Nous sommes en guerre

Nous sommes en guerre

« Dans cette guerre de l’attention, l’enfant consommateur d’écran est la première victime. Tandis que l’Éducation Nationale persiste dans le tout-numérique à l’école malgré l’échec avéré, trouvons la force de résister »

Nous sommes en guerre de l’attention, comme le constatent Yves Marry et Florent Souillot [1] dans un essai dénonçant la formidable prise de contrôle du temps de « cerveau humain disponible [2]» passé sur les écrans, qui représente pour les maîtres du capitalisme numérique un gisement de richesses plus important que bien des ressources économiques exploitées jusque-là.

L’explosion de la durée quotidienne de temps passé devant un écran notamment par les Français [3] n’est pas le fruit du hasard. Les technologies qui exploitent les processus de l’attention humaine et les attraits que le cerveau manifeste pour ce qui flatte sa curiosité et ce qui provoque un mécanisme de récompense et donc de plaisir, parviennent à fidéliser l’usager jusqu’à l’addiction et instaurent un désir sans cesse ravivé du renouvellement de la source de plaisir.

En cliquant sur les sites, en donnant son avis et son humeur sur tout et n’importe quoi à longueur de journée, en exprimant ses goûts, en racontant sa vie sur les réseaux sociaux, on donne aux marchands de virtualité une somme de renseignements qu’ils revendent avec profit aux annonceurs publicitaires et à l’industrie du numérique qui perfectionne ses outils de captation de l’attention, avec d’autant plus d’efficacité que la victime est apparemment consentante. Elle se confie en effet et abandonne toute sa vie privée à son smartphone ou son ordinateur devenu un prolongement de soi, un confident plus intime que n’importe quel être humain et dont les sollicitations incessantes dictent une obéissance de l’attention qui dépasse toute mesure.

Le problème pour cette victime – le consommateur d’écran -, c’est qu’on lui vole cette attention qui lui permettait de réfléchir, de juger, de mémoriser, d’inventer, de mûrir… d’être tout simplement un être humain. Rendu incapable de traiter les trop nombreuses informations et sollicitations dont il est bombardé, le cerveau neutralise ses capacités de réflexion et de mémorisation au profit de celles de la réactivité. L’homme se laisse alors diriger dans ses goûts, ses jugements, ses indignations, ses choix, par ceux que lui impose le support numérique. La conformité à la norme devient plus aisée.

Du formatage économique au formatage politique, il n’y a qu’un pas. L’usage de la psychologie comportementale pratiquée par les maîtres de la Silicon Valley (en Californie) est plus efficace que n’importe quel armement conventionnel. En voulant transformer l’homme et l’augmenter de la puissance numérique, les partisans du transhumanisme, qui sont, pour simplifier, les mêmes que les experts en captation de l’attention, peuvent effectivement prétendre changer l’ordre du monde. Ils abaissent l’homme au niveau de la machine et de son mécanisme, le rendant ainsi plus manipulable dans un but commercial ou comportemental.

Dans cette guerre de l’attention, on aurait pu croire naïvement que les pouvoirs politiques s’empareraient du dossier et réagiraient pour défendre la jeunesse contre un danger qui relève pour le moins de la santé publique. L’Éducation nationale persiste et signe, malgré l’échec avéré du tout-numérique à l’école, malgré les résultats catastrophiques que révèlent les enquêtes internationales sur le niveau des Français notamment en mathématiques [4]. Elle continue de promouvoir et l’usage des écrans qui nuit pourtant à la concentration des élèves et le recours au numérique comme passage obligé de l’acquisition des connaissances. Comme si de rien n’était. Comme si l’on ignorait les dégâts de cette guerre de l’attention. Le lobbying des maîtres de l’informatique est efficace. Les enjeux financiers sont colossaux. Qu’importe au fond le devenir des enfants ! La guerre, fût-elle économique, possède aussi ses lois et ses victimes collatérales…

Malgré l’inégalité des forces en présence, la guerre de l’attention peut trouver des forces de résistance. Il faut pour cela une volonté persévérante. Se déconnecter le plus possible. Refuser de noter, de juger, de dire si l’on aime ou l’on n’aime pas, de répondre aux sollicitations, aux questions posées sur les sites internet où l’avis inepte des plus ignorants a le même poids que celui de ceux qui savent. N’user d’internet que pour les usages indispensables. Retrouver le pouvoir de lire, de réfléchir, de rêver, d’imaginer, d’apprécier sans pour autant le faire savoir à tous, d’avoir des amis, forcément peu nombreux, pour partager avec eux notre temps disponible d’amitié et de charité. Vivre en vrai, dans la réalité et non à travers un écran. Savoir relever la tête et regarder ce qui nous entoure. Enfin et surtout, reconquérir le goût du silence, de la vie intérieure, de l’ouverture à Dieu qui permet l’ouverture à son prochain. Être attentif à la vraie Présence, celle qui nous a créés et qui, seule, peut donner la Paix.

Abbé Philippe Bourrat

Lettre de l’Association de Défense de l’Ecole Catholique  n° 39 – mars 2022

  1. Yves Marry et Florent Souillot, La Guerre de l’attention – Comment ne pas la perdre – L’Échappée – 2022 Se référer à cet ouvrage n’implique pas une approbation de l’ensemble des jugements qui s’y trouvent exprimés.[]
  2. Expression employée par Patrick Le Lay en 2004, alors qu’il était président-directeur général du groupe TF1 et qu’il commentait le rapport entre le contenu des programmes de la chaîne et la publicité.[]
  3. En 2019 (avant crise COVID et confinement), les 8-10 ans sont en moyenne 4h40 par jour sur un écran ; pour les 16-24 ans on passe en moyenne quotidienne
    entre 11h45 à 13h30 ! (Étude citée dans La guerre de l’attention, p. 12[]
  4. D’après l’étude internationale TIMSS 2019 parue le mardi 8 décembre 2021, les Français en classe de CM1 arrivent derniers parmi les pays de l’Union européenne
    et de l’OCDE. Les élèves de quatrième sont avant-derniers. Situation inédite ![]
Les mensonges du 19 mars 1962

Les mensonges du 19 mars 1962

Considérer comme le font le FLN, les communistes et la FNACA, le 19 mars 1962 comme la date marquant « la fin de la guerre d’Algérie », est une insulte à la mémoire de tous ceux qui ont cru à la parole de la France.

A Evian, le 18 mars 1962, De Gaulle ordonnait aux négociateurs français de signer l’acte de capitulation qui mettait fin à la souveraineté de la France en Algérie. De Gaulle, qui avait bénéficié – grâce aux Français d’Algérie roulés dans la farine – d’une autorité renouvelée, imposait au pays le bradage d’un territoire français, après avoir secrètement négocié avec les seuls représentants du FLN.

De Gaulle avait refusé de prendre en compte les représentant du MNA, favorables à l’indépendance, certes, mais hostiles au terrorisme FLN ; les représentants des partis, mouvements et associations arabes et berbères favorables à l’intégration et aux réformes ; les Européens qui voulaient rester français sur leur terre natale.

Le gouvernement signa donc les accords d’Evian qui prévoyaient, dès le 1er mars 1962, un « cessez-le-feu ». Mais signer avec qui ? Avec personne.

Le FLN n’a jamais signé les accords d’Evian. Et le « cessez-le-feu », décidé unilatéralement, ne fut jamais respecté. Les pertes militaires du 19 mars au 30 juin 1962 ont été de 122 décès au combat et plus de 200 morts par accident et maladie ; 349 blessés ; 36 disparus. Les pertes des forces supplétives, moghaznis, harkis, forces d’auto-défense sont évaluées entre 100 et 150 000 morts.

Le « cessez-le-feu » n’a pas mis fin – et tout au contraire – aux assassinats, aux massacres de masse, aux enlèvements. Cette parodie de « cessez-le-feu » entraîna un retournement des alliances et les forces françaises, associées aux barbouzes, collaborèrent avec le FLN contre les partisans de l’Algérie française.

Soulevé contre la répression militaire, le quartier de Bab el-Oued subit un traitement impitoyable (des femmes et des enfants abattus sur leurs balcons, par exemple). Le 26 mars, les forces françaises tirèrent sur une foule pacifique venue apporter son soutien à Bab el-Oued assiégé. Il fallait terroriser les pieds-noirs. A partir de là, les Français d’Algérie, menacés du cercueil, choisirent la valise quand cela fut encore possible. Un exode. Un exil. L’abandon des maisons, de tous les biens, des cimetières. Pour parachever sa victoire, le FLN allait célébrer l’indépendance en enlevant et en massacrant plus de 5000 personnes à Oran.

Alain Sanders

L’Écho d’Action Française N°19

L’Écho d’Action Française N°19

Liquider Marianne, la seule politique qui vaille.

