, la poursuite de la guerre en Ukraine, et même le risque de guerre nucléaire, et la forte possibilité d’une grave crise alimentaire, même s’il n’a pas prononcé à dessein le mot de famine. L’idée y était cependant. Faire peur aux peuples, leur annoncer des catastrophes, vraies ou fictives, provoquées ou non, est un moyen puissant et efficace de les domestiquer, de les manipuler et de les euthanasier. Un peuple apeuré, tétanisé ne se révolte pas. Pis, il ne réfléchit pas.

MALGRÉ une situation chaque jour plus dégradée et un avenir qui s’annonce fort peu joyeux, bien que de bonnes surprises soient toujours possibles, nous présentons, à l’orée de ce nouveau millésime, tous nos vœux à nos lecteurs, leur souhaitant pour eux et leur famille le meilleur. RIVAROL sera là, cette année encore, si Dieu veut, pour débusquer les mensonges, flétrir les impostures, dénoncer les malfaisants qui nous oppriment et défendre dans tous les domaines le beau, le bien, le vrai. Que Dieu vous et nous garde ! Courage et persévérance !
Bonne et sainte année à tous !

RIVAROL, <jeromebourbon@yahoo.fr>

2023 : Sus à la Synagogue de Satan

2023 : Sus à la Synagogue de Satan

L’Action Française a toujours été l’une des matrices de la résistance française : résistance à l’idéalisme allemand comme au matérialisme historique, résistance au romantisme et à l’aventurisme politique, résistance aux idoles de 1789 et au démocratisme, résistance à l’anglomanie ou au cimetière du pacifisme qui nous couchait devant l’Allemagne, résistance à la corruption de Panama comme à la subversion de Thalamas… Elle fut une école de clandestinité après la dissolution. Elle fut toujours gardienne de la légitimité antigonienne, face à la légalité du Créon républicain et de ses provocations policières. L’Action Française est encore une académie pour les résistances françaises : elles peuvent y trouver l’élucidation des temps présents.

Face aux actes meurtriers de personnages affiliés à des courants xénophobes tel que celui qui a conduit aux journées d’émeutes de la Noël 2022 – actes xénophobes qui ne cesseront de se multiplier – nous devons jeter quelques lumières sur la situation. Ces incidents ne cesseront de se multiplier, parce que l’immigration génocidaire de remplacement produit des nuisances chaque jour plus importantes, toujours plus scandaleuses. En parallèle, la critique rationnelle de l’immigration est marginalisée. L’expression de la souffrance émotionnelle que produit l’aliénation et la dépossession est socialement discréditée. L’inquiétude que produit l’insécurité culturelle est niée. La verbalisation du sentiment d’injustice criante que produit la préférence étrangère réprimée. Ces sentiments, ces opinions, ces discours sont politiquement délégitimés, socialement tus ou déniés, moralement combattus et pourchassés, légalement interdits et privés d’espaces et de canaux d’expression par la censure que pratiquent les entreprises commerciales de presse ou les nouveaux médias sociaux.

Or, quand les mots manquent, surviennent le désespoir et la violence. Donc, ces actes se multiplieront, hélas. Hélas, car il serait aisé d’en réduire le nombre en renouant avec les pratiques pluralistes de l’âge libéral. Hélas, car ces actes sont immoraux et inutiles. Pire. Nuisibles à notre cause. Inutiles, car ils ne contribuent pas à résoudre le problème de l’immigration génocidaire par remplacement et métissage. Nuisibles, car ils donnent du grain à moudre à nos ennemis qui occupent les fonctions de gouvernement pour discréditer nos raisons, notre combat et accroître encore leur répression.

Beaucoup de ceux qui se croient rangés parmi les résistants, poussés par leur plate imagination comme par une sensibilité ravagée par l’assidue fréquentation des navets hollywoodiens ont cru que notre résistance ressemblerait à un maquis futuriste, à un Empire invisible 2.0 ou à un réseau clandestin, où les pétoires et les bombes incendiaires auraient le premier rôle. Il n’en est rien.

