Présidentielles : 5 ans de plus pour Macron ? 

Présidentielles : 5 ans de plus pour Macron ? 


Nous l’avions prévu : le second tour de la grande mascarade électorale verra s’opposer, comme en 2017, Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Jamais autant que sous nos yeux ne se sont vérifiées les idées d’Action Françaises : « la démocratie c’est le mal, la démocratie c’est la mort ». Tout patriote doit faire le deuil de ses illusions démocratiques. Notre combat reste le même : limiter les méfaits de la république, pratiquer le compromis nationaliste, montrer aux Français la voie royale du salut national.

Néanmoins dans l’état actuel des choses, le nihilisme sociétal et national de l’infâme Macron, candidat de la finance et du grand remplacement doit être combattu par tous les moyens, même légaux.
Le Comité Directeur de l’Action Française
Entretien avec le dessinateur ProjetKO

Entretien avec le dessinateur ProjetKO

Nous nous retrouvons aujourd’hui pour un entretien avec le dessinateur ProjetKO. Nous souhaitions l’interroger car nous ne pouvons qu’admirer la qualité de ses dessins, la pertinence de ceux-ci et, de ce fait, le courage dont doit faire preuve l’âme qui les fait surgir à la vie.

L’Action Française : Cher monsieur, nous vous remercions d’avoir bien voulu accepter cet entretien pour l’Action Française. Tout d’abord, pourriez-vous présenter votre travail, sa genèse et le sens profond de votre combat ? Autrement dit, pourquoi êtes-vous devenu cet artiste dissident et pourquoi le devenir à travers cette forme spécifique de dessin que vous pratiquez ? D’ailleurs, comment la définiriez-vous ?

ProjetKO : Merci à vous pour votre intérêt et cette tribune. Je réalise et diffuse des illustrations « dissidentes » depuis 2015, principalement sur les réseaux sociaux mais aussi dans quelques revues et journaux nationalistes comme Rivarol. « Projet KO » est une référence directe au film « Fight Club », sorti en 1999, qui a été déterminant pour mon éveil politique. Toutefois, il ne s’agit pas dans mon esprit de militantisme anarchiste mais de participer à mettre K.O leur République, qui occupe la France que je défends, celle des traditions et de Jehanne d’ArcMa production est donc essentiellement d’inspiration nationaliste et catholique.

Comment définir ce que je fais ? Je communique par le dessin et des textes concis dans un soucis constant d’efficacité. Ce sont des synthèses de ce que je comprends et ressens du monde contemporain, en suivant l’actualité, en lisant les « bons » livres et en côtoyant les personnalités de notre milieu (extrémiste?). Ces illustrations visent à trouver la meilleure mise en scène possible permettant de résumer un événement, une personnalité, une problématique.

AF : Il semble que vous utilisiez un ensemble assez impressionnant de mode de dessin et d’instruments – mine de plomb, pastels, fusain, peinture à l’huile, acrylique, encres, pyrogravure, vitrail… – pourquoi cette diversité ?

ProjetKO : Tout à fait, je cherche toujours le moyen graphique le plus approprié au sujet traité afin de surprendre ou émouvoir le public. Le but est d’allier le fond et la forme en une image, sans aucun texte si possible. Expérimenter toutes ces techniques sur divers supports évite également l’ennui, permet de se renouveler et surtout de trouver des nouvelles idées de rendu… pour le dessin suivant !

AF : Vous proposez actuellement trois livres sur votre site internet – site que nous indiquerons à la fin de cet entretien -, pouvez-vous nous les présenter ? Comment sont-ils structurés ?

ProjetKO : Les 3 premiers albums regroupent de manière thématique les illustrations produites entre 2016 et 2020. « Portraits » organise les hommages et satires de personnalités nationalistes, dissidentes, révisionnistes… ou la lie de l’humanité suivant la sensibilité de chacun !

« Miroirs » regroupe des illustrations reflétant l’effondrement de notre civilisation. Le témoignage d’une époque nihiliste : matérialisme, mondialisme, finance apatride, laïcité, immigration, féminisme…avec quelques pistes d’espérance pour l’avenir.

Enfin, « Rappels » recontextualise les dessins d’actualités parus dans cette période charnière qui a vu le Brexit, l’insurrection des Gilets Jaunes, le martyre de Notre Dame, la crise (dés)organisée du Coronavirus et la tyrannie sanitaire toujours en cours… pour ne pas oublier les faits marquants subis par le peuple au nom de la « démocratie ».

AF : Votre second livre, Miroirs, offre un ensemble terrifiant de dessins illustrant à la perfection la décadence absolue dans laquelle l’Occident se complaît, quels sont pour vous les principaux maux qui nous accablent et s’abattent sur nous ? Sauriez-vous discerner l’origine de ceux-ci ?

ProjetKO : Miroir est l’album le plus personnel, après les durs constats, il finit sur des notes d’espoir appelant à un sursaut de vitalité du peuple. En fin de compte, je pense que le déficit démographique est notre principal problème. Entre l’immigration de masse venue essentiellement d’Afrique dans la joie du « grand métissage », le taux de natalité de nos femmes très insuffisant et l’avortement de masse (220 000 par an !), c’est un véritable suicide civilisationnel auquel nous assistons, en deux générations à peine. Or, ce n’est pas un accident, mais un programme de destruction de la France, rigoureusement orchestré par leur République. Le mal est profond et on peut le faire remonter à la Révolution de 1789-1793, qui a bouleversé l’ADN royaliste du peuple français en imposant les contre-valeurs républicaines. Valeurs que l’on sait aujourd’hui mortelles pour l’occident : les fameux « Droits de l’homme et du citoyen » (pourquoi distinguer l’homme du citoyen/goy ?), les mantras » liberté-égalité-fraternité » sont autant d’attaques dissimulées contre le peuple blanc et en particulier catholique. Dans une société en perte de sens, où la place de la religion a largement disparu du quotidien des familles françaises, toutes les valeurs se trouvent inversées : l’anti-racisme est un racisme anti-blanc de fait, la laïcité institutionnelle ne vise qu’à achever la religion catholique (tout comme le concile Vatican II). Or, que l’on soit croyant ou non, il y a encore 60 ans, la religion catholique offrait un cadre de vie stable et pérenne aux familles. Aujourd’hui, le mariage est déconsidéré, les familles recomposées sont la norme et les enfants, l’avenir, sont toujours plus maltraités et bientôt vendus aux LGBT. Ainsi, le matérialisme et l’égoïsme sont partout, le constat est cruel : les banques ont désormais remplacé les églises au cœur des villages de France.

AF : Plus spécifiquement, pourriez-vous vous attarder sur la crise du covid ? Que fut-elle pour vous ? Que put-elle nous dire de notre nation, de son peuple et de ses dirigeants ?

ProjetKO : La crise du Covid n’est pas terminée, les élections présidentielles nous offrent une trêve dont nous ne sommes pas dupes et les mondialistes vont évidemment dérouler leur programme (Great Reset) comme prévu : nouveaux variants, 4ème dose, pass « chinois » que tout le monde voit venir, fin de l’argent liquide… La difficulté étant la domestication effective du peuple, littéralement « dressé » à coup de mesures plus absurdes les unes que les autres depuis deux ans (les énumérer ici serait fastidieux !). Résultat, nous constatons qu’un nombre important de personnes continue de porter ce stupide masque après la suspension de son obligation. Peuple apathique où quasiment tout le monde est vacciné (y compris les anciens Gilets Jaunes !). Des parents vaccinent leurs enfants avec un produit expérimental risqué, contre une maladie inoffensive… les effets secondaires de ces traitements sont étouffés (pour combien de temps encore ?) par les politiques et les médias complices (qui a dit corruption ?). Tout cela est évidement criminel… mais ça passe ! Au nom de la liberté : « on ne veut pas mourir » crient les boomers en cœur ! Les élections au suffrage universel manipulées à coup de « story telling » (le sketch Zemmour/Marine/Pécresse/Macron), l’avortement à 9 mois de grossesse, le puçage programmé de la population par l’UE… oui, l’avenir de nos enfants paraîtrait bien sombre si nous n’avions pas la certitude que tout cela s’effondrera comme un château de cartes, tant les convictions dans le camp mondialiste-zombifié sont inexistantes. C’est bien simple, tout est laid avec eux. Le beau, le vrai et le juste sont de notre côté, donc je m’accroche à l’idée de produire chaque semaine des dessins-témoins, pour mieux supporter de vivre cette époque.

AF : Dans le combat difficile qui est le nôtre, les figures votives sont encourageantes, nous avons besoin de maîtres, de héros – morts ou vivants -, quelles sont les vôtres ? Vous en livrez quelques-unes dans votre premier livre, Portraits. Quelle place y tiennent les grandes figures d’Action Française ?