Nous y sommes. La grande foire électorale bat son plein, l’électeur-contribuable est appelé àélire le président de la République. Les « nationaux« , remplis d’illusions démocratiques et croyant encore possible une victoire des intérêts de la France sortie des urnes s’en donnent à cœur joie. Démagogie, manipulations médiatiques, magouilles en tous genres, nous voilà entrés dans cette période électorale où une fois de plus, les Français vont s’entredéchirer.

Qu’est-ce
que le gouvernement de la République ? Le gouvernement des partis ou rien. Qu’est-ce qu’un parti ? Une division. La France est divisée parce que ceux qui la gouvernent, ne sont pas des hommes d’État mais des hommes de partis. « Honnêtes, ils songent seulement au bien d’un parti ; malhonnêtes, à remplir leurs poches. Les uns et les autres sont les ennemis de la France. La France n’est pas un parti ». Et Maurras poursuit : « le mal… est dans le règne des partis. Ce règne tient au régime électif, dont le malheur central est de remplacer l’unitégouvernementale par un système de division et de compétition, de guerre civile légale qui, partout où il a fonctionné, a livré les États à l’étranger de l’intérieur pour les ouvrir ensuite à l’ennemi du dehors». Faute d’autorité qui fasse converger le service et les fonctions, les institutions électives créent l’incohérence ; faute de trouver un point fixe dans les caprices successifs des électeurs et des élus, elles fondent l’instabilité et l’irresponsabilité. La personne concrète s’effacedevant l’individu abstrait et la république assure l’impunité des puissants. La république, c’estfinalement le triomphe des oligarchies.
 
« Par tous les moyens, même légaux » : nous devons tenter de limiter les méfaits de l’infâmerépublique et ne saurions nous désintéresser de ce scrutin aussi lourd de conséquences et d’incertitudes. Souveraineté nationale, séparation des groupes de pression et de l’État (nous pensons en particulier à la Synagogue, à la maçonnerie et aux organismes LGBT), restauration des libertés, lutte contre l’invasion migratoire, tels sont les critères qui devraient permettre aux Français soucieux du Bien commun de voter. Mais ne nous leurrons pas, une grave erreur consiste à penser qu’on pourrait améliorer l’essence de la république. Ne cédons jamais à cette illusion, car c’est bien Marianne qui corrompt son personnel et non l’inverse.
 
L’Action Française sait que la république interdit toute politique efficace de long terme. Elle soutiendra toutefois tout candidat qui fera sien ces critères. Elle n’en continuera pas moins de se battre contre ce régime pourrisseur et pour la monarchie, seule à même d’assurer la pérennité de la nation française. Nous ne sommes pas des royalistes de salon, notre honneur s’appelle fidélité !

A bas Marianne et vive le Roi !

Le bureau politique de l’Action Française

 


Sommaire

  – En attendant le Roi… par Guillaume Staub

 – Humeur du temps  par Philippe Champion

 – 60 ans de trahison gaulliste  par Jean-Pierre Papadacci et Alain Sanders

 – Pour un bioconservatisme intégral par Monsieur K

 – Face aux rêvasseries des Droits de l’Homme  par Michel Fromentoux


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Le Lobby veut assassiner les esprits libres !

Le Lobby veut assassiner les esprits libres !

MALGRÉ LA GUERRE en Ukraine et la campagne présidentielle, la répression ne connaît pas de trêve. Bien au contraire. On pensait naïvement que les esprits étaient suffisamment occupés avec la riche et dramatique actualité que nous connaissons. Il n’en est rien. En l’espace de quelques jours, des décisions de dissolution et de radiation ont en effet été prises très officiellement. Le 9 mars, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a procédé à la dissolution de deux organisations pro-palestiniennes parfaitement légales et pacifiques, n’ayant commis aucune violence, l’association Comité Action Palestine et le Collectif Palestine Vaincra. La décision a été prise en conseil des ministres. Le locataire de la place Beauvau avait annoncé le 24 février, jour du début de l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe (n’y avait-il pas d’autres urgences ?), le lancement de la procédure de dissolution contre ces deux associations de défense du peuple palestinien. Elles ont donc été dissoutes à la demande du lobby judéo-sioniste en conseil des ministres, car elles appelaient « à la haine, à la violence et à la discrimination » a affirmé le ministre Darmanin sur Twitter. Le décret dénonce notamment une « haine des juifs ». Il fallait oser ! Ce sont les Palestiniens et leurs défenseurs que l’on stigmatise, que l’on censure, que l’on punit à la demande des sectateurs fanatisés de l’entité sioniste, des Palestiniens à qui l’on vole leur terre, leur avenir, leurs récoltes, dont on détruit et dont on rase les maisons et les vergers, que l’on expatrie, que l’on déloge, contre lesquels on a construit un haut et long mur infranchissable à Jérusalem, que l’on violente, que l’on frappe, que l’on tue, à qui l’on nie toute dignité, que l’on conduit au désespoir, que l’on parque comme à Gaza dans un camp de concentration à ciel ouvert. Et les bourreaux, eux, bénéficient d’une immunité et d’une impunité totales. Mieux, ou plutôt pis, ce sont eux qui donnent les ordres et qui exigent d’un gouvernement français soumis, lâche et sans honneur, la liquidation des associations défendant crânement les victimes palestiniennes. Peut-on aller plus loin dans l’infamie et dans l’ignominie, dans l’inversion des valeurs, dans le déni du réel, dans la perte de tout sens moral, de toute distinction entre le bien et le mal ?

Ces associations pro-palestiniennes étaient dans le viseur du CRIF. Et ce que le CRIF exige, la Macronie (comme tous les gouvernements avant elle depuis 40 ans au moins) lui accorde.

Le CRIF, c’est Hérodiade qui exige la tête de saint Jean-Baptiste et le gouvernement, c’est Hérode qui ne saurait la lui refuser. Au cours de l’annuel dîner du Crif qui s’est tenu le 24 février dernier, Francis Kalifat, son président, s’était ainsi adressé au Premier ministre Jean Castex : « Trois associations actives en France ont aussi pour objectif la disparition d’Israël : BDS, le collectif Palestine vaincra et le Comité Action Palestine.

La volonté de faire disparaître Israël n’a rien à voir avec la critique de la politique israélienne. C’est un appel antisémite à la haine et à la violence. Monsieur le ministre de l’Intérieur, vous avez annoncé cet après-midi le déclenchement de la procédure de dissolution de ces deux collectifs. » Le gouvernement a donc donné deux os à ronger au Sanhédrin. De manière tout à fait injuste et arbitraire. Car rien ne justifiait une telle dissolution, sauf à considérer que l’entité sioniste est un Etat intouchable, sacré, et que la moindre critique qui lui est faite est un sacrilège. Il est quand même incroyable que l’on demande sans cesse aux Palestiniens de reconnaître l’entité sioniste alors que cet Etat terroriste et voyou n’a de cesse de les persécuter, de mépriser leurs légitimes aspirations, de fouler au pied leurs droits les plus élémentaires et les plus fondamentaux. Un bourreau, un criminel n’a pas à exiger quoi que ce soit. Et c’est une faiblesse coupable de lui céder, cela ne fait qu’augmenter sa férocité, son inhumanité et sa démesure. L’OLP a ainsi eu tort de reconnaître l’Etat d’Israël. Les Palestiniens n’y ont rien gagné, au contraire. On ne doit jamais rien céder à l’ennemi.

Saint Pie X, pour des raison théologiques parfaitement fondées, a ainsi toujours refusé de reconnaître le principe d’un Etat juif en Palestine et l’on voit d’ailleurs que cette entité depuis plus de 70 ans ne sème que la terreur, la destruction et le chaos autour d’elle, persécutant les Palestiniens, faisant la guerre soit directement, soit via les Etats-Unis, à ses voisins, les voulant à genoux, démilitarisés, désarmés, affaiblis, divisés, détruits, morcelés, de l’Irak à l’Iran, de la Syrie au Liban.

DISSOLUTION de deux organisations pro-palestiniennes le 9 mars, radiation définitive de Cassandre Fristot de l’Education nationale le lendemain. En effet, la courageuse jeune femme de 34 ans a reçu le jeudi 10 mars la notification de sa radiation. Elle était professeur certifié d’allemand. Elle ne pourra plus jamais enseigner, pas même dans des établissements hors-contrat. Elle se retrouve sans emploi et sans revenu. Son diplôme est déchiré, l’obtention de son concours, le CAPES, dans les faits annulée, ses longues années d’étude pour se préparer au métier d’enseignement méprisées, son destin brisé, uniquement parce qu’elle a porté une pancarte contre la tyrannie sanitaire l’été dernier dans une manifestation pacifique, déclarée et autorisée à Metz, et que sur cette pancarte, parmi treize personnalités citées et mises en cause, un certain nombre d’entre elles (mais pas toutes) étaient juives, ou supposées être juives. Cela a suffi à enclencher contre elle une campagne médiatique d’une violence inouïe ; elle a subi un procès qui l’a condamnée à six mois de prison avec sursis et à près de 10 000 euros d’amende et de dommages et intérêts alors qu’elle avait jusque-là un casier judiciaire vierge, elle a dû faire face d’abord à une suspension, puis désormais à une radiation pure et simple de l’Education nationale.