Ce à quoi ressemble notre Résistance

Étant donnée la maigreur de nos effectifs, étant donnée la disproportion de moyens entre les protagonistes, étant donnée l’infinitésimale chance de succès et la certitude de la répression, étant donnée la sophistication technologique du contrôle et des écoutes, toute action de type « confrontation » est exclue.

Cela n’empêche pas d’exercer ses libertés fondamentales, en particulier celle de détenir légalement une arme de chasse ou de tir sportif. Mais à la fois pour des raisons morales, pour des raisons de réalisme politique et pour d’évidentes raisons de prudence, toute action de type « militaire » est à bannir absolument. Etant donné ces circonstances, notre résistance ne ressemble pas à la Chouannerie, elle ne consiste pas en des coups de mains à la Michael Collins ou à la Guillaume Tell, elle ne se concentre pas sur la bataille du Rail ou des parachutages, elle n’a pas besoin de faux papiers et de passer des lignes de démarcation. Elle n’aura pas à déjouer des drones ou à affronter des troupes d’assaut.

Notre résistance consiste à être les « fascistes » qu’ils disent que nous sommes. Être des maris et des femmes qui réalisent dans l’unité du couple monogame, fidèle et fécond, la profondeur, la dualité et la complémentarité des sexes, hommes et femmes. Notre résistance consiste à faire des familles françaises, généreuses et nombreuses. Des familles propriétaires de leur maison et de leur outil de travail. Ni salariés, ni locataires. Des familles qui assument leur fonction éducative par la transmission de la crainte de Dieu et de la Foi apostolique, de la culture des vertus romaines telles que le mépris du siècle, l’abstinence, la sobriété, la frugalité, la pauvreté de cœur et le goût pour les plaisirs simples et le bonheur vrai qui réside dans la domination du monde par la victoire sur ses passions. Il est plus que temps que la bourgeoisie catholique, où se recrute l’essentiel de la Droite – hélas – cesse de valoriser le succès économique individuel de ses rejetons, pour renouer avec l’objectif que le monde civilisé a toujours tenu pour la vraie supériorité, la domination de soi et la réalisation de son plein potentiel en donnant forme aux inspirations supérieures de l’âme.

Notre résistance c’est être séditieux en tout, mais autant que possible en règle. Tout d’abord, rompre avec le légalisme en se mettant à l’école d’Antigone, ensuite jouer avec la règle : la plupart de ce que la république maçonnique attend de nous, elle l’exige souvent sous la forme déclarative. Ne déclarez que le strict minimum, ne leur lâchez que le strict nécessaire. Défiscalisez. Chaque centime que vous versez à l’État est employé à votre destruction. Devenez autonomes et résilients, mettez-vous en réseaux. Cultivez, conservez, échangez, partagez… Soustrayez-vous autant que possible aux influences du Marché. Veillez à ce que vous faites entrer dans votre âme par vos yeux comme dans votre corps, par votre bouche. Débarrassez-vous de votre Boîte à troubadour, d’Anal+, de Netfix, d’Hollywood, des réseaux asociaux… Désabonnez-vous, désaffiliez-vous, ne payez plus, ne contribuez plus, ne répondez plus. Soyez aux abonnés absents. Mangez sainement, local, organique et de saison. Mangez à table en famille, votre cuisine après avoir rendu grâce à Dieu. Dire son benedicite fait plus pour votre identité française que 20 heures de vidéos sur le Surhomme nietzschéen. Que votre régime soit votre première médecine. Évitez les hôpitaux, les fonctionnaires de la Santé et les escroqueries en réunion de la vaccination comme du médicament.

Soutenez les bâtisseurs

R. Vachet, projet d'affiche de propagande du Centre de propagande de la Révolution nationale, Avignon, 1940-1942

Soutenez par votre fidélité comme par vos contributions financières ceux qui bâtissent. Qu’ils bâtissent des outils, un média, une institution, une école, une entreprise, soutenez-les. Ne soutenez pas ceux qui manquent de principes : quelqu’un tient un discours antichrétien, antinational, pro avortement, ? Sanctionnez-le en lui retirant votre soutien et faites-le lui savoir. Comprenez que vous êtes au milieu d’une guerre culturelle dont le but n’est rien moins que votre destruction définitive. Votre destruction est par voie de conséquence une victoire posthume sur tous vos ancêtres et une victoire par avance sur toute votre descendance.

