L’Action Française et la vérité

L’Action Française et la vérité

En tant qu’école de pensée comme en tant que mouvement politique, l’AF a toujours affirmé que l’étape première de son combat était l’acceptation de la vérité. Notons que ce n’est pas fréquent pour un courant politique. La plupart d’entre eux mettent au premier rang une idée (le progrès, la liberté, la Personne humaine, l’individu ou l’émancipation par exemple) une vertu (l’honneur, le courage, le patriotisme, la Foi) un mythe (l’histoire, la race, la classe prolétarienne ou autre). Maurras, lui, choisit la vérité.

Et cette invocation imprégnait à ce point à tous les niveaux la première Action Française que ce vieux chant des Camelots du roi : « Quand on pendra la Gueuse au réverbère » termine un de ses couplets par ces mots devenus aujourd’hui énigmatiques : « …et la vérité ne couchera plus à la Santé. » De fait, Maurras se réfère sans cesse à cette notion dans des aphorismes qu’il parsème par dizaines dans ses articles. Par exemple dans l’AF du 24 décembre 1932 ; « Un objectif : le Bien public, un moyen de l’atteindre : la vérité (…) La vérité sauve. » Voilà également qui est original : la vérité n’est pas un but, c’est un moyen. Comment expliquer une posture si contraire à notre esprit actuel ? C’est que pour les maîtres fondateurs de l’Action Française, la vérité en question ne s’écrit pas avec un v majuscule. Son domaine n’est pas la destinée surnaturelle ou prométhéenne du genre humain mais la physique sociale qui permet de déterminer les chemins de la vie dans les ensembles formés par nos êtres.

Cette vérité sur laquelle Maurras entend s’appuyer, pour ne pas être fondée sur un « absolu », n’est donc pas pour autant modifiable à volonté comme la ligne du Parti Communiste au gré des choix de ses dirigeants. Maurras écrit en effet : « D’après les sociétés de pensée du XVIII° siècle, la vérité se fabriquait ; d’après la philosophie allemande, et dans un sens à peine différent, elle se fait. Nous avons le regret d’avoir à déclarer, dussions-nous être traité, soit de petit Français, soit d’affreux païen, que la vérité est ce qui est. » (AF, 24 septembre 1912). En bon aristotélicien, le Martégal pose qu’il existe des vérités humaines, mais immuables. Et que c’est le réel qui est le vrai. Cela posé, la notion de vérité induite bute sur des questions qui deviennent plus scabreuses à mesure que les siècles passent. Nous en donnons une petite liste :

D’abord, n’y a-t-il pas des vérités qui s’émoussent avec le temps, voire qui deviennent des erreurs ? D’autre part, chaque société connaît des interdits. Que faire quand ce qui est du domaine de la vérité d’une époque devient un crime à l’époque suivante ? Et comment continuer à s’exprimer si l’on est visé par ces interdits ? Ensuite, les stratégies sont-elles déterminées par la simple analyse de la vérité ou l’intuition, le savoir-faire, l’art politique en un mot ? Enfin, qui, dans un mouvement politique, si vénérable soit-il, a le rôle de dire ce qui est la vérité ?

Il est clair que l’Action Française, le plus ancien mouvement politique français, qui continue sa lutte parce que le succès n’est pas venu la couronner, est particulièrement exposée à ce questionnement. Quand on est solidaire de cinq ou six générations successives, on est amené à s’interroger sur le langage et les préoccupations de nos anciens, séparés de nous par un siècle et plus. Tentons tout de même de répondre à ces quatre questions.

 

Que devient la vérité politique avec le temps ? Il y a des choses qui changent rapidement, d’autres lentement et d’autres pas du tout. Par exemple, les alliances évoluent sans cesse au gré des rapports de force, ou des projets collectifs. Sommes-nous les alliés de l’Ukraine ou de la Croatie ? Faut-il favoriser l’importation de machines-outils chinois ? et ainsi de suite. En revanche, qu’en est-il de la définition des constantes de la politique française que l’AF a mises en lumière ? Ainsi la théorie des quatre états confédérés est-elle toujours pertinente aujourd’hui ? Leur modèle a en effet été suivi par d’autres groupes sociaux hostiles, ou devenus tels, à la tradition française, tandis que la voie séparée de certains, décidant de ne pas faire cause commune avec la tradition française, perdait de sa netteté. Plus grave encore, l’idée que l’Église catholique est « La seule internationale qui tienne » correspond-elle toujours à la réalité ? Ou est-elle devenue comme les autres ? Ou même pire que les autres ? Une réalité qui a changé de nature, et sur laquelle la Foi et la raison ne perçoivent pas la même chose. L’AF, alliance des catholiques fervents et des athées patriotes, toujours ? D’autre part, c’est une chose que de dire qu’une réalité a changé, et une autre que de reconnaître qu’elle n’a jamais existé et que notre mouvement s’est fourvoyé gravement sur des points essentiels. Dans ce cas on se demande pourquoi il aurait mérité de survivre jusqu’à aujourd’hui. À l’opposé, est-il légitime de se demander si Maurras ou l’AF ont fait le bon choix historique en considération de leur but, en certaines occurrences cruciales ? Citons le ralliement inconditionnel à Vichy ou l’Union sacrée, qui sont d’ailleurs l’effet du même principe. Il semble que oui : il est permis de se poser ce type de question à la condition expresse de n’apprécier les événements que replacés dans leur contexte, et en restant indifférent aux anathèmes du présent.

Ce sujet nous rapproche de la deuxième question : Que devient la vérité quand certaines formulations sont criminalisées ?

Ne nous cachons pas une réalité qui est une flagrante évidence : Notre société a construit depuis 70 ans une nouvelle échelle de valeurs dotée de marqueurs extrêmement puissants. Des marqueurs qui se traduisent par des sanctions très efficaces pour celui qui ne s’y soumet pas ; en bref, la mort civile pour les individus, la marginalisation ou l’interdiction pour les mouvements ou groupes récalcitrants. Les lois mémorielles et l’énorme corpus législatif anti-discrimination ont accumulé les entraves à la liberté d’expression et de pensée, avec une domination sur les médias sans commune mesure avec ce que nous avons connu jusqu’ici. De plus, les concepts criminalisés sont extensifs. Chaque année on voit que l’interprétation des idées « nauséabondes » dont il faut extirper les promoteurs devient plus large et les peines plus lourdes. Dès lors, quelle doit être l’attitude d’un mouvement de pensée soucieux de sa survie et de son expansion ? Faut-il risquer l’interdiction et la ruine en s’opposant de front à ces lois scélérates ? Ou bien faut-il s’y soumettre en s’efforçant de mettre en lumière que nous ne tombons pas sous le coup de ses dispositions ? N’y a t-il pas une certaine naïveté dans cette dernière attitude, qui suppose la sincérité chez les nouveaux inquisiteurs ? Ne faudrait-il pas plutôt se demander si, avec ses avatars successifs, passant de l’antiracisme classique à l’indifférencialisme, puis au wokisme, cette idéologie n’a pas pour but avéré de détruire tous nos héritages, y compris culturels ? De plus déclarer n’être pas visé par cette machine de guerre en désignant implicitement d’autres mouvements nationaux qui n’ont pas fait le même choix conduit à se désolidariser de tout un pan de la résistance nationale à la décadence. Une attitude que l’AF n’a jamais eue, et qui reste paradoxale à un moment où notre mouvement de pensée est loin d’avoir l’influence qu’elle eut pendant son âge d’or.