ProjetKO : En effet, mes héros sont morts pour la plupart, les plus inspirants seraient Degrelle et Brasillach dont j’ai particulièrement soigné les compositions dans l’album « Portraits ». Un exemple simple de ma démarche : le portrait de Charles Maurras a été réalisé en pyrogravure sur bois (aspect intemporel), de profil, en prenant soin de détailler particulièrement son oreille car, bien que sourd, il entendait mieux que personne les lois de la nature. Sinon, mes héros actuels sont les plus marginaux des dissidents : Ryssen, Le Lay, Reynouard… Peut-être mon côté provocateur, mais aussi la certitude que ce sont de belles personnes humainement.

AF : Parmi celles-ci, il y a celle de sainte Jehanne d’Arc – d’ailleurs vos éditions se nomment Le Réveil de Jehanne -, quelle place particulière tient la sainte de la Patrie pour vous ? Que devrait-elle incarner pour un Français nationaliste soucieux du sort de son pays ?

ProjetKO : Ce qu’il faut admirer chez Jehanne c’est son absence de doute, sa totale confiance en la Providence à partir du moment où le cœur est en action. La figure de Jehanne est en effet très importante dans mon quotidien, j’en ai réalisé plusieurs portraits originaux et elle me guide d’une certaine façon. Sa (courte) vie est une leçon exemplaire. Elle continue de nous inspirer, j’aurais envie de dire qu’elle continue « de nous secouer ». En effet, je pense qu’à l’image de Jehanne, le rôle des femmes est de pousser les hommes à l’action, sans quoi ils manquent de courage il faut bien l’avouer. En quelque sorte, ils agissent par amour chevaleresque ! Jehanne avait pour mission de pousser les hommes à se dépasser, à renverser le cours de l’Histoire de France. C’est ce dont nous avons besoin de nos jours. Où est-elle en 2022 ?

AF : Permettez-nous une question difficile. L’Action Française est souvent attaquée pour son refus de se soumettre aux États confédérés, il semblerait que nous soyons des maniaques de la question juive, des antisémites obsessionnels. Or chez vous, nous pouvons admirer quelques dessins de Jérôme Bourbon devant un bol de soupe où flottent quelques chapeaux bien reconnaissables, des dessins d’Hervé Ryssen ou encore de Robert Faurisson. Pourquoi cet attachement à la question juive ? Est-ce une des clefs de compréhension des problèmes que nous connaissons ?

ProjetKO : Quelle belle question ! Lutter contre leur démocratie républicaine, telle qu’elle nous est imposée depuis deux siècles, est de toute évidence « antisémite » au regard de la jurisprudence médiatique. «La démocratie, c’est la mort » disait Maurras. A cela, j’ajouterais que « l’antisémitisme, c’est la vie ! ». Pour être sérieux, de QUI parle-t-on ? des juifs en général ? Ce serait stupide, d’autant que nous vivons avec eux au quotidien, sans problèmes majeurs (contrairement à d’autres communautés). Cependant, le fait est que la religion juive, par essence apatride et déicide, est en guerre contre tout ce qui est nationaliste et catholique. Une guerre sournoise, une guerre à mort. Toute l’œuvre d’Hervé Ryssen l’a décrite, il m’arrive d’y faire allusion dans certaines illustrations mais c’est assez rare en fait. J’identifie parfaitement le problème mais n’en fais pas une fixation dans ma production.

AF : Bien que la situation semble désespérée, discernez-vous des lueurs d’espoir ? Où doit, selon vous, se porter le combat ? Quelles sont nos forces ?

ProjetKO : Bernanos disait en 1945 « L’espérance est une détermination héroïque de l’âme, et sa plus haute forme est le désespoir surmonté. » L’humanité est au pied du mur et chacun doit se remettre en question avant d’accabler le sort. Notre combat aura lieu sur tous les fronts et en particulier à l’intérieur de nous-mêmes. Chacun doit faire sa part. Personnellement, connaissant mes forces et faiblesses à 40 ans passés, j’ai choisi de me rendre utile sur le front culturel, saccagé par des décennies de gauchisme paresseux. Notre force ? la résilience ! Les féministes et LGBT disparaîtront d’eux-mêmes avant 10 ans, submergés par leurs « chances pour la France », qui pratiquent une forme de dialogue disons… expéditive. Le socle du peuple français est fissuré mais pas encore effondré. Comme je l’ai dit plus haut, la solution est démographique, tout en découle. Le peuple blanc doit faire des enfants, et « 2virgule1 » ne suffiront pas ! J’ai beaucoup d’admiration pour les familles nombreuses « de souche », souvent catholiques traditionalistes (je n’en suis pas) et voir lors d’événements nationalistes tous ces jeunes parents de quatre, cinq ou six enfants me réjouit au plus haut point. En définitive, le moteur de notre action, la mienne en tout cas, ce sont les gosses !

AF : Merci beaucoup pour cet entretien ! In fine, comment pouvons-nous vous aider ? Vous soutenir ?

ProjetKO : Déjà, on peut me soutenir en s’abonnant et partageant le canal Telegram « projet_ko » où je publie en priorité, plusieurs fois par semaine. Ensuite, toutes mes illustrations sont disponibles à la demande en reproductions de qualité et signées (nous contacter par mail). Enfin, l’auto-édition coûtant cher, on peut acheter les albums sur le site PROJETKO.FR ou dans les librairies partenaires, afin d’aider au financement de l’album suivant, « Cycles », qui sera la continuité de « Miroirs » et qui développera plus particulièrement la thématique des combats pour la vie.

Merci beaucoup pour vos questions.

Adresse mail : projet.ko@yahoo.com
Site internet : https://www.projetko.ft
Canal Telegram : https://t.me/projet_ko

Propos recueillis par Guillaume Staub

Russie – Ukraine et la France seule

Russie – Ukraine et la France seule

Malgré le besoin que beaucoup éprouvent de se rattacher idéalement au combat des uns ou des autres, et cela malgré les incroyables invraisemblances des narrations Russes ou Ukrainiennes, il n’est pas inutile de faire quelques remarques pour les très rares âmes encore en mesure de faire face à la plus plate banalité des faits, qui sont têtus comme chacun sait.

Comme l’avait souligné en son temps Pierre Sidos, devant la situation désespérée de la France, beaucoup de nationaux sont tentés par les combat des autres: avant-hier Katanga, Yémen, Liban, hier Karens et Hmongs, Croatie, Serbie, aujourd’hui Syrie, Arménie, Ukraine ou Dombas… Combats d’abord et surtout verbaux, devenus plus risibles encore depuis qu’ils se déroulent sur les réseaux asociaux…

Nous remarquons que les nationalistes – ou plus exactement les identitaires – qui ont passé le plus clair de leur temps à ne pas aborder la question raciale – et en particulier la question juive – ces deux dernières décennies soutiennent publiquement le bataillon néonazi Azov, dont ils ne savaient rien ou presque il y a un mois.

Cela pose plusieurs questions : eux-mêmes, quelle opinion ont-ils du national-socialisme ? On aimerait qu’ils nous en disent plus, car de deux choses l’une, ou bien ils sont nationaux-socialistes mais ils le cachent très bien (où sont leurs articles, leurs livres, leurs organisations, leurs émissions de radio, leurs vidéos, leurs actions ?) ou bien ils ne le sont pas. Mais s’ils ne le sont pas, pourquoi cette débauche de solidarité électronique suivie d’aucun effet ? S’ils sont authentiquement dévoués à la cause des peuples autochtones d’Europe, pourquoi n’ont-ils rien dit depuis huit ans que le gouvernement juif et fantoche de Kiev bombarde des femmes, des enfants et des vieillards, blancs, européens et chrétiens au Donbass ? Ces vies-là ne comptent-elles pas ? Elles méritent donc d’être sacrifiées sur l’autel de leur géopolitique de boudoir…

La vérité c’est qu’il n’y a ni sincérité ni gravité à leur position de principe, ils affichent ainsi leur vertu « identitaire » sur les réseaux. Cela sera sans conséquences néfastes sur leurs petites vies d’emprunt, puisque c’est tout l’occident mesmerisé par le formidable appareil de propagande juive qui la valide. N’était ce petit sous-entendu philonazi… au sujet duquel les médias (((occidentaux))) montrent une complaisance qui ne s’explique que par la haine ancienne et indéracinable de tout ce qui est Russe.