La foudre s’est abattue sur elle. On ose dire dans l’arrêté de radiation qu’elle manque de probité et qu’il faut l’exclure par nécessité de protéger les enfants. Quel cauchemar ! Et dire qu’il est encore des imbéciles, des lâches ou des malfaisants pour oser prétendre que le lobby juif n’est au fond pas si puissant, que ce n’est nullement une question politique essentielle ! De telles considérations nous sont insupportables tellement elles nient la vérité et apparaissent comme une forme vomitive de soumission servile et veule aux puissants. Et dans l’affaire Fristot, le vibrionnant Darmanin avait déjà été en pointe. Il avait en effet dénoncé violemment le jour même de la manifestation Cassandre Fristot et déchaîné contre elle tout l’appareil répressif avec garde à vue, perquisition et même intervention de la brigade spécialisée des crimes contre l’humanité ! Qu’on ne nous dise pas que la répression n’est pas impitoyable. Manifestement on veut faire des exemples pour que tout le monde se soumette, que personne n’ose lever le petit doigt. C’est le propre de la tyrannie. Laquelle n’est pas seulement sanitaire mais politique, idéologique, religieuse. C’est une guerre totale qui nous est faite et où il s’agit moins d’assassiner les corps que d’asservir les âmes, que de dompter les volontés, que de tuer tout esprit de résistance.

CEUX qui sont suspectés de n’être pas suffisamment soumis sont dans le collimateur de ce que feu Annie Kriegel dénonçait en 1990 comme une « insupportable police juive de la pensée ». Le 10 mars, le jour même de la radiation de Cassandre Fristot, Rémy-Charles Sirvent, enseignant et secrétaire général du Comité national d’action laïque (CNAL), dénonçait dans « Apolline matin » sur RMC et BFMTV, le fait que « la Shoah n’est pas enseignée » dans des établissements privés hors contrat. Or, on le sait, la Shoah est la seule chose qui compte. Il faut en effet former dès le plus jeune âge des esprits malléables, judéoserviles, qui pleurent quand on leur dit de pleurer (en regardant Shoah de Lanzmann ou La liste de Schindler de Spielberg), jettent des fleurs à Auschwitz quand on leur dit d’en jeter, récitent consciencieusement leur petit poème antifasciste, votent comme on leur dit de voter, pensent comme on leur dit de penser, parlent comme on leur dit de parler, récitent leur leçon comme d’autres conjuguent des verbes : « l’Etat d’Israël a le droit de se défendre », « Israël a le droit à la sécurité », « Israël combat des terroristes qui veulent sa destruction », « être contre Israël, c’est être antisémite », « la pire haine, c’est la haine des juifs », « on sait où cela a mené », « plus jamais ça ! », « le génocide juif », « les six millions », « les chambres à gaz ». Et tutti quanti.
Les pouvoirs publics ont déjà obtenu à l’été 2021 la fin de l’école à la maison, effective dès septembre 2022, sauf rares exceptions, avec un prolongement possible et conditionnel jusqu’ à l’été 2024 pour ceux déjà inscrits dans des cours par correspondance avant la promulgation de la loi. L’objectif est désormais d’obtenir la fermeture, ou la totale soumission, des établissements hors contrat pour que les parents n’aient plus d’autre choix que l’école publique (ou privée sous contrat, ce qui revient au même) pour leurs enfants. La technique utilisée est toujours la même : quand on veut noyer son chien, on l’accuse d’avoir la rage. Il s’agit donc de diaboliser les écoles hors contrat en agitant là aussi, là encore, le chiffon rouge de l’antisémitisme. « Dans certains établissements hors contrat, de grosses défaillances éducatives existent et certains faits historiques sont occultés. Et ils communiquent peu sur leurs méthodes », alerte le Comité national d’action laïque qui dénonce les “dérives” de ces écoles véritablement libres, l’opacité d’accès aux informations concernant certains établissements et pointe du doigt des “défaillances” éducatives.

Selon le CNAL, l’enseignement dispensé ne correspond pas aux standards de l’éducation nationale. Et c’est logique, puisque les parents consentent à un effort financier important pour préserver leur progéniture de l’influence délétère, voire mortifère, de ce que l’on appelait autrefois « l’école du diable ». Sans surprise, le CNAL s’en prend prioritairement aux écoles catholiques traditionalistes.
Dans ces établissements, osent ces délateurs, « l’accès à des valeurs morales, civiques et sociales se fait exclusivement à partir de situations issues du fait religieux et d’une morale chrétienne fondée sur des croyances. Par exemple, le support de géographie porte une vision marquée par une représentation du monde par “races” humaines. » Quelle horreur en effet ! « On s’aperçoit, d’après les rapports de l’Éducation nationale, que des enfants ne bénéficient pas de certains enseignements comme le rôle de Vichy dans l’extermination des juifs. Dans certains établissements, la Shoah n’est pas enseignée », s’alarme sur RMC, Rémy-Charles Sirvent, secrétaire général du Comité national d’action laïque. Et voilà, on en revient toujours aux fondamentaux ! Jusqu’à l’obsession ! Pour mieux contrôler ces écoles, il plaide pour un régime d’autorisation plutôt que pour un régime de déclaration. Car aujourd’hui, explique-t-il, pour ouvrir une école hors contrat, il faut la déclarer aux autorités et les contrôles ne se font qu’a posteriori. « Une fois que la porte est ouverte, les pouvoirs publics se trouvent devant le fait accompli. Nous demandons aussi que le projet pédagogique fasse partie des documents exigibles. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Les pouvoirs publics se privent de savoir de quelle spiritualité s’inspirent les établissements scolaires hors contrat », conclut-il. Autrement dit être catholique, avoir des valeurs morales, ne pas placer la Shoah au centre de ses préoccupations et de son enseignement, c’est être dans une logique de radicalisation et cela justifie la fermeture (ou le refus d’ouverture) d’établissements hors contrat. Et dire qu’il est encore des gens pour croire que nous vivons dans un pays de liberté !

ET DANS CE CLIMAT de terreur, un journal libre, indépendant et insolent comme RIVAROL est évidemment visé au premier chef. Notre simple existence est insupportable au Lobby dont on n’a pas le droit de donner le nom. Depuis deux ans environ, cette coterie mène une campagne active, voire hystérique, visant à la mise à mort de notre journal.

Tantôt de manière directe, en demandant l’interdiction pure et simple de l’hebdomadaire de l’opposition nationale et européenne. C’est le cas notamment du site de délation BTA (Balance Ton Antisémite) et du vice-président du CRIF, Gil Taieb, qui est à l’origine de la loi Avia renforçant la répression « contre la haine » sur Internet. Taieb a ainsi tweeté le 10 mars dans un français approximatif (ces gens sont aussi médiocres que malfaisants) à mon sujet  : « Il est grand temps de faire taire cette raclure antisémite. Son torchon doit être interdit et lui jeter (sic) en prison ». Taieb se croit en Palestine occupée : il donne des ordres qui doivent être exécutés. Et pourquoi, pendant qu’il y est, ne pas m’écraser sous les roues d’un char israélien comme c’est le cas des Palestiniens ?

Cet appel à la mise à mort de RIVAROL, et accessoirement à l’embastillement de son directeur, revêt parfois des formes plus déguisées, plus hypocrites comme cette tribune publiée par le Monde le 8 mars et que nous reproduisons intégralement en page 2. Il s’agit de nous asphyxier, de nous étouffer. Puisque nous paraissons sans discontinuité depuis janvier 1951, même pendant le strict confinement du printemps 2020, puisque nous n’avons pas disparu à la différence de National-Hebdo (en 2008), de l’Action française (en 2018), de Minute (en 2020), que nous n’avons aucune dette, que nos finances sont saines, que les ventes se maintiennent voire progressent légèrement, il s’agit de nous donner le coup de grâce. En nous retirant l’agrément de la commission paritaire qui donne droit à des tarifs postaux réduits et à une TVA ramenée à 2,1 % au lieu de 20 % sur chaque vente du journal. En nous interdisant même toute vente en kiosque puisqu’il est demandé à notre diffuseur, les Messageries lyonnaises de presse (MLP), de nous retirer de leur catalogue, bref, de ne plus nous diffuser nulle part en France. Les procès et condamnations ne suffisant pas à nous faire taire, le Lobby a décidé de passer à la vitesse supérieure. Exigeant des pouvoirs publics notre assassinat. Nous résisterons bien sûr de toutes nos forces à cette revendication exorbitante, à cette persécution ouverte. Mais plus que jamais nous avons besoin du soutien renforcé de nos lecteurs, de leur fidélité active, de leur dévouement constant car cela risque de tanguer dans les semaines ou les mois à venir. Il faudra avoir le pied marin. Que tous ceux qui achètent le numéro en kiosque, en supermarché, dans les relais H ou autres continuent bien sûr à le faire, c’est essentiel, mais qu’ils envisagent aussi dès maintenant la possibilité de s’abonner sans tarder (à la version papier ou/et numérique, pour telle ou telle durée : 3 mois, 6 mois, un an, etc.) — le journal est reçu sous pli discret —, car la pression exercée sur le gouvernement, et notamment sur le ministère de la Culture, par le Lobby est très forte et à tout moment on peut craindre le pire. Tout peut désormais aller très vite. Mais vous pouvez compter sur toute l’équipe pour faire front énergiquement et résister vaillamment, coûte que coûte. Courage et persévérance ! Haut les cœurs !