 

Ne serait-il donc pas plutôt souhaitable de combattre ces idées en profondeur, sans pour autant s’exposer aux rigueurs des lois idéologiques ? En effet, si une loi peut criminaliser certaines attitudes, elle ne peut formellement interdire les réflexions ayant pour but son abrogation. Ce serait conforme à la vocation de l’école de pensée maurrassienne de tester et rejeter les idées fausses. Bien sûr cela demande un gros effort dans le dialogue. C’est plus difficile que de fermer la bouche aux opposants au nom d’une « stratégie » qui ne définit jamais ses lignes. Car les idées ne sont pas un élément de stratégie. Une stratégie qui conduit à changer les fondamentaux de la doctrine ne peut pas être acceptable car elle échoue d’avance avant même d’avoir tenté de réussir.

C’est qu’en effet, dans un mouvement de pensée, une stratégie n’est pas l’affaire d’une personne, mais un travail collectif et cohérent de recensement et d’évaluation des faits, et par là nous revenons à la notion de vérité. Une personne peut feindre, mentir, jouer avec les mots et les gestes, mais un mouvement de pensée ne peut pas le faire car il s’expose au discrédit du discours imposteur. C’est ainsi que le Parti Communiste, rallié à tout ce qu’il méprisait, est considéré comme une survivance insignifiante par tous ceux qui connaissent encore son existence.

Il en est de même pour le choix des maîtres à penser de l’Action Française. Une tendance constante depuis quelques années est de mettre en avant Pierre Boutang ou Pierre Debray en regard de Maurras. C’est que ces deux penseurs sont moins l’objet de la haine des médias et de l’intelligentsia que l’auteur de « l’Enquête », tel Finkielkraut, qui déclara péremptoirement : « Décidément Maurras ne peut pas être pardonné ». Certes, Debray et Boutang sont de grands esprits, mais l’un comme l’autre a varié. Boutang fut à la fois un gaulliste enthousiaste et un antigaulliste fanatique, dont la pensée écrite, c’est le moins que l’on puisse dire, demanderait une clef pour être décodée. Quant à Debray, après avoir consacré l’essentiel de ses écrits à faire une critique sociale, il se fourvoya dans un militantisme religieux dans lequel il ne recueillit que des avanies, et son royalisme resta le plus souvent de principe.

Reste à répondre à la dernière question : qui doit être écouté pour proposer la vérité politique ? Pour cela, il faut formuler deux évidences : d’abord que l’Action Française n’a pas de propriétaire. Une Société commerciale peut décider de ses produits, de ses choix, en fonction des préférences de ses actionnaires. Il n’en est pas de même pour l’AF qui n’en a pas, puisqu’elle appartient aux Français par le sang et le cœur. Si des aggiornamentos doivent être effectués, ce ne peut être qu’à la suite d’un débat ouvert, non à la suite de décisions unilatérales de ses organes directeurs, même s’ils se pensent conduits par une inspiration divine. D’autre part, et c’est une conséquence de ce qui précède, le légalisme doit rester secondaire. Il ne sert à rien d’entasser les arguments juridiques sur la légitimité de ces organes et de leur composition si leurs décisions restent sans prise sur le réel. Même si une excellente gestion des hommes et des moyens est avancée pour justifier leur légitimité.

Il découle de ce qui précède que l’AF doit rester ouverte à tous les Français, quelle que soit leur religion, leur philosophie et les préférences auxquelles ils adhèrent à la condition qu’ils n’envisagent que le salut national et soient convaincus de la nécessité de la monarchie. Ceci implique une diversité raisonnable d’options, tout en respectant la discipline du Mouvement. Nous en manquons pour l’instant. Pourtant ce débat ne serait pas un facteur de division, à la condition de mettre une sourdine aux questions personnelles, aux querelles de boutique, aux violences et aux ragots qui nous discréditent. Il est indispensable de remettre sur le métier la trame de salut collectif que voulut tisser Maurras il y a 130 ans.

Robert Divoz
Macron peut dire merci à Poutine : le président français est sûr désormais d’être réélu !

Macron peut dire merci à Poutine : le président français est sûr désormais d’être réélu !

EMMANUEL MACRON peut remercier Vladimir Poutine. Grâce à l’invasion russe de l’Ukraine le jeudi 24 février, un conflit très préoccupant que nos différents rédacteurs décryptent et analysent longuement dans ce numéro spécial, le président français est désormais certain d’être réélu deux mois plus tard jour pour jour, le dimanche 24 avril. Le chef de l’Etat était certes déjà le favori de l’élection présidentielle de ce printemps avant ces événements mais, jusque-là, un de ses concurrents pouvait espérer l’emporter en se glissant habilement dans un minuscule trou de souris. Tout cela est désormais derrière nous. Osons le dire, même si ce n’est pas de gaieté de cœur mais il faut toujours voir la vérité en face, aussi cruelle soit-elle : le match est plié. La partie est jouée avant même d’avoir commencé. Oui, nous en prenons aujourd’hui les paris : Macron sera hélas confortablement réélu. Peut-être même triomphalement.
En effet les graves crises et les guerres ont invariablement pour conséquences immédiates, au moment où elles se déroulent (après, cela peut certes être différent), d’augmenter fortement la cote de popularité et de confiance de l’Exécutif. Les peuples, en cas de danger, réel ou ressenti comme tel, ont tendance naturellement à se regrouper, à se resserrer autour du pouvoir en place. Par loyalisme, par peur et refus de l’aventure, par esprit grégaire, par conservatisme, par pleutrerie “nationale”, par volonté à tout prix d’être protégé, de ne toucher à rien, de ne rien changer qui puisse aggraver en quoi que ce soit la situation. Cela s’observe et se vérifie toujours et partout. Pour ne parler que de l’histoire récente (mais on pourrait remonter bien plus loin), rappelons que le président François Mitterrand et son Premier ministre Michel Rocard n’ont jamais été aussi populaires que pendant la Première Guerre du Golfe arabo-persique en 1991 à laquelle hélas notre pays a participé militairement. Douze ans plus tard, le président Jacques Chirac et son Premier ministre Jean-Pierre Raffarin ont atteint, à leur tour, en 2003, des sommets de popularité lors de la Seconde Guerre du Golfe à laquelle cette fois, fort heureusement, la France ne participait pas.

NON SEULEMENT Macron sera réélu pour un second mandat de cinq ans, mais il aura d’autant plus les mains libres qu’il ne pourra pas briguer un troisième quinquennat et donc qu’il n’aura pas aucun souci pour adopter des mesures impopulaires, répressives, coercitives et liberticides.

Jusque-là, beaucoup d’observateurs de la vie politique pensaient que, s’il était réélu, il aurait néanmoins le plus grand mal à disposer d’une majorité parlementaire à l’issue des élections législatives des 12 et 19 juin. Là encore, il s’agit désormais d’une histoire ancienne car, comme l’a annoncé, presque avec gourmandise, le président lors de l’inauguration du Salon de l’agriculture le 26 février, la guerre va durer et elle aura des conséquences lourdes et durables sur notre vie quotidienne, sur le prix des énergies, des denrées alimentaires, sur l’équilibre et la stabilité de l’Europe et du monde, etc.
Et en effet plus la guerre dure, plus le conflit s’enlise, s’envenime voire s’intensifie, plus c’est bon pour Macron qui apparaît alors, aux yeux de beaucoup de naïfs et de pusillanimes, comme le sauveur de la nation, comme le taulier, comme le chef, le guide auquel il faut dans la tempête accorder sa confiance. Le chef de l’Etat, fort habilement, a déjà renoncé au premier et grand meeting qu’il devait tenir le samedi 5 mars à Marseille. Il a également retardé l’officialisation de sa candidature présidentielle qui devrait intervenir au tout dernier moment, à la fin de la collecte des signatures d’ici quelques jours. Le président sortant n’aura pas besoin de faire campagne, de défendre son bilan et même de développer un projet construit, élaboré. Il n’a même pas besoin d’avoir du talent, c’est l’actualité qui désormais en est pourvu en permanence.