Nous avons vu se déverser des tombereaux de rêveries, d’ignominies, de mensonges sous la plume électronique de gens que je considérais comme des camarades sinon comme des amis. Ils se sont livrés à une orgie de « solidarité » valorisante d’autant plus écœurante qu’elle n’implique aucun sacrifice, pas même de risque social, sans parler de risques physiques, puisqu’ils ont préféré le confort de Facebook aux périls du front. Ils se moquent bien d’entraîner ce qui leur tient lieu d’auditoire dans des impasses politiques, pourvu que leur appétit sans limite de gloriole numérique soit satisfait…

Pour le bien de la mouvance nationaliste française, ils auraient été mieux inspirés de conserver une certaine réserve en n’oubliant pas que le bataillon Azov a fort à faire et qu’il ne viendra pas faire la révolution nationale ici, en France à leur place… La décence, un certain réalisme politique, un souci des priorités et de la charité bien ordonnée le commandait. Mais la jobardise, le romantisme et la pose leur tenant lieu de boussole, il ne fallait pas s’attendre à autre chose.

Un mot également sur les « doctrinaires » qui « condamnent » l’opération russe selon le principe du « ni trusts, ni soviets » et qui en appellent à la solidarité avec l’Ukraine, nation européenne « agressée » par le tyran de Moscou…

Premièrement, cette position irénique (favorisant toujours la paix – quoiqu’il en coûte) fait fi du rapport de force créé par l’Empire du mensonge -Otan-Soros-Cia en 2014 lors du coup d’État coloré. J’avais alors ménagé la possibilité – certes très mince- d’une révolution nationale qui aurait capitalisé sur l’événement. Sur un malentendu cela aurait pu se produire. Mais nous ne sommes plus en 2014, les nationaux-socialistes Ukrainiens n’ont pas botté le cul de leurs oligarques juifs, ils ont préféré faire leur sale guerre de purification ethnique dans les provinces de l’Est.

Recuire les vieux slogans éculés du Groupe Action Jeunesse revient à apporter son appui moral aux opérations de destruction de la Russie. Mais plus grave et surtout – et c’est la seule chose qui m’émeut aujourd’hui – c’est appuyer les opérations de destruction des nations européennes, à commencer par l’Ukraine ! Destruction par submersion migratoire et par subversion lgbtqim+. Réalisation du Plan Kalegi et du Baphomet cabalistique. 

Une remarque en passant sur la destruction de l’Ukraine. Comme nous l’avions prévu dès le début de l’opération russe de février 2022, la Hongrie, la Roumanie et la Pologne prendront elles aussi part au dépeçage de l’Ukraine.

Nous avons passé des heures à expliquer les guerres hybrides de l’Otan en Italie et ailleurs (Belgique, Turquie, Espagne et Portugal, Opération Condor dans le Cône sud-américain) moins par goût pour l’histoire que pour prévenir les opérations hybrides de l’Otan alors en devenir… 

Nous avons échoué là aussi. Mais nos analyses sont confirmées : la subversion de la Droite révolutionnaire est un enjeu vital pour l’Empire antéchristique adossé à l’Amérique…

Comme l’Otan utilisa des éléments retournés de la Droite italienne dans l’Operation Gladio qui jouèrent un rôle central dans les attentats, en particulier ceux de Milan et de Bologne, l’Empire recrute ses tirailleurs dans la droite la plus bête du monde

Un mot aux poutinolâtres de stricte observance : Poutine gouverne un Empire multiethnique où les Russes ethniques sont désormais en minorité dans leur propre capitale, il persécute les nationalistes Russes, les dissidents, les militants de la vérité historique qui cherchent à rétablir la vérité sur le faux culte shoatique… Et il se prépare à convoquer un congrès international antifasciste quand il aura fini de « dénazifier » l’Ukraine.

Poutine ne fera pas la révolution nationale à notre place. Cessez de propager la légende selon laquelle Poutine est la synthèse de la Révolution conservatrice que vous appelez de vos vœux depuis vos boudoirs pas moins tristes que ceux de vos clones kieviens.

La situation dans laquelle nous met l’intervention militaire Russe sur le territoire ukrainien est celle d’un nouveau Yalta, que juifs de Russie et d’Amérique signent sur le dos de l’Europe, ce contre quoi nous prévenons depuis 2016, tandis que vous faisiez campagne pour (((Donald Trump))) …

 

                     Moscovites, kieviens, à tous n’opposez que la « France Seule »

 

Monsieur K

hongrie : Viktor orban remporte la bataille

hongrie : Viktor orban remporte la bataille

La Hongrie de Viktor Orban est-elle devenue une dictature ?
Le parti de Viktor Orban a remporté les élections qui se tinrent hier, dimanche 2 mars en Hongrie. Le Fidesz-KDNP, coalition du premier ministre Viktor Orban, aurait récolté 53,13% des voix – résultat en progression par rapport au scrutin de 2018 où ils eurent 49,27% des voix et 133 sièges au parlement – contre la coalition menée par Peter Marki-Zay qui peine à arriver à 35% des voix et 56 sièges. Quant au parti nationaliste – ou plus simplement patriote, mais sur la droite de Viktor Orban -, Mi Hazank récolterait 6,18% des voix et 7 sièges, résultats encourageants pour une première élection. Rappelons que ce parti est issu du courant Mi magunk et créé au sein du parti Jobbik le 22 mail 2018, date à laquelle le Jobbik commença sa politique de normalisation et de recentrage politique qui le mena de l’extrême droite à une coalition, celle de ces élections, qui rassemble des partis de l’extrême gauche à la droite de trahison. En effet, nous trouvons dans cette coalition menée par Peter Marki-Zay, aussi bien le Jobbik, le parti socialiste hongrois ou encore les partis écologistes ! Ce dut être une des principales faiblesses de cette coalition.
Rappelons que le mode de scrutin hongrois est particulier, laissant une certaine place à la proportionnelle. En effet, l’Assemblée nationale est un parlement d’une seule chambre composée de 199 sièges pourvus pour quatre ans selon un mode de scrutin que l’on nomme parallèle. Sont ainsi à pourvoir 106 sièges au scrutin uninominal à un seul tour dans autant de circonscriptions électorales, auxquels s’ajoutent 93 sièges pourvus au scrutin plurinominal proportionnelle de liste avec seuil électoral de 5 % dans une unique circonscription national.
Il s’agit donc d’une nette victoire pour le parti de Viktor Orban qui se trouve réellement plébiscité par la population hongroise ! Ce dernier se permit même de déclarer, à l’attention des instances dirigeantes de l’Union européenne :  » Nous avons remporté […] une victoire si grande qu’on peut sans doute la voir depuis la Lune, et en tout cas certainement depuis Bruxelles » !
N’oublions jamais qu’aucune solution restauratrice de la nation ne sortira des urnes en France et, si la Hongrie continue de résister quelque peu à la vague destructrice de la modernité, c’est un combat qu’elle ne pourra pas gagner dans le temps long si elle continue à déposer son destin dans les mains de citoyens bien perméables aux attraits de celle-ci ! Un peuple se corrompt plus facilement qu’il ne s’assainit.
                                                                                                                                            Guillaume Staub 
Gérard Bedel ? Présent !

Gérard Bedel ? Présent !

« Seigneur, endormez-moi dans votre paix certaine
Entre les bras de l’Espérance et de l’Amour.
Ce vieux coeur de soldat n’a point connu la haine.
Et pour vos seuls vrais biens a battu sans retour »

Maurras, la prière de la fin

Le samedi 19 mars, jour de la solennité de Saint Joseph, à l’âge de 78 ans, notre ami Gérard Bedel rendait sa belle âme à Dieu. Gérard Bedel était un Français exemplaire, membre du Comité Directeur de l´Action Française et vice-président de l´ADMP, il s’est vigoureusement opposé à la dédiabolisation de l’AF. Né le 17 février 1944 sous l’Etat français, Gérard Bedel était professeur de Lettres. Il démissionna de l’Éducation Nationale en 1981, par intégrité intellectuelle et morale. Il reprit alors la boutique des cahiers de Charles Péguy en 1985. Il continuera toujours à enseigner jusqu’après la retraite en 2016. Engagé depuis toujours et jusqu’au bout dans le combat national, il était un monarchiste convaincu, un royaliste de raison et, par voie de conséquence, un catholique fervent, thomiste, traditionaliste. Il était défenseur de tout ce qui est français, à commencer par la langue. Attaché à toutes les traditions, religieuse, politique, il participa à de nombreuses publications, collabora notamment à Lectures françaises et à L’Echo d’Action française. Il consacra son temps et son énergie au combat qui était le sien jusqu’à ses derniers instants, jusqu’à son dernier souffle puisqu’un énième ouvrage sur Jacques Bainville (sujet qui lui tenait très à cœur) est actuellement chez un éditeur. Gérard Bedel était en effet un écrivain prolifique. On lui doit un grand nombre d’ouvrages dont voici la liste non exhaustive : Monseigneur Trochu, maître de l’hagiographie (2005), Le latin par la messe : un itinéraire linguistique et religieux suivi de Les chrétiens dans l’empire romain : langue, littérature et art (2007), 9 histoires de Noël (2008), Merveilleux Noëls du Moyen Age (2009), Louis XVI, ou la tragédie de la vertu (2010), Le général de Sonis (2012), Qui suis-je ? Pétain (2014), Le Cardinal Pie. Un défenseur des droits de Dieu (2015), Le gaullisme : maladie sénile de la droite (2018), Précis d’histoire de l’Action française (2021). 