La faille dans la muraille, le défaut dans l’armure

– Zohar II, 64b : « Le taux de naissance des chrétiens doit être diminué matériellement »

affiche grand remplacement

Approchant de leur victoire, il était inévitable que les objectifs de ceux dont l’Apôtre dit qu’ils sont les ennemis du genre humain apparaissent avec toujours plus de netteté. Le but est notre annihilation, notre réduction au zéro absolu. On a pu parler de contrôle des naissances, de maîtrise de la surpopulation, de malthusianisme, de réduction de la population, de stérilisation de masse. Il s’agit de génocide. Voilà le but. Quant aux moyens, tout ce qui favorise la stérilité, l’infécondité, la dégénérescence, l’immoralité, la dépravation, de démoralisation, les conduites à risques, la dépression, le suicide et la mort est encouragé.

Comment défaire un ennemi qui a déjà enterré bien des empires ? Il nous faut exploiter à fond la connaissance que nous avons de son plan d’action. Nous devons concentrer tous nos efforts sur la faille dans son dispositif, nous engouffrer dans la faille dans la muraille, nous devons jeter toutes nos forces dans le défaut de son armure. Nous savons quel est leur but de guerre, nous devons donc les y contrer avant de les défaire et de poursuivre sans quartier les fuyards jusqu’au dernier. Ils veulent nous faire disparaître en réduisant le nombre de nos enfants, en nous remplaçant et en métissant ce qui resteront.

Faisons donc un million de Français en 10 ans. Donnons naissance à 100 000 Français de plus par an. Que ceux qui n’ont pas encore d’enfants, se marient et fondent une famille en donnant le jour à leur premier-né. Que ceux qui ont un enfant unique lui donnent un frère ou une sœur, que ceux qui se contentent d’avoir deux enfants fassent donc un petit dernier… Que ceux qui ont déjà quatre enfants ne comptent pas à la dépense : quand il y en a pour quatre, il y en a pour cinq.

Comme les Canadiens Français, les Irlandais ou les Boers face à l’impérialisme du British israélisme orangiste, comme les Allemands du Sud face au Kultur Kampf de Berlin, à la guerre culturelle, ripostons par la prolifération de la vie et l’affirmation souveraine de notre être. Face à leurs moyens qui se compte en millions soyons des milliers, soyons des millions. Si nous donnons un million d’enfants à la France en dix ans nous ferons dérailler l’agenda du Nouvel ordre mondial et de la Grande réinitialisation. Ce million de Français enfantera de 4 ou 5 millions de contre-révolutionnaires et dans 40 ans la France sera à nous, à nouveau et à tout jamais.

Sus à la Synagogue de Satan !

Monsieur K

En avant 2023 !

En avant 2023 !

     A l’heure de la gouvernance de Macron, le mensonge institutionnalisé semble avoir anesthésié les Français. L’Action Française se souvient toutefois que notre pays a connu au cours de son histoire de longues heures difficiles mais qu’il s’est toujours rétabli. L’Histoire nous a appris que rien ne s’est fait et ne se fera sans le retour de nos institutions naturelles. C’est la grande leçon politique de sainte Jeanne d’Arc et nous plaçons volontiers cette nouvelle année militante sous son illustre patronage.

     Formulons aujourd’hui des vœux d’espérance : puissent les Français, à l’aune de cette nouvelle année, travailler au bien Commun, retrouver le chemin du salut national en abandonnant l’illusion démocratique.

     Par conséquent nous souhaitons nos vœux de bonne, heureuse et sainte année à la Famille de France et aux Français de bonne volonté : qu’ils soient assurés de notre entier dévouement.

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Rien ne se fera sans vous : commencez l’année par un geste militant et salutaire en adhérant à l’Action Française : https://lactionfrancaise.fr/adherer-en-ligne

Bonne, heureuse et sainte année à tous !