TOUT en effet est écrasé par la guerre en Ukraine qui occupe et sature l’espace médiatique dans la presse écrite, à la radio, à la télévision et singulièrement sur les chaînes d’information continue. Les concurrents et adversaires de Macron sont désormais tous inaudibles. Ils n’existent plus. Ils sont là juridiquement, mais ils ont disparu politiquement. Leur existence est légale mais leur candidature est létale. Ils parlent mais personne ne les écoute. Ils promettent mais leurs paroles s’évaporent. Elles n’impriment pas. Ils se débattent dans les flots médiatiques mais en vain. Ils sont noyés, submergés, écrasés, ventilés. Ils sont déjà morts et ils ne le savent pas encore. Ils croient encore être là mais ils ont disparu des radars. Pour reprendre les mots de saint Paul dans son Epître aux Corinthiens, ils ne sont qu’airain qui résonne, que cymbale qui retentit… dans le néant ! Les critiques mêmes du président tombent à l’eau : en période de guerre comment peut-on critiquer durement, et de manière efficace, le pouvoir en place sans paraître manquer à la décence et à l’unité nationale ? Voilà le piège dans lequel se trouvent les concurrents de Macron qui servent tous de faire-valoir.
C’est si vrai que le Haut-commissaire au Plan, le très macronien François Bayrou, a lui-même fait savoir publiquement qu’il accorderait sa signature à Marine Le Pen pour qu’elle puisse concourir à la présidentielle comme une grande. Croit-on qu’un pouvoir se comporterait avec autant d’aménité à l’égard d’une opposition ferme, résolue, véritable et conquérante au point de l’aider activement à se présenter à un scrutin considéré comme essentiel pour l’avenir du pays ? Croit-on que la Macronie doute de ses forces pour ainsi distribuer, telle une pitance, à différents candidats dits populistes, de Mélenchon à Zemmour en passant par Marine Le Pen, de précieux parrainages ? Bayrou a même encouragé les édiles à accorder leurs précieux paraphes aux petits candidats n’ayant pas encore obtenu le seuil indispensable des cinq cents signatures, de Taubira à Dupont-Aignan en passant par Poutou et Asselineau. Que de prévenances ! Que d’élégances ! Que de complaisances ! Que de condescendance ! On le voit, ce scrutin sera une farce, un jeu où les dés sont pipés, où les acteurs jouent le rôle qui leur est assigné dans la pièce de théâtre et où l’on connaît déjà le gagnant.

LES RALLIEMENTS à Macron d’ailleurs se multiplient, et ce n’est sans doute pas fini. Les derniers en date, c’est d’une part le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le chiraquien Renaud Muselier, ce qui n’est certes pas une surprise puisqu’il avait quitté les Républicains il y a quelques mois, ne les jugeant pas assez imperméables à « l’extrême droite », et c’est d’autre part l’ancien ministre socialiste de la Défense, Jean-Pierre Chevènement, ce qui est là aussi un atout pour Macron qui entend prouver qu’il peut séduire et ramener à lui des républicains des deux rives. C’est pourquoi, même si la République en marche et ses alliés  n’obtenaient qu’une majorité relative à l’issue des législatives (mais peut-être, avec les événements actuels, obtiendront-ils à eux seuls une majorité absolue comme en juin 2017, c’est loin d’être inenvisageable), ils n’auraient guère de souci pour gouverner pendant cinq ans. En juin 1988, le Parti socialiste et son allié du Parti radical de gauche n’avaient pas obtenu la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Cela ne les a pas empêchés de gouverner le pays jusqu’au terme de la législature, en mars 1993. Le gouvernement de Michel Rocard, puis d’Edith Cresson, enfin de Pierre Bérégovoy s’appuyait en effet tantôt sur les centristes, tantôt sur les communistes pour obtenir une majorité pour tous les projets de loi. Et de fait le pouvoir socialiste a toujours pu faire voter les réformes qu’il entendait mettre en œuvre. N’en doutons pas : il en irait de même si la Macronie n’obtenait pas la majorité absolue au Palais-Bourbon le 19 juin au soir. Il y aurait en effet suffisamment de députés socialistes, LR ou non-inscrits pour assurer le vote des textes voulus par le gouvernement.

Au reste, Macron qui fut banquier d’affaires n’a pas son pareil pour séduire des adversaires, leur taper sur l’épaule, les papouiller, leur faire de larges sourires, leur envoyer, même nuitamment, des SMS, disant presque amoureusement « tu me manques » comme la presse l’a révélé. On a ainsi appris que le chef de l’Etat avait invité son prédécesseur Nicolas Sarkozy à l’Elysée le jour où il soufflait ses 67 bougies, le 28 janvier dernier, qu’il lui avait offert un repas gastronomique et qu’il avait même poussé la délicatesse jusqu’à lui offrir une boîte de chocolats de la marque préférée de Sarkozy. On s’explique dans ces conditions que l’ex-maire de Neully ne soit nullement pressé de soutenir une Valérie Pécresse qui de surcroît s’effondre dans les intentions de vote et mène une campagne en tous points catastrophique au point d’accorder un entretien à la revue homosexualiste Têtu où elle dénonce les positions “LGBTphobes” et se prononce pour une plus grande ouverture des écoles aux associations LGBT et à l’idéologie transgenre ! La chiraquienne Pécresse est décidément une Macron en Jupon ! Mais si c’est pour faire la même politique,  Macron est bien plus doué qu’elle (et d’ailleurs que Marine Le Pen !) dans la gestion et la manipulation des ressources humaines ! Ainsi que le disait crûment un fin connaisseur de ses milieux, le communautaire Alain Minc, l’activité professionnelle de Macron, à la banque hier, en politique aujourd’hui, c’est « un métier de put… ». Et dans ce domaine de cirage de pompes, de manipulation, de séduction, de reptation, Macron est incontestablement un orfèvre.

Sa réélection sera assurément un désastre pour le pays car il bénéficiera d’une autoroute pour mener à bien ce que bon lui semble : la réforme des retraites, l’accroissement de la fiscalité et des contraintes de toutes sortes sur les classes moyennes, l’utilisation du passe sanitaire et du passe vaccinal comme outil de contrôle et de surveillance de la population, l’accélération des flux migratoires sous les habituels prétextes humanitaires (et avec la guerre actuelle et ses conséquences imprévisibles il ne va certes pas en manquer), la mise en œuvre de la gestation pour autrui, l’allongement des délais légaux d’avortement déjà passés à 14 semaines depuis le 23 février, la fin de l’école à la maison programmée pour 2024, la légalisation de l’euthanasie active et du suicide assisté, la dépénalisation des drogues, les persécutions accrues des établissements confessionnels hors contrat et des automobilistes, le vote et l’application de législations toujours plus liberticides au nom de la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations, ainsi que l’a annoncé le Premier ministre Jean Castex lors du sacro-saint dîner du CRIF ce 24 février. Oui, décidément, Poutine, sans le vouloir, a rendu un fier service à son homologue quadragénaire et vibrionnant.