Converti par Bossuet et les auteurs du XVIIe siècle dans sa seizième année, il fut pour résumer un honnête homme, un grand Français et un vrai chrétien. Ses obsèques religieuses ont eu lieu le jeudi 24 mars au Bois, il repose désormais au cimetière de Mérigny. 

La devise de Gérard Bedel pourrait être celle-ci : « intransigeant avec les idées, tolérant avec les hommes »

L’Action Française présente à sa veuve Jacqueline, à ses enfants et petits-enfants, à ses proches et à ses amis, ses sincères et attristées condoléances.  

Requiescat in pace ! 

International : l’Artsakh est attaqué !

International : l’Artsakh est attaqué !

Alors que tous les regards semblent tournés vers l’Ukraine, que le potentiel d’empathie occidental est pleinement concentré sur son peuple, l’Azerbaïdjan attaque à nouveau le Haut-Karabakh – ou Artsakh -, terre arménienne, dans la plus totale indifférence ! En effet, il semble que les troupes musulmanes profitent de la situation internationale explosive pour agresser des terres chrétiennes ; d’autant plus que la Russie, pays protecteur de la région, se trouve déjà bien occupée plus à l’ouest. Cette agression, comme la précédente, s’apparente de plus en plus à un nouveau nettoyage ethnique… Mais silence ! Celui-ci est bien autorisé, les papiers sont en règle ! Les crétins solennels de la démocratie ne sauraient le déplorer.

Revenons aux faits. Comme le rapporte le journal Présent du mardi 29 mars 2022 : << En effet, alors que les troupes de Bakou ne cessent de multiplier les accrochages à la frontière depuis des mois dans l’indifférence la plus complète de la communauté internationale, le ministre arménien des Affaires étrangères a dénoncé samedi une << invasion azérie >> survenue jeudi dernier et marquée notamment par << des tirs d’artillerie constants >> ayant causé la mort de deux soldats arméniens et fit une quinzaine de blessés >>. Un rassemblement pacifique eut lieu le 26 mars à Stpanakert pour exiger une solution, les organisateurs, craignant un nouveau génocide d’Arméniens par l’Azerbaïdjan, exigent que les expulsions d’Arméniens du Haut-Karabakh cessent. Ils pleuraient, la veille 25 mars, 3 soldats arméniens qui perdirent la vie – nous donnons le nom de ces combattants : Davit Robert Mirzoyan, Ishkhan Serjik Ohanyan et Ararat Tosyan. Ces derniers ont trouvé la mort après une attaque où fut constatée la présence de drones turcs Bayraktar TB-2. Ces soldats décédèrent dans le village arménien de Paroukh, aujourd’hui aux mains de l’ennemi.

Quelle réponse des occidentaux ? Quelle réaction ? Aucune. Seule la Russie répondit à cette agression en envoyant un contingent militaire pour le maintien de la paix dans cette région et en exigeant le retrait immédiat des troupes de Bakou. Le 29 mars, le porte-parole de la présidence russe, Dmitry Peskov, a déclaré : « La Russie déploie des efforts très énergiques pour poursuivre les efforts visant à maintenir la paix dans la région du Haut-Karabakh et pour que les parties remplissent leurs obligations respectives. ». Pourquoi un tel silence des occidentaux ? Jean-Christophe Buisson avance quelques raisons pour Le Figaro (18/03/2022). Premièrement, la principale raison doit être trouvée du côté de la Turquie qui participe activement à cette guerre contre l’Arménie, ennemi de toujours, en envoyant armes et hommes sur place. Or cette Turquie est, d’une part, membre de l’OTAN et, d’autre part, retient sur son territoire des centaines de milliers de migrants qui pourraient être lâchés sur l’Europe et semer une nouvelle fois le chaos. C’est pourquoi les gouvernements occidentaux marchent sur des œufs avec la Turquie et ne souhaitent pas l’affrontement direct. A ces raisons, nous pourrions ajouter le peu d’intérêt que représente l’Arménie – quels seront nos enjeux dans cette région si périphérique? Qui donc peut se soucier encore en Europe de défendre cette terre ancestralement chrétienne contre les assauts de peuples musulmans ? Ou plutôt, ne serait-ce pas par peur d’être accusé d’islamophobie – indicible horreur ! – que nos dirigeants ne souhaitent pas s’opposer de front à l’Azerbaïdjan ? Qu’importe les raisons, les Arméniens sont abandonnés une nouvelle fois.

Quand nous voyons au quotidien nos pseudo-élites tenir des discours hystériques contre la Russie – à l’instar d’un Bruno le Maire désirant « provoquer l’effondrement de l’économie russe » – pour son attaque de l’Ukraine et le silence absolu concernant cette guerre-ci, nous ne pouvons que constater la totale hypocrisie de nos sociétés ! Qui décide quelle guerre doit être déplorée ? Qui sélectionne les victimes incarnées et celles qui ne le sont que secondairement ?

Il semblerait bien que la défense des nations et des peuples contre des ennemis extérieurs dépende fortement de la géostratégie américaine ! Le maître désire, le maître exige : mourrez pour Kiev, ne perdez pas votre temps avec l’Artsakh !

Guillaume Staub

L’AF expliquée par le marquis Marie de Roux 

L’AF expliquée par le marquis Marie de Roux 

La doctrine d’Action Française est si forte que ses détracteurs, plutôt que d’en discuter les thèses, ont souvent préféré se fabriquer une idée de l’Action Française à laquelle ils ont attribué des idées philosophiques et religieuses qu’elle n’a jamais professées. C’est cette malhonnêteté intellectuelle que dénonce le marquis de Roux, grand avocat des causes nationales, dans un petit mais substantiel ouvrage paru en 1927 sous le titre Charles Maurras et le nationalisme de l’Action Française. Sa lecture reste indispensable à quiconque veut se débroussailler l’esprit des idées toutes faites et des calomnies sans cesse déversées sur notre école de pensée.

L’intérêt national

L’essentiel s’y trouve, à commencer par l’affirmation que l’Action Française n’est pas un parti : elle se refuse « à ce rôle de faction organisée qui dominerait l’État. Elle déclare à l’avance que le roi, restauré par elle, devra gouverner avec le concours de tous et en employant les plus compétents ». De même, elle met en garde contre tout parlementarisme, « même tempéré par la couronne », car c’est toujours un gouvernement de partis. Première condition pour être d’Action Française : « éliminer de la discussion politique nos goûts, penchants ou répugnances, partis-pris de sentiment ou habitudes d’esprit ». Alors, s’étant ainsi libéré, savoir s’appuyer sur l’expérience historique montrant ce qui réussit ou échoue, ce qui produit des effets heureux ou malheureux : c’est « l’empirisme organisateur ». La première leçon de l’observation objective des faits est que « les intérêts particuliers doivent être non sacrifiés mais subordonnés à l’intérêt général » qui est pour nous Français « l’intérêt national », lequel requiert le bienfait de « l’autorité ». Celle-ci doit être désignée de façon qu’elle puisse « réaliser l’unité du commandement, avoir l’indépendance, la durée et la continuité » et que « l’intérêt de celui qui l’exerce coïncide avec l’intérêt de ceux sur qui et pour qui elle s’exerce ». C’est la monarchie héréditaire. Une monarchie respectueuse de la foi catholique, dont toute l’Histoire atteste les bienfaits. Une monarchie en outre assez forte pour ne pas avoir besoin d’entretenir une clientèle de fonctionnaires, donc pour décentraliser, faire revivre les petites « républiques locales » et les organisations professionnelles. Au bout de ce résumé de la méthode propre à notre mouvement, le marquis de Roux précise que les royalistes d’Action Française n’ont pas à attendre la restauration pour servir : « Ils ne sont royalistes que parce qu’ils sont patriotes : ils se sentiraient donc inexcusables de ne pas défendre de tout leur pouvoir l’héritage en l’absence de l’héritier. » Langage toujours actuel.