Edito de Rivarol, Jérôme Bourbon
La France vainqueur du débat

La France vainqueur du débat

Après la soirée Valérie Pécresse vs Éric Zemmour, deux questions se sont posées. Un, Z a-t-il eu plus raison que VP ? Réponse, oui, cent fois oui. Pas toujours, mais dans l’ensemble. Deux, a-t-il remporté le débat ? Réponse tout aussi claire, non. Ce fut un match nul à tous les sens du terme, inaudible, pénible à regarder avec les tics appuyés de l’une et de l’autre, d’un niveau intellectuel regrettable, sans formule de choc ni argumentation irréfutable – et au bout du compte sans vainqueur. Le coq de C News, qu’on attendait sûr de lui et dominateur, n’a pas su prendre le meilleur sur la pintade d’Ile de France, et c’est en soi une défaite, une déception déterminante pour ses admirateurs et un enseignement capital pour les observateurs que nous sommes. Il semble désormais exclu qu’il parvienne au second tour, et, si par quelque hasard fantasque il s’y retrouvait quand même, il ne jouirait plus de l’avantage que lui prêtaient certains sur Marine Le Pen, sa supposée supériorité dans un débat-clef : n’ayant pas su maîtriser Valérie Pécresse, partirait-il vraiment vainqueur contre Emmanuel Macron ?

Maintenant que l’illusion de la candidature Zemmour, que nous dénonçons depuis longtemps, se dissipe aux yeux de beaucoup de bons Français qui l’ont partagée, il n’est utile ni qu’elle se dissipe trop aux yeux de la droite molle, ni de s’appesantir longtemps sur l’insuffisance du Z. Une campagne présidentielle ressemble en effet à une guerre, où l’on a un ennemi, qui veut vous détruire, et des alliés, avec qui on ne s’entend pas toujours bien mais qu’il ne faut pas détruire. Celle d’aujourd’hui oppose le côté de la France, auquel on peut rattacher Marine Le Pen, Eric Zemmour et Nicolas Dupont-Aignan au côté de l’anti-France.

Nous savons ici que la République n’est qu’un pis-aller et que ces candidats valent ce qu’ils valent, mais enfin le camp bleu-blanc-rouge vaut mieux que l’autre camp, l’inversion mondialiste arc-en-ciel, et ses cent têtes d’hydre, molles ou grimaçantes, Macron big reset, Mélenchon haltère-mondialiste, et toute la volaille, Pécresse, Hidalgo, Jadot, Roussel, Arthaud, Poutou – on classera Jean Lassale quand on comprendra ce qu’il dit.

La question pratique est donc : que faut-il espérer pour éviter le pire ? Réponse, un affaiblissement de Macron, par tous les moyens, et l’échec de l’opération Mélenchon montée par les médias et les instituts de sondage pour le porter au deuxième tour : lui et Macron ne sont que deux figures antithétiques du mondialisme arc-en-ciel dont l’antagonisme apparent mène au même but. Puis, au deuxième tour, on priera pour que ses conseillers pilotent bien Marine, et le meilleur conseiller est l’expérience de ses échecs. Puis, l’on fera tout pour que les reports du camp de la France se passent bien. De ce point de vue, ce que certains ont nommé la trahison de Marion Maréchal est paradoxalement une bonne chose. Elle pourra faire le go-between, le validire, en français, entre sa tante et son ami d’Algérie. En outre, ce qu’il reste de droite chez les républicains pourra voter Marine, puisque Éric Ciotti prévoyait de se reporter sur Zemmour. Enfin, et ce n’est pas le moindre avantage de mon point de vue, elle pourra faire valoir le poids de la tradition française et catholique auprès d’un RN qui s’est trop décalé sur sa gauche par opportunisme politique, quant à l’économie et aux questions de mœurs.

Ce débat raté aura été un déblocage historique.

Martin Peltier

Algérie française  : messes et commémorations

Algérie française : messes et commémorations

L’ Action Française sera présente le dimanche 13 mars à 14h30 à la cérémonie au cimetière de Bourg-la-Reine (92) sur la tombe de Jean Bastien-Thiry. Nous invitons nos amis à prendre part aux nombreuses cérémonies organisées à la mémoire de ceux qui sont morts pour que vive la France en Algérie. 

Messes commémoratives


– A Paris : messe le samedi 26 mars à 10h30, en l’église St Nicolas du Chardonnet (75005) pour les victimes de la fusillade du 26 mars 1962 à Alger


– A Antibes : samedi 26 mars : messe à 18h15 en l’église du Sacré-Cœur pour tous les martyrs de l’Algérie Française


– A Montauban : samedi 26 mars à 10 heures : messe en l’église de Gasseras, Nativité Notre Dame, pour tous les martyrs de l’Algérie Française.

 

Messes pour le colonel Jean Bastien-Thiry


. A Fabrègues (34) : messe le samedi 5 mars à 11h15 en l’église Notre Dame de Fatima, 1 rue Neuves-des-Horts


. A Fréjus (83) : messe le samedi 2 avril à 9 heures en la cathédrale de Fréjus


. A L’Illiers l’Evêque (27770) : messe le dimanche 13 mars à 8h30 à la chapelle du Brémien, 2 rue de l’Orée du Bois


. A Lourdes : messe le vendredi 11 mars à 11 heures à la Maison Saint Ignace, 22 rue de Sacré-Cœur


. A Lyon : messe le vendredi 11 mars à 18h30 au prieuré Saint Irénée, 23 quai Perrache (69002)


. A Nancy : messe le vendredi 11 mars à 18h30 à la chapelle du Sacré Cœur, 65 rue maréchal Oudinot


. A Savigny-sur-Clairis (89) : messe le jeudi 24 mars à 17 heures à l’église de Savigny


. A Toulon : messe le dimanche 13 mars à 10h30 en la cathédrale de Toulon


. A Toulouse : messe le vendredi 11 mars à 9h30 au Prieuré Saint Dominique, 2245 av. des Platanes, 31380 Gragnague

 

 

Non aux guerres de l’OTAN

Non aux guerres de l’OTAN

Rappels historiques

En octobre 1962, suite à la crise des missiles nucléaires à Cuba, un compromis est trouvé entre les USA de John F. Kennedy et l’URSS de Nikita Khrouchtchev. Les USA démantèlent leurs missiles en Italie et Turquie, l’URSS faisant de même à Cuba.
En 1990, après l’effondrement de l’URSS, le secrétaire d’État américain, James Baker, assurera Gorbatchev que l’OTAN ne s’étendrait « pas d’un pouce vers l’est ». Des participants anglais et allemands ainsi que l’ancien ministre des Affaires étrangères de Mitterrand Roland Dumas qui ont participé à ces négociations, confirmeront ces promesses. Le directeur de la CIA, Robert Gates, déclarera ensuite à Gorbatchev que l’OTAN ne s’étendrait pas après le retrait des forces soviétiques d’Europe orientale (l’ancien pacte de Varsovie).

Pourtant toute la région, des pays baltes à la mer Noire, sera soumise pendant deux décennies aux manœuvres des États-Unis visant à élargir l’OTAN et à mettre en place les bases militaires qui encerclent aujourd’hui la Russie.
Ce sera le cas en 1999 pour la Pologne, la Hongrie et la République tchèque, en 2004 pour la Roumanie, la Bulgarie et les États baltes, en 2009 pour la Croatie et l’Albanie puis le Monténégro en 2017. La responsabilité de l’OTAN amenant ainsi des missiles nucléaires aux frontières de la Russie est immense. Un document officiel de 1991, classé ‘secret’ a récemment été déclassifié. Il révèle un accord écrit sur le non élargissement de l’OTAN vers l’Est. Les USA s’engageaient à ne pas élargir l’OTAN. En contrepartie, les Russes donnaient leur accord pour la réunification de l’Allemagne. Les Russes ont tenu parole, les Américains non !

Stephen Walt écrira que l’hubris est tel aux États-Unis qu’ils n’ont même pas été capables de reconnaître que la déclaration de l’OTAN en 2008, selon laquelle l’Ukraine et la Géorgie finiraient par rejoindre l’alliance, serait perçue en Russie comme une menace pour sa sécurité.