Source : Edito de Rivarol 

Leçon d’Ukraine

Leçon d’Ukraine

Ils ont raison. Kiev a été russe. Ce n’est pas à nous qu’il faut le dire. Nous nous rappelons bien que la princesse Anne, fille de Iaroslav, épousa Henri Ier et fut l’arrière-arrière-grand-mère de Philippe Auguste. Ils ont raison, la Russie est devenue un empire multi-ethnique sous les tsars, qui s’est étendu sous leurs successeurs communistes avant de se réduire un peu dans les années quatre-vingt-dix. Ils ont raison, toujours, de relever que depuis la même époque, l’OTAN a connu un spectaculaire Drang nach Osten, et que, la crise des missiles à Cuba en 1963 l’a montré, les Etats-Unis ne tolèreraient pas de bases adverses à leurs frontières.

Ils n’ont pas tort non plus de noter que la terre qu’on nomme Ukraine est peuplée d’ethnies diverses, et que d’autres puissances que la Russie l’ont possédée et marquée. Ils n’ont pas tort, seul l’extrême-est et la Crimée sont aujourd’hui russes. Ils n’ont pas tort, les Bolcheviques ont si profondément martyrisé l’Ukraine qu’ils y ont semé une aversion pour la Russie qui aurait pu changer la face de la seconde guerre mondiale si les Allemands avaient été moins sots. Ils n’ont encore pas tort, si abusive qu’aient été la politique de l’OTAN et celle de l’Ukraine ces dernières années, elles n’approchent pas celle de l’URSS jusqu’à 1989. La Russie a sans doute un grand chef, mais la guerre qu’il mène n’est pas plus légitime qu’une autre. L’Ukraine a sans doute un clown pour président, mais elle n’est pas une nation moins légitime que, disons, le Belarus. Moscou a rapatrié ses ressortissants du Kazakhstan, il peu les rappeler aussi d’ailleurs, des endroits d’Ukraine où ils sont très minoritaires, ou des pays baltes. Ce serait un gage de bonne volonté.

Mais le plus fort a toujours raison, c’est ce que ce brave Poutine entend montrer aujourd’hui. L’Amérique a manqué le coche, elle n’a pas écrasé la puissance russe quand elle en avait les moyens : depuis, celle-ci s’est requinquée militairement et joue sa partie, et la politique outrecuidante que mène Washington lui vaut aujourd’hui ce revers.

Maintenant, l’empire multi-ethnique russe n’est pas plus réjouissant que l’empire multi-ethnique américain, et il faut rappeler qu’ils se sont ligués pour nous faire perdre, à nous Européens, nos empires, en même temps qu’ils nous enrôlaient dans leur guerre froide. Autrement dit, c’est clair, c’est évident, mais il ne faut jamais cesser de le redire : l’Europe ne s’est jamais remise de la seconde guerre mondiale. La seule chose que nous ayons fait de bien depuis, c’est la force nucléaire.

Que faire maintenant ? Pas envoyer Sarkozy, Védrine ou Tartempion causer avec le Kremlin. Mais se taire, et se rappeler que le premier devoir de tout gouvernement est la puissance. La seule justification de l’Etat est la protection qu’il offre à la nation. Saint Louis estimait que le roi devait être fort, juste et prudent. Pas mieux. Nous devons travailler en silence et sans que cela se voie, comme le grain sous la terre, à retrouver de la puissance.

La guerre actuelle a un côté pédagogique : depuis que l’armée russe est entrée en Ukraine, on redécouvre ici la vertu des frontières. Là-bas, il est légitime de défendre une frontière. Là-bas, l’envahisseur est mal vu. Prenons-en de la graine. Redevenons maîtres de nos frontières. Et travaillons à rendre possible ce qui est nécessaire : le renvoi des millions d’envahisseurs qui sont sur notre sol.

Martin Peltier

Russie – Ukraine

Russie – Ukraine

L’heure est grave. L’Otan ou Empire du mensonge, selon le mot de V. Poutine dévoile son jeu et sa nature véritable. Et choisir entre la cage aux folles de l’homosexualisme globalisé des Macron et des Trudeau ou la démocrature postsoviétique de Poutine n’est pas difficile. 

Il faut que chaque homme libre comprenne que la menace mortelle qui pèse sur toute vie humaine croît avec l’Empire du mensonge, bras armé du judaïsme politique antéchristique, du Great Reset et du transhumanisme.

Dans un conflit il est fréquent que les torts soient partagés. On assiste pourtant à une situation parfaitement unilatérale, ou la partie russe et pro russe n’a aucune part ou presque dans la dégradation de la situation depuis les accords de Minsk 2 de 2015 ou depuis 1991, selon la date que l’on voudra retenir. Ne nous y trompons pas cependant, l’Ukraine est une nation ancienne et comme sa voisine polonaise, elle a des souvenirs amers de la domination russe d’une part et judéo bolchevique de l’autre. Faute d’un procès des crimes du communisme, faute d’une reconnaissance des torts fait par la Russie soviétique dominée par les juifs rouges, de nombreux contentieux demeuraient irrésolus.

Sans vérité pas de pardon, sans vérité pas de paix. Faute d’une vraie introspection sur la période soviétique, la Russie répète et perpétue depuis trente ans les mensonges de la propagande stalinienne : ainsi en va-t-il du motif de « la grande guerre patriotique » présentée comme la défense de la mère patrie alors qu’elle fut une guerre de conquête qui commença par l’occupation de la Finlande. Il en va de même de l’antifascisme de pacotille dont la Russie de Poutine est un des fers de lance : lois ‘mémorielles’ sanctionnant la recherche et la vérité historiques, lois scélérates, persécutions contre les nationalistes russes et les dissidents, prise de participation dans le faux culte shoatique. Dans cet ordre d’idée, V. Poutine et ses relais d’hier et d’aujourd’hui emploient de façon hallucinée une rhétorique « antinazie » lorsqu’ils parlent de « denazifier » l’Ukraine ou de lutter contre les partisans de Stepan Bandera, le Maurras Ukrainien, mort il y a un demi-siècle !

Ces éléments de propagande fonctionnent bien en contexte russe, du fait du maintien du statut quo mémoriel néostalinien. Lorsqu’on entend cette rhétorique dans les médias français, cela a pour effet de faire passer V. Poutine pour un jobart et facilite son assimilation à un dictateur de film de série B. Une chose est vraie cependant, si les nationalistes ukrainiens étaient des idiots, ils ne prolongeraient pas les stéréotypes antirusses pour se concentrer sur les vrais auteurs des malheurs de l’Ukraine : ses (((oligarques))). De même, ils ont eu huit ans pour nous montrer qu’ils voulaient et qu’ils pouvaient faire une révolution nationale, au lieu de quoi ils ont préféré martyriser les populations russophones de l’Est de l’Ukraine pour le compte et sous la bannière de l’Otan comme en témoignent les photos que ces hooligans exhibent sur les réseaux sociaux.

Au lieu de faire le coup de feu contre d’autres Ukrainiens dont le gouvernement de Kiev viole les droits culturels, historiques et politiques, les nationalistes ukrainiens devaient finir la révolution de l’EuroMaidan en faisant le siège de la Rada occupée par le judapo. Ils ont préféré mener une guerre fratricide. L’heure est passée. Ces choix funestes signent la fin d’une voie nationaliste révolutionnaire en Ukraine qui a préféré servir Israël et sa diaspora plutôt que de venger leurs morts de l’Holodomor.

 Le sens des priorités, ne doit pas nous faire sacrifier le sens véritablement apostolique de la vérité, de la justice, de la nuance aussi, au risque de compromettre nous aussi, les chances de la Révolution nationale. L’heure est grave. La priorité désormais est de contraindre le gouvernement français de fait, de cesser toute manœuvre de belligérance, telles que les livraisons d’armes au gouvernement fantoche de Kiev. Il en va peut-être de notre survie. 

Monsieur K

Une ultime transgression du droit à la vie

Une ultime transgression du droit à la vie

Le projet de loi allongeant le délai pour avorter a été définitivement adopté le 23 février 2022. Le quinquennat du chef de l’Etat français s’achève ainsi sur une ultime transgression du droit à la vie.