Définitions

Restent alors à bien définir trois locutions que la mauvaise foi a si souvent travesties : Le « nationalisme intégral » est « celui qui sacrifie au bien de la nation les préjugés révolutionnaires », donc celui qui conclut « à la monarchie » ; le « politique d’abord » exprime tout simplement la « priorité (et non la primauté) du moyen politique », étant bien entendu qu’il s’agit ici de l’ordre des moyens purement humains ; le « par tous les moyens » veut dire tous les moyens légaux ou illégaux, mais honnêtes et avouables, comme par exemple, même sans avoir encore la force de remplacer le mauvais législateur, tout mettre en œuvre pour faire échec à une mauvaise loi. Il faut lire attentivement les pages où le marquis de Roux parle de la nécessaire collaboration des croyants et des incroyants. Il en précise les conditions : se réunir au nom de l’intérêt national, dans un but donc temporel, qui ne suppose ni interconfesionnalisme, ni spiritualisme syncrétiste, ni libéralisme mettant toutes les religions sur le même plan. Voilà donc l’Action Française telle qu’elle est, telle qu’elle se définit, telle que l’honnêteté commande de la considérer, qu’on l’approuve ou non.

On a malheureusement voulu en faire un mouvement aux préoccupations philosophiques ou religieuses suspectes. Les diffamations de prétendus bien-pensants, démocrates chrétiens pour la plupart, aboutirent en 1926 à la mise à l’index de L’Action Française par Rome. C’est à eux que répond le marquis de Roux.

Le bienfait catholique

D’abord l’agnosticisme de Maurras. Notre maître avait eu en effet le malheur de perdre la foi au sortir de l’adolescence, mais il en souffrait et restait assoiffé de vérité.

« Ce n’est pas assez dire, écrit le marquis, de constater que la politique de Maurras ne se déduit pas de son agnosticisme. Loin d’en découler, elle est psychologiquement une réaction contre lui. »

Nul danger de paganisme, ou de panthéisme, ou d’immoralité à fréquenter Maurras ; sa façon de dénoncer les faux dieux que le monde moderne fait souvent passer pour le vrai a ramené plus d’un de ses amis à retrouver la foi de leur enfance (à commencer par Henri Vaugeois). Et si Maurras a montré qu’il existe « une physique politique qui étudie légitimement les conditions et les résultats de nos activités d’un point de vue qui n’est pas celui de la morale », il a toujours reconnu que la morale reprend ses droits « pour nous dicter notre devoir d’état de citoyen ». Il va même plus loin, reconnaissant que « non seulement l’obligation morale, mais l’obligation juridique n’a de sens et de force que par référence de l’Absolu ».

Tout à l’opposé de la morale kantienne, Maurras pense que « transformer en accord les oppositions de l’intérêt et du devoir c’est le chef-d’œuvre de la politique », en quoi il se trouve en plein accord avec les plus grands politiques catholiques qui avaient avant lui étudié les institutions secourables à la faiblesse humaine.

Accord qui se manifeste éminemment dans le domaine de la doctrine sociale de l’Église, si bien exposée et approfondie par le marquis de La Tour du Pin et que l’Action Française a faite sienne.

Universalité

Dans sa critique de la démocratie, dans son anti-libéralisme et dans sa conception du catholicisme, Maurras a toujours insisté « sur l’universalité du bienfait catholique, sur la situation privilégiée qui est due entre toutes les confessions, entre tous les cultes, à l’Église catholique sur la terre de France et sur toute la terre habitée ». On sait en effet où la « séparation » de la république d’avec la foi qui a fait la France nous mène aujourd’hui… Ce sens catholique de l’universalité, d’un juste et d’un bien communs à l’humanité inspire aussi le nationalisme de l’Action française, pour lequel « le génie national correspond aux façons qui nous sont le plus naturelles et faciles de nous élever à un type supérieur d’humanité ». Ce ne sont là que quelques exemples de la richesse de l’ouvrage du marquis de Roux. Un livre que le temps n’a pas usé, qui confirme les adhérents dans leur choix et qui guérit les hésitants de leurs états d’âme.

Michel Fromentoux, membre du Comité Directeur de l’Action Française

Louis VII et Aliénor

Louis VII et Aliénor

En 1 137, Louis VII avait tout ce qu’il fallait pour être le plus heureux des rois. Son autorité s’étendait de Laon à Bayonne et de l’Auvergne à l’Océan. Il était bien fait de sa personne, très aimé de tous et éperdument amoureux d’Aliénor, l’irrésistible enfant des pays d’Oc, cette fille du soleil, raffinée et cultivée, qui venait de débarquer à Paris avec ses troubadours et ses organisateurs de cours d’amour ! Jusqu’alors, à la Cour, on avait surtout goûté les plaisirs de la table, maintenant on allait connaître tous les autres… Aliénor répondait largement à l’amour de Louis. Elle ne voulait voir en lui qu’un prince digne de figurer dans les contes et légendes, à la mode dans les demeures seigneuriales. Elle entendait même le mouler quelque peu, car elle avait besoin d’un homme qui l’éblouît…

Le royaume était relativement paisible, mais il fallait quand même avoir l’œil sur tout, car certains seigneurs croyaient le moment venu de relever la tête… Le sire de Lezay n’avait-il pas récemment tenté de prendre le couple royal en otage dans son donjon de Talmont ? L’entreprise avait été déjouée grâce à l’abbé Suger, que Louis avait eu l’intelligence de garder près de lui… Il allait falloir, comme au temps de Louis le Gros, raser des châteaux, comme celui de Montjoi. Et puis, il y avait aussi le mouvement communal qui, en certains lieux, dépassait ses limites. Louis VII réprima impitoyablement les communes libres d’Orléans et de Poitiers. De mauvaises langues disaient que les excès de la répression étaient dictées au jeune roi par le désir d’en imposer à Aliénor, la chaude méridionale qui en demandait toujours plus…

Côté étranger ; on était à peu près tranquille. En effet depuis la mort d’Henri 1er Beauclerc (1 135), la couronne anglaise était violemment disputée entre deux prétendants : l’un était le neveu du défunt, Étienne, comte de Blois, le fils de la bouillante Adèle d’Angleterre ; l’autre était le gendre du roi défunt : Geoffroy Plantagenêt,  comte d’Anjou et du Maine, marié depuis peu à Mathilde d’Angleterre, veuve de l’empereur Henri V. Ainsi entraient dans l’Histoire ces Plantagenêt dont le royaume de France n’avait pas fini d’entendre parler ! Pour le moment, Geoffroy était un prince aimable, généreux et cultivé. On se souvient de son grand-père, Foulque le Réchin, qui se fit enlever sa femme Bertrade par Philippe 1er. Son père, Foulque le Jeune, comte d’Anjou en 1 109, avait épousé en 1 111 l’héritière du comté du Maine (dont naquit Geoffroy). Puis veuf, il partit pour la Croisade où le roi de Jérusalem, Baudouin II, le remarqua et lui donna en mariage sa fille unique Mélisandre. C’est pourquoi il était depuis 1 131 roi de Jérusalem !

Geoffroy, dit le Bel avait fait preuve de beaucoup de résignation en épousant la rude Mathilde d’Angleterre, de quinze ans son aînée. Mais quel bel héritage en perspective !

Étienne de Blois venait d’oser se proclamer roi d’Angleterre. Mathilde et Geoffroy n’étaient pas décidés à se laisser faire : guerres, tentatives d’invasion, tractations… Finalement Geoffroy réussit à prendre Rouen et à obtenir la soumission de la Normandie, tandis que Mathilde intriguait toujours sur le sol anglais. Louis VII, qui était trop heureux de voir la Normandie détachée du royaume anglais, permit à Geoffroy d’ajouter à ses titres de comte d’Anjou et du Maine, celui de duc de Normandie. En échange, celui-ci rendrait le Vexin au roi de France. 

À la même époque, l’empire germanique se trouvait aussi déchiré par des luttes de succession ; la monarchie française s’apercevait des bienfaits de la transmission héréditaire de la  Couronne de mâle en mâle, par ordre de primogéniture…

Le prestige de Paris

En France tout allait bien. Paris brillait d’un éclat extraordinaire. Imitant la Cour, les seigneurs prenaient plaisir aux fêtes, la mode vestimentaire se modifiait et le goût se propageait pour les choses de l’amour. La reine-mère Adélaïde, veuve de Louis VI le Gros, qui n’était pourtant pas belle, décida de se remarier avec un Montmorency (!), Aliénor protégeait les troubadours, tels Bernard de Ventadour, les lettres étaient florissantes, les universités de Paris, Chartres, Orléans, Angers, attiraient les étudiants de toute l’Europe. On redécouvrait les Lettres antiques et, alors, s’engageaient de grands débats d’idées, pas toujours très orthodoxes ; c’était le temps d’Abélard, le temps des grandes passions, le temps aussi où, dans le Midi, germait l’hérésie cathare… Heureusement, saint Bernard était là pour crier la vérité à la face des libres penseurs et rappeler que la culture ne donnait pas le droit de s’écarter des exigences de la foi.