Que demandait la Russie pour l’Ukraine ?

L’application des accords de Minsk et notamment la fédéralisation de l’Ukraine, laquelle permettrait de concilier les intérêts des deux parties en présence, l’octroi effectif de l’autonomie qui avait été promise garantirait les droits de la majorité russophone dans le Donbass tout en préservant l’intégrité territoriale ukrainienne, comme le demandait le gouvernement de Kiev. Un accord international garantissant la non-adhésion de l’Ukraine à l’OTAN mettrait un coup d’arrêt à la politique d’encerclement orchestrée par Washington depuis la chute de l’URSS et offrirait à la Russie de véritables garanties de sécurité.

Quel crédit accorder aux déclarations ou promesses américaines ?

Le 5 février 2003 la 2ème guerre du golfe est en préparation. Colin Powell, choisi par l’administration Bush fils car il était alors l’homme le plus respecté aux USA, mentira devant le monde entier en brandissant sa fiole d’anthrax à l’ONU. Il aurait pu devenir un héros mais il a choisi la guerre voulue par les néoconservateurs américains. Il ne sera jamais inquiété par la justice. Le 10 octobre 1990, Nayira, quinze ans, soi-disant infirmière et excellente comédienne, s’exprime devant les représentants des Comités des Droits de l’Homme des deux chambres du Congrès américain. Elle raconte en pleurs qu’elle a été témoin de scènes effroyables. Des soldats irakiens ont arraché des prématurés où ils reposaient, se sont emparés des incubateurs et ont précipité sur le sol ces bébés qui ont agonisé dans le froid. Les sénateurs et représentants sont saisis par l’émotion.
Nayira est en fait la fille de l’ambassadeur du Koweït aux États-Unis. Il fallait faire accepter à l’opinion publique américaine la 1ère guerre du Golfe qui débutera le 15 janvier 1991. La résolution 1 de guerre proposée par Bush père sera adoptée de justesse par le Sénat. G. W. Bush, Président des USA et anciennement responsable de la CIA, était bien sûr au courant de ce montage. La société de relations publiques américaine Hill & Knowlton qui avait organisé ce scénario était dirigée par son ancien chef de cabinet. Bush ne sera, lui aussi, jamais inquiété par la justice.

Quel crédit accorder à l’OTAN et aux dirigeants européens ?

– OTAN et création du Kosovo

Les médias répètent en boucle que l’invasion de l’Ukraine est « le plus grave acte de guerre en Europe depuis 1945 ». Ils ont déjà oublié le bombardement de la Serbie en 1999 et la création du Kosovo. En termes d’engagement militaire, ce pilonnage totalement illégal de la Serbie en 1999 dépasse l’intervention russe en Ukraine. Pour limiter les risques, l’OTAN s’en prendra délibérément à la population et toute l’infrastructure civile de la Serbie sera détruite, des armes à uranium appauvri seront utilisées et il y aura des milliers de morts. Ces destructions massives ont conduit à un accord de cessez-le-feu, puis à une résolution de l’ONU (N° 1244) votée le 10 juin 1999 par le Conseil de sécurité qui reconnaissait au départ la souveraineté de la Serbie sur le Kosovo. Cela aboutira en fait, après création de la KFOR, une force multi-nationale sous le contrôle de l’OTAN et mandatée par l’ONU, à la création de la République indépendante du Kosovo.

– La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen

Elle a annoncé le 27 février l’interdiction des médias russes Russia Today (RT) et Sputnik : « Ils ne pourront plus diffuser leurs mensonges pour justifier la guerre de Poutine et pour semer la division dans notre Union. » Si on consulte sa page Wikipédia, on apprend que l’opposition allemande a publié un rapport d’enquête accablant sur sa responsabilité dans un scandale au ministère allemand de la défense qu’elle dirigeait avant de partir pour Bruxelles. Il a coûté près de 100 millions d’euros dilapidés sans contrôle pour payer des consultants, conseillers et autres sous-traitants privés. D’autre part, le site internet anti-plagiat VroniPlag Wiki déclare avoir trouvé des « passages avec du plagiat » dans 27 pages de sa thèse de doctorat.

– Le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky

On parle beaucoup de lui dans la presse. Depuis une semaine le « Prestigieux » New York Times présente un article dont le titre est « Je Veux la Paix. La Résistance Héroïque de Zelensky est un Exemple pour le Monde ». Mais sur sa page Wikipédia, les Pandora Papers dévoilent qu’il possède de nombreuses affaires dans beaucoup d’anciens pays soviétiques et que ses sociétés de production sont gérées via des sociétés offshore implantées à Chypre dont certaines lui ont versé des dividendes (au montant resté inconnu). Selon le site d’investigation Slidstvo, il a omis de déclarer en 2017 qu’il possédait une villa valant près de quatre millions d’euros à Forte dei Marmi, une commune de Toscane très prisée des oligarques russes. Ces révélations mettent à mal l’image de transparence affichée par le président ukrainien.

– En France, les Young Leaders, mondialistes, ultra-libéraux et OTAN compatibles dirigent

De nombreux ministres entourant E. Macron sont soit Young Leaders de la French American Foundation, Young Global Leaders du Forum économique crée en 2004 par Klaus Schwab ou Young Leaders China. Ils sont totalement compatibles avec le mondialisme et l’ultralibéralisme US. On constatera, par exemple, que les trois membres du gouvernement qui venaient souvent nous parler du vaccin anti-COVID19 : Gabriel Attal, Agnès Pannier-Runacher et Olivier Véran sont tous trois Young Leaders. Une mention spéciale pour Emmanuel Macron qui a réussi l’exploit d’appartenir aux trois groupes et d’être ainsi trois fois Young Leader.

– Les évènements du Donbass, cause de l’intervention russe en Ukraine

La réalisatrice Anne-Laure Bonnel a très récemment, en mars 2022, adressé un message vidéo de 20 minutes aux spectateurs de la Maison russe, 20 minutes capitales à écouter où elle relate ce qu’elle a vu et non ce qu’on lui demande de dire. https://www.youtube.com/watch?v=rDcISXdWhkc
Dans une autre vidéo de 55 min DOMBASS (2016). https://www.youtube.com/watch?v=j04-
wtsA8Hg. Elle raconte la vie d’enfer dans le Donbass, province de l’Est, de l’Ukraine bombardée depuis 8 ans par l’Armée Ukrainienne de Kiev parce que sa population parle Russe et refuse d’abandonner sa langue : 14 000 morts en huit ans sous les bombes tirées par décision de leur propre gouvernement. Ce documentaire terrible a été réalisé par une femme, Anne Laure Bonnel journaliste et reporter de guerre. Elle a été interviewée récemment sur LCI, Cnews et BFMTV. Les journalistes de ces 3 chaînes feignaient d’ apprendre que le gouvernement ukrainien bombardait une partie de sa population. Une population qui était trop attachée à sa langue et à sa culture pour accepter de l’abandonner et qu’il y avait eu, tout de même, 14 000 morts dont ils avaient aussi « oublié » de parler.

 

Nous sommes en Décembre 2014, on découvre au début de cette vidéo le discours de Petro Porochenko, président ukrainien du pays du 7 juin 2014 au 20 mai 2019. Il parle des ukrainiens de l’Est : « Nous aurons du travail, pas eux. Nous aurons des pensions, pas eux. Nous aurons des allocations pour les retraités et les enfants. Nos enfants iront à l’école et à la garderie mais pas eux! Leurs enfants resteront dans des caves, parce qu’ils ne savent rien faire. C’est comme cela que nous gagnerons cette guerre. » Avez-vous vu ces déclarations du Pt Porochenko dans des médias occidentaux? Ces médias sont sous contrôle comme au moment des deux guerres du Golfe.

On apercevra dans la foule Victoria Nulland fuck the Europe (sic !), qui a servi comme sous-secrétaire d’État pour les Affaires Politiques et sera la représentante permanente à l’OTAN de 2005 à 2008. Son époux Robert Kagan et l’un des néoconservateurs, fondateurs en 1998 du Project for the New American Century (PNAC). On verra aussi les massacres d’Odessa le 2 mai 2014 (à 16 min) où 48 personnes d’ascendance russe qui s’étaient rassemblées devant la Maison des Syndicats, ont été massacrées. Une partie de la foule était furieuse que des russophones se réunissent. La plupart ont été brûlés vifs, des gamins de 16 ans et des pensionnés. Ceux qui sautaient dans le vide pour échapper aux flammes étaient battus à mort avec des barres de fer. Personne n’a été arrêté, les ordres venaient de Kiev.