Le bilan du quinquennat d’Emmanuel Macron quant au progrès de la culture de mort est largement positif : après l’extension de la procréation médicalement assistée aux femmes seules et aux couples de femmes, la conservation d’ovocytes à fins de recherche, l’autorisation des embryons chimères homme-animal, et désormais l’élargissement du délai à l’avortement largement adopté.

Pour adopter le texte « renforçant le droit à l’avortement », il convenait d’aller vite. De passer en force diront certains, car la session parlementaire – élection présidentielle oblige – doit s’achever le 28 février prochain.

« Le Royaume-Uni va jusqu’à 24 semaines, la Suède jusqu’à 18, l’Espagne 14 semaines. Donc en France, on n’est pas vraiment en avance », fulmine Albane Gaillot, députée LREM qui porte le projet depuis plusieurs mois.

Sans surprise, le texte a été adopté par les députés, sur le fil, après une navette parlementaire de trois lectures, et un rejet systématique du texte par le Sénat. La nouvelle loi adoptée par la majorité présidentielle prévoit désormais :

– l’allongement des délais d’accès à l’avortement de douze à quatorze semaines de grossesse ;
– l’autorisation donnée aux sage-femmes de pratiquer des IVG instrumentales ;
– la création d’un répertoire des professionnels et des structures pratiquant les IVG.

L’association Alliance Vita, dénonce une « loi votée au forcing ». « Il est indigne que l’avortement se transforme en variable d’ajustement du gouvernement en toute fin de mandat.

« Le président de la République s’était lui-même prononcé à plusieurs reprises contre l’allongement des délais disant mesurer “le traumatisme que c’est d’avorter” avant que le gouvernement ne reprenne par surprise, sans étude d’impact, cette loi à son compte en décembre dernier », dénonce l’association dans un communiqué.

Le renforcement d’un prétendu droit à l’avortement est-il d’ailleurs une priorité pour ce que les députés sont censés représenter ? Pas vraiment, si l’on regarde un sondage IFOP réalisé en octobre 2020, selon lequel 92% des Français estiment que « l’avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes » et près de trois quart (73%) d’entre eux jugent également que « la société devrait davantage aider les femmes à éviter le recours à l’Interruption de grossesse ».

D’aucuns voient, dans le feu vert donné au projet par le chef de l’Etat français, un appel du pied à la gauche et aux progressistes de façon plus générale, à quelques semaines d’un scrutin qui peut réserver des surprises : une analyse que tempère Frédéric Dani, directeur général de l’Ifop, qui doute que l’extension du délai d’avortement ou de la PMA soit un « marqueur assez distinctif » pour rassembler derrière lui l’aile gauche de son électorat.

Quoi qu’il en soit, aucun candidat déclaré à l’élection présidentielle n’a souhaité revenir sur le droit à l’avortement… Pour information, en 2020, 222 000 IVG ont été enregistrées en France, dont 16 % durant les deux dernières semaines d’un délai légal désormais rallongé de deux semaines. Ce qui ajoutera 2000 avortements par an selon les estimations : 2000 assassinats d’enfants innocents, un crime qui crie vengeance contre le Ciel.

Sources : Alliance Vita/La Croix – La porte latine 

Ce qu’on ne vous dit pas à propos du Grand Remplacement

Ce qu’on ne vous dit pas à propos du Grand Remplacement

La macronie ne recule devant rien pour ouvrir la voie à une société de plus en plus mortifère. Et de ce point de vue la crise du covid 19 et la tyrannie sanitaire dont elle a été le théâtre et le prétexte favorise ses desseins. De même que l’on facilite les procédures et que l’on raccourcit les délais pour divorcer, de même que le Parlement a voté la possibilité de changer de patronyme sans aucune raison, au moins une fois dans sa vie, ce qui détruit encore davantage la famille, le rattachement à des racines et efface encore un peu plus la figure du père décidément honnie, de même qu’a été légalisée la PMA sans père, voici que par un décret publié le 19 février il est désormais possible d’avorter en téléconsultation jusqu’à neuf semaines d’aménorrhée. Mise en place pendant le confinement en 2020, cette mesure consistant à permettre aux femmes voulant avorter d’être reçues en téléconsultation par un médecin ou une sage-femme et de pouvoir retirer leur prescription mortifère dans une pharmacie proche de leur domicile et d’avorter seules chez elles avait été présentée comme provisoire. C’est toujours ainsi que les tenants de la culture de mort et du meurtre de masse procèdent : on présente des mesures objectivement criminelles comme expérimentales, transitoires, à l’essai et finalement non seulement on les inscrit dans la durée mais on en aggrave sans cesse la nocivité et l’horreur. Le délai de l’avortement médicamenteux à domicile est donc officiellement et définitivement rallongé, passant de cinq à sept semaines de grossesse, soit de sept à neuf semaines d’aménorrhée. Tout est fait, on le voit, pour faciliter, favoriser, démultiplier l’accès à l’avortement. Et naturellement on ment de manière éhontée en faisant croire aux femmes que l’acte en lui-même est anodin et n’a rien de traumatisant. Or, une jeune femme ayant hélas avorté à domicile confiait ces jours-ci sur Twitter que, contrairement à ce qu’on lui avait dit, ces avortements à domicile ne s’apparentent nullement au simple fait de prendre un cachet : « Hier, j’ai avorté. Et je crois qu’il faut que j’en parle parce que ce que j’ai vécu est finalement très loin de l’idée que j’en avais. […] J’ai l’impression qu’on cache une partie de la violence du procédé. » Eh oui, tuer un être humain, la chair de sa chair, le fruit de ses entrailles, c’est tout sauf un acte anodin, cela ne peut se réduire à prendre un cachet et se dire : après, c’est fini, on passe à autre chose. Il y a un mensonge énorme dans la propagande abortive qui est de faire croire que pratiquer une IVG, comme ils disent, c’est un acte banal, sans conséquence, comme prendre le métro ou faire ses courses.

Et ils vont toujours plus loin dans l’horreur et la folie : ce mercredi 23 février, l’Assemblée nationale vote en dernière lecture la proposition de loi du député, Madame Albane Gaillot, qui étend les délais pour avorter, cette fois-ci de manière chirurgicale, de douze à quatorze semaines de grossesse. La loi sera promulguée dans les jours qui viennent. Un allongement des délais qui conduit à écraser la tête du fœtus, à s’acharner sur lui pour qu’il meure alors qu’il a déjà tout d’un être humain, un cerveau, un cœur qui bat et qui ne demande qu’à aimer et à être aimé, des bras et des jambes, une âme immortelle. Les parents sont toujours émerveillés de la première échographie de leur enfant où déjà se dessine un petit homme, où prend forme dans le ventre de la mère leur progéniture, ce qui sera leur plus grand bonheur, leur plus grande fierté, où l’échographiste donne à entendre les battements du cœur du bébé.

On nous parle beaucoup pendant cette campagne électorale du Grand Remplacement. Le bigame Eric Zemmour en fait le cœur, le centre de ses discours et de ses préoccupations. Valérie Pécresse elle-même a employé à plusieurs reprises ce terme pour essayer de retenir ses électeurs tentés par la thématique de l’ancien journaliste. Désormais Jordan Bardella, président par intérim du Rassemblement national, utilise également ce concept que rejetait pourtant il y a peu encore Marine Le Pen qui y voyait sottement la marque d’un esprit complotiste. Mais ce qu’aucun des candidats à la présidentielle ne dit, c’est qu’il n’y aurait pas de Grand Remplacement, ou plus exactement que ce phénomène n’atteindrait pas l’importance, la gravité qu’il revêt s’il n’y avait pas chaque année en France l’avortement, c’est-à-dire le froid assassinat, d’environ 220 000 enfants français parfaitement viables et éliminés, sacrifiés sur l’autel de l’individualisme, de l’irresponsabilité, d’un égoïsme monstrueux, d’un refus de la vie et de la transmission.