Homme de paix, de justice et de grande piété, Louis VII entendait adoucir le sort des serfs, invoquant, dans une charte de 1 152, la liberté naturelle comme un décret de la divine bonté. Il faisait progresser les libertés communales, suscitant des espaces où s’exerçait la protection du roi contre les excès féodaux. Il multipliait les villes neuves, leur octroyant des franchises particulières. Tout cela engendrait une réelle prospérité.

La simplicité de Louis frappait les étrangers. Ainsi l’Anglais Walter Map entra un jour, dans le palais ouvert à tout venant et y aborda… le roi : « À votre prince, lui dit celui-ci, il ne manque de rien : chevaux de prix, or et argent, étoffes de soie, pierres précieuses, il a tout en abondance. À la Cour de France, nous avons que du pain, du vin et de la gaieté »

Aliénor se mêlait de politique et ne voulait pas de tutelle. Hélas, l’influence de l’abbé Suger diminuait, cette trop jolie femme étant en train de devenir le mauvais génie de Louis. D’abord, elle lança le roi dans une affaire peu reluisante où il ne « marcha » que dans le but de montrer à Aliénor qu’il était un homme. Il s’agissait d’une question de nomination ecclésiastique ; elle poussait Louis à tenir tête au pape Innocent II et à refuser l’archevêque nommé à Bourges. Saint Bernard se fâcha et le pape jeta l’interdit sur le royaume. Vint se greffer là-dessus une affaire de caprice qui tourna mal : Aliénor soutenait sa sœur Pétronille d’Aquitaine, laquelle était follement éprise du sénéchal de France, Raoul, comte de Vermandois. Or, celui-ci était déjà marié avec la nièce de Thibaut, comte de Champagne, qu’il répudia pour vivre avec Pétronille ! Saint Bernard tonna une fois de plus et le pape excommunia ce couple adultère, tandis que Thibaut voulait venger l’honneur de sa nièce. Louis VII prit alors le parti de sa belle-sœur et fit à Thibaut une guerre impitoyable. Une troupe royale s’empara de Vitry et fit périr trois cents personnes dans l’incendie de l’église. Le Champenois capitula en 1 143, puis la guerre reprit. Heureusement saint Bernard força le roi à faire la paix et l’interdit sur le royaume put être levé. Mais des vies humaines avaient été gaspillées pour rien. Uniquement, pour satisfaire deux femmes trop ardentes ! Louis VII en était accablé, le souvenir des brûlés de Vitry le hantait, le remords l’envahissait et son zèle religieux allait reprendre le dessus. Ce qui n’était pas du goût d’Aliénor…

La seconde croisade

Or, juste à ce moment, on reçut d’Orient des nouvelles alarmantes. Le royaume franc, créé à Jérusalem par l’élite de la noblesse française, était en grand péril. À la mort de Foulque d’Anjou, devenu roi de Jérusalem par son second mariage (avec Mélisandre) la couronne revenait à son fils mineur Baudouin III. Minorité qui entraîna la division dont profitèrent les musulmans qui s’emparèrent d’Edesse (tout cela à cause, semble-t-il, de la mauvaise volonté de Raymond de Poitiers, oncle d’Aliénor…)

Louis VII prit très vite une décision. Le jour de Noël 1 145, il annonça solennellement l’organisation d’une nouvelle Croisade. Ainsi pourrait-il expier sa faute de Vitry… Ce ne fut pas l’enthousiasme immédiat, saint Bernard qui venait de réconcilier le roi avec le nouveau pape Eugène III (successeur d’Innocent II), accepta de prêcher à Vézelay et décida même l’empereur Conrad II à se croiser. Louis désirait emmener avec lui Aliénor et ses suivantes. Elle pourrait ainsi le voir dans les exploits qu’il comptait y accomplir. Et puis, mieux valait ne pas la laisser seule trop longtemps à Paris…

Le roi de France et l’empereur germanique partirent, en 1 147, chacun avec une armée de soixante-dix mille hommes. Une fois de plus, l’empereur de Byzance jouait double jeu, et Conrad, excédé rentra chez lui. Louis VII accomplit alors des prodiges de bravoure. L’armée franque se trouvait enfermée, au mont Cadmos, en Pisidie, dans un étroit défilé, bordé d’un côté de précipices profonds et de l’autre de rochers escarpés ; chevaux, hommes, bagages, tout fut poussé dans l’abîme. Le roi Louis VII parvint à s’échapper de la mêlée, gagna une éminence, s’adossa contre un arbre et résista seul à plusieurs assaillants. La nuit venue, le roi profita de l’obscurité pour rejoindre l’avant-garde de son armée, où déjà on le croyait mort. Après la bataille, l’armée du roi de France, qui avait subi de lourdes pertes, parvint difficilement à rejoindre Attalia , le 20 janvier. Le roi dut abandonner les non-combattants et s’embarquer pour Antioche avec ses chevaliers affamés.

À Antioche, l’on retrouva Raymond de Poitiers, Aliénor ne semblait pas insensible au charme de cet oncle encore jeune. Celui-ci conseilla au roi d’aller reconquérir Edesse, tandis que la reine resterait à Antioche sous sa garde… Refus de Louis, qui soupçonnait quelque chose, car les langues se déliaient dans la ville. Le roi voulait aller à Jérusalem, il y emmena de force Aliénor, puis il courut attaquer le régent de Damas, qui ne faisait de mal à personne !

Trop d’incohérences conduisirent à un piteux échec. L’abbé Suger, de Paris, envoyait tous les jours, des messages à Louis pour le prier de rentrer dans son royaume, ce qu’il se décida à faire en 1 149, mais la reine, que la mort au combat de Raymond de Poitiers avait rendue enragée, ne prendrait pas le même bateau que le roi. Elle ne pouvait plus le supporter, il était à ses yeux trop maladroit en amour, il ne pouvait plus la satisfaire. Les deux époux se retrouvèrent pourtant au retour à Tusculum, près de Rome, où le pape tenta l’impossible pour les réconcilier, allant jusqu’à bénir le lit dans lequel ils devaient passer la nuit…

La régence de Suger

Si son ménage battait de l’aile, Louis VII eut au moins la satisfaction, en rentrant de la Croisade, de retrouver son royaume en ordre et prospère. L’abbé Suger, exerçant la régence, avait réussi, malgré un certain mécontentement populaire à l’égard de l’entreprise orientale, à sauvegarder la paix civile et même à remplir les caisses de l’État, tout en secourant les pauvres et sans augmenter les impôts ! Il avait même créé des villes nouvelles comme Vaucresson. Mieux : il avait sauvé la couronne en déjouant le complot du frère du roi, Robert, comte de Dreux, qui voulait s’emparer du trône. Les menaces d’excommunication eurent raison des conjurés que Suger réduisit, mais sans les briser.

Le sévère saint Bernard lui-même lui rendit hommage : « S’il y a, dans notre Église de France, un vase d’honneur et, dans la Cour, un serviteur fidèle comme David, c’est à mon jugement le vénérable abbé de Saint-Denis. Je le connais à fond et je sais qu’il est fidèle et prudent dans les choses temporelles, fervent et humble dans les spirituelles. Mêlé aux unes et aux autres, il demeure, ce qui est on ne peut plus méritoire, à l’abri de toute accusation. »

Dès ce moment, comme dit le moine Guillaume, « le prince et le peuple décernèrent à Suger le surnom de père de la Patrie. »

Et pourtant Suger se faisait encore bien des soucis. D’abord il ne se consolait pas du fiasco qu’avait été la Croisade, et il songeait à enrôler lui-même des hommes pour y repartir. Déjà, il envoyait des fonds à Jérusalem pour aider le roi Baudouin III, enfin majeur, courageux et cultivé, qui parvenait à relever son royaume.

Suger souffrait aussi de voir la mésentente empirer dans le couple royal. Il aida les époux de son mieux pendant deux ans, car il savait bien qu’une rupture conjugale entraînerait la ruine de l’œuvre de Louis VI. Mais il mourut le 13 janvier 1 151, à soixante-dix ans. Ce fut un grand malheur pour la France !

Tout de suite, n’en tenant plus, Louis et Aliénor engagèrent une procédure en vue de faire dénouer leur lien conjugal par l’Église. Le 21 mars 1 152, le concile de Beaugency prononça la nullité du mariage, invoquant la consanguinité. Mais, reconnaissant la bonne foi de l’un et de l’autre au moment du mariage, le concile déclara légitimes les deux filles qu’ils avaient eues : Marie et Alix.

Aliénor s’en allait avec, dans ses bagages, le Poitou, l’Auvergne, le Limousin, le Périgord, le Bordelais et la Gascogne, car elle restait duchesse d’Aquitaine ! C’était un beau parti, d’autant qu’elle n’avait encore que trente ans !