Au cours des 200 dernières années, la politique étrangère américaine a fonctionné selon la doctrine Monroe, qui donne à ce pays le droit d’intervenir dans toute nation susceptible de menacer ses intérêts. Cette doctrine est à la base de l’OTAN. Le prétexte pour de nouvelles sanctions sera toujours trouvé ou simplement inventé, quelle que soit la situation en Ukraine. L’objectif sera toujours le même, étouffer le développement de la Russie ou des pays qui s’opposent à l’Empire. Il est temps de sortir de l’OTAN.

                                                                                                                                                                                 Jean-Claude Manifacier

L’Action Française et la vérité

L’Action Française et la vérité

En tant qu’école de pensée comme en tant que mouvement politique, l’AF a toujours affirmé que l’étape première de son combat était l’acceptation de la vérité. Notons que ce n’est pas fréquent pour un courant politique. La plupart d’entre eux mettent au premier rang une idée (le progrès, la liberté, la Personne humaine, l’individu ou l’émancipation par exemple) une vertu (l’honneur, le courage, le patriotisme, la Foi) un mythe (l’histoire, la race, la classe prolétarienne ou autre). Maurras, lui, choisit la vérité.

Et cette invocation imprégnait à ce point à tous les niveaux la première Action Française que ce vieux chant des Camelots du roi : « Quand on pendra la Gueuse au réverbère » termine un de ses couplets par ces mots devenus aujourd’hui énigmatiques : « …et la vérité ne couchera plus à la Santé. » De fait, Maurras se réfère sans cesse à cette notion dans des aphorismes qu’il parsème par dizaines dans ses articles. Par exemple dans l’AF du 24 décembre 1932 ; « Un objectif : le Bien public, un moyen de l’atteindre : la vérité (…) La vérité sauve. » Voilà également qui est original : la vérité n’est pas un but, c’est un moyen. Comment expliquer une posture si contraire à notre esprit actuel ? C’est que pour les maîtres fondateurs de l’Action Française, la vérité en question ne s’écrit pas avec un v majuscule. Son domaine n’est pas la destinée surnaturelle ou prométhéenne du genre humain mais la physique sociale qui permet de déterminer les chemins de la vie dans les ensembles formés par nos êtres.

Cette vérité sur laquelle Maurras entend s’appuyer, pour ne pas être fondée sur un « absolu », n’est donc pas pour autant modifiable à volonté comme la ligne du Parti Communiste au gré des choix de ses dirigeants. Maurras écrit en effet : « D’après les sociétés de pensée du XVIII° siècle, la vérité se fabriquait ; d’après la philosophie allemande, et dans un sens à peine différent, elle se fait. Nous avons le regret d’avoir à déclarer, dussions-nous être traité, soit de petit Français, soit d’affreux païen, que la vérité est ce qui est. » (AF, 24 septembre 1912). En bon aristotélicien, le Martégal pose qu’il existe des vérités humaines, mais immuables. Et que c’est le réel qui est le vrai. Cela posé, la notion de vérité induite bute sur des questions qui deviennent plus scabreuses à mesure que les siècles passent. Nous en donnons une petite liste :

D’abord, n’y a-t-il pas des vérités qui s’émoussent avec le temps, voire qui deviennent des erreurs ? D’autre part, chaque société connaît des interdits. Que faire quand ce qui est du domaine de la vérité d’une époque devient un crime à l’époque suivante ? Et comment continuer à s’exprimer si l’on est visé par ces interdits ? Ensuite, les stratégies sont-elles déterminées par la simple analyse de la vérité ou l’intuition, le savoir-faire, l’art politique en un mot ? Enfin, qui, dans un mouvement politique, si vénérable soit-il, a le rôle de dire ce qui est la vérité ?

Il est clair que l’Action Française, le plus ancien mouvement politique français, qui continue sa lutte parce que le succès n’est pas venu la couronner, est particulièrement exposée à ce questionnement. Quand on est solidaire de cinq ou six générations successives, on est amené à s’interroger sur le langage et les préoccupations de nos anciens, séparés de nous par un siècle et plus. Tentons tout de même de répondre à ces quatre questions.

 

Que devient la vérité politique avec le temps ? Il y a des choses qui changent rapidement, d’autres lentement et d’autres pas du tout. Par exemple, les alliances évoluent sans cesse au gré des rapports de force, ou des projets collectifs. Sommes-nous les alliés de l’Ukraine ou de la Croatie ? Faut-il favoriser l’importation de machines-outils chinois ? et ainsi de suite. En revanche, qu’en est-il de la définition des constantes de la politique française que l’AF a mises en lumière ? Ainsi la théorie des quatre états confédérés est-elle toujours pertinente aujourd’hui ? Leur modèle a en effet été suivi par d’autres groupes sociaux hostiles, ou devenus tels, à la tradition française, tandis que la voie séparée de certains, décidant de ne pas faire cause commune avec la tradition française, perdait de sa netteté. Plus grave encore, l’idée que l’Église catholique est « La seule internationale qui tienne » correspond-elle toujours à la réalité ? Ou est-elle devenue comme les autres ? Ou même pire que les autres ? Une réalité qui a changé de nature, et sur laquelle la Foi et la raison ne perçoivent pas la même chose. L’AF, alliance des catholiques fervents et des athées patriotes, toujours ? D’autre part, c’est une chose que de dire qu’une réalité a changé, et une autre que de reconnaître qu’elle n’a jamais existé et que notre mouvement s’est fourvoyé gravement sur des points essentiels. Dans ce cas on se demande pourquoi il aurait mérité de survivre jusqu’à aujourd’hui. À l’opposé, est-il légitime de se demander si Maurras ou l’AF ont fait le bon choix historique en considération de leur but, en certaines occurrences cruciales ? Citons le ralliement inconditionnel à Vichy ou l’Union sacrée, qui sont d’ailleurs l’effet du même principe. Il semble que oui : il est permis de se poser ce type de question à la condition expresse de n’apprécier les événements que replacés dans leur contexte, et en restant indifférent aux anathèmes du présent.

Ce sujet nous rapproche de la deuxième question : Que devient la vérité quand certaines formulations sont criminalisées ?

Ne nous cachons pas une réalité qui est une flagrante évidence : Notre société a construit depuis 70 ans une nouvelle échelle de valeurs dotée de marqueurs extrêmement puissants. Des marqueurs qui se traduisent par des sanctions très efficaces pour celui qui ne s’y soumet pas ; en bref, la mort civile pour les individus, la marginalisation ou l’interdiction pour les mouvements ou groupes récalcitrants. Les lois mémorielles et l’énorme corpus législatif anti-discrimination ont accumulé les entraves à la liberté d’expression et de pensée, avec une domination sur les médias sans commune mesure avec ce que nous avons connu jusqu’ici. De plus, les concepts criminalisés sont extensifs. Chaque année on voit que l’interprétation des idées « nauséabondes » dont il faut extirper les promoteurs devient plus large et les peines plus lourdes. Dès lors, quelle doit être l’attitude d’un mouvement de pensée soucieux de sa survie et de son expansion ? Faut-il risquer l’interdiction et la ruine en s’opposant de front à ces lois scélérates ? Ou bien faut-il s’y soumettre en s’efforçant de mettre en lumière que nous ne tombons pas sous le coup de ses dispositions ? N’y a t-il pas une certaine naïveté dans cette dernière attitude, qui suppose la sincérité chez les nouveaux inquisiteurs ? Ne faudrait-il pas plutôt se demander si, avec ses avatars successifs, passant de l’antiracisme classique à l’indifférencialisme, puis au wokisme, cette idéologie n’a pas pour but avéré de détruire tous nos héritages, y compris culturels ? De plus déclarer n’être pas visé par cette machine de guerre en désignant implicitement d’autres mouvements nationaux qui n’ont pas fait le même choix conduit à se désolidariser de tout un pan de la résistance nationale à la décadence. Une attitude que l’AF n’a jamais eue, et qui reste paradoxale à un moment où notre mouvement de pensée est loin d’avoir l’influence qu’elle eut pendant son âge d’or.

 

Ne serait-il donc pas plutôt souhaitable de combattre ces idées en profondeur, sans pour autant s’exposer aux rigueurs des lois idéologiques ? En effet, si une loi peut criminaliser certaines attitudes, elle ne peut formellement interdire les réflexions ayant pour but son abrogation. Ce serait conforme à la vocation de l’école de pensée maurrassienne de tester et rejeter les idées fausses. Bien sûr cela demande un gros effort dans le dialogue. C’est plus difficile que de fermer la bouche aux opposants au nom d’une « stratégie » qui ne définit jamais ses lignes. Car les idées ne sont pas un élément de stratégie. Une stratégie qui conduit à changer les fondamentaux de la doctrine ne peut pas être acceptable car elle échoue d’avance avant même d’avoir tenté de réussir.

C’est qu’en effet, dans un mouvement de pensée, une stratégie n’est pas l’affaire d’une personne, mais un travail collectif et cohérent de recensement et d’évaluation des faits, et par là nous revenons à la notion de vérité. Une personne peut feindre, mentir, jouer avec les mots et les gestes, mais un mouvement de pensée ne peut pas le faire car il s’expose au discrédit du discours imposteur. C’est ainsi que le Parti Communiste, rallié à tout ce qu’il méprisait, est considéré comme une survivance insignifiante par tous ceux qui connaissent encore son existence.

Il en est de même pour le choix des maîtres à penser de l’Action Française. Une tendance constante depuis quelques années est de mettre en avant Pierre Boutang ou Pierre Debray en regard de Maurras. C’est que ces deux penseurs sont moins l’objet de la haine des médias et de l’intelligentsia que l’auteur de « l’Enquête », tel Finkielkraut, qui déclara péremptoirement : « Décidément Maurras ne peut pas être pardonné ». Certes, Debray et Boutang sont de grands esprits, mais l’un comme l’autre a varié. Boutang fut à la fois un gaulliste enthousiaste et un antigaulliste fanatique, dont la pensée écrite, c’est le moins que l’on puisse dire, demanderait une clef pour être décodée. Quant à Debray, après avoir consacré l’essentiel de ses écrits à faire une critique sociale, il se fourvoya dans un militantisme religieux dans lequel il ne recueillit que des avanies, et son royalisme resta le plus souvent de principe.

Reste à répondre à la dernière question : qui doit être écouté pour proposer la vérité politique ? Pour cela, il faut formuler deux évidences : d’abord que l’Action Française n’a pas de propriétaire. Une Société commerciale peut décider de ses produits, de ses choix, en fonction des préférences de ses actionnaires. Il n’en est pas de même pour l’AF qui n’en a pas, puisqu’elle appartient aux Français par le sang et le cœur. Si des aggiornamentos doivent être effectués, ce ne peut être qu’à la suite d’un débat ouvert, non à la suite de décisions unilatérales de ses organes directeurs, même s’ils se pensent conduits par une inspiration divine. D’autre part, et c’est une conséquence de ce qui précède, le légalisme doit rester secondaire. Il ne sert à rien d’entasser les arguments juridiques sur la légitimité de ces organes et de leur composition si leurs décisions restent sans prise sur le réel. Même si une excellente gestion des hommes et des moyens est avancée pour justifier leur légitimité.

Il découle de ce qui précède que l’AF doit rester ouverte à tous les Français, quelle que soit leur religion, leur philosophie et les préférences auxquelles ils adhèrent à la condition qu’ils n’envisagent que le salut national et soient convaincus de la nécessité de la monarchie. Ceci implique une diversité raisonnable d’options, tout en respectant la discipline du Mouvement. Nous en manquons pour l’instant. Pourtant ce débat ne serait pas un facteur de division, à la condition de mettre une sourdine aux questions personnelles, aux querelles de boutique, aux violences et aux ragots qui nous discréditent. Il est indispensable de remettre sur le métier la trame de salut collectif que voulut tisser Maurras il y a 130 ans.

Robert Divoz

Macron peut dire merci à Poutine : le président français est sûr désormais d’être réélu !

Macron peut dire merci à Poutine : le président français est sûr désormais d’être réélu !

EMMANUEL MACRON peut remercier Vladimir Poutine. Grâce à l’invasion russe de l’Ukraine le jeudi 24 février, un conflit très préoccupant que nos différents rédacteurs décryptent et analysent longuement dans ce numéro spécial, le président français est désormais certain d’être réélu deux mois plus tard jour pour jour, le dimanche 24 avril. Le chef de l’Etat était certes déjà le favori de l’élection présidentielle de ce printemps avant ces événements mais, jusque-là, un de ses concurrents pouvait espérer l’emporter en se glissant habilement dans un minuscule trou de souris. Tout cela est désormais derrière nous. Osons le dire, même si ce n’est pas de gaieté de cœur mais il faut toujours voir la vérité en face, aussi cruelle soit-elle : le match est plié. La partie est jouée avant même d’avoir commencé. Oui, nous en prenons aujourd’hui les paris : Macron sera hélas confortablement réélu. Peut-être même triomphalement.
En effet les graves crises et les guerres ont invariablement pour conséquences immédiates, au moment où elles se déroulent (après, cela peut certes être différent), d’augmenter fortement la cote de popularité et de confiance de l’Exécutif. Les peuples, en cas de danger, réel ou ressenti comme tel, ont tendance naturellement à se regrouper, à se resserrer autour du pouvoir en place. Par loyalisme, par peur et refus de l’aventure, par esprit grégaire, par conservatisme, par pleutrerie “nationale”, par volonté à tout prix d’être protégé, de ne toucher à rien, de ne rien changer qui puisse aggraver en quoi que ce soit la situation. Cela s’observe et se vérifie toujours et partout. Pour ne parler que de l’histoire récente (mais on pourrait remonter bien plus loin), rappelons que le président François Mitterrand et son Premier ministre Michel Rocard n’ont jamais été aussi populaires que pendant la Première Guerre du Golfe arabo-persique en 1991 à laquelle hélas notre pays a participé militairement. Douze ans plus tard, le président Jacques Chirac et son Premier ministre Jean-Pierre Raffarin ont atteint, à leur tour, en 2003, des sommets de popularité lors de la Seconde Guerre du Golfe à laquelle cette fois, fort heureusement, la France ne participait pas.

NON SEULEMENT Macron sera réélu pour un second mandat de cinq ans, mais il aura d’autant plus les mains libres qu’il ne pourra pas briguer un troisième quinquennat et donc qu’il n’aura pas aucun souci pour adopter des mesures impopulaires, répressives, coercitives et liberticides.

Jusque-là, beaucoup d’observateurs de la vie politique pensaient que, s’il était réélu, il aurait néanmoins le plus grand mal à disposer d’une majorité parlementaire à l’issue des élections législatives des 12 et 19 juin. Là encore, il s’agit désormais d’une histoire ancienne car, comme l’a annoncé, presque avec gourmandise, le président lors de l’inauguration du Salon de l’agriculture le 26 février, la guerre va durer et elle aura des conséquences lourdes et durables sur notre vie quotidienne, sur le prix des énergies, des denrées alimentaires, sur l’équilibre et la stabilité de l’Europe et du monde, etc.
Et en effet plus la guerre dure, plus le conflit s’enlise, s’envenime voire s’intensifie, plus c’est bon pour Macron qui apparaît alors, aux yeux de beaucoup de naïfs et de pusillanimes, comme le sauveur de la nation, comme le taulier, comme le chef, le guide auquel il faut dans la tempête accorder sa confiance. Le chef de l’Etat, fort habilement, a déjà renoncé au premier et grand meeting qu’il devait tenir le samedi 5 mars à Marseille. Il a également retardé l’officialisation de sa candidature présidentielle qui devrait intervenir au tout dernier moment, à la fin de la collecte des signatures d’ici quelques jours. Le président sortant n’aura pas besoin de faire campagne, de défendre son bilan et même de développer un projet construit, élaboré. Il n’a même pas besoin d’avoir du talent, c’est l’actualité qui désormais en est pourvu en permanence.

TOUT en effet est écrasé par la guerre en Ukraine qui occupe et sature l’espace médiatique dans la presse écrite, à la radio, à la télévision et singulièrement sur les chaînes d’information continue. Les concurrents et adversaires de Macron sont désormais tous inaudibles. Ils n’existent plus. Ils sont là juridiquement, mais ils ont disparu politiquement. Leur existence est légale mais leur candidature est létale. Ils parlent mais personne ne les écoute. Ils promettent mais leurs paroles s’évaporent. Elles n’impriment pas. Ils se débattent dans les flots médiatiques mais en vain. Ils sont noyés, submergés, écrasés, ventilés. Ils sont déjà morts et ils ne le savent pas encore. Ils croient encore être là mais ils ont disparu des radars. Pour reprendre les mots de saint Paul dans son Epître aux Corinthiens, ils ne sont qu’airain qui résonne, que cymbale qui retentit… dans le néant ! Les critiques mêmes du président tombent à l’eau : en période de guerre comment peut-on critiquer durement, et de manière efficace, le pouvoir en place sans paraître manquer à la décence et à l’unité nationale ? Voilà le piège dans lequel se trouvent les concurrents de Macron qui servent tous de faire-valoir.
C’est si vrai que le Haut-commissaire au Plan, le très macronien François Bayrou, a lui-même fait savoir publiquement qu’il accorderait sa signature à Marine Le Pen pour qu’elle puisse concourir à la présidentielle comme une grande. Croit-on qu’un pouvoir se comporterait avec autant d’aménité à l’égard d’une opposition ferme, résolue, véritable et conquérante au point de l’aider activement à se présenter à un scrutin considéré comme essentiel pour l’avenir du pays ? Croit-on que la Macronie doute de ses forces pour ainsi distribuer, telle une pitance, à différents candidats dits populistes, de Mélenchon à Zemmour en passant par Marine Le Pen, de précieux parrainages ? Bayrou a même encouragé les édiles à accorder leurs précieux paraphes aux petits candidats n’ayant pas encore obtenu le seuil indispensable des cinq cents signatures, de Taubira à Dupont-Aignan en passant par Poutou et Asselineau. Que de prévenances ! Que d’élégances ! Que de complaisances ! Que de condescendance ! On le voit, ce scrutin sera une farce, un jeu où les dés sont pipés, où les acteurs jouent le rôle qui leur est assigné dans la pièce de théâtre et où l’on connaît déjà le gagnant.

LES RALLIEMENTS à Macron d’ailleurs se multiplient, et ce n’est sans doute pas fini. Les derniers en date, c’est d’une part le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le chiraquien Renaud Muselier, ce qui n’est certes pas une surprise puisqu’il avait quitté les Républicains il y a quelques mois, ne les jugeant pas assez imperméables à « l’extrême droite », et c’est d’autre part l’ancien ministre socialiste de la Défense, Jean-Pierre Chevènement, ce qui est là aussi un atout pour Macron qui entend prouver qu’il peut séduire et ramener à lui des républicains des deux rives. C’est pourquoi, même si la République en marche et ses alliés  n’obtenaient qu’une majorité relative à l’issue des législatives (mais peut-être, avec les événements actuels, obtiendront-ils à eux seuls une majorité absolue comme en juin 2017, c’est loin d’être inenvisageable), ils n’auraient guère de souci pour gouverner pendant cinq ans. En juin 1988, le Parti socialiste et son allié du Parti radical de gauche n’avaient pas obtenu la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Cela ne les a pas empêchés de gouverner le pays jusqu’au terme de la législature, en mars 1993. Le gouvernement de Michel Rocard, puis d’Edith Cresson, enfin de Pierre Bérégovoy s’appuyait en effet tantôt sur les centristes, tantôt sur les communistes pour obtenir une majorité pour tous les projets de loi. Et de fait le pouvoir socialiste a toujours pu faire voter les réformes qu’il entendait mettre en œuvre. N’en doutons pas : il en irait de même si la Macronie n’obtenait pas la majorité absolue au Palais-Bourbon le 19 juin au soir. Il y aurait en effet suffisamment de députés socialistes, LR ou non-inscrits pour assurer le vote des textes voulus par le gouvernement.

Au reste, Macron qui fut banquier d’affaires n’a pas son pareil pour séduire des adversaires, leur taper sur l’épaule, les papouiller, leur faire de larges sourires, leur envoyer, même nuitamment, des SMS, disant presque amoureusement « tu me manques » comme la presse l’a révélé. On a ainsi appris que le chef de l’Etat avait invité son prédécesseur Nicolas Sarkozy à l’Elysée le jour où il soufflait ses 67 bougies, le 28 janvier dernier, qu’il lui avait offert un repas gastronomique et qu’il avait même poussé la délicatesse jusqu’à lui offrir une boîte de chocolats de la marque préférée de Sarkozy. On s’explique dans ces conditions que l’ex-maire de Neully ne soit nullement pressé de soutenir une Valérie Pécresse qui de surcroît s’effondre dans les intentions de vote et mène une campagne en tous points catastrophique au point d’accorder un entretien à la revue homosexualiste Têtu où elle dénonce les positions “LGBTphobes” et se prononce pour une plus grande ouverture des écoles aux associations LGBT et à l’idéologie transgenre ! La chiraquienne Pécresse est décidément une Macron en Jupon ! Mais si c’est pour faire la même politique,  Macron est bien plus doué qu’elle (et d’ailleurs que Marine Le Pen !) dans la gestion et la manipulation des ressources humaines ! Ainsi que le disait crûment un fin connaisseur de ses milieux, le communautaire Alain Minc, l’activité professionnelle de Macron, à la banque hier, en politique aujourd’hui, c’est « un métier de put… ». Et dans ce domaine de cirage de pompes, de manipulation, de séduction, de reptation, Macron est incontestablement un orfèvre.

Sa réélection sera assurément un désastre pour le pays car il bénéficiera d’une autoroute pour mener à bien ce que bon lui semble : la réforme des retraites, l’accroissement de la fiscalité et des contraintes de toutes sortes sur les classes moyennes, l’utilisation du passe sanitaire et du passe vaccinal comme outil de contrôle et de surveillance de la population, l’accélération des flux migratoires sous les habituels prétextes humanitaires (et avec la guerre actuelle et ses conséquences imprévisibles il ne va certes pas en manquer), la mise en œuvre de la gestation pour autrui, l’allongement des délais légaux d’avortement déjà passés à 14 semaines depuis le 23 février, la fin de l’école à la maison programmée pour 2024, la légalisation de l’euthanasie active et du suicide assisté, la dépénalisation des drogues, les persécutions accrues des établissements confessionnels hors contrat et des automobilistes, le vote et l’application de législations toujours plus liberticides au nom de la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations, ainsi que l’a annoncé le Premier ministre Jean Castex lors du sacro-saint dîner du CRIF ce 24 février. Oui, décidément, Poutine, sans le vouloir, a rendu un fier service à son homologue quadragénaire et vibrionnant.

Source : Edito de Rivarol 

Leçon d’Ukraine

Leçon d’Ukraine

Ils ont raison. Kiev a été russe. Ce n’est pas à nous qu’il faut le dire. Nous nous rappelons bien que la princesse Anne, fille de Iaroslav, épousa Henri Ier et fut l’arrière-arrière-grand-mère de Philippe Auguste. Ils ont raison, la Russie est devenue un empire multi-ethnique sous les tsars, qui s’est étendu sous leurs successeurs communistes avant de se réduire un peu dans les années quatre-vingt-dix. Ils ont raison, toujours, de relever que depuis la même époque, l’OTAN a connu un spectaculaire Drang nach Osten, et que, la crise des missiles à Cuba en 1963 l’a montré, les Etats-Unis ne tolèreraient pas de bases adverses à leurs frontières.

Ils n’ont pas tort non plus de noter que la terre qu’on nomme Ukraine est peuplée d’ethnies diverses, et que d’autres puissances que la Russie l’ont possédée et marquée. Ils n’ont pas tort, seul l’extrême-est et la Crimée sont aujourd’hui russes. Ils n’ont pas tort, les Bolcheviques ont si profondément martyrisé l’Ukraine qu’ils y ont semé une aversion pour la Russie qui aurait pu changer la face de la seconde guerre mondiale si les Allemands avaient été moins sots. Ils n’ont encore pas tort, si abusive qu’aient été la politique de l’OTAN et celle de l’Ukraine ces dernières années, elles n’approchent pas celle de l’URSS jusqu’à 1989. La Russie a sans doute un grand chef, mais la guerre qu’il mène n’est pas plus légitime qu’une autre. L’Ukraine a sans doute un clown pour président, mais elle n’est pas une nation moins légitime que, disons, le Belarus. Moscou a rapatrié ses ressortissants du Kazakhstan, il peu les rappeler aussi d’ailleurs, des endroits d’Ukraine où ils sont très minoritaires, ou des pays baltes. Ce serait un gage de bonne volonté.

Mais le plus fort a toujours raison, c’est ce que ce brave Poutine entend montrer aujourd’hui. L’Amérique a manqué le coche, elle n’a pas écrasé la puissance russe quand elle en avait les moyens : depuis, celle-ci s’est requinquée militairement et joue sa partie, et la politique outrecuidante que mène Washington lui vaut aujourd’hui ce revers.

Maintenant, l’empire multi-ethnique russe n’est pas plus réjouissant que l’empire multi-ethnique américain, et il faut rappeler qu’ils se sont ligués pour nous faire perdre, à nous Européens, nos empires, en même temps qu’ils nous enrôlaient dans leur guerre froide. Autrement dit, c’est clair, c’est évident, mais il ne faut jamais cesser de le redire : l’Europe ne s’est jamais remise de la seconde guerre mondiale. La seule chose que nous ayons fait de bien depuis, c’est la force nucléaire.

Que faire maintenant ? Pas envoyer Sarkozy, Védrine ou Tartempion causer avec le Kremlin. Mais se taire, et se rappeler que le premier devoir de tout gouvernement est la puissance. La seule justification de l’Etat est la protection qu’il offre à la nation. Saint Louis estimait que le roi devait être fort, juste et prudent. Pas mieux. Nous devons travailler en silence et sans que cela se voie, comme le grain sous la terre, à retrouver de la puissance.

La guerre actuelle a un côté pédagogique : depuis que l’armée russe est entrée en Ukraine, on redécouvre ici la vertu des frontières. Là-bas, il est légitime de défendre une frontière. Là-bas, l’envahisseur est mal vu. Prenons-en de la graine. Redevenons maîtres de nos frontières. Et travaillons à rendre possible ce qui est nécessaire : le renvoi des millions d’envahisseurs qui sont sur notre sol.

Martin Peltier