Or ni Valérie Pécresse, ni Marine Le Pen, ni Eric Zemmour, ni aucun autre candidat susceptible d’obtenir d’ici le 4 mars les 500 précieux parrainages ne remet en question, même à la marge, ce permis de tuer, ces assassinats industriels. Pas plus qu’ils n’entendent limiter, restreindre, décourager la contraception de masse qui, elle aussi, est mortifère. Zemmour et Le Pen se sont publiquement prononcés pour la gratuité de la pilule pour les jeunes femmes jusqu’à 25 ans. Drôle de façon de vouloir lutter contre le Grand Remplacement. Car si les jeunes Françaises, les jeunes Européennes ne veulent plus d’enfants, à cause des contraintes que les grossesses et les naissances engendrent, alors, immigration ou pas, nous sommes perdus. Et c’est bien le problème actuellement : le refus de la vie. Lorsque j’étais au lycée à la fin des années quatre-vingt, j’étais déjà étonné de la façon dont on nous parlait de la grossesse qui était presque assimilée à une maladie, à un danger, à un grand malheur. Et les médecins qui venaient faire l’apologie du préservatif masculin censé protéger du sida insistaient surtout déjà sur les dangers d’avoir un bébé. On nous répétait qu’il fallait nous protéger avec le port de ce plastique infâme, comme on nous dit aujourd’hui de la même façon qu’il faut nous protéger avec le port du masque sur la bouche et sur le nez mais en réalité c’est la même logique mortifère et contre-nature qui est à l’œuvre : le refus de la vie, de l’engagement, de la transmission, du don de soi, le fait de considérer l’autre, non comme une personne à aimer, avec laquelle on peut construire quelque chose de solide, de sain, de durable, d’authentique si l’on s’entend bien et que l’on a des convictions communes, des centres d’intérêt semblables, mais comme un danger potentiel qu’il faut fuir ou dont il faut se défier en se protégeant par le port de masques ou de condoms. On est là à des années-lumière d’une société civilisée, raffinée, conquérante, pleine de vitalité, de joie, d’espérance, d’enthousiasme, qui aime et diffuse la vie, qui n’hésite pas à risquer, à se donner, à se sublimer, à se dépasser, à se transcender.


Certes, l’immigration massive que nous subissons à jets continus depuis des décennies est une menace sérieuse pour l’avenir de notre peuple, de notre nation, de notre continent, de notre civilisation. Mais il est plus grave encore que la submersion extérieure, c’est la subversion intérieure. Il y a un danger plus périlleux que les agressions externes, c’est la dissolution, l’effondrement, la démission interne, le suicide assisté.  Les Canadiens français, bien que dominés politiquement, ont résisté au Québec pendant plusieurs siècles face aux assauts du Canada anglophone et protestant grâce à leur foi catholique profonde, à leur vitalité démographique, à leur conscience nationale, à leur rayonnement spirituel. Mais tout s’est effondré à partir de la révolution tranquille de 1960 et des années et décennies qui ont suivi. De même les Espagnols catholiques ont mis plusieurs siècles à reconquérir leur intégrité et souveraineté territoriales lors de la Reconquista, mais ils y ont parfaitement réussi, précisément parce qu’ils avaient conservé de fortes convictions religieuses et nationales, qu’ils croyaient en eux-mêmes, à la justesse, à la noblesse de leur cause. On peut être minoritaire à un moment donné dans son pays, c’est certes un grand malheur qu’il ne faut souhaiter à personne. On peut toujours espérer reconquérir ce qui a été momentanément perdu, et en attendant conserver ce qui peut l’être, refuser le métissage, l’abdication de sa foi, de ses convictions, de son idéal. Mais si l’on n’a plus aucune certitude, aucune colonne vertébrale, aucune racine à laquelle se rattacher, si l’on ne sait plus d’où l’on vient, qui l’on est, où l’on va, si l’on n’a aucun attachement à la terre d’où nous venons et où nous retournerons, si l’on ne sait plus si l’on est un homme ou une femme, si demain on peut décider de changer de patronyme, de genre, d’identité, d’orientation sexuelle, de partenaire, de nationalité, de religion, comme l’on change de chemise, si l’on refuse absolument le principe de la transmission, de la vie, alors il n’y a plus aucun avenir, plus aucun espoir possible. Il n’est plus qu’à tirer l’échelle.
Macron règne actuellement sur les ruines de la gauche et de la droite non pas seulement à cause de la faiblesse et de la médiocrité de ses concurrents, et de l’atomisation, de l’éparpillement de l’offre politique mais aussi parce que les autres partis, les autres candidats, tout autant qu’ils sont, ne proposent en rien une réforme intellectuelle, morale et spirituelle. Ils ne sont en rien une véritable alternative au macronisme cosmopolite et mortifère. Aucun n’appelle, et pour cause, à une révolution des âmes, précisément parce qu’ils n’ont en eux aucune flamme, aucune doctrine, aucun principe directeur. Il n’est que de voir leur vie, leur parcours, leur profil, leur carrière pour s’en convaincre. Plus d’un quart des Français disent actuellement qu’ils ne se déplaceront pas pour voter lors de la présidentielle. Beaucoup de nos compatriotes considèrent cette campagne morne et sans intérêt. Mais comment pourrait-il en aller autrement lorsque l’essentiel est mis de côté, nié, occulté ? Car ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre mais de nourriture qui réchauffe le cœur, élève l’esprit, dilate les volontés, éclaire les intelligences et rassasie l’âme.

Source : Éditorial de Rivarol Gérome Bourbon

Pécresse et Zemmour, la course au chiqué

Pécresse et Zemmour, la course au chiqué

Anne Hidalgo ne déçoit jamais. Valérie Pécresse ayant utilisé lors de sa grande réunion au Zénith l’expression « grand remplacement », elle a déploré que la candidate des républicains ait « franchi un Rubicon de plus ». C’est joli comme la gauche. Et c’est conforme à la fois à l’amnésie ordinaire et au concert prévu. Il s’agit de noter que Valérie Pécresse reprendrait des thèmes et des mots « d’extrême droite ». Or, lors de la primaire des républicains, la Démosthène d’Ile de France avait déjà lancé : « J’ai la conviction que nous ne sommes condamnés ni au grand déclassement ni au grand remplacement ». Les cris d’orfraie et les condamnations morales d’Anne Hidalgo et des autres démocrates sont donc parfaitement artificiels. Il s’agit de montrer du doigt la patronne du conseil régional d’Ile de France comme si elle avait dit une horreur, et de lui rendre ainsi service : en criant qu’elle se radicalise, on espère faire migrer vers elle des électeurs de Marine Le Pen ou du Z, quitte à faire migrer un plus petit nombre d’électeurs de Pécresse vers Macron.