Et qui allait être le nouvel élu ? Tenez-vous bien : Henri Plantagenêt ! lequel avait hérité un an plus tôt de son père Geoffroy, le comté d’Anjou, le comté du Maine et le duché de Normandie ! Ils se marièrent le 18 mai, juste deux mois après le concile de Beaugency, unissant leurs terres qui formeraient un immense État, aux mains d’un vassal du roi de France ! Tandis que Louis VII devrait se contenter de ce que possédait son père : le petit domaine capétien proprement dit…

Ce n’était pas tout : Henri Plantagenêt, qui avait hérité les prétentions de son père Geoffroy, parvint à se faire désigner comme successeur par le vieux roi d’Angleterre, Étienne de Blois. Celui-ci mourut peu après et, le jour de Noël 1 154, Henri Plantagenêt, âgé de vingt et un ans et Aliénor, se firent sacrer roi et reine d’Angleterre. Avec cela, la moitié de la France devenait anglaise !

Situation vraiment épouvantable pour Louis VII. D’autant plus qu’il n’était pas certain de faire le poids devant le Plantagenêt devenu Henri II, prince athlétique et sans scrupule !

Le courage et la force morale du Capétien

Eh bien, le roi de France fit face au malheur avec un courage admirable et un grand sens politique. D’abord, il fit jouer le droit féodal. Son ex-épouse en tant que duchesse d’Aquitaine et le roi d’Angleterre en tant que duc de Normandie et comte d’Anjou, étaient ses vassaux ; donc ils auraient dû lui demander la permission de se marier ! Cela paraît cocasse, mais comme ils ne l’avaient pas fait, Louis VII était en droit de proclamer la confiscation de leurs biens et donc de soutenir activement tous les petits seigneurs normands, angevins et aquitains qui ne voulaient pas obéir au Plantagenêt. À un moment il fut même amené à faire cause commune avec le frère d’Henri II, Geoffroy Plantagenêt, qui réclamait un fief. Puis, quand Henri II prétendit reprendre à son compte les prétentions des ducs d’Aquitaine sur le comté de Toulouse, le roi de France se rendit en personne dans cette ville, auprès de Raymond V, comte de Toulouse, qui venait d’épouser sa sœur, Constance de France. Henri II renonça alors à entrer dans une ville où séjournait le roi de France ; il avait compris qu’il ne pouvait quand même pas tout se permettre ! Quant au comte de Toulouse, cela le rapprochait du roi français, lequel avait fort bien joué…

Louis VII devait aussi, tenir à l’œil les barons du domaine qui chahutaient de temps à autre, mais avec plus de retenue qu’autrefois ; désormais, quand ils étaient cités devant la Cour royale, ils se présentaient. L’autorité du roi avait fait de grands progrès. Même dans les grands fiefs, Bourgogne, Auvergne et autres, il était respecté et son arbitrage réclamé ; une percée commençait à s’opérer vers le Dauphiné, le Vivarais, et la vallée du Rhône où de petits seigneurs demandaient au roi d’immédiatiser leurs terres, c’est-à-dire de les tenir directement de lui.

Sans doute Louis pensait-il souvent à Aliénor et priait-il pour elle, car il savait qu’elle n’avait pas été heureuse longtemps avec cette brute épaisse de Plantagenêt qui la trompait à tour de bras. Mais il fallait que Louis se remariât pour avoir un fils et transmettre la couronne de France !…

Michel FROMENTOUX

Après la Nouvelle-Calédonie, Macron essaie-t-il aussi de brader la Corse ?

Après la Nouvelle-Calédonie, Macron essaie-t-il aussi de brader la Corse ?

A L’OCCASION de la cérémonie organisée le 20 mars pour les dix ans des attentats de Toulouse et de Montauban, Emmanuel Macron a osé déclarer dans son allocution : « L’antisémitisme et l’antisionisme sont les ennemis de notre République ». Au moins les choses sont-elles claires. En tenant ces propos, le chef de l’Etat candidat à sa succession inscrit ses pas dans ceux de Manuel Valls qui, alors ministre de l’Intérieur de François Hollande, avait affirmé en 2014, en marge de l’affaire Dieudonné, que « les juifs sont l’avant-garde de la République ». On ne saurait mieux illustrer à quel point la synagogue est consubstantielle à la République comme le catholicisme l’était à la France royale et traditionnelle. Et cette réalité est de plus en plus prégnante car il y a quelques décennies il était encore possible de critiquer fortement l’entité sioniste, voire de remettre en question sa légitimité historique, politique et juridique sans être accusé d’antisémitisme. 

Nous évoquions la semaine dernière la dissolution en Conseil des ministres de plusieurs organisations pro-palestiniennes, simplement coupables de dénoncer les crimes de l’Eretz à l’égard des Palestiniens, l’association Comité Action Palestine et le Collectif Palestine vaincra. L’Exécutif ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin et pourrait interdire prochainement, à la demande expresse du lobby judéo-sioniste toujours aussi insatiable, d’autres associations comme CAPJPO EuroPalestine (Coordination des Appels pour une Paix juste au Proche-Orient), l’Association France Palestine Solidarité, l’Union juive française pour la paix, BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) qui milite pour le boycott de l’Etat d’Israël en tant qu’occupant et colonisateur. Après la criminalisation du révisionnisme historique, on franchit une étape supplémentaire dans l’oppression avec la diabolisation de la cause palestinienne, de l’antisionisme officiellement assimilé désormais à l’antisémitisme. Renaud, dont l’anticonformisme n’est pas la principale vertu, ne se risquerait plus à chanter aujourd’hui « Palestiniens et Arméniens témoignent du fond de leur tombeau qu’un génocide c’est masculin » (Miss Maggie, 1985). En trente-sept ans les choses ont bien changé et les libertés fortement reculé.

CE PHÉNOMÈNE n’est pas purement français puisque « l’insupportable police juive de la pensée » (dixit feu Annie Kriegel) n’a de cesse de se renforcer dans tout l’Occident. Dernier exemple en date, le 17 mars, en pleine guerre d’Ukraine, le Conseil de l’Europe n’a rien trouvé de plus urgent que d’appeler « les gouvernements européens à assurer la commémoration de l’Holocauste pour combattre l’antisémitisme ». La recommandation du Conseil de l’Europe, un machin mondialiste et supranational, vise à « prévenir de futurs crimes contre l’humanité (pas moins ! Mais, notez-le, pas ceux commis quotidiennement en Palestine occupée !) Le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a adopté très officiellement une « Recommandation relative à la transmission de la mémoire de l’Holocauste et à la prévention des crimes contre l’humanité ». La “recommandation” invite les 46 Etats membres de l’Organisation à « promouvoir l’enseignement et l’apprentissage de l’histoire de l’Holocauste et à transmettre la mémoire de l’Holocauste et des crimes commis par les nazis, leurs complices et leurs collaborateurs, dans le cadre de l’éducation et des politiques publiques ». Le texte d’un conformisme consternant et d’une judéoservilité non moins absolue souligne « le caractère exceptionnel de la destruction de la communauté juive européenne, tout en reconnaissant les autres victimes du nazisme et des autres crimes de masse du XXe siècle. » Etant donné qu’« il y a de moins en moins de survivants de l’Holocauste (on avait plutôt l’impression contraire !) pour apporter un témoignage direct », le Conseil de l’Europe propose « une approche interdisciplinaire de la mémoire, comprenant les documents historiques, les lieux de mémoire, les médias, la musique, l’art et la littérature ». Saluant la “recommandation” qui témoigne en effet d’un courage inouï, la Secrétaire générale, Marija Pejčinović Burić, a déclaré avec grandiloquence : « Apprendre et enseigner l’Holocauste, c’est vital pour prévenir de futurs crimes contre l’humanité. À l’heure où l’antisémitisme s’aggrave, il ne faut ménager aucun effort pour nous souvenir des victimes et faire en sorte que le souvenir se perpétue à l’avenir. Il s’agit d’une part essentielle de notre responsabilité collective de protéger les Juifs et la vie juive en Europe. Cela fait partie de nos valeurs européennes communes ». 

On le voit, toute critique d’un certain lobby ou de l’entité sioniste est assimilable désormais à un potentiel crime contre l’humanité. La tribune du Monde du 7 mars (voir RIV. numéros 3509 et 3510) contre RIVAROL ne dit pas autre chose puisqu’elle nous accuse, de manière ahurissante et complètement arbitraire (on croit cauchemarder tant l’accusation est stupéfiante et grossière), de « faire le lit des génocidaires, d’insulter les rescapés, les familles des victimes et leur mémoire ». On voit à quel point leur République est une idéologie mortifère qui repose sur le déni du réel et sur la diabolisation, la criminalisation des ennemis de l’intérieur. Il y a une logique épuratrice à l’œuvre dans le discours républicain depuis la Révolution française, et cette dimension qui parfois semble s’estomper finit toujours par rejaillir et légitime à l’avance une répression foudroyante contre ceux désignés comme des ennemis à abattre, des pourvoyeurs de haine, des disciples de la discrimination. On exclut au nom du refus de l’exclusion. On tyrannise au nom du refus de la tyrannie.

QUAND LES POUVOIRS PUBLICS ne récitent pas servilement le catéchisme holocaustique et n’enseignent pas la morale (unilatéralement) antiraciste, ils commémorent, ils glorifient des actes de trahison de gouvernements indignes, comme les accords d’Evian de mars 1962. Macron a décidément fait fort cette semaine. Mais il n’en est pas à sa première initiative dans ce domaine puisqu’il avait déjà déclaré lors de la campagne présidentielle de 2017 que la colonisation française en Algérie avait été un crime contre l’humanité. Notez-le bien : pas même un simple crime, mais carrément un crime contre l’humanité. Ce qui, si les mots ont un sens, ouvre la voie à des réparations morales et financières. On le voit, on reste prisonnier de la jurisprudence de Nuremberg. Laquelle ne cesse de nous pousser au suicide en imposant une autoflagellation mortifère.

Or, il était criminel de larguer totalement les possessions françaises. Sans doute des ajustements devaient-ils être faits, des évolutions juridiques, administratives et politiques pouvaient-elles être mises en œuvre mais il eût fallu absolument garder au moins le Sahara avec son pétrole et son gaz naturel. A l’heure où se pose avec gravité la question de notre dépendance énergétique, à l’heure où les prix du gaz et de l’essence explosent, on mesure à quel point ce fut une folie de tout brader comme l’a fait De Gaulle en 1961-1962 sans rien obtenir en contrepartie. On nous parle ad nauseam de la lucidité de l’homme de Colombey, de sa prescience, de sa vision, de sa volonté d’assurer la grandeur de la France mais en réalité c’est tout le contraire qu’il faut dénoncer chez lui. Il a rapetissé notre pays, l’a rétréci au lavage et il n’a nullement œuvré à notre indépendance énergétique qui eût pu être assurée avec le maintien du Sahara dans le giron tricolore. Il y avait 36 façons de traiter l’affaire algérienne, il a fallu que De Gaulle choisisse la 37e, la pire : le bradage total sans rien obtenir en échange pour notre pays. 

SES SUCCESSEURS s’inscrivent résolument dans ses pas : après avoir tout tenté (heureusement en vain jusque-là) pour larguer la Nouvelle-Calédonie riche en nickels et qui, avec les autres confettis d’Empire, nous permet d’avoir le deuxième domaine maritime au monde, voilà que Macron s’est dit prêt à accorder l’autonomie à la Corse, premier pas là aussi vers l’indépendance, et donc vers le largage de l’île de Beauté, ce qui est une infamie. Et pourquoi pas demain l’abandon du Pays basque et après-demain de tout ou partie de la Bretagne ? La faiblesse entraîne d’autres faiblesses, une abdication en suscite d’autres. Il n’est rien de pire qu’un pouvoir faible avec les forts et cruel avec les faibles. 

Un gouvernement digne de ce nom doit veiller jalousement à l’intégrité territoriale du pays dont il a la charge et ne pas participer à son affaiblissement, à son morcellement, à son démantèlement. Il a suffi de quelques manifestations violentes de jeunes Corses indépendantistes protestant contre l’agression en prison par un codétenu allogène d’Yvan Colonna, responsable de l’assassinat le 6 février 1998 du préfet Erignac, pour que Macron, au lieu de rétablir l’ordre et le calme, évoque officiellement l’autonomie de ces deux départements français. C’est un scandale absolu. Il suffit que quelques jeunes excités s’agitent, hurlent, menacent, détruisent et pillent des bâtiments officiels, brûlent ostensiblement des drapeaux français pour que le chef de l’Etat cède à la violence et d’une certaine manière l’encourage, la récompense. C’est insupportable. On est là exactement dans la même politique que De Gaulle avec le FLN algérien, que Rocard, porteur de valises du FLN, avec le FLNKS kanak pour la Nouvelle-Calédonie. Ce sont des comportements antinationaux qui s’assimilent à une véritable traîtrise, à une forfaiture. Las ils ne sont jamais punis. Ni par Thémis ni par le peuple qui reconduit toujours les mêmes. Il est pourtant clair, en politique comme dans la vie, qu’il faut savoir se montrer ferme et inflexible quand l’essentiel est en jeu. Voire conquérant quand on le peut car qui n’avance pas recule, qui n’amasse pas dissipe, qui ne s’impose pas, qui ne se fait pas respecter est immanquablement condamné à la défaite, à la soumission et à la servitude. Comme en atteste invariablement l’histoire des peuples, des nations, des empires et des civilisations.

Éditorial de Jérôme Bourbon, Rivarol 

Macron a droit et raison de ne pas débattre

Macron a droit et raison de ne pas débattre

Beaucoup reprochent à Emmanuel Macron son refus de débattre avec ses concurrents avant le premier tour. Ils méconnaissent ainsi et l’histoire et l’esprit de l’élection présidentielle au suffrage universel direct.
Le président sortant jouit de fait d’une sorte de légitimité, reflet abâtardi de la légitimité royale, et ne saurait sans abus être assimilé à ses concurrents, un peu comme le tenant de la coupe Davis, jadis, n’entrait en compétition que pour le challenge round.

Et puis le débat avec l’adversaire n’est pas constitutif de l’élection présidentielle, ni dans l’esprit de son fondateur, le général De Gaulle, ni dans la pratique de son premier successeur, Pompidou, pourtant moins altier. Sans doute a-t-on pris l’habitude, depuis l’élection de 1974 et l’affrontement Giscard/Mitterrand (« Vous n’avez pas le monopole du cœur ») de voir s’affronter au deuxième tour les deux premiers du premier tour : c’est qu’ils y ont acquis une légitimité et qu’on estime qu’ils portent deux projets suffisamment différents.

Mais les débats du premier tour sont une nouveauté de 2017 dont il n’a pas été démontré qu’ils fussent utiles d’une part, et qui font partie d’un caravansérail médiatique visant à donner au peuple le spectacle de la démocratie, l’illusion qu’il juge de son propre sort après avoir entendu les causes qu’on lui soumet. Comme en font aussi partie les primaires, contrefaçon de démocratie diamétralement opposée à l’intention affichée par De Gaulle de s’opposer au régime des partis et, pour le candidat, d’en appeler directement au vote populaire.

D’ailleurs, on n’a jamais su définir avec précision qui est admis à débattre et qui n’y est pas admis. Il semble que certains candidats soient plus invités que d’autres, en fonction des médias et des sondages, qui sont autant d’instruments d’influence de la ploutocratie et des sociétés de pensée faisant écran entre les candidats et les électeurs. Pour conclure, ces débats sont, du point de vue de l’observateur indépendant, extrêmement douteux. Nul n’est donc tenu de s’y soumettre. Emmanuel Macron, qui n’y a aucun intérêt, peut en toute tranquillité d’esprit s’y soustraire.

Bien sûr, il n’en va pas de même pour le deuxième tour. Les Français ont pris l’habitude du face-à-face entre les deux candidats restants, et il a un sens. Se défiler est une forfaiture signe de lâcheté. Un seul candidat l’a commise depuis cinquante ans, Jacques Chirac en 2002, contre Jean-Marie Le Pen, sous couleur de ne pas se commettre avec le fascisme. Prétexte facile et vain, d’ailleurs contraire aux engagements pris. Le soir du 21 avril 2002, Roselyne Bachelot, alors porte-parole du candidat Chirac, lançait à la télévision que le débat aurait « bien entendu » lieu, « la tradition républicaine » l’exigeant. Mais le président sortant se savait fragile. Et Roselyne faisait demi-tour le lendemain matin : « Jacques Chirac ne souhaite pas ce débat (…) Un candidat doit aussi faire ce qu’il veut ». En vain Jérôme Monod, Patrick Stéfanini et Antoine Rufenacht, directeur de campagne adjoint, pressèrent-ils leur poulain de respecter l’électeur et l’élection. En vain Rufenacht déclarait-il le 23 encore : « Le débat du deuxième tour fait partie de nos traditions démocratiques. Le chef de l’État n’a pas l’habitude de se dérober. » Chirac craignait de se faire démolir et eut le courage de fuir, sous le vertueux prétexte de lutter contre la Bête Immonde, transformant le deuxième tour de la présidentielle en Barnum antifa.

La tradition démocratique et républicaine n’engage que ceux qui en sont les victimes.

Martin Peltier