On voit donc à quoi sert la mère Hidalgo : à la même chose que Zemmour, à préparer un deuxième tour Macron Pécresse, id est une alternance centre-droit centre gauche dans la continuité mondialiste. Quant à Valérie Pécresse, ce n’est pas pour rien qu’elle a rencontré Nicolas Sarkozy : elle tente de rejouer 2007, cette présidentielle durant laquelle l’ancien ministre de l’intérieur piloté par Patrick Buisson avait pompé une bonne partie de l’électorat de Jean-Marie Le Pen grâce au Kärcher, au Mont Saint Michel et à l’identité française. Valérie Pécresse découvre ainsi le pavé de charolais, les « Français de Papier », la « France des cathédrales », celle de Péguy et des satellites. Tout cela s’inscrit dans une fin de campagne à la Cnews, tout le monde draguant à droite, y compris Macron sur le nucléaire, et même Roussel avec son « vin de chez nous ». C’est du marketing de base. Même pas des promesses, seulement de petits airs de pipeau qui n’engagent que ceux qui les écoutent.

La mise en scène du grand remplacement a deux autres fonctions. La première découle directement de ce que l’on vient de voir : il s’agit du petit remplacement, sur le plan électoral, de Marine Le Pen par Eric Zemmour. Ainsi le camp national serait-il entièrement normalisé. La deuxième est plus fondamentale : il s’agit de biaiser la notion de grand remplacement et de la vider de son sens. On sait que les deux mots « Grand Remplacement » ont été choisis en 2008 pour vulgariser un phénomène décrit et analysé trente ans auparavant par Jean-Marie Le Pen et le Front National. Il s’agit d’un phénomène démographique, culturel et politique. Or, Valérie Pécresse, elle, y voit une simple façon de voir les choses, à laquelle elle se refuse. Pire, elle l’oppose explicitement au grand déclassement : elle entre ainsi dans une analyse économique et sociologique qui répond à celles de Zemmour. Autrement dit, pour Pécresse comme pour Zemmour, très influencés l’un et l’autre sans qu’ils le reconnaissent par la pensée marxiste, la menace qui pèse aujourd’hui sur l’identité française (l’un y voit une réalité très pesante, l’autre un fantasme évitable) est d’origine économique, et non politique. Autrement dit encore, ces deux candidats utilisent une expression imprécise qui a du succès pour attirer à eux des électeurs du camp de la France, sans connaître la réalité qui se cache derrière ni partager l’analyse nécessaire à la connaître. On leur répondra par un rappel : Politique d’abord ! Et par un mot : « Chiqué » ! Vous ne faites que du chiqué !

Martin Peltier

La maladie de la démocratie

La maladie de la démocratie

« Si l’on se représente tout un peuple s’occupant de politique, et, depuis le premier jusqu’au dernier, depuis le plus éclairé jusqu’au plus ignorant, depuis le plus intéressé au maintien de l’état actuel jusqu’au plus intéressé à son renversement, possédé de la manie de discuter sur les affaires publiques et de mettre la main au gouvernement ; si l’on observe les effets que cette maladie produit dans l’existence de milliers d’êtres humains ; si l’on calcule le trouble qu’elle apporte dans chaque vie, les idées fausses qu’elle met dans une foule d’esprits, les sentiments pervers et les passions haineuses qu’elle met dans une foule d’âmes ; si l’on compte le temps enlevé au travail, les discussions, les pertes de force, la ruine des amitiés ou la création d’amitiés factices et d’affections qui ne sont que haineuses, les délations, la destruction de la loyauté, de la sécurité, de la politesse même, l’introduction du mauvais goût dans le langage, dans le style, dans l’art, la division irrémédiable de la société, la défiance, l’indiscipline, l’énervement et la faiblesse d’un peuple, les défaites qui en sont l’inévitable conséquence, la disparition du vrai patriotisme et même du vrai courage, les fautes qu’il faut que chaque parti commette tour à tour, à mesure qu’il arrive au pouvoir dans des conditions toujours les mêmes, les désastres, et le prix dont il faut les payer ; si l’on calcule tout cela, on ne peut manquer de se dire que cette sorte de maladie est la plus funeste et la plus dangereuse épidémie qui puisse s’abattre sur un peuple, qu’il n’y en a pas qui porte de plus cruelles atteintes à la vie privée et à la vie publique, à l’existence matérielle et à l’existence morale, à la conscience et à l’intelligence, et qu’en un mot il n’y eut jamais de despotisme au monde qui pût faire autant de mal. »

Fustel de COULANGES

Ce très beau texte – dont on admirera aussi bien le souffle que la densité – a été souvent cité par Maurras et l’Action française. Il a été retrouvé dans les papiers du grand historien après sa mort. La maladie qu’il décrit c’est la démocratie. L’auteur de La Cité antique en avait analysé le fonctionnement et perçu toute la malfaisance. Ses observations valent pour les démocraties modernes que cette maladie frappe plus ou moins suivant qu’elles n’ont pas ou qu’elles ont des garde-fous. En France, ces garde-fous sont quasi inexistants. Il est proclamé de façon constante que rien n’est supérieur à la prétendue volonté du peuple. Rien de sacré ne s’impose à elles. Pour capter la volonté populaire, les partis et les clans peuvent user sans vergogne de tous les moyens, promesses démagogiques, tromperies, intimidations.

 

Des luttes féroces

 Sans doute, serait-il excessif de parler dans la France d’aujourd’hui de « tout un peuple s’occupant de politique » : l’abstention progresse et les partis politiques de droite comme de gauche désintéressent de plus en plus. Il reste que la lutte des hommes, des clans, des partis pour le pouvoir est continuelle et que ses effets se font sentir sur la vie sociale comme sur le gouvernement et l’administration du pays. Fustel de Coulanges fait ressortir combien la compétition acharnée pour le pouvoir est malsaine. Quand il parle d’« amitiés factices et d’affections qui ne sont que haineuses », on ne peut s’empêcher de penser au spectacle que nous donnent nos politiciens, et particulièrement aux coups bas qu’ils se portent entre eux pour occuper la première place. Les luttes les plus féroces ont lieu à l’intérieur des partis. La lutte pour le pouvoir n’a pas le caractère d’une compétition loyale dominée par le souci des intérêts du pays mais d’une guerre civile larvée où chacun se réclame de la démocratie à l’encontre de son adversaire. Après le scrutin, les vainqueurs proclament partout : « On a gagné », et entreprennent d’écraser les vaincus en défaisant ce que leurs prédécesseurs ont pu réaliser. Le pays pâtit naturellement de ces luttes continuelles qui entretiennent un trouble permanent. Il lui arrive même d’être ainsi conduit au désastre comme en 1940 où s’effondra la IIIe République. Fustel de Coulanges fait ressortir aussi la dégradation des mœurs, « l’introduction du mauvais goût dans le langage, dans le style, dans l’art », et tout ce qui contribue à « l’énervement… d’un peuple ». L’histoire de nos républiques en témoigne. La démocratie conduit à la perte des qualités qui font les peuples forts. Elle compromet l’avenir en reportant à plus tard le règlement des problèmes qu’elle n’ose pas régler maintenant par électoralisme.

 

Un diagnostic sévère
Le jugement de Fustel de Coulanges est sévère. Pourtant l’historien n’était pas un polémiste, c’est en observateur des régimes politiques qu’il porte un diagnostic sur la démocratie. Il y voit une forme de despotisme. Cela choquera les tenants du “politiquement correct“ qui opposent volontiers la démocratie et la dictature. Il existe pourtant un despotisme de la démocratie. L’ennui, c’est qu’on peut se débarrasser d’un dictateur en le renversant, mais la démocratie, elle, prétend émaner du peuple, alors même qu’elle le trompe et l’asservit intellectuellement et mentalement.

Et toi, quel militant es-tu ? 

Et toi, quel militant es-tu ? 

Nous donnons ci-après, pour l’édification de nos fidèles lecteurs, un extrait d’une lettre privée, adressée à Charles Maurras par l’amiral Antoine Schwerer (1862-1936), président de la Ligue d’Action française au début des années 1930. Nous souhaitons que les observations sagaces – et toujours d’actualité – du grand Chef militaire et politique que fut l’Amiral, suscitent chez eux des réflexions salutaires sur leur propre action (ou inaction suivant les cas), afin qu’elle serve toujours plus efficacement et dans la discipline la Cause nationale et royale, seule digne d’un bon Français.


« Nos ligueurs de toutes les régions peuvent se diviser en trois catégories :

« 1°/ Ceux qui sont fidèles, dévoués, actifs. Ils agissent avec plus ou moins d’adresse selon leurs moyens ; mais ils sont disciplinés, sont toujours prêts à suivre les directives qu’on leur donnera. On peut toujours compter sur eux. Je n’ose pas dire qu’ils forment la majorité.

« 2°/ Ceux qui certainement désirent le rétablissement de la monarchie, qui sont au fond assez attachés à l’AF mais qui n’ont pas en elle la foi robuste qui serait nécessaire. Ils ne font pas grand-chose, soit parce qu’ils sont incapables, soit parce qu’ils ont peur de se compromettre et de plus ils se laissent facilement troubler par tous les bobards. Il faudrait constamment les soutenir, relever leur moral. Après une réunion, ils sont rassérénés, pleins d’ardeur ; ils me répètent à l’envi une phrase, toujours la même et qui finit par m’agacer : « Amiral, comme vous nous avez fait du bien ! ». Ils promettent de travailler. Et puis huit jours après, ils n’y pensent plus.

« 3°/ Enfin, il y a ceux qui dans l’AF voudraient ne voir qu’une sorte de cercle mondain. Ils voudraient surtout la diriger, donner des conseils. Ils sont toujours prêts à critiquer, jamais à agir. Ceux-là sont beaucoup plus nuisibles qu’utiles. Je ne désire qu’une chose, c’est les voir quitter la Ligue. »

Amiral Schwerer


Et toi quel militant es-tu ?

GPA : le nouvel esclavage

GPA : le nouvel esclavage

La Croix titrait le 18 janvier de cette année : « La fin annoncée de l’adoption en Ukraine relance le débat sur la GPA », commentant : « La réforme de l’adoption doit être votée définitivement ce mardi 18 janvier. Elle limite davantage l’adoption internationale. Elle ne sera plus possible dans certains pays, comme en Ukraine, alors que dans ce pays perdure la gestation pour autrui, comme le dénoncent certaines associations. ». Cette bataille de la GPA, nous la perdrons, comme toutes les autres, la machine à broyer les consciences étant trop forte pour que nous puissions lui résister. Qu’importe, notre combat doit se poursuivre et nous devons lutter de toutes nos forces contre toutes les nouvelles barbaries.

Ne nous leurrons pas, le mariage pour tous fut une porte ouverte à la PMA, PMA qui elle- même nous commandera d’autoriser la GPA. Mais qu’est-ce que la GPA si ce n’est la chosification de l’enfant, la réduction d’une personne à un bien dont d’autres peuvent disposer pour assouvir leurs désirs ? La GPA est un nouvel esclavage. Quelle différence entre la mère qui portera en elle un enfant pour autrui et les marchés d’esclaves ? Un vendeur, un acheteur, un marché. La finalité de l’acte ? Je ne vois guère de différence et m’étonne que l’Homme blanc si friand de repentance ne s’offusque pas d’instaurer ce nouvel esclavage. Disons-le tout net, la GPA n’ira pas sans trafic d’enfants. Comment pouvons-nous en être aussi sûrs ? Nous n’avons qu’à regarder les pays européens qui pratiquent déjà légalement la GPA rémunérée : la Géorgie, la Russie, l’Ukraine et l’Albanie.

En Géorgie, le 25 août 2020, la ministre de la Justice Tea Tsulukiani a introduit les nouveaux amendements qui restreignent la loi sur les mères porteuses. Désormais, les parents d’intention, « impliquant à nouveau une femme et un homme seulement », doivent avoir vécu ensemble depuis au moins un an avant d’entamer les procédures de GPA. Marié ou non, le couple, confronté ou non à des problèmes d’infertilité, qui souhaite réellement avoir et élever un enfant, doit s’engager à l’éduquer et « ne pas prendre l’enfant en Géorgie pour violer ensuite ses droits ». Nous ne nous arrêterons pas sur la médiocrité de ces restrictions si peu contraignantes – marié ou non, confronté ou non à des problèmes d’infertilité, une seule année de vie commune, etc -, mais sur ce qu’elles signifient. Ces différentes décisions visent à empêcher – ou du moins à limiter – le trafic d’enfants ou la traite des nourrissons. Parlons clairement : si ces amendements furent faits c’est parce que ce trafic existe et est rendu possible par la législation à travers la notion même de GPA rémunérée.

Trois choses. Premièrement, la GPA en elle-même fait de l’enfant un objet. Deuxièmement, il est donc naturel qu’elle puisse être rémunérée, tout bien peut être l’objet d’un marché. Troisièmement, tout marché n’est contrôlable qu’à un certain degré et engendre des réseaux parallèles non surveillés. Qu’importe les amendements votés, la Géorgie s’est engagée dans une voie sans issue où la misère humaine sera exploitée et les enfants vendus. La GPA acceptée, aucune digue philosophique ne peut empêcher les pires dérives. Que penser de ces enfants commandés avant le confinement et qui ne purent être livrés à leurs « parents » d’adoption ? Ils subissent le même sort que les autres marchandises, c’est-à-dire qu’ils sont stockés en attendant de pouvoir être livrés ; la situation de ces bébés est particulièrement dramatique en Ukraine où ils sont réunis dans des pouponnières improvisées par les agences de GPA. Ces bébés passent leurs premières semaines en isolement, quel traumatisme cela peut générer et quelle abomination est présente sous nos yeux. « Même dans les cas où les commanditaires viennent réceptionner l’enfant, l’enfant est toujours séparé de sa mère de naissance, délibérément exposé au risque bien connu de la blessure d’abandon, un choc traumatique majeur qui, s’il est révélé par les circonstances présentes, existe dans toutes les GPA » (Infochrétienne.com). Et que dire des commandes qui seront abandonnées pour diverses raisons ? Nous nous rappelons de ce fait sordide qui eut lieu en 2014. Un couple d’Australiens commande une enfant en Thaïlande, malheureusement celle-ci était trisomique et souffrait de problèmes cardiaques ; ce même couple renonça donc à la prendre, abandonnant la commande, et prirent sa sœur en parfaite santé. Quand la qualité n’est pas au rendez-vous, on exige un échange ou un remboursement. Ou plus récemment, en 2021, ce couple d’Italiens qui abandonnèrent une petite ukrainienne : « « Une affaire qui fait froid dans le dos ». « Celle d’une petite fille d’un an née d’une gestation pour autrui commandée par un couple italien et ensuite abandonnée à Kiev, comme un objet entassé dans un entrepôt ». Simona Baldassarre, députée européenne, a porté l’affaire sur le plan politique. Les commanditaires italiens s’étaient rendus à Kiev en août 2020 pour avoir recours à une mère porteuse. Mais, après avoir pourtant reconnu l’enfant, le couple la confie « à une baby-sitter trouvée sur place par l’intermédiaire d’une agence d’intérim ». Aujourd’hui, suite à l’intervention du Service de coopération policière internationale, en collaboration avec la Croix-Rouge italienne, la petite fille va regagner l’Italie pour y être confiée à l’adoption » (Génèthique).

L’observation des horreurs qui se produisent dans les pays où la GPA rémunérée est légale doit être un de nos principaux arguments dans notre lutte contre cette pratique inique qui s’oppose fondamentalement à la dignité de l’Homme.

 

Guillaume